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Trop cher le ré-aménagment des rues - 2

10 juillet 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

L’administration en place a fait quelques investissements en apaisement et en verdissement. Le plus considérable a été le verdissement d’une partie de la bande centrale du boulevard Saint-Joseph, il y a deux ans.

Le problème c’est que cette dépense s’est faite sans volonté réelle de changement. On a investi pour calmer la grogne  mais sans vision et sans leadership.

Ces photos font la preuve qu’on aurait pu enlever ne serait-ce que 15 cm à chaque voie (sauf sur celles appelées à accueillir une voie réservée de transport en commun).

On aurait pu doubler la largeur de l’ilot central. DOUBLER.

Qu’on vienne me dire que c’est une mesure trop chère, radicale, anti-voiture ou je ne sais quoi. Ça n’aurait eu aucun impact sur la circulation ou peut-être un petit ralentissement plus que bienvenu de la vitesse maximale. Et zéro impact sur les coûts.

Largeur des oies sur Saint-Joseph

Largeur des oies sur Saint-Joseph

Largeur des voies sur Sain-Joseph

Largeur des voies sur Sain-Joseph

Tambours et trompettes pour écraser la voie de la raison

8 juillet 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Voilà 10 ans, (l’infâme) Christian Boulais, débarquait dans le quartier avec des photos d’apaisement de la circulation qu’il avait prises en Hollande je crois - il me corrigera  (il est très fort là dedans).

Sa grande force (je vous fais grâce de ses faiblesses) c’est qu’il ne s’est pas contenté de prendre ces photos; il les a montrées à tout le monde; il a fait le tour de la ville pour rencontrer les élus et les policiers. Nous nous étions associés brièvement pour faire ce travail sur le Plateau. Mais avant moi, il l’avait fait avec Marcel, Gabriel et les citoyens de la rue Christophe-Colomb et après moi il a continué de le faire avec Projet Montréal et avec la Maison d’Aurore. Il a aussi tenté ce travail à Pointe Saint-Charles et à d’autres endroits sans doute dont je n’ai pas connaissance.

Ces photos les voici - du moins trois d’entre elles que j’ai conservées du temps où on les exposait aux citoyens avec un petit stand qu’on montait sur l’esplanade du métro Mont-Royal:

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Partout, Christian véhiculait le même message qui est la base de l’apaisement de la circulation:  la rue parle aux automobilistes. Pour réduire la vitesse, les panneaux annonçant l vitesse de circulation permise ne servent à rien. Il faut modifier le tracé des rues  ou leur largeur (parfois avec des moyens très simples) pour que la vitesse devienne impossible.

À l’époque, nous avions rencontré les deux commandants des postes de police du Plateau. Nous avions aussi demandé à monsieur Prescott et madame Fotopulos de venir se prononcer sur la philosophie d’aménagement du territoire qu’elles suggéraient dans le cadre d’une assemblée citoyenne pré-électorale.

Moi, j’ai arrêté de suivre cette cause, absorbé par un danger que je trouvais encore pire ( la construcion de l’autoroute Notre-Dame) mais aussi rassuré par le fait que la maison d’Aurore a pris le relais - et de quelle façon! Pendant 4 années, inlassablement, des gens  comme Isabelle Gaudette, Huguette Loubert, Marianne Tassé, Gabriel Deschambault, Pierre Dodin et compagnie (je ne les connais pas tous) ont non seulement milité dans la rue, mais ont, en plus, élevé le débat en documentant systématiquement leurs demandes et en faisant un formidable travail d’éducation populaire.

J’ai une question pour vous ? Est-ce que vous pensez que nos élus ont compris la leçon ?

La réponse, bien entendu, est un gros non. Mais c’est pire encore qu’un gros non: c’est l’histoire de gens qui tentent de se faire du capital politique en s’assurant que rien ne change et en niant non seulement les citoyens mais aussi les études qu’ils ont en main. C’est évidemment à partir de ce point que ça devient intéressant. Voici les faits.

Aujourd’hui, 7 juillet André Lavallée un journal de quartier nous annonce la décision de l’administration municipale de réduire la vitesse de circulation à Montréal :

« Notre Administration a fait de la sécurité une priorité au cours des dernières années et les résultats sont là pour le prouver, comme en témoigne notre bilan de sécurité routière 2008. Compte tenu du fait que la probabilité de décès d’un piéton est de 70 % à 50 km/h et que cette même probabilité se trouve abaissée à 25 % à 40 km/h, cette réduction de la vitesse engendrera systématiquement une réduction significative de la gravité des blessures.», a déclaré M. Lavallée.

Je crois avoir compris que le seul changement de tous les panneaux de circulation va coûter plus de 2 millions de dollars (je confirme et vous reviens). À ce point de l’histoire vous vous dites «ah quel dommage, ils n’ont pas écouté les citoyens;  ils n’ont pas été voir ailleurs dans le monde ; ils n’ont pas compris qu’il ne sert à rien de changer les panneaux».

Mais c’est bien pire. Ce sont leurs propres experts qu’ils n’ont pas écouté.

En 1996, la ville a lancé un projet pilote sur la vitesse. La limite de vitesse de plusieurs rues du Plateau Mont-Royal (environ la moitié) ainsi que de l’arrondissement CDN a été abaissée, passant de 50 km/h à 40 km/h. Cette initiative, qui ne s’accompagnait d’aucune mesure d’aménagement propre à restreindre physiquement la vitesse, n’a eu aucune incidence sur les vitesses observées, dixit la Ville de Montréal elle-même, selon ses propres relevés « avant-après »  : la vitesse du 85e centile, qui s’établissait à 48 km/h avant l’instauration du changement s’est même élevée à 51 km/h après la modification apportée à la signalisation ! Changer les panneaux de signalisation n’à donc aucun effet notoire sur le comportement des automobilistes, si, dans le même temps, la rue n’est pas réaménagée en conséquence.

L’administration en place sait. Elle nous enfonce dans la gorge une mesure inutile et coûteuse à l’approche des élections au lieu de faire ce que tout le monde lui demande depuis 20 ans. Le travail bénévole de centaines de citoyens est couvert par le son assourdissant et vain des tambours et des trompettes.


L’industrie du discours

29 juin 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Se déclarer favorable au changement sans rien faire pour que les choses changent est devenu l’outil principal des conservateurs.

Union Montréal a fait de la récupération du discours sa marque de commerce et sa principale activité.

 

Les nouveaux conservateurs

Les nouveaux conservateurs

Charte du piéton - mais refus de sécuriser les intersections sur les axes de transit

Plan de transport - mais pas de budget

Plan de déplacement Urbain du Plateau - mais refus d’élargir les trottoirs même lorsqu’ils sont en dessous des normes - et devant une école de surcroit

Plan famille - plus d’investissement dans le graphisme du document que dans n’importe quelle des mesures qu’il contient.

Refonte du Plan de Protection et de Mise en Valeur du Mont-Royal - mais incapacité d’appliquer des mesures simples de diminution du transit qui figuraient dans la première version en 1992.

Plan directeur de gestion des matières résiduelles - mais pas de budget. 

Projet de tramway - mais avec des objectifs de transfert modal de moins de 5%

Priorité transport en commun - mais avec des budgets déficients et le refus de mettre des péages sur les ponts pour le financer. Et une augmentation constante des tarifs. 

 Lâchez pas Union !! Quand nos oreilles seront pleines on écoutera plus et on passera à l’action!