Je sors du comité de sélection du chef de la police de Montréal. Bien sûr je ne dirai rien, même sous la torture (au Taser ;)). Mais ce matin, je suis un peu plus fier d’être montréalais.
Je me permets de partager quelques impressions plus importantes au final que le nom du candidat retenu. D’abord, je déclare que le Service de police de Montréal est une organisation en santé. En santé ne veut pas dire exempte de problèmes. Nous savons tous que le nouveau chef va devoir en régler un char pis une barge (le profilage racial, la perte de confiance des troupes envers la direction, le déficit annuel de 20 millions, les relations tendues avec le président du syndicat, les enjeux éthiques liés à la commercialisation, la commission d’enquête de Montréal Nord et j’en passe). Mais les organisations malades sont fuies par les candidats intéressants. Or, les 5 officiers qui ont déposé leur candidature pour le poste de chef étaient exceptionnels. Tous les 5 pourraient diriger le service de police d’une grande métropole– ici à Montréal ou n’importe où dans le monde.
Chacun a démontré sa maîtrise des compétences de base d’un gestionnaire moderne (leadership, écoute, transparence, mobilisation, engagement), ses compétences dans les métiers de base (patrouille, enquête, service à la clientèle, relation avec la communauté, événements spéciaux, interventions spéciales), sa compréhension de l’administration (contentieux, acquisitions, ressources humaines, finances, convention collective), sa compréhension de l’organisation et de la gouvernance (postes de quartier, régions, unités corporatives, modèles de direction) sa compréhension des différentes facette du crime (du crime organisé au terrorisme en passant par les enjeux urbains, les incivilités, les enjeux de voisinage, etc. ).
Mais le plus frappant sans doute c’est que chacun des candidats a su développer une compétence particulière à un niveau supérieur – rare dans la population – mais aussi chez la moyenne des gestionnaires : un leadership contagieux chez l’un, le courage managérial chez l’autre, la compréhension fine et détaillée des enjeux urbains pour un troisième, la capacité de planification financière dans des contextes difficiles chez un autre encore.
En bref, si vous voulez être le prochain chef de la police de Montréal : commencez tout de suite votre développement personnel et professionnel ; il vous faudra des années avant d’être prêts.
Si je me réjouis tant, c’est que je suis convaincu de ceci : les candidats exceptionnels ne peuvent être produits que par les organisations exceptionnelles. La valeur exceptionnelle des individus se raffine, par la pratique, dans les entreprises qui donnent à leurs employés les moyens pour se développer. Y a-t-il 5 candidats de ce calibre dans la moyenne des entreprises québécoises ? sans doute que non. Dans les autres corps policiers de la province : certain que non. Parmi les élus municipaux ou provinciaux ? Pas à première vue. Au fédéral ? hahaha.
Quel écart immense entre ce constat et les nouvelles frelatées que les medias nous servent sur nos policiers. À lire les journaux, nos policiers sont des gros jambons, élevés en banlieue, scotchés dans leurs chars, cachés derrière leurs lunettes soleil et incapables de faire la différence entre un servant de messe noir et un évadé de la même couleur. Seul l’exorcisme – et encore – permettrait de corriger la situation.
Je suis certain qu’il y en a des gros jambons. Mais il y a aussi des êtres sensibles qui échappent à ces défauts primaires. J’en ai rencontré 5 en deux jours (et un en particulier qui était fulgurant par la finesse de sa vision sociale et urbaine). Ces cinq personnes – élevées et formées par le SPVM – comprennent la nature de la ville, du crime, de la détresse et de la démence. Ils savent que les épouses ont 10 fois plus de chance de se faire tabasser par leur mari que par un étranger ; que les pires fraudeurs sont les propriétaires de jolies maison à ville Mont-Royal ; qu’il ne sert à rien de donner une troisième contravention à un itinérant ; que le jeune qui commet un délit a bien moins de chance de recommencer si on lui pardonne et qu’on l’encadre que si on l’enferme ; que le risque pour un enfant de se faire abuser ou maltraiter est bien plus grand dans le sous-sol de sa maison que sur un banc de parc ; que dans les 25 prochains crimes, 22 seront commis par des gens qui n’ont jamais eu l’intention de le commettre et qui vont le regretter leur vie durant dès le lendemain de l’acte ; que la source première du crime est la détresse et non la violence organisée et finalement – puisque c’est de saison – que le profilage racial est un problème complexe auquel il faut s’attaquer.
Alors me direz-vous, s’ils savent tout – y compris les enjeux de profilage racial – le problème est réglé non ?
Bien non justement.
Parce que la plupart des problèmes auxquels la police fait face sont des problèmes de société avant d’être des problèmes policiers. Prenons le profilage racial.
Je suis personnellement persuadé que toute entreprise de plus de 1000 employés est le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Or, force est d’avouer que comme société il nous reste du chemin à faire avant de ne pas tomber dans le panneau du profilage racial.
Nous qui crions au scandale parce que la police interpelle plus de noirs que de blancs – est-ce que nous sommes indifférents à la présence d’un jeune noir qui porte une casquette croche sur la tête, un bandeau qui lui cache pratiquement un œil et un pantalon où il est susceptible de cacher un chalet ? Non. Quand nous voyons un arabe qui engueule sa femme, est-ce qu’on se dit spontanément que c’est une petite dispute de famille ou un exemple de la domination de tous les arabes sur leurs épouses ? Quand on voit un ptit tough qui porte une capuche de la taille du mont Saint-Sauveur est-ce qu’on se demande s’il va faire des graffitis ou s’il va à la bibliothèque rapporter ses livres avant la date d’expiration ? Nous sommes racistes. Point à la ligne. Et les policiers, en règle générale ne sont pas mieux que nous.
L’itinérance astheure. Les policiers donnent des billets à répétition à des itinérants qui ne pourront de toute manière pas les payer. Et que voulez-vous qu’ils fassent d’autres ? Bien sûr, ils peuvent appeler les organisations communautaires qui tentent de les aider. Mais ces mêmes organisations sont terriblement sous-financées et de leur aveu même elles n’arrivent qu’à patcher les problèmes. Le même itinérant va être dans la rue dans 4 jours hurlant à la nuit, déclenchant les plaintes des citoyens qui vont appeler la police. La police ne va rien pouvoir faire d’autres que de donner un billet. Et vous, vous faites quoi à part d’appeler la police ? Le nombre de chambres dans des maisons de chambres est passé de 30 000 à 3000 en 20 ans et je peux vous garantir que pas un citoyen en veut une à côté de chez lui. Alors on fait quoi ? On appelle la police quand un gars dort sur le banc du parc au coin de la rue.
So give me a fuc..ing break avec les défauts de la police. Ce sont nos défauts à nous tous.
Peut-être, si je peux me permettre une critique ; 80% des policiers viennent de la banlieue et c’est en côtoyant la ville au quotidien qu’on la comprend le mieux. La banlieue c’est peut-être pas idéal pour développer les réflexes des habitants du vrai Montréal - celui de la mixité sociale, de la densité et de la proximité. Mais ça aussi c’est un défaut de société qui n’a rien de spécifique à la police. Par contre, si un jeune policier lit ces lignes et qu’il voudrait un jour devenir le chef du SPVM. À mon avis, un petit déménagement devrait faire partie de sa préparation.

Heureux de voir la vérité sortir de la bouche d’un politicien et non pas une danse pour ne pas se mouiller les pieds dans le débat du profilage racial. Bon commentaire, au bon moment et direct dans le mile.
Vous ne pouvez pas savoir à quel point vous lire est libérateur. J’ai personnellement jamais vu de politiciens combiner deux qualités qui sont pour moi essentielles en politique: passion et nuance. Un billet pro-police risque de déplaire un peu à la frange plus radical de votre électorat. Félicitations pour avoir eu le courage de l’écrire quand-même.
“Nous” sommes racistes ? Vraiment pas d’accord, Luc. Tu inclus qui, au juste, dans ce “nous” ? Et si le SPVM était vraiment “une organisation en santé” est-ce qu’il cacherait l’existence d’un rapport interne accablant qui démontre que les jeunes noirs se font interpeller presque systématiquement dans certains quartiers de Montreal ? Est-ce qu’il déployerait tous les moyens à sa disposition pour empêcher à ce que des plaintes de profilage racial soient entendues au mérite par la Commission des droits de la personne ? Est-ce qu’un travailleur communautaire respecté comme Harry Delva cesserait toute collaboration avec le SPVM, dégouté par le manque de volonté de son leadership à s’attaquer aux pratiques qui nuisent à sa crédibilité parmi les minorités raciales ? Est-ce que la commercialisation de ses services ferait en sorte que des plaignantes de viol ont de la misère à être entendues par des enquêteurs (dont leurs collègues seraient trop occupés, parait-il, à garder des centres d’achats ou à emettre des contraventions pour pouvoir s’occuper de ce genre de probleme) ? Les candidats que tu as rencontrés ont beau avoir des qualités impressionnantes ; tu vas beaucoup trop loin quand tu prétends que le SPVM est en santé.
Je suis moi-même en santé Alex, mais je ne peux plus courir, j’ai mal aux genoux, ma vue baisse et je ne peux plus manger de viande le soir - ça m’empêche de dormir. Tu signales des lacunes du SPVM qui sont importantes et je les reconnais. Mais je pense qu’il faut aussi reconnaître ses forces pour avoir une discussion équilibrée. Toi est-ce que tu reconnais ses forces ?
Il faut certes voir le SPVM comme produit d’une société raciste, dans laquelle la division internationale et culturelle du travail est profondément injuste. Cependant, il faudrait commencer par ne pas se cacher les yeux et reconnaître qu’elle n’est pas le simple reflet de la population, mais qu’elle participe directement au processus d’exclusion sociale, qu’elle le favorise à large échelle par ses pratiques. Alex Norris le démontre bien, et les exemples ne manquent pas.
As-tu oublié l’impunité totale des policiers dans leurs abus? Et la participation active du SPVM à la répression sauvage des manifestations contre le G20? As-tu oublié le harcèlement policier statistiquement prouvé à l’égard des itinérants et des jeunes des communautés culturelles? As-tu oublié l’attitude indigne avec laquelle se démène Maître Boisvert, représentant de la Ville de Montréal, pour empêcher que la vérité se sache autour dela mort de Fredy Villanueva, la vérité étant qu’aucun témoin ne supporte la version du policier Lapointe, cette version idendite (comme dans mot à mot) à celle qu’il avait donné dans un autre procès, et dont il ne se rappelait plus l’existence?
Il y a une réalité que tu sembles avoir oublié: les policiers se situent à droite de l’échiquier politique. Ils sont plus machos, plus racistes que la majorité. Quiconque a côtoyé des flics pourrait te le confirmer, quiconque a vu les futurs flics agir en assemblée générale étudiante pourrait aussi t’en parler. Ce n’est pas un hasard: ce n’est pas n’importe qui qui choisit d’aller défendre l’ordre existant.
Oui, je reconnais ses forces, mais prétendre, comme tu semble le faire, que les défauts de la police ne sont que “des défauts à nous tous”, manque de crédibilité. Et blâmer “les nouvelles frelatées que les medias nous servent sur nos policiers” pour la mauvaise image du SPVM, plutôt que le manque de volonté politique de l’administration Tremblay, et de l’état-major du SPVM même, à resoudre les problemes qui sont la source de cette mauvaise image, suggère une attitude presque complaisante. Es-tu capable d’identifier une seule erreur dans ces reportages ? (D’ailleurs, toute analyse de contenus des medias demontra que la très grande majorité des reportages qui se font sur la police vantent ses mérites, voire son héroisme.) Finalement, si le SPVM n’est que “le reflet de la société dans laquelle elle évolue” pourquoi est-ce que tous les candidats a sa chefferie sont des hommes francophones blancs dans la quarantaine ? (Voir les biographies dans le reportage en bas.) Ce n’est pas en dissimulant les vraies causes des problemes qui affligent le SPVM qu’on pourra avoir une discussion “équilibrée” à son égard.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-municipales/montreal/201008/06/01-4304595-course-a-la-direction-du-spvm-cinq-hommes-un-poste.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4305681_article_POS5
À Guillaume
Partout dans le monde, il faut réformer les polices pour les aider à mieux remplir leur mandat : il faut mettre 300 policiers à pieds et 300 autres en vélo. Il faut développer les centres de détention temporaires pour recevoir des gens perdus dans leur tête; il faut développer tout le réseau d’aide qui entoure la police pour qu’il puisse vraiment soutenir et compléter le travail d’arrestation par un travail d’encadrement et d’orientation - pour vrai , pas juste dans les intentions. Dire que les problèmes de notre police sont des problèmes de valeurs des individus qui la composent (être à droite ou à gauche) c’est personaliser des problèmes complexes de société. Nos policiers travaillent avec les outils qu’on leur a donné et qui sont en partie inadaptés aux problèmes contemporains (comme nos directeurs de prisons d’ailleurs, aux prises avec de plus en plus de personnes souffrant de maladie mentales; comme les chefs de douanes, aux prises avec l’immigration illégale; comme les directeurs d’hôpitaux, aux prises avec le vieillissement de la population; comme les directeurs d’école, aux prises avec le décrochage scolaire). Lâche moi patience avec tes accusations personnalisées sur la police. Ma job de politicien c’est d’élever le débat - pas de le personnaliser.
À Alex. Y’a pas juste à la police qu’il y a un problème de représentation: il y a aussi à Projet Montréal où il n’y a pas un seul élu appartenant aux communautés ethniques. Par contre pour les jobs de cul dans les CHSLD et les centres d’appels ils sont sur-représentés. C’est quoi le plan d’action pour faire mieux que la police ?
Monsieur Ferrandez,
J’ai beaucoup apprécié votre propos sur le choix du prochain chef du SPVM. Votre analyse de la société et des problèmes qui la compose est fort intéressant. Toutefois, je crois que vous pourriez trouver des policiers qui puissent autant vous impressionner dans plusieurs organisations policières. Je suis de votre avis qu’il faut essayer d’élever le débat pour faire avancer les situations et faire évoluer les gens. Les grandes organisations sont des micros sociétés et l’histoire semble nous démontrer que ces organisations sont la plupart du temps le reflet de la société dans laquelle ils évoluent. En terminant il n’y a pas de système parfait mais au moins nous en avons un contrairement a plusieurs pays sur la planète. Il ne faut surtout pas baisser les bras et dire que tout est parfait. Il faut continuer a croire que nous pouvons encore faire évoluer notre démocratie.
Montréal est réputé pour ne pas donner de travail aux gens de couleurs.
Plus tu as la peau foncée à Montréal moins tu as de chance de multiplier les pages de ton curriculum vitae.
Alors il ne faut pas être surpris que des gens cherchent quelque part l’argent nécessaire à leur survie urbaine.
Nous sommes une société raciste, sûrement pas plus pas moins qu’une autre.
Dire que les policiers sont plus racistes que la majorité de la population c’est faire du profilage professionnel.
On en sortira jamais.
L’approche de Ferrandez m’apparaît plus saine que quelqu’un qui tirerait dans le pied de celui qu’il vient d’engager.
En jugeant quiconque d’être ceci et d’être autant cela, c’est nous-mêmes que nous enfermons dans la prison de la fausse perception.
Tant qu’à moi, à chaque fois que j’ai été en relation avec des policiers, j’ai trouvé ces gens hautement professionnels et compétents. Mais je n’ai pas la peau très foncée, c’est vrai.
Si le récent rapport sur le profilage racial chez les policiers à été tabletté, peut-être y a-t-il un lien avec ce chef de police qui a été invité à se retirer. Si ce lien existe, c’est peut-être que notre système a tout ce qu’il faut pour retrouver la transparence d’un Service de police en pleine santé.
Bien que je trouve ton texte très bien écrit, Luc, relativement… vrai et très stimulant, je lui trouve un défaut : 1) donner l’impression que les problèmes sociologiques dans la police ne peuvent pas être réglés sans régler les problèmes sociaux dans les milieux d’ou viennent les policiers et dans la ville, et 2) donner l’impression que ces problèmes ne sont pas plus graves chez les policiers. … Après tes vacances, je te trouve un peu jovialiste … surtout après la répression brutale de manifestants bien tranquilles par des policiers paranos ayant hâte de casser du petit-bourgeois-urbain-intello-contestaire-jamais-content-de-mon-cul, des policiers jouissant de leur pouvoir, de la terreur des faibles qu’ils méprisent, dans le power trip qu’on leur à offert à Toronto pour le G20 et pour protéger la Civilisation, nos gouvernements et l’avenir du monde !!!
Nonobstant les mérites apparents des 5 candidats (pas de candidates, tiens …) à la direction du SPVM, ton texte, Luc, escamote la sociologie et le rôle répressif de la police.
Tu dis que 80% des policiers viennent de la banlieue (D’ailleurs tu les invites à déménager à Montréal…). C’est un méchant problème, ça ! Comme tu le suggères d’ailleurs, ça signifie qu’ils ne reflètent pas la population montréalaise au départ… Ces banlieusards doivent avoir des préjugés contre les Montréalais que les Montréalais n’ont pas… (…. comme moi j’ai des préjugés navrants et blâmables contre les banlieusards…) Ne vont-ils pas confondre un-e contestaire pacifiste anti-autoritaire, et un-e membre de gang enragé, souvent violent et anti-autoritaire. Ne pas comprendre, c’est souvent aussi un peu ne pas accepter, ne pas aimer ou ne pas avoir d’empathie avec…
De plus, comme pour chaque métier ou profession, il faut un certain profile ! Pour choisir d’entrer dans la police, pour être sélectionné et pour bien vivre avec les autres policiers, il faut un esprit de corps et d’obéissance, une certaine rigidité d’esprit et des valeurs plutôt conservatrices. Les préjugés vont avec ces valeurs… Il n’y a pratiquement pas de place - évidemment - pour les libertaires, les adeptes de la liberté sexuelle, les idéalistes progressistes, les amoureux de l’art, les poètes, les esprits créatifs ou entreprenants, les doux et les pacifistes, les homosexuels, les gens qui ne croient pas aux drapeaux et à la patrie, les esprits critique …! Il y a forcément une idéologie de l’ordre, de la force, de la répression et de l’autorité dans la police (Comme dans l’armée). Il vaut mieux aimer les armes et la confrontation physique, aussi. Etc.
Enfin, tout cela pour dire que 1) les policiers pourraient bien avoir plus de préjugés que la moyenne des Montréalais, 2) ces préjugés ont des conséquences plus graves lorsqu’appliqués par des policiers et les policiers , 3) on a le droit et le devoir d’attendre des policiers plus de sensibilité et d’intelligence, … (Il y a des policiers sympas, bien sûr. Mais les policiers n’ont pas les mêmes droits`à l’erreur en raison de leur pouvoir et de leurs armes. )
On a le droit et le devoir d’attendre mieux de la part de la police.
Personnellement, j’ai eu à faire à des policiers dans des manifestations, et dans des circonstances moins troubles. Une fois sur deux, je suis tombé sur des policiers avec un profile de BUMs … C’est trop. ä me rappelle que des profs de mes amies ont été quelques fois menacées par des éleves de cégep de se faire mettre la tête dans un sac, de recevoir des coups de poing, de se faire violer … Ces él`ves n’étaient pas des noirs fumant un produit illicite, mias des blancs étudiant en techniques policières … !!!
Tous les policiers ne sont pas ainsi, et il y a eu une grande amélioration depuis une 15aine d’années. L’arrivée des femmes dans la police a sans doute aidé significativement. Mais il y a encore des problèmes dans la police qu’il faut et que l’on PEUT corriger plus vite que dans la société si on les forme et conseille continuellement …
… et si on peut se mettre à réprimer sévèrement les manquements graves à la déontologie. Mais là encore, il y a l’esprit de corps … à fissurer …
Contrairement à ce que tu impliques, Luc, je trouve que les médias, les autorités gouvernementales et la justice ne critiquent pas assez sévèrement la police !
Michel
Merci pour tes commentaires intelligents. Tu poses les bases d’une discussion essentielle. je suis d’accord que la police doive changer. Le patrouilleur de demain sera plus psychologue, à pieds, moins armé. Le poste de demain sera dans une boutique sur une rue commerciale. La prison de demain sera un institut de santé mentale - du moins en partie. Mais ‘éducation secondaire aussi doit être réformée profondément. Et la santé aussi. Or, je ne vois personne aborder les changements de ces deux importants secteurs de notre société en disant que les prof et les médecins sont des paresseux (énormément de profs le sont) des bornés (énormément de médecins le sont) enclins à développer leurs privilèges avant tout (il y a des des préposés aux bénéficiaires ou même des infirmières qui ont cette attitude). On part de ce que les gens ont de bon pour espérer un monde meilleur. On fait équipe avec eux. On les dénonce aussi - d’accord. Il faut le faire. Il faut garder la pression. Mais pas en personnalisant les problèmes. Hier, une amie m’écrit pour me dire que je suis dans le champs. Elle me dit; je te connais Luc, tu ne pourrais pas tenir dix minutes dans un party de futurs policiers. Ils veulent tous s’acheter une moto; ils n’ont pas de culture, ils ne comprennent pas la ville. Si c’est vrai; on a bien de l’ouvrage à faire. Mais pas juste avec les policiers; avec toute cette culture mongole de consommation; de refus de l’urbanité; d’inculture générale.
Pour ajouter au débat, un moyen métrage documentaire qui vient tout juste de paraitre sur le SPVM. Comme on dit à l’ouest de St-Lô : «Enjoy».
http://www.onf.ca/film/Zero_tolerance
what a bunch of crap.
”je te connais Luc, tu ne pourrais pas tenir dix minutes dans un party de futurs policiers. Ils veulent tous s’acheter une moto; ils n’ont pas de culture, ils ne comprennent pas la ville.”… Et les Noirs veulent tous rapper, jouer au basket et sont généralement moins intelligents!! Ceux qui se plaignent d’être étiquetés sont trop souvent les premiers à le faire avec bonne conscience. Vous parlez tous comme si vous avez la vérité au bout des lèvres quand nous avons quantité de policiers noirs, excessivement fiers de l’être (noir et policier), qui lisent vos beptises avec impuissance puisque ce sont eux en fait les mieux placés pour commenter ce genre de situation. Mais n’ayons pas recours à eux…ce ne sont que des noirs pour les uns et des brutes vendues pour les autres.
Éric, les gens ici sont tous contre le racisme et pour la défense des droits des Noirs, entre autres. Ils se demandent su la police peut ou doit améliorer ses rapports avec les communautés noires. Vrai, nous disons peut-être quelques bêtises, mais pas seulement des bêtises. Pas les mêmes en tout cas, sinon on serait tous d’accord. À travers les contradictions et le débat, on apprend et on peut démêler un peu réalités et légendes urbaines.
Mais c’est crai qu’on simplifie dans un échange sur l’internet et ça enlève de la subtilité et de l’intelligence aux débats parfois. Mais, mais … personne ici n’a remis en question l’égalité noirs-blans en droits, en intelligence et en aptitudes.
Tu as raison : ce serait bien si des policiers/êres noirs/es s’exprimaient ici pour affiner la discussion et nous parler de la réalité plus récente. Je dirais que la question est : “La police a-t-elle autant, plus, ou moins de préjugés que le reste de la population montréalaise contre des minorités visibles (telles que les membres de la commmunauté noire de Montréal) ? ” On peut discuter de questions autour de cela aussi.
Être enseignant est si difficile que 25% décident de quitter pour toujours leur profession dans les cinq premières années, malgré quatre années pénibles d’études universitaires et de stages non rémunérés.
On sait bien que les infirmières sont des privilégiés. (!!!!!!!!!) Tout comme les préposés aux bénéficiaires, quelle gang de privilégiés! Ils torchent les p’tits vieux à notre place, pis ils veulent faire plus que 15$ de l’heure. On devrait tous les mettre en prison.
On sait bien que Luc Ferrandez défend la veuve et l’orphelin. Pauvres sont les policiers qui se font traiter de racistes quand il y a des statistiques et des choix adminsitratifs qui prouvent qu’ils le sont.
Je suis profondément scandalisé que Luc Ferrandez représente la gauche. J’aurais déjà été scandalisé à l’époque des Kaustky et autre Jaurès manipulateurs. Mais maintenant, la social-démocratie est tombée bas, très bas.
J’ai au moins un peu plus de respect pour Alex Norris, qui semble avoir une éthique. Il semble au moins se baser sur des faits pour défendre une opinion, et non sur des impressions et des préjugés à la Luc.
C’est bien dommage que la gauche soit en effet toujours associée à des protestataires anti police.
” Les policiers se situent à droite de l’échiquier politique” dit Guillaume. Ce genre de discours enlève énormément de crédibilité à tout mouvement social.
Les forces de l’ordre ne sont ni de droite, ni de gauche. Elles représentent le gouvernement et sont (habituellement) assujetties à ce dernier. Les policiers des USA comme ceux de Chavez. J’aimerais bien voir l’alternative proposée par ces protestataires. Des tribunaux populaires? Des citoyens policiers?
Ah oui, c’est vrai! J’oubliais, il n’y a qu’une cause au crime: les inégalités sociales… Donc pas vraiment besoin de police…
Très rafraichissant de voir un politicien de gauche éviter les traditionnels discours anti police et reconnaître ses qualités.
Merci Luc!
Certains font du profilage racial, d’autres font du profilage professionnel
d’autres encore font du profilage d’arrondissement.
En voici un exemple très amusant qui a pour titre LA CLIQUE DU PLATEAU :
http://www.youtube.com/watch?v=hgSI0IBxwJQ&playnext=1&videos=XFZW_LudiPQ
On se fait tous mettre en boîte par son voisin qui tient mordicus à conserver la vision qu’il a de nous. Ca doit nous sécuriser quelque part de dire que l’autre est plus coupable que nous.
Mais ça mène où sinon à perpétuer l’incompréhension du monde qui nous entoure ?
Guillaume, ayant moi-même critiqué le propos de Luc, je me permets de m’insurger contre ta critique très exagérée et personnelle (ad hominem).
Je ne sais pas si Luc représente ou prétend représenter LA gauche. Je ne crois pas. Il y a bien des gauches. Luc est un maire progressiste. écologiste et il représente une certaine gauche et il représenter aussi tous ses citoyens. C’est un maire pragmatique qui cherche à résoudre des problèmes urbains avec les moyens et les ressources disponibles, et à créer des ouvertures pour faciliter les solutions.
Luc n’a pas dit qu’il ne fallait pas être critique de la police et particulièrement des fautes contre les droits et l’égalité des droits. Il propose une explication et, à mon humble avis, il relativise un peu trop le problème. Je ne suis pas d’accord avec sa thèse et certains de ses arguments, mais je n’y vois pas une exemption des fautes et des problèmes de la police !! Luc nous met en garde contre la tentation facile de nous exonérer comme société de nos problèmes, de nous … “blanchir” en réduisant le problème racial au problème de la police et ainsi d’amplifier le problème inutilement.
Mario Baletolli, le plus grand joueur de foot italien, est un noir :
Voici comment il est perçu par ses frères géographiques :
http://www.youtube.com/watch?v=rpB13X1RrJE
Merci Michel de ces explications. Tu as raison de dire que je n’exonère pas la police de ses comportements déficients. Tu as raison aussi de dire que les gens qui choisissent le métier de policier doivent être encore plus soucieux de justice que la moyenne de la population. Mais ce n’est pas en cassant du nègre blanc qu’on va régler le problème. Il y a une go-gauche qui adore croire - comme dans les films américains - qu’il y a des bons et des méchants et qu’il faut s’attaquer aux méchants. La police est une de leurs cibles favorites. Tous les mois, nous recevons au bureau des demandes de citoyens (qui se disent tolérants ou de gauche) des demandes pour retirer le banc public devant leur maison parce que ça attire les sans abris. Il y a aussi les propriétaires de maisons qui ont tellement augmenté leurs loyers qu’il y a dorénavant que les bourgeois qui peuvent habiter leur logement. Il y a finalement tous ces gens qui ont peur de croiser la moindre personne vivant avec des maladies mentales ou psychologiques (et surtout pas leur parler !!). Tous ces gens participent à l’exclusion qui mène ultimement à la violence. La violence, ce n’est pas que le processus d’arrestation - c’est d’abord le lent travail de la marginalisation. Un des mes amis vit des problèmes de violence - qu’il n’arrive pas à contrôler. C’est moins pire aujourd’hui mais à une certaine époque il s’est fait arrêter plusieurs fois par la police et j’ai moi-même pu constater la violence de certains d’entre-eux; leur incapacité à comprendre ce qu’il vivait (tu me diras que c’est difficile à comprendre quand un gars de 225 livres tout rouge te crache dessus et t’insulte). Mais je peux aussi témoigner du fait que pas un seul voisin(e), pas un seul ami(e) n’a montré le moindre début de tolérance à son égard. On le fuit, on l’ignore, on le craint. Après, c’est trop facile de s’en prendre à la brutalité policière.
Par ailleurs, regardons comment évolue la santé (la préoccupation pour la nutrition, le rejet de la cigarette, la compréhension du stress dans la vie quotidienne). Ce n’est pas en s’attaquant aux médecins que ces pratiques sont apparues: c’est quand la société toute entière a décidé de s’en prendre aux sources du problème. Pour ce qui est du Guillaume à qui tu t’adresse poliment mais qui s’est permis de me traiter de trou du cul dans un message que j’ai effacé, laisse le faire son cinéma avec des bons et des méchants , la gauche et la droite, le droit de juger sans s’impliquer et tous les autres attributs de l’adolescence politique. Personnellement je ne lui répondrai plus.
Bonjour!
Bravo M. Ferrandez ! J’ai lu avec intérêt votre article ! Pour ma part, mon conjoint est policier à Montréal et depuis que je suis avec lui ( 4 ans) j’ai droit à toutes sortes de réactions ! Certains le méprise avant même de le connaître, d’autres me disent : Ah? T’aime les machos ? Les power-trippeux “? Et tout cela, devant ma face, sans gêne aucune. Chaque fois que je parle de lui, je craint les réactions, et pour cause ! Sur 10 personnes, au moins 8 vont le critiquer, alimentés par toutes sortes de préjugés, de légendes urbaines qui ont circulées et qui ce sont déformées depuis, “Moi je connais un Beu qui a fait telle et telle chose etc. ” Quelle délicatesse que de dire “beu” devant moi ! La majorité des Québécois n’ont pas “accès au monde policier” autrement que par des propos rapportés ou des expériences de contraventions /arrestations. Ils ont donc un portrait biaisé et peu nuancé ! J’en ai plus que marre d’entendre des gau-gauches se plaindre des policiers comme s’ils étaient des fachistes-nazis-finis ! Comme si en se disant “de gauche” fallait automatiquement et systématiquement critiquer tout ce qui est autorité, force de l’ordre, etc C’est comme si c’était “culturel” de critiquer la police, sinon, t’es pas un bon “gau-gauche ! Et cela, jusqu’au jour où un facho d’un poste de quartier viendra vous donner un coup de main et par le fait même, vous clouera le bec sur son “inutilité “… Soupir…Quelle immaturité !
C’est rafraîchissant ce texte d’un élu. On voit trop peu souvent les forces de notre société. Pourtant, vous pouvez me croire, je viens d’ailleurs, elle est bien mieux que ce qu’on en dit et ce qu’on en lit. Je salue le politicien qui le rappelle, sans mettre de lunettes roses et sans travestir sa pensée pour être politiquement correct.
Bravo monsieur Ferrandez!
Vendredi dernier, le Directeur du Service de police de la ville de Montréal, monsieur Yvan Delorme, manifestement émerveillé par vos propos, a décidé d’envoyer une copie intégrale de votre texte à tous les employés du SPVM.
Honnêtement, après avoir lu votre article, j’ai peine à trouver ce qui a bien pu impressionner le Directeur Delorme.
Certes, vous affirmez que le SPVM est «une organisation en santé», mais du même souffle vous faites un inventaire partiel des «problèmes» qui pestifèrent actuellement le Service de police. «Le profilage racial, la perte de confiance des troupes envers la direction, le déficit annuel de 20 millions, les relations tendues avec le président du syndicat, les enjeux éthiques liés à la commercialisation, la commission d’enquête de Montréal-Nord et j’en passe.»
De deux choses l’une, ou bien vous n’êtes pas très exigeant lorsque vient le temps d’évaluer les qualités de ce qu’est une organisation en santé, ou bien vous avez été médusé à l’idée d’avoir eu la chance de collaborer à la sélection du prochain chef de police.
Après avoir louangé les qualités et les habiletés des différents candidats en lice,
vous écrivez, «Si je me réjouis tant, c’est que je suis convaincu de ceci : les candidats exceptionnels ne peuvent être produits que par les organisations exceptionnelles.» Ainsi, le SPVM est non seulement une organisation en santé, elle est par surcroît exceptionnelle. À la lumière des problèmes que vous avez vous-même identifiés, j’ai peine à imaginer ce qu’est pour vous une organisation anémique.
Plus loin dans votre texte, parlant des prétendants au poste de directeur, vous dites, «Ces cinq personnes – élevées et formées par le SPVM – comprennent la nature de la ville, du crime, de la détresse et de la démence. Ils savent que les épouses ont 10 fois plus de chance de se faire tabasser par leur mari que par un étranger ; que les pires fraudeurs sont les propriétaires de jolies maison à ville Mont-Royal ; qu’il ne sert à rien de donner une troisième contravention à un itinérant ; que le jeune qui commet un délit a bien moins de chance de recommencer si on lui pardonne et qu’on l’encadre que si on l’enferme ; que le risque pour un enfant de se faire abuser ou maltraiter est bien plus grand dans le sous-sol de sa maison que sur un banc de parc ; que dans les 25 prochains crimes, 22 seront commis par des gens qui n’ont jamais eu l’intention de le commettre et qui vont le regretter leur vie durant dès le lendemain de l’acte ;
que la source première du crime est la détresse et non la violence organisée et finalement – puisque c’est de saison – que le profilage racial est un problème complexe auquel il faut s’attaque.»
Au risque de vous décevoir, je peux vous assurer que la plus part des étudiants inscrits au programme de Techniques policières connaissent déjà ces réponses-là bien avant de joindre les rangs du SPVM. En faîte, à mon avis, leur analyse serait même plus nuancée.
Ils vous diraient qu’il n’y a pas de corollaire absolu entre le fait d’être propriétaire d’une jolie maison à ville Mont-Royal et le fait d’être un fraudeur. D’ailleurs, si j’étais un résident de ville Mont-Royal je serais plutôt indigné par une telle affirmation.
Ils vous diraient également que dans la plupart des cas il est inutile de donner même une seule contravention à un itinérant, car par définition ils sont sans-le-sou.
Qui plus est, ils vous diraient que même si lors des 25 prochains crimes, 22 étaient commis par des gens qui n’ont jamais eu l’intention de le commettre, seules les personnes appréhendées et condamnées vont le regretter leur vie durant, car pour les autres, ils auront vite compris qu’enfreindre la loi leur apporte plus d’avantages que d’inconvénients.
J’espère que le comité de sélection aura soupesé les vrais enjeux auxquels sera confronté le nouveau Directeur plutôt que chercher à savoir si le prochain chef privilégie les boutons à quatre trous sur les chemises d’uniforme.
@Pablo Palacios: C’est bien d’aborder ces sujets sociaux dans les calsses de technique policière au cégep; c’est essentiel mais ça ne suffit pas du tout. Sur le terrain, les pressions des autres et les pressions sociales, l’agressivité des sujets récalcitrants, les directives de nos chefs biaisent les comportements et les attitudes.
Vous dites que les cours de techniques policières vous sensibilisent aux enjeux et problèmes sociaux (j’extrapole un peu). Ainsi, vous écrivez : « Ils vous diraient également que dans la plupart des cas il est inutile de donner même une seule contravention à un itinérant, car par définition ils sont sans-le-sou. » …
Pourtant, les itinérants collectionnent toujours les contraventions malgré eux et malgré les sages préceptes des cours de technique policière. Font-ils la quête devant un Jean-Coutu sur la rue Mont-Royal? pas de problème, on les laisse faire. Mais s’ils font la quête sur la rue Prince-Arthur ou sur Saint-Laurent la branchée, surtout pendant des événements comme le Grand Prix, ils se font arrêter - souvent sans ménagement - tout en recevant une contravention salée !!
Ces contraventions pèsent même si elles ne sont pas payées : les séjours au poste de police sont plus longs si on a un dossier de contraventions impayées, il me semble. Ça n’aide pas à sortir de la rue… ou à se trouver un loyer ! Et ça ne les encourage pas à faire appel à la police s’ils sont harcelés par d’autres itinérants ou par des vendeurs de drogues, etc.
En fait, ce que Luc Ferrandez semble trouver si bien chez les candidats à la direction du SPVM, cce n’est pas tant qu’ils puissent énumérer les problèmes sociaux, mais c’est que ces personnes semblent très sincères et réellement influencées dans leurs attitudes, leurs comportements et leurs priorités par leur compréhension de la société, par une authentique sensibilité sociale.
Bonne chance dans votre carrière, si je vous comprends bien, et je souhaite que vous ayez toujours une sensibilité sociale suffisante pour garder une saine dose d’auto-critique.
Plus vite on se critique soi-même, meilleurs sont nos chances de modifier nos comportements et moins fortes seront les critique des autres.
Un forum n’existerait pas sans polarités sinon le forum serait pétillant comme une bière tablette.
Mais la mauvaise volonté de certains intervenants est si lourde que le commentateur coule sa crédibilité vers le fond par lui-même.
Je pense, un peu comme M.Camus, que le texte élude un aspect important de la question.
D’une part, comme le souligne M. Ferrandez, il est évident que le SPVM est un produit de notre société et que, à ce titre, il en porte les qualités et les défauts. C’est si vrai que c’est presque bête de le rappeler. Là où je ne suis plus tout à fait d’accord, c’est quand on suppose que la police porte les défauts de notre société dans les mêmes proportions, qu’elle en est en quelque sorte le miroir et que, en corrigeant nos défauts, on corrigera nécessairement ceux de la police. Que leur racisme, c’est le nôtre.
C’est qu’il existe plusieurs filtres qui font que la police - pour des raisons souvent valables - n’est pas exactement représentative de la société d’où elle vient. Parce que pour être policier, il faut d’abord choisir de devenir policier - avec les valeurs que cela implique - il faut ensuite passer un test physique - intellectuels chétifs s’abstenir - puis être embauché, et finalement avoir envie de continuer à faire ce travail une fois qu’on a commencé - ce qui n’est pas nécessairement évident. Je comprends naturellement la nécessité de choisir des candidats en bonne forme physique, mais il ne faut pas oublier que cette sélection existe et que, en conséquence, la police n’est pas nécessairement le miroir de la société. En fait, cette représentativité déficiente était tellement apparente à une époque que des mesures de discrimination positive ont dû être instaurées pour corriger la tendance.
Maintenant, connaissant l’existence de ces filtres, faudrait essayer d’en prédire les effets, puisque les policiers, on leur donne quand même un fusil chargé, voire même (horreur) un Taser! Après examen rapide, il est certain qu’il y a moins d’aveugles, d’unijambistes ou de nains dans la police que dans la société : ça me semble, à priori, pas trop préjudiciable (quoique je suis en terrain glissant!). Il est connu qu’il y a moins de femmes : c’est un problème inquiétant, mais qu’on essaie de corriger. Mais notre question c’est : y a-t-il plus de racistes? Et la réponse, c’est… on n’en a aucune idée, ça se pourrait bien que oui vu les études sur le profilage, mais en tout cas, il faut qu’il y en ait le moins possible!
Alors, dans l’incertitude, principe de précaution : on étudie la chose et ont réagit en conséquence. On sensibilise les étudiants en technique et les policiers. On contrôle les dérapages. En médecine, par exemple, lorsqu’un médecin a un profil de facturation trop différent de celui de ses collègues, il est convoqué par la RAMQ et doit se justifier, expliquer pourquoi il diffère des autres. Pourquoi facture-t-il toujours 10 fois plus d’examens complets que les autres? Ça permet à la RAMQ, qui paie les médecins, de dépister ceux qui essaient de frauder en facturant des examens qu’ils n’ont pas fait. Pourrait-on imaginer un contrôle semblable du travail des policiers? Celui qui arrête 10 fois plus de noirs que son collègue du même poste pourrait-il être invité à se justifier aussi? Devant un organisme indépendant, de préférence?
Parce que je pense que c’est surtout ce qui dérange, dans la situation actuelle. Le public a l’impression qu’il n’y a aucune reddition de comptes dans la police et que tous les abus de pouvoirs y sont permis. Alors ça autorise tout un chacun à se dédouaner de ses défauts et à les projeter sur la police (”tous des racistes, des violents”), en oubliant qu’il existe dans notre société un racisme et une violence systémiques qui sont parfois beaucoup plus pernicieux… C’est cette violence qui préoccupait, je crois, M.Ferrandez dans son texte et dont l’existence, je le rappelle pour finir, n’exclut pas celle d’un racisme ou d’une violence plus spécifiqueme aux corps de police.
J’estime, pour ma part, que cet article fait le tour de la question : http://www.lacrap.org/quelques-fausses-notes-dans-le-concert-d%E2%80%99%C3%A9loges-envers-le-prochain-chef-de-police
Aussi bon administrateur qu’il soit, j’ai de sérieux doute sur ses «compétences» à moins, bien sûr, que le corporatisme soit un prérequis.
Ce texte m’a rappelé cette publicité du quotidien anglais The Guardian. Je trouve qu’elle illustre bien les propos de Luc en lien avec nos jugements portés sur la taille des pantalons et des capuches (anyway, rendu comme c rendu, on sait même plus si c la capuche ou le pantalon).
http://www.youtube.com/watch?v=E3h-T3KQNxU
Un dernière remarque. Dans la mesure où les policiers doivent (depuis combien de temps?) atteindre un certain quota de constats remis, est-ce qu’ils ne seraient pas, d’une certaine façon, incités à produire de la criminalité? En effet, imaginez un policier faisant une ronde au cours de laquelle il se passe absolument rien de notable, mais qu’il ait à remettre au moins 3 constats avant la fin de son quart. Ne serait-il pas tenté de «vérifier de plus près» pour «s’assurer» que tout est ok, quitte à provoquer un peu pour s’assurer que tout le monde est en règle? À mon avis, tant et aussi longtemps que ce système de quota existera, la police fera partie à la fois du problème et de la solution.
Je ne suis pas certain qu’il existe des quotas (?)
Ciboulette ! Alexandre, la police a pas besoin de chercher longtemps et bien loin pour remplir des constats d’infraction. En fait, on vit tous en état d’infraction de quelque chose. Pas toi ? ;0)
Oui Guillaume, le SPVM a des quotas à remplir : http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/regional/archives/2010/03/20100305-113718.html
Effectivement André, on est, à un moment ou à un autre de la journée, en état d’infraction. Dans un monde sans quotas, la police peut se permettre d’appliquer le règlement lorsqu’il y a un abus qui met en péril la sécurité des citoyens. Or, plus on élève les quotas, plus l’application des règlements tombe du côté de l’arbitraire. D’ailleurs, quoi de mieux que d’aller remplir ses quotas en distribuant allègrement des constats aux populations déjà stigmatisées? Bien sûr, les policiers se doutent que ça sert à rien. Pensez-vous vraiment que l’agent qui donne son 12e constat à un itinérant s’imagine que le gars va changer de vie pour lui faire plaisir? En fait, c’est plutôt l’agent qui se gâte dans la mesure où il a une cible toute désignée pour faire preuve de «rendement». Ce qui est encore plus problématique, c’est le cercle vicieux dans lequel ça nous entraine. Vous savez à quel point les Conservateurs sont en pâmoison devant les statistiques sur la criminalité. Eh bien! Qu’est-ce qui se passe si on fixe des quotas? On gonfle artificiellement les stats sur la criminalité et on justifie alors en amont plus de dépenses pour la répression qui, à leur tour, produiront de la place pour encore plus de dépenses pour la répression. C’est, à mon avis, tout sauf un problème à prendre à la légère.
Alexandre,
Réflexion intéressante. Quelle est ta solution dans un mondréal parfait
à new york:
http://blogs.villagevoice.com/runninscared/archives/2010/06/nypd_quotas_lea.php
Bon, puisque tu me tends la perche, André, je vais pouvoir ploguer des parties de mon mémoire. Selon Foucault, le pouvoir souverain s’y prend de trois façons pour modifier le comportement des individus : de façon négative (tu ne feras pas…), c’est la loi; de manière positive (tu feras ceci, de cette façon), c’est le règlement; et en dressant des obstacles plus ou moins tangibles ou, au contraire, en offrant des mesures incitatives; c’est le dispositif de sécurité. Alors, on se rend compte que dans les deux premiers cas, un encadrement de type policier (ou disciplinaire) est nécessaire. Or, dans le troisième, il s’agit, plutôt que d’agir massivement pour favoriser ou faire disparaître un phénomène, il s’agit tout simplement d’agir sur les facteurs clés par des interventions discrètes. C’est, à cause de sa complexité, le plus récent et le plus basé sur l’expertise scientifique. Prenons, par exemple, le phénomène de l’itinérance, parce que c’est un classique. Alors, pour enrayer l’itinérance, on peut soit : a) envoyer des flics pour mettre tout ce beau monde là en prison, ou, à la limite, simplement les harceler pour qu’ils partent, b) construire des institutions chargées de veiller à leur conduite (hôpitaux psychiatriques ou refuges, peu importe) ou encore, c) étudier les populations itinérante et décider de donner de l’aide sociale à ceux qui peuvent participer à la collectivité, donner un suivi médical à ceux qui ont de la difficulté à fonctionner et emprisonner ou carrément abandonner ceux qui entrent ni dans l’aide sociale ni dans les hôpitaux. C’est, en gros, ce qu’on appelle la gestion de risques.
Si vous me demandez laquelle de ces méthodes je préconise, je dirai aucune, ou les trois, c’est selon. L’important ce ne pas tant le mécanisme de pouvoir qu’on emploie que l’articulation qu’on leur donne et, surtout, la finalité. En tant que «chercheur», je dirai simplement qu’il semble y avoir une crise du dispositif de sécurité. Le discours sécuritaire en vogue aux States depuis le début du XXIe siècle commence à se frayer un chemin jusque chez nous et on dirait qu’il est désormais impossible de penser une solution autrement qu’en faisant appel aux deux premiers mécanismes : la prison n’est plus le dernier recours en vue de protéger la population, mais la punition légitime pour tout criminel. Ça fait alors apparaître des phénomènes de masse : LA criminalité, LA délinquance, mais aussi, LE trafic, LE chômage…
Quant à savoir s’il y a une solution pour un Montréal idéal, je crois pas vraiment à ce genre de choses, mais j’estime que Projet Montréal a une façon de fonctionner plus pragmatique (contrairement à ce qu’on véhicule dans les médias) qu’on pourrait le croire. Ainsi, au lieu d’imposer des amendes majorées à tous les individus qui font du bruit, on hausse seulement celles qui visent les commerces : voici un exemple d’intervention ciblée. Au lieu de demander à la police de vider les «crotés» qui dorment dans les parcs, on s’engage à construire plus de maisons de chambres qui permettent à ces populations de s’en sortir (ou d’éviter d’y sombrer). Cependant, le problème avec ces interventions ciblées, même si elles font souvent l’unanimité au sein des groupes d’experts, c’est qu’elles ne sont pas rentables politiquement, précisément parce qu’elles sont discrètes. Sans vouloir blâmer personne en particulier, il me semble que les médias et les journalistes, qui couvrent souvent plusieurs sujets qu’ils ne maîtrisent pas une seconde, participent à cette logique du «si je le vois pas, ça fonctionne pas». Et là, je parle même pas des gars de Québec qui prennent des décisions à partir de leur bunker. Alors, d’ici à ce qu’on change les mentalités à la grandeur du Québec, il faut que Projet Montréal continue à faire ce qu’il sait faire plus que n’importe quel autre parti, les nerds. Chaque mesure doit, d’un point de vue scientifique, être absolument inattaquable et se tenir loin des réflexes populistes. Alors, en conclusion, pourquoi ne pas mettre sur pied un groupe d’étude sur la mission de la police? N’y aurait-il pas un autre moyen de «combattre» (encore la logique militaire) ce qu’on appelle la criminalité autrement qu’en faisant appel aux gars en bleu? Et là, je parle d’autre chose que la police de quartier. En tout cas, on y croyait dans les années 60 et 70…
Bon texte Mr Fernandez……..venant d’une figure politique, c’est encore plus surprenant. Vous avez le courage de vos paroles…..
Je suis flic à Montréal depuis 15 ans. Quinze années de continuels changements…… Le poids des années me font dire une chose. Le racisme n’est pas plus présent dans la police qu’ailleur!! D’ailleur, les mots «racisme» et «profilage» sont tellement employé à toutes les sauces, qu’ils sont en train de perdre toute leur signification. La police dans laquelle je suis rentré il y a 15 ans n’a plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Et c’est tant mieux. La perfection dans la police n’existera jamais,comme nul part d’ailleur.
P.S. Je pourrais vous inviter un de ses quatres dans un ««party de police»»…vous seriez surpris d’être en mesure de tenir plus de 10 minutes. Faudra par contre vous déplacer dans ma banlieue. J’ai hélas fuit la ville dans laquelle j’ai vécu pendant 35 ans…la maudite elle m’a eu!!!!!
Bonne continuation…
La Police…. Pour moi ce sont en effet pour la plupart des arrogants scotchés dans leur char ou sur leur moto et la plupart habitent la banlieue. Reçu l’autre jour une contravention sur Rachel pour avoir roulé sur la rue et non pas sur la piste cyclable. C’est d’un ridicule profond. Ces deux policiers étaient les Laurel et Hardy du service de police de MTL. Le gros tas des deux s’est même permis de me molester comme si j’étais sa chose. Je les traînes en déontologie tous les deux. Pas de pardon pour la police et son arrogance.
Je ne sais pas si quelqu’un d’important va lire mon commentaire (puisque Luc Ferrandez n’est certainement pas de ce groupe), mais le devoir de se prononcer est trop important.
Je déclare haut et fort que je ne supporte en aucune façon les actions de la Fraternité Policière, et que personne dans mon entourage ne les supporte non plus. Nous, les citoyens de Montréal sont opposés à toute augmentation de budget pour la force policière; et nous supportons toutes coupures à ce budget.
Je respecte et apprécie le travail fourni par la police. Mais les citoyens de la Ville de Montréal, nous les contribuables, écrases par le poids foncier impose par la vile (et tout les autres paliers du gouvernement) refusons de payer plus pour les services de la police.
Vérifier les chiffres, plus de 20% du budget de la Ville de Montréal va pour les policiers et le pompiers: ceci est une honte. Avec les salaires, les bénéfices et les fonds de pensions les plus généreux du pays, les policiers et pompiers reçoivent déjà assez de nos taxes.
La ville est écrase par le poids de son budget; les aqueducs sont en état lamentable et on perd notre eau potable, nos jeunes ont besoin d’aires de jeux, de parc, d’éducation. Montréal est une ville sécuritaire, et la qualité de vie aide beaucoup plus à la sécurité que le travail des policiers. Il faut des parcs, des activités, du transport en commun: il faut une communauté vibrante et vivante et riche, et ceci va aider contre le crime.
Surtout avec les scandales récents de dissimulation de rapports qui accusent la police de racisme, avec la corruption rampante en construction, sous les yeux de notre force, avec ces tactiques d’intimidation municipale trop musclée (rappeler vous du port de jeans et leur chantage financier a travers le peux de contraventions, ceci pour leur dernière convention collective il y à peine 2 ans), la Fraternité Policière devrait trouver de nouvelles façons de travailler au lieu de demander plus d’argent.
De l’argent, on en a plus. Il est temps de le comprendre.
Et le peux d’argent qu’on a, notre ville devrait avoir des priorités beaucoup plus urgentes que les rentes grasses de la police.
@Hugene: Si Luc Ferrandez n’a pas d’importance à vos yeux, pourquoi écrire sur son blogue?