Les saillies de trottoir sont ces élargissements qui permettent le plus souvent l’installation de terrasses. Cette photo prise à San Francisco donne un exemple de la transformation de la saillie en un espace de vie.

Il ne fait aucun doute que c’est plus beau que ce que nous avons sur Mont-Royal. Pour deux raisons. D’abord parce que la saillie est plus large que celles que nous avons.
Ensuite parce qu’elle n’est pas exploitée à 100% à des fins commerciales - une partie sert à l’embellissement, une autre au commerce. Une façon d’obtenir ce résultat est de facturer à des taux différents les les espaces qui sont utilisés uniquement à des fins commerciales de ceux utilisés à des fins d’embellissement ou de repos.


Ici, le candidat Luc soulève la pierre sous laquelle ce cache une autre question capiton.
Comment faire cohabiter espaces commerciaux, promenade urbaine et chaussée pour les moyens de transports. Sans oublier … l’espace résidentiel à proximité, bien entendu.
Il est heureux que certains restaurateurs profitent des trottoirs pour y disposer tables et chaises et, chemin faisant, favoriser un mariage entre la fonction commerciale et l’espace public. Ça nous rappelle certains quartiers de Paris ou de New-York, c’est chic, rafraîchissant et ça peut favoriser des rapprochements entre les clients des restaurants et les badauds du quartier. Encore que … l’espace piétonnier étant maigre à bien des égards, une cohue peut en résulter lorsque les cyclistes fuient la zone des voitures pour s’y réfugier. Au-delà de l’aspect de la taxation et du partage des coûts d’aménagement et d’entretien, il y a la notion de gradation entre le public et le privé qui entre en ligne, ici.
J’aime l’idée du passage piétonnier aménagé entre les rangées de tables et un linéaire d’arbustes jouant un rôle d’écran protecteur entre l’animation urbaine et le flot continu de véhicules pétaradant. La photo prise à San Francisco rend très bien compte de cette idée féconde de la gradation des fonctions de circulation dans une zone densément peuplée.
En conclusion, puisque je suis bref cette fois-ci, j’ai déjà visité San Francisco et je peux vous assurer que les commerçants et les édiles du coin on parfaitement bien assimilé ce concept de la gradation et de l’imbrication du privé et du public. Le fameux concept du «corking fee» en est la preuve éclatante. En effet, vous êtes invité dans la presque totalité des restaurant à apporter votre propre bouteille de vin. On vous facturera un léger frais pour avoir le droit d’ouvrir votre bouteille et le tour est joué. L’art du compromis permet aux restaurateurs de capter un certain ratio de clientèle qui, autrement, n’aurait pas les moyens de ce taper toute l’addition traditionnelle. Un rapprochement entre les classes, aussi …
Ce genre d’espace existe à quelques endroits à Saint-Léonard et correspond largement au mode de vie de certains citoyens.
Aujourd’hui,j’ai parcouru la rue Jean-Talon de Pie-IX à la rue Valdombre et la rue Beaubien de Lacordaire à Langelier et je constate que ce mariage existe déjà et répond aux besoins d’une clientèle qui recherche ce genre d’accommodements. J’ai profité pour me rendre à ville d’Anjou et encore là, je trouve quelques aménagements qui permettent de faire un halte entre les préoccupations du quotidien et un petit moment de bien-être comme un temps de silence sur une partition de musique. Sur le chemin du retour, je vois un faux palmier devant un dépanneur sur un trottoir double toujours sur la rue Beaubien, mais cette fois tout juste avant Pie-IX. Ce sont des petits rien qui émerveillent les gens, surtout ceux qui viennent d’outre mer et qui sont habitués à une vie un peu plus sociable que notre façon un peu moins chaleureuse.
Je visiterai quelques parcs dans les jour qui viennent.
Il y a même sur la rue Sherbrooke un endroit près des Pyramides où l’on trouve un aménagement d’arbustes, de fleurs sauvages et de palmiers artificiels qui servent de tampon entre les bruits des voitures qui roulent sur la rue Sherbrooke et le petit restaurant situé derrière l’oasis de verdure qui donne à ce restaurant un air de campagne en plein ville.