Tout va très bien madame la marquise

30 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

À sa première apparition publique à titre de présidente de Union Montréal, madame Lemieux tente de nous rassurer sur les affaires de corruption à la Ville en nous signalant que seule 15 enquêtes internes dans les trois dernières années se sont traduites par des accusations de fraudes.

Cette opération n’est rien de moins qu’une tentative de noyer le poisson. En mettant toutes les enquêtes dans le même panier, elle nous porte à confondre les enquêtes ordinaires (utilisation du matériel informatique à des fins personnelles par exemple) avec les enquêtes extraordinaires qui secouent la ville en ce moment (compteurs d’eau, détournement de fonds, collusion avec les soumissionnaires, etc.) et qui sont  sans égal quant à leur nombre et leur importance.

Ce qui a été mis à jour par les révélations sur le contrat des compteurs d’eau ou les transactions de la SHDM, c’est la possibilité d’un vice majeur et possiblement généralisé dans l’attribution des contrats.

Dans au moins trois cas connus, des gestionnaires de haut niveau agissant indépendamment et dans des domaines différents  ont considéré que leurs gestes répréhensibles (au point de déclencher des enquêtes policières) allaient passer inaperçus.

La question qu’il faut se poser, c’est comment ces personnes ont pu croire qu’aucune autorité n’aurait assez d’information sur les budgets ou les contrats dont ils avaient la charge pour pouvoir poser une question avant, pendant ou après les faits.

Poser la question c’est y répondre : cela se produit dans les entreprises où l’information est centralisée entre trop peu de mains ; les critères d’évaluation des projets ou des contrats sont flous ; les mécanismes de suivi de la qualité et de la performance sont inopérants. Il règne alors un sentiment d’impunité qui laisse la voie libre à la malhonnêteté.

Ilfaut qu’une entreprise soit sérieusement malade pur qu’autant de hauts gestionnaires en une si courte période de temps aient pu croire qu’ils ne seraient pas inquiétés par les mécanismes normaux de gestion et de contrôle .


Je ne dis pas que tout va mal à la Ville. Je sais que les contrats informatiques - en particulier - sont difficiles à suivre dans toutes les entreprises; je sais que le suivi de la qualité n’est jamais parfait – même dans les meilleures organisations. Mais de grâce que madame Lemieux évite, de son côté, de tenter de nous faire avaler des couleuvres au premier jour de son arrivée en poste.

Categorie: Réflexions
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  1. Patrice-Hans Perrier JOURNALISTE INDÉPENDANT dit :

    Coucou,

    allez-y voir sur le site de La Grande Époque, j’y ai mitonné un p’tit article qui parle d’un des célèbres travaux d’Hercule… lorsqu’il a du nettoyer les Écuries du Roi Augias.

    le lien:

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Header/Montreal-le-debat-sur-lethique-attirera-t-il-les-electeurs-aux-urnes.html

    si les électeurs ont remplacé les Marquises… ceux qui tiennent les cordons de la bourse n’ont pas changé.

    les taxes et les impôts servent de courroies de transmission afin de graisser la patte d’une caste de prévaricateurs qui saignent le chaland. Et, ils en redemandent !

    il parait que ça s’appelle le «syndrome de Stockholm»… cette affection des Montréalais pour leur bourreaux.

    le temps des pâquerettes est venu. Il faut voir la réalité à «Ras les pâquerettes», comme le chantait Souchon. Mais, je suis pas si sûr que le principal intéressé soit réellement tombé les deux pieds sur terre.

    «la terre … des hommes» que l’on nous promettait durant les années 60 s’est métamorphosée en foire d’empoigne entre diverses mafias qui en redemandent.

    le slogan du Parti de Monsieur Luc devrait être: «Ma ville n’est pas à vendre».

    merci pour ces quelques minutes commandités par «C’est bien meilleur devant son écran…».

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