Le principe qui est au coeur de toutes nos propositions de réaménagement est toujours le même: faire de l’espace public un lieu de vie et de rencontre. Cela suppose souvent de repenser la place qui est laissée à l’automobile par rapport à celle que l’on consacre à la nature et aux humains.
Pour justifier leur immobilisme, dans ce dossier comme dans les autres, monsieur Labrecque et madame Fotopulos ont sans cesse brandi l’épouvantail des coûts. C’est vrai que les ressources sont limitées. Mais l’imagination permet de faire des miracles.
Regardez ce que madame Sadik-Kahn - la responsable des transports de la ville de New-York - a réussi à faire avec de la peinture.









Salut Luc, citoyen vert clignotant
Bon, la peinture, je trouve que ça fait un peu bricolage, mais tu as parfaitement raison: les solutions à des aménagements plus conviviaux sont nombreuses. À Westmount, il y a des dos d’âne, des bacs à fleurs, des rétrécissements de la route et des stratégies pour créer des impasses, ce qui décourage les chauffards et autres mordus du volant.
Je crois qu’il faut éviter, toutefois, de tomber dans le décor de théâtre urbain temporaire et qui sera à refaire à tous les 2 ou 3 ans… en plus des nombreux travaux sur et sous la chaussée ! Pourquoi ne pas combiner aménagement paysager et traffic calming, comme dans le cas de la rue Atwater, laquelle demeure toujours trop engorgée et bruyante, mais, au moins, les piétons qui traversent sont protégés par une coulée verte au centre de ce qui pourrait devenir une piazza ou un mini passeo à la sauce méditerranéenne.
Prenons le cas de la rue Wellington, à Verdun, artère commerciale qui reprend un peu du poil de la bête en plein coeur d’un secteur qui ne pait pas de mine en définitive. Passé le métro de l’Église, sur le flanc nord, nos édiles ont aménagé une sorte de Ponton (deck) qui accueille les tables d’un café ouvert bordant la chaussée. Les passants passent sur le trottoir, entre les tables de cette terrasse qui déborde sur la rue et la devanture des commerces, en ralentissant leur marche, tentés qu’ils sont de prendre un café. Les automobilistes doivent ralentir leur course, la terrasse improvisée (modules d’acier sur lesquels est déposé un plancher flottant en madriers de bois) faisant office «d’ilot calmants». Moi qui trouvait les passants un peu inquiétants sur cette artère colorée, voilà que je les retrouve assis pour un café, détendus et moins … «rock and roll» !
Les stratégies de traffic calming abonde et elle permettent de calmer la circulation automobile, à moindres frais, tout en rapprochant les gens.
Un dernier point: rapprocher les gens et filtrer cette indésirable circulation, oui. Mais, il faut que les transports en commun soient ajustée en conséquence… parce que nombreux sont les Montréalais qui n’ont pas le temps de faire la farniente durant la semaine. Métro, boulot, dodo oblige !
Bon été cher combattant de la verdure et à la revoyure !
@ Patrice-Hans : c’est bien là tout le problème : quoi qu’on fasse, quoi qu’on rêve, quoi qu’on exige, la STM est au coeur de toutes les préoccupations de Projet Mtl –et je dois avouer que ça me désole, parce que ça veut dire qu’il n’y en aura pas de facile, même dans l’hypothèse d’une Ville de Mtl qui élirait Richard Bergeron pour présider à ses destinées.
(et c’est sans parler du lobby auto)
réduire la capacité routière pour réduire le volume d’autos en circulation n’est possible que dans la mesure où on augmente en même temps, voire carrément d’abord, l’offre de transports en commun. sinon, la conséquence inévitable c’est que les camps de la guéguerre urbaine piétons-autos vont se diviser encore plus.
sinon pour réagir au billet de Luc, lors des séances d’information de la Maison d’Aurore j’avais été stupéfaite d’apprendre que lorsqu’on traverse une rue ailleurs que sur un passage piéton prévu et donc marqué au sol, si jamais on se faisait frapper, on était dans notre tort.
ce qui, considérant la rareté du concept “passage piéton” dans les rues de Montréal (je ne parle pas seulement des rayures, mais aussi des 2 lignes qui parfois entourent la traversée aux feux tricolores) est quand même totalement absurde : il y a des blocs entiers qui n’ont AUCUN marquage au sol, à aucun de leurs 4 coins !!
Patrice
Je prends note de ton message. J’ai une idée: lancer une super escouade pour identifier des succès d’apaisement de al circulation partout dans la ville - en commençant par cet endroit dont tu parles dans Verdun, pourquoi pas!
Luc
Genièvre,
c’est une herbe qui est médicinale, mais qui provoque aussi d’intense méditations
Geneviève, je suis heureux de ta réflexion sur la STM. C’est un service essentiel, tellement impromptu, dispendieux et anachronique.
C’est comme pour les terrains de jeux et de sports pour les jeunes, les allées piétonnes pour les ainés, les commerces de proximité (pas les «after hour» pour bandits et mafiosis), les aménagements et coulées vertes, les squares et places publiques pour (a) marchés, (b) amuseurs publics et artistes en tous genres, (c) rassemblement de citoyens pour discuter ou jouer à la pétanque.
Trop de voitures à Montréal, de «Poundshop», de commerces à 1$, de cabarets de danseuses nues et trop de politiciens scabreux.
Il y a un quart de siècle, Montréal fut une ville douce et accueillante. Actuellement, c’est une ville nord-américaine de taille moyenne, aussi dangereuse et sale que Chicago, Detroit ou Miami.
Point à la ligne.
Les gens de Projets Montréal sont BEAUCOUP trop gentils et doux. Va falloir que quelqu’un élève le ton, pour de bon.
Mes salutations à toi, Genièvre succulente et à toi, aussi, citoyen Luc
On croirait que tu as lu notre plate-forme; tant d’éléments que tu suggèrent s’y trouvent déjà. Mais ça n’a rien d’original, la plupart de ces éléments se trouvent aussi dans le plan d’urbanisme de 2004 et plusieurs étaient aussi dans celui du plan de 1992. Ça fit donc 17 ans que des fonctionnaires intelligents ont tracé la voie et que les politiciens peu consciencieux s’en écartent. Mais nous mon cher Patrie-Hans, on va le faire. Parce qu’à la différence des ronds de cuirs au pouvoir - ça nous empêche de dormir. Ce que eux utilisent comme matériau de base de leur industrie du discours, nous, nous en faisons des obsessions.
Quant à l’idée selon laquelle notre ton ne suggère pas la force de nos intentions, j’en prends bonne note.