
Le restaurant Sous-marins chez Vincent vient d’être vendu à un promoteur pour une petite fortune. Le bâtiment qui est prévu à la place est un exemple typique de ce que la spéculation peut faire à un quartier : une boîte sans aucun charme et aucune recherche architecturale abritera des appartements de 800pi carrés qui ne pourront attirer que des célibataires sans enfants. Pour ajouter à la banalisation, on propose au rez-de-chaussée rien de moins qu’un Strarbuck.
Le plus drôle peut-être, c’est que sur l’image du projet qui nous a été envoyée à l’arrondissement, l’affiche est en anglais seulement: «Starbuck coffee».
Le gros tact.
Dire que je ne suis pas sympathique au projet, c’est peu dire. Mais voilà, le promoteur n’y est pour rien. À part le manque de sensibilité, il propose un projet à première vue conforme au règlement d’urbanisme. La hauteur semble réglo; les coins de rue permettent, selon les règlements d’urbanisme, une occupation du lot à 100 % sans dégagement sur la rue. Et rien ne l’oblige à vendre autre chose que des appartements de 800 pi carrés. Et rien ne l’empêche non plus de proposer une chaîne américaine de café - après tout Mont-Royal a bien son Second Cup.
Par ailleurs, l’arrondissement n’a pas les ressources pour acheter le terrain qui s’est négocié pour un prix hallucinant.
Kess qu’on fait ?
La seule chose qu’on peut faire, c’est refuser la démolition. Si on fait ça, on prive le vendeur d’un profit légitime. Ça fait je sais pas combien de temps que le proprio trime dans son bouiboui; c’est tant mieux pour lui si son commerce a pris une telle valeur. Le gars a le droit à sa retraite. On ne peut arrêter ce projet juste par la haine de la spéculation; de l’uniformisation, de la banalisation, du manque de sensibilité et la colère face à cet aveuglement collectif qui nous fait foncer toujours plus rapidement dans un monde américanisé de consommation vide de sens, de saveur, d’histoire et de profondeur.
Il reste que la rue Laurier mérite mieux que ça. C’est un des derniers coins du Plateau où il règne une ambiance de village. Le bâtiment qui est proposé ne respecte en rien cette ambiance. Chez Vincent, on s’entend, ce n’est pas un trésor architectural, mais c’est le rappel d’une époque où l’argent était plus rare et où une sortie de famille se résumait souvent à une marche jusqu’au Dairy Queen. La forme de la bâtisse est un rappel de notre enfance et son dégagement par rapport à la rue (tant à l’avant que sur le côté) crée une mini place publique. J’y ai moi-même tenu un party de trottoir pendant la campagne. Le commerce abrite aussi une faune en voie d’extinction: du monde ordinaire qui se commande une soupe poulet et nouilles.
Je déteste l’idée de voir disparaître tout ça. Est-ce que je me trompe ?
Qu’est-ce que vous pensez qu’on doit faire ?

C’est l’article de Jeanne Corriveau dans Le Devoir d’aujourd’hui qui m’amène à réfléchir sur l’avenir du restaurant Vincent . Je ne crois pas vraiment, pour ne pas dire du tout, à la valeur architecturale de l’édifice, mais je m’étonne de l’espace qu’il utilise; espace probablement réservé aux voitures des clients d’une autre époque. Par contre, je trouve que ce type de restauration à toujours sa place dans la rue Laurier et il m’arrive de m’y attabler. Toutes les bonnes idées énoncées dans le blogue méritent en effet d’être envisagées; le dynamisme de la population et d’autres intervenants seront le gage d’un projet porteur dont pourrait être fiers les héritiers de Jane Jacobs.
Étant donné qu’on parle d’espace, le principe des édifices à arcades ne pourrait-il pas être envisagé. On gagne de l’espace publique au rez-de-chaussée, mais la superficie augmente aux étages pour l’espace privée.
Bizarre. J’ai voté Projet Montréal et comme je milite depuis des décennies dans une association de locataires, je suis très sensible à la question de protection de logements abordables et de patrimoine populaire. Mais je ne défendrais jamais ce truc à chars.
J’aimerais bien savoir ce qui a été détruit pour construire cet horreur emblématique de l’époque où l’on portait les “gros chars” aux nues. Probablement un duplex ou triplex typique du quartier, avec un petit commerce au rez-de-chaussée. Ce truc est un exemple d’un modèle importé de la banlieue, qui a fort probablement réduit la densité de son emplacement.
Le problème ici est l’absence de maîtrise de l’arrondissement sur les normes de construction ainsi que la vocation des terrains. Si je déteste les boîtes sans âme qui pullulent dans la Petite Italie et juste au nord dans le coin sud-ouest de Villeray, par contre, comme militante écolo et sociale je suis favorable à la densification. Un édifice de moins de trois étages ici n’a pas de sens.
Ce qu’il faut revendiquer, à part un respect de l’architecture environnante, est un taux minimum de logements sociaux dans tout projet domiciliaire. Et quant au Starbucks, il y a d’éventuels remèdes à rechercher du côté des règlements municipaux. Limiter le nombre de nouveaux cafés et restaurants ici où l’offre répond aux besoins des habitants? (Avec des cafés sympas comme “Les Entretiens”)…
En passant, Luc, j’ai habité tout près de là pendant les années 1970, en face du joli parc De Lorimier situé à l’est de Papineau, entre les rues Laurier est, Chabot et de Bordeaux. Eh oui, j’ai été chassé par la spéculation foncière, qui a maintenant atteint Villeray et la Petite Patrie.
Je lis au hasard les commentaires des uns et des autres et je constate beaucoup de subjectivité dans l’appréciation de l’opportunité de permettre la réalisation de ce projet de condos ou au contraire, de s’y opposer. Il me semble que la règlementation municipale (cf Urbanisme) est faite pour encadrer la construction d’édifice sur le territoire. Est elle adaptée a ce que la majorite souhaite ? On peut se poser la question mais des lors qu’un projet en respecte les dispositions, je comprends mal sur quel fondement chacun irait en bloquer la réalisation !!! Une question de sensibilité personnel, un gout pour le kitch ou les hotdogs devrait justifier le blocage d’un projet qui respecte la légalité ! Ça me parait pas souhaitable ! Si le projet n’a pas de légitimité a cet endroit la, alors il ne trouvera pas sa clientèle sinon c’est qu’il se justifie ! Vous n’aimez pas Starbuck ! n’y allez pas et si la population du secteur ne l’aime pas non plus et préfère le cafe Les Entretiens, il fermera ses portes faute de clientèle suffisante ! Les condos sont trop petits et trop chers ? Si tel est le cas, il ne les vendra pas sinon c’est le jeu de l’offre et de la demande qui se déroule !!! Imposons davantage de logements sociaux, de logements familiaux par l’utilisation des outils règlementaires disponibles mais ne nous rendons pas justice de cette façon la, de manière arbitraire comme si on avait droit de vie ou de mort sur un projet conforme aux règlements parce qu’il ne correspond pas finalement a notre vision personnelle du lieu ou que sais-je encore ! Pourquoi ne pas non plus interdire au vendeur de vendre parce qu’on veut le garder dans le décor par nostalgie !
Logement social ou garde-robe de luxe ?
Voilà la véritable question que soulève l’affaire La Grange De/à Vinci .
Astheure, kess qu’on fait !?!
Proposition concrète:
1. On forme un comité composé de citoyens du Nord-Est du Plateau pour développer un projet: CPE, SAQ, une librairie de quartier, des bureaux pour des organismes culturels, autres. L’idée étant de proposer une alternative au projet existant pour répondre d’une part aux besoins des résidents actuels du quartier, d’autre part, contribuer au développement de la vie de quartier en maintenant l’équilibre qui s’y est développé au fil des ans et qui en fait aujourd’hui son charme.
2. On trouve des partenaires financiers issus de l’économie sociale et solidaire (Chantier de l’économie sociale, Société de développement Angus, Fondaction CSN, Fonds FTQ, etc) pour assurer le montage financier du projet
3. On fait une offre d’achat au propriétaire du Vincent
Première réunion le mardi 9 février, à 19h. Lieu à confirmer. Pour info:
projetgrangevincent@yahoo.ca
Louis-Frédiric,
Ayyyoooowww. ! Woin, ça clanche dans l’dash !
Très bien structurée ton idée.
Moi, j’ai un horaire absolument atypique. Peut-on faire ça virtuellement ? Au rhytme de la disponibilité de chacun. Comme ici.
Ce sont des projets volontaires et bénévoles. Tous les observateurs apprendraient.
Y’a-t-il un webmestre dans la salle?
Monsieur Ferrandez proposait l’idée de renouveler son blogue, il y a quelques jours.
( Svp pas une page twitter : c’est pas très jolie leur présentation. On dirait que ça a été conçu par le même architecte que la Grande De/A VINCI. :- )
@ André: nous essaierons de faire suivre le maximum d’infos par voies électroniques afin d’encourager la participation de tous et toutes. Comment participer et rester au courant?
A) COURRIEL
Envoyez un courriel à projetgrangevincent@yahoo.ca avec votre nom et numéro de téléphone. Nous allons créer une liste de sympathisants pour diffuser de l’information.
B) FACEBOOK
Nous venons de créer une page Facebook qui enregistre pratiquement 100 adeptes en moins de 24hrs: http://www.facebook.com/pages/Projet-Grange-Vincent/284197818229?ref=search&sid=656352460.2798514459..1 Nous invitons les gens intéressés par ce projet à créer et participer aux fils de discussion sur la page Facebook.
C) RÉUNIONS
Nous aurons besoin de l’implication de plusieurs personnes si nous souhaitons mettre de l’avant une proposition concrète, car il y aura beaucoup de démarches à réaliser, de tâches à prendre en charge. Les réunions seront des lieux privilégiés pour la planification d’une campagne de mobilisation.
Bon week-end à tous!
LF
De ce doigt ! je m’inscris.
Monsieur Herrandez
Votre vision est idéaliste de ce que vous voulez sur votre rue. Mais est-ce nécéssaire de mépriser vos concitoyens célibataire sans-enfants qui ont contribué à la popularité du Plateau? Cage à poule? Merci! Je suis dans cette catégorie, mais mon mariage prochain avec mon chum, et notre désir d’avoir des enfants va nous chasser du Plateau. Mais pas pour la raison que vous dites.
Vous voulez des familles sur la rue Laurier, au lieu de célibataires sans-enfants. OK. Mais combiens de familles avec enfants ont les moyens de acheter un condo avec trois chambres à $450 000? Pas nous. Vous qui avez horreur des voitures, vous devriez aussi savoir que bien des familles ont besoins de leur mini-van pour trainer les poches de hockey et sortir de la ville à l’occasion, sans se faire juger par les amateurs de vélo.
Je trouve aussi malhonnête de contourner vos propres règlements par des des moyens techniques pour empêcher le promoteur qui semble avoir fait ses devoirs, de mener à bien son projet. N’attendez pas trop, des plans pour les contribuables soient forcé de payer quand le vendeur et l’acheteur vont se tanner et vont poursuivre la ville.
Vous voulez un plus beau building? Assoyez-vous avec le promoteur et trouvez un moyen d’entente pour rehausser l’architecture sans qu’il soit obligé d’ajouer $50 000 par prix de condo.
C’est bien beau les consultations publiques, mais un moment donné, on peut pas plaire à tout le monde non-plus.
1)Ferrandez, pas Herrandez.
2)Cage à poule = expression qui veut dire que les espaces sont petits, exigus, comme ceux des poules. Il n’y a aucun jugement sur les êtres qui habitent dans ces espaces dans cette expression.
3)Personne n’a contourné les règlements de quelque façon que ce soit et je ne crois pas qu’il y ait l’intention de le faire.
4)Luc n’a pas horreur des voitures (vous devriez lire un peu les messages précédent et les interventions médiatiques qu’il a effectuées, il a souvent souligné qu’il se servait très souvent d’une voiture lui-même en ville comme pour en sortir), il a horreur du biais explicite du design urbain qui place au sommet d’une hiérarchie la voiture aux dépens des modes collectifs et actifs - ce qui rend la ville peu agréable pour plusieurs résidants, qu’ils se déplacent en voiture, à vélo, ou à pied.
5)Il ne veut surtout pas plaire aux gens qui souhaitent le statu quo en matière d’aménagement urbain, alors le but des discussions n’est pas de plaire à tout le monde.
Merci François, excusez mes erreurs, je travaille encore sur mon Français. Je suis Australienne, et ma langue est l’anglais. Je fais mon possible.
La question est le même: le promoteur a un projet, parfaitement légal et conforme. MAIS il met des bâtons dans la roue du promoteur (en interdisant la démolition de la Sous-Marin Vincent) parce qu’il aime pas l’architecture, le Starbuck et le fait que des célibataires vont acheter ses “cages à poules.” Il veut des familles. Je trouve que il se sert de ses goûts personels pour empêcher un promoteur de construir un projet legit et utilise, qui va trouver des acheteurs (comme moi il y a cinq ans).
Je suis en train de fonder une famille, et je dit à M. Ferrandez: une famille moyenne peut pas acheter un condo avec trois chambres et stationnement sur le Plateau. A moins de le faire sur 800 pieds carré.
Je comprend que vous êtes un cheerleader de M. Ferrandez, François, mais les citoyens pas d’accord peuvent aussi s’exprimer. Sauf évidemment si vous avez la vérité absolu et non-débatable
Dans l’affaire Da Vinci qui nous concerne ici, ce n’est pas tant le questionnement sur l’architecture que m. Ferrandez met ici en relief. C’est plutôt l’utilisation de l’espace public.
La grange De|A ViNCI n’a pas plus de valeur que celle que chacun lui accorde.
C’est sa terrasse qui a une valeur collective potentielle. Que verrons-nous dans deux ans sur ce parking asphalté ?
Des bouteilles de la SAQ nouvelle ? Des enfants jouant avec d’autres enfants ? Des afficionados de la terrasse en ville ? Du monde qui sirôte un café, branché sur leur ordi mais qui cherche du monde pas branché sur leur ordi ?
Dans le royaume du condo-Plateau, il manque d’espace pour la verdure, pour le rassemblement gratuit.
C’est bien la densification urbaine, mais le Plateau a assez donné. Il est maintenant tant d’évaluer quel est le ratio de verdure qui est offert à chaque nouveau arrivant.
Parce qu’on en revient toujours à cela : plus y’a de mondo plus y’a d’auto.
Et les autos sont de plus en plus dans les ruelles parce personne ne revendique cet espace pour la verdure communautaire.
Pour acheter un stationnement à 35,000 tomates, il faut avoir un gros cliss de jardin botanique en banque.
Le Plateau va-t-il devenir le Westmount number Five ?
Je suis pas contre si tout le monde y a accès.
Peu importe que ceux qui vont habiter ces nouveaux espaces soient mieux ou moins bien nantis. Ce qui importe c’est l’espace qui permet de rencontrer, saluer, reconnaître l’autre dans sa ville, dans son quartier.
Avoir un pied-à-terre sur le Plateau ne veut pas dire être millionnaire.
Il veut aussi dire solidaire.
Alors Vivement le logement social et communautaire.
Heather, je n’ai pas d’enfants - mais j’ai des amiEs qui sont parents d’enfants et qui réussissent à vivre sans achat d’engin polluant. Ils font partie de CommunAuto et y louent une voiture à l’occasion.
Je veux bien que les gens fassent des enfants, mais sans détruire la terre qu’ils légueront à leur progéniture. Il faut lutter pour la possibilité de vivre - en famille - sans voiture, comme à Amsterdam ou à Copenhague (où en passant ils ont plus de neige que nous en ce moment!). http://www.amsterdamize.com http://www.copenhagenize.com
Comme je ne suis pas une élue, je ne suis pas obligée de taire mon horreur de la voiture. Je suis dans la cinquantaine et j’ai réussi a vivre sans posséder ou conduire un de ces engins de la mort planétaire.
L’auto: ça tue, ça pue et ça pollue!
@ Maria Gatti, j’aime assez votre commentaire et l’opinion que vous soutenez - faire des enfants mais ne pas détruire notre planète, etc. effectivement le choix de ne pas avoir d’auto fait partie de cela, à plus d’un titre.
Cependant puisque vous n’avez pas d’enfants, et même si vous avez “des amiEs qui sont parents d’enfants et qui réussissent à vivre sans achat d’engin polluant”, laissez-moi simplement vous mettre en situation.
Imaginons :
Vous avez 2 enfants de moins de 3 ans. Vous faites (avez fait) volontairement des concessions sur l’espace disponible dans votre appartement en achetant/louant certes petit mais au moins central. Évidemment, vous n’avez pas de voiture. Vous avez un travail temps plein, votre conjoint aussi. Vous avez le grand bonheur d’avoir trouvé 2 places dans une garderie proche de chez vous, où vos enfants sont heureux et donc votre esprit tranquille. Tout va bien, vous courez un peu après le temps comme tout le monde, mais rien de bien grave parce que pour le moment vous êtes à l’équilibre.
Mettons que l’un des éléments ci-dessus se désagrège, voire disparaisse, et l’équilibre casse. Vous perdez votre emploi… votre conjoint est muté à St-Léonard-du-Creux… votre gardienne vous annonce qu’elle déménage à Rosemont-les-Prés, et pas précisément dans la partie “proche” de Rosemont… Or le temps n’est pas extensible, et la STM pas à la hauteur. Je vous le demande : que se passe-t-il ?? Vous avez une hypothèque ou des loyers à payer, des traites pour d’autres raisons peut-être, ou bien votre propre job (si c’est votre conjoint qui en change) est en plein rush, ou alors votre conjoint (si c’est vous) est à 2 doigts d’une promotion… Je vous le redemande : que faites-vous ??
Vous ne pouvez pas arrêter de travailler. Vous ne pouvez pas demander à votre conjoint d’en faire autant. Il faut manger tous les jours. Et votre garderie s’en va à 1h30 de TC, 20 minutes de voiture ? Je vous rappelle que vous avez une job à temps plein. Ne me faites pas croire que vous avez la tête, l’un ou l’autre, à réserver des CommunAutos 2 fois par jour pour la bonne heure, sachant que vous rendre à une garderie éloignée en pleine(s) heure(s) de pointe peut vous faire perdre entre 20 et 60 minutes selon les conditions météo et/ou de route.
Et je ne parle même pas des jours à rdv médical. Ou de ceux où l’imprévu fait surface — une gastro, une petite fièvre, un accident quelconque, et la garderie appelle pour que vous alliez chercher le cher ange.
Tout ce roman (qui sent fortement le vécu, avouez) pour vous dire que vous ne pouvez pas exiger des familles avec de petits enfants qu’elles fassent les mêmes sacrifices que les DINKs ou autres constellations familiales plus légères. Tout simplement parce que les contraintes auxquelles elles doivent obéir sont déjà tellement nombreuses et parfois irraprochables que ce serait proprement suicidaire. S’il y en a qui réussissent, grand bien leur fasse. Mais vous êtes bien placée, puisque vous n’avez que quelques amis dans ce cas, pour savoir que ce n’est largement pas la majorité.
Et encore, je ne parle même pas de ce qu’il y a en amont de tout ce dont nous parlons, à savoir un changement à 180 degrés des mentalités en ce qui a trait à la notion de bien-être. Mais c’est un autre sujet.
Merci Geneviève, vous venez d’expliquer POURQUOI, même avec la meilleur volonté du monde, vivre en ville pour une jeune famille, est un compromis qui n’est pas à la porté de tous.
Alors c’est dommage, on fait des enfants pour les tuer avec la pollution et le rechauffement global?
Non, l’idée est de lutter pour des villes sans voitures privées. Il y a des villes occidentales où la majorité des familles ne possède pas de bazou. Je ne vais pas prétendre avoir des enfants, ou en avoir eu, pour mieux défendre cette lutte nécessaire - avant tout pour les plus jeunes. Je vais crever avant la planète de toute manière.
Mais Maria ne vous énervez pas comme ça. On n’est pas en train de pousser les gens à avoir des enfants pour qu’ils puissent se prémunir de l’excuse absolue et acheter une voiture la conscience tranquille…
Surtout qu’avoir des enfants ET une voiture ne veut pas dire éduquer ses enfants à polluer. au contraire, on peut très bien être de “bons parents écolos et responsables”, au contraire de ce que vous semblez penser, en étant propriétaires d’une voiture. Demandez à mes enfants. Le monde n’est pas noir et blanc, et tous les automobilistes ne sont pas des inconscients.
Les villes où la “majorité des familles ne possède pas de bazou”… donnez-moi un ratio de stations de métro par tête d’habitant, ou de densité, qualité, fréquence du TC, ce que vous voudrez. Je parie que Montréal fait pâle figure à côté.
En passant, ce n’est pas parce que toutes les familles se priveraient du jour au lendemain de voitures que nous n’irions pas mourir au champ de bataille du réchauffement global. Oui le transport motorisé est pour 60% des émissions de GES en ville, mais que faites-vous des sites industriels, de l’extraction jusqu’à la fabrication de produits ? Des pratiques agricoles actuelles si désastreuses qu’elle assèchent la terre supposément nourricière ?
Encore une fois, et sans pour autant vouloir défendre l’achat d’une auto à tout prix (demandez à mes enfants… oui, encore) les choses ne sont pas si simples.
Mme Gatti,
Vous vous privez d’avoir des enfants pour avoir une meilleur conscience écologique? Entéka j’espère que vous n’êtes pas du genre à bouder amis et voisins qui ont des voitures
Non, Heather, je ne boude personne. Ceci est une blogue POLITIQUE, où je m’exprime.
Bcp de raisons que je n’ai pas eu d’enfants … surtout féministes, et de ma génération. Ne voulais rien savoir de la vie de ma mère ou de mes tantes (deux ont eu des familles de 14 et de 12 enfants). Mais je suis ravie de connaître des gens plus jeunes, parents, sans voiture. Je connais bcp de jeunes progressistes et écolos. Ils ne se privent pas de louer des CommunAuto, ni de prendre des taxis à l’occasion. Savez-vous que la grande militante écolo-cycliste Claire Morrissette a figuré parmi les fondatrices et fondateurs de CommunAuto? C’était justement pour créer une solution pour les gens qui ne voulaient pas posséder une auto (et être possédés par ce machin) mais qui en avaient besoin à l’occasion)?
Je suis allée plutôt raide pcq vous semblez faire très peu de cas des dommages écologiques qui découlent de vos “choix personnels”. Un toit est un droit, mais un stationnement, non.
@Heather.
Mais vraiment, où avez-vous donc pris qu’il veut ‘contourner les règles’ et qu’il a arrêté le projet? C’est un comité de citoyens, suivant les règles de procédures de l’arrondissement (eh oui, il y a des règles de procédure autant que des normes substantives), qui a refusé d’accorder le permis de démolition. C’est bien, la liberté d’expression, mais le minimum quand on veut s’en servir est de se renseigner pour ne pas dire n’importe quoi. Quand vous vous serez renseignée un peu, je vous accorderai le droit de me traiter de cheerleader pour le maire, mais pas avant. Non mais.
Je ne devrais pas me mêler des échanges quand leur niveau tombe trop bas mais franchement, cette fois je ne peux résister. Accuser François d’être un cheerleader (de qui que ce soit) c’est comme accuser Churchill d’être un mou. François c’est la rigueur intellectuelle même …je dirais même trop…
Faits divers : Au coin Masson/Cartier, le constructeur Mondev.ca vient de mettre sa belle annonce BCBG ( beau-cul-belle-gueule) sur l’édifice Garage Montréal. L’affiche grand format est identique à celle annonçant la vente des Cours du Plateau ( les condos sur pilotis pas sur pilotis ). Sur le site du promoteur, on y apprend que 36 nouveaux condos y seront construits. J’habite le quartier, j’ai jamais vu d’offre de vente ou d’avis de démolition. Prix total en pré-vente : 14,900,000,00 $
Fait d’hiver : Au coin Marie-Anne/Garnier, le car-wash du quartier a disparu. Un trou béant nous fait déduire qu’un nouveau projet est en cours. Etrange, là non plus j’ai jamais vu venir le trou. Le promoteur est jusqu’à maintenant anonyme.
Vincent sub-marine, Garage Montréal, Car-wash Marie-anne …. et combien de commerces de quartier comme ça vont encore disparaître ?
On agit vite au royaume du condo.
On a pas de temps à perdre avec la réflexion.
Ainsi agit l’argentocratie.
André, c’est comme ça partout. Dans la Petite-Patrie et Villeray aussi. Toujours avec une occupation à 100% du sol. Bizarre, car les quartiers “neufs” d’il y a un siècle prévoyaient un peu de recul, des arbres, des balcons pour raisons de salubrité (Là, je parle d’une grande partie du Plateau, et des parties plus anciennes de la Petite-Patrie, de Rosemont et de Villeray). En opposition aux constructions du Centre-sud etc.
Les promoteurs visent le 7400 St-Laurent (Les Clercs de St-Viateur, autrefois une école pour sourd-muets, le pendant masculin des Sourdes-Muettes sur St-Denis au sud de la rue Roy); or ce centre est fort utilisé par des associations, et loue des chambres aux participants à des congrès et conférences et autres visiteurs, à un tarif fort modique.
Je crains que certains projets de condos, mal conçus et réalisés, seront les futurs taudis de nos quartiers.
@andre:
ce nouveau projet m’a aussi etonne avec son apparance soudaine: donne qu’on habite au coin je m’attendrais au moins un avis quand commencera la construction et combien du temps ca prendra - parce-qu’on sera affecte par le bruit de la construction
mais je demande qu’est-ce que se passe, d’un point du vue du habitant:
- est-ce que c’est legal de transformer un espace vide (large stationnement inclue dans ce projet immense du condo) en batiment? au moins ca devrait exigerer une reaffectation (ou est zoning le propre mot?) d’espace concerne qui est maintenant exploite comme commerce
- si ce est le cas, est-ce que les stakeholders (comme par exemple des voisins) sont avis/consulte? j’en ai rien vue. comme je presume qu’il n y a rien a cacher dans cette affaire, pourquoi pas le faire?
personnellement, le bruit de la garage m’a derange quand j’ai travaille chez nous. quand le proprietaire laisser rouler un camion a portes ouverts ca surpasser toutes les normes de bruit. j’ai essayer de lui parler mais il m’a pas respecte. pourquoi on a des normes de bruit s’ils sont pas enforces et personne sembler de les respecter. meme chose pour les camions de dechets, les camions de livraisons etc.
alors je serais pas triste qu’une espace a servir l’automobile sera remplace par une espace par humains.
par contre, je trouve dommage qu’un espace libre disparaitra qui pourrait servir a un verdissement du quartier. et pourtant ca me choque comme c’est facil a faire, sans aucun consultation! on nous met le fait avant le nez, comme ca le plateau se transformera vite en condoville
resume: ca me semble necessaire d’installer un processus plus transparent afin que les citoyens peuvent s’engager dans des changements dans notre quartier, et eventuellement des normes strategiques selons des besoins de la population qui controlent et encourages des constructions de lequelles on a besoin dans le quartier au lieu des condos type banlieue:
par exemple des CPE, des commerces et compagnies locales moins polluantes (bruit ou gaz echappements) pour garder le travail dans le quartier, des espaces vertes pour la rencontre public, des logements sans ou avec peu voitures et n’importe quoi d’autre qui conforme a l’esprit du plateau
un autre pense a la occupation 100% du sol:
je trouve en general que la densite urbaine est une bonne idee. mais seulement quand on garde des espaces verts assez larges a cote (et ca veut dire sans traverser un rue!). ces espaces peuvent etres des parcs, des espaces partages par plusieurs batiments, des espaces verts pas amenages comme pres du chemin du fer.
pour moi le plateau a un grand potentiel et ca sont les espaces vides. on y a beaucoup plus que dans des villes plus dense. mais aujourd’hui ils sont dormant comme stationnements, rues unnecessaires, ruelles asphaltes, espaces prives en clotures etc.
pensez a ce qu’on pourrait faire si on verdisserait tout ca …
ca couterait trop cher? la speculation immobiliere se base sur le valeur future d’espace. s’il y a peu du potentiel parce-que un stationnement se transformera jamais en condo selon des regulations d’arrondissement mais seulement en une espace verte son valeur montrera pas autant
en plus, les ruelles sont deja des espaces public, la c’est serait plus facil de faire un transformation.
est-ce que c’est juste que un habitant peut bloquer un projet de verdissement d’une ruelle souhaite par la majorite des riverains parce-que il veut acceder sa maison de deux cotes par sa voiture?
Ça m’attriste de voir un petit coin de rue d’histoire disparaître dans la banalité que crée l’industrie immobilière. Par contre, il faut reconnaître que l’architecture de Vincent Sous-Marin était, elle aussi, venue des États-Unis, et cet aspect Drive-in n’a rien de bien québécois à mon avis. Le temps passe, certains quartier se développent mieux que d’autres. Certains ont peut-être atteint leurs apogées et perdrons de leurs saveurs, mais si cela peut diriger l’attention et l’excitation citadine sur d’autres quartier, je trouve ça bien.
@Stephan
Nous avons un processus de consultation pour tous les projets qui exigent des changements au plan d’urbanisme. Mais les deux projets que vous avez vu poussé dans votre quartier n’exigent aucun changement; donc l’arrondissement n’a aucun pouvoir pour les faire changer et il devient inutile de consulter dans ce contexte.
Par ailleurs, pour ce qui est de vos idées de verdissement; ce sont précisément les projets que nous nous apprêtons à mettre en oeuvre. Des annonces vont être faites aux conseils d’arrondissement des mois de mars, avril et mai.
@Luc:
Peut-on m’apporter un éclaircissement?
Vous dites :
Nous avons un processus de consultation pour tous les projets qui exigent des changements au plan d’urbanisme. Mais les deux projets que vous avez vu poussé dans votre quartier n’exigent aucun changement; donc l’arrondissement n’a aucun pouvoir pour les faire changer et il devient inutile de consulter dans ce contexte.
J’aimerais savoir si le projet Le Laurier fait parti de ces deux projets. Exige-t-il un changement au plan d’urbanisme ? Je présume que s’il y a consultation c’est qu’il en exige.
@Guy
Non, le projet sur le site de la grange n’exige pas de changement au plan d’urbanisme. Par contre, pour qu’il puisse être réalisé, il faudrait que le restaurant actuel soit démoli. Cette démolition a été refusée par le comité de démolition (suite à une séance publique). Le propriétaire peut maintenant faire appel au conseil d’arrondissement pour faire renverser la décision. Supposez qu’elle ne le soit pas, le promoteur pourrait alors décider de soumettre un autre projet. Il ne fait aucun doute que cet autre projet ferait l’objet d’une planification très détaillée de la part du promoteur et d’une étude très attentive de la part du comité de démolition. C’est dans ce cadre que des consultations pourraient être engagées. Une autre hypothèse serait (toujours dans le cas où le conseil d’arrondissement entérine la décision du comité de démolition) que des groupes ou des particuliers se portent acquéreur de la grange mais décident d’en changer l’usage. Là encore, une consultation pourrait être menée par les promoteurs ou par l’arrondissement. On peut aussi imaginer d’autres scénarios - mais ils sont de toutes manières tous hypothétiques.
@Luc:
Merci. Vos précisions m’éclairent sur le processus et sur la suite (les suites) possibles au projet de développement du site.
@François, désolé de vous avoir offensé, mais je continue à croire qu’empêcher la démolition de la grange, pour pouvoir empêcher la construction d’un projet de condo qui ne plaît pas au maire pour des questions de goûts personnels, n’est pas très crédible comme action politique.
@Maria, je respecte et partage votre idéalisme environmental. J’essayais surtout d’expliquer pourquoi attirer des jeunes familles avec enfants sur le Plateau est beaucoup moins simple que vous et Mr. Ferrandez semblent croire.
Le genre de procès d’intentions que vous me faites me laisse hélas une mauvais goût dans la bouche sur la façon dont vous écoutez les citoyens qui osent mettre en doute les idées de Mr. Ferrandez.
C’est dommage. Je vous souhaite quand même bonne chance dans votre travail.
@ Heather: si le projet de condos ne plaît pas au maire Ferrandez, soit. Mais ce sont d’abord et avant tout les résidents du Plateau, secteur Laurier-Est, qui sont opposés à ce projet et à la démolition de la grange. Plus de 400 personnes ont joint la page Facebook “Projet Grange Vincent” http://alturl.com/sq6q en moins d’une semaine.
Quant à l’action politique des nouveaux élus de Projet Montréal, je me permets un commentaire personnel. Ils ont reçu un mandat clair de la population du Plateau lors des récentes élections: faire un important virage, tant sur le fond et la forme, des décisions qui nous concernent. Agir vite. Agir bien. Agir différemment. Cela implique de questionner des projets de développement du quartier basé sur le tout-condos et le tout-voiture.
Merci Louis-Frederic, je comprend l’idéologie. J’ai voté Projet-Montréal surtout par opposition à Vision-Montréal ainsi qu’au parti du maire Tremblay. Mais j’ai compris que M. Ferrandez ne veut pas de petits condos pour gens célibataires. La question que j’ai relancé, mais qui n’a pas donné réponse est: OK, vous cherchez quoi alors? Parce qu’une famille qui veut vivre dans un peu plus de 800 pieds carrés NE PEUT PAS se payer un condo à $400 000. Un intervenant parlait de logement social. C’est bien. Mais le logement social, c’est pour les familles pauvres. Alors si on n’est pas pauvre, et dépendant de logement social, et si on n’est pas millionaire pour se payer un 5 1/2, qu’est-ce qu’on peut s’attendre? Si les comités décident de n’autoriser que les logements familiaux, mais qu’ils ne sont pas achetable pour la classe moyenne?
@Heather
Tu as raison de dire qu’il ne suffit pas d’empêcher la multiplication des condos minables pour que par magie les familles reviennent en ville. Il n’y a qu’une seule solution pour attirer les familles en ville: leur offrir des logements abordables - et ça évidemment, c’est loin d’être gagné d’avance. On y travaille mais on est pas naïfs; c’est le problème de tous les quartiers prisés du monde de perdre des familles.
Par ailleurs, la construction de logement de qualité ne concerne pas que les familles. Mais que ce soit pour les familles ou les personnes seules, une des clefs de la vie de quartier c’est que les gens restent longtemps dans le même logement : le temps de développer des liens avec les voisins, les commerçants, les associations de quartier, l’école du coin, etc. Et pour ça, ça prend des logements de qualité (des logements traversants avec des balcons, avec des cours à l’arrière, avec une peu de verdure, avec un peu de charme aussi). C’est drôle que l’immense majorité des logements qui offrent ces qualités sont soit des logements construits il y a plusieurs décennies soit des coopératives d’habitation. Il y a bien sûr des condos qui font exception à cette règle… mais sont-ils nombreux?
Pour ce qui est de mes choix esthétiques: faux. Je trouve la Grange à Vincent très laide. C’est pour ça que j’ai titré mon article «protéger l’immatériel». Et comme je ne suis pas certain de la validité de la démarche j’ai mis un point d’interrogation après.
Bonne soirée.
En tout cas, le proprio de Vincent sous-marins doit se sentir très aimé ces temps-ci : il a même mis des Valentins dans ses fenêtres. Chose qu’il n’a jamais faite. Et son resto est plein comme jamais.
J’ai toujours pensé que ce gars-là était assis sur une mine d’or mais qu’il n’avait pas saisi la richesse de son terrain. Du jour au lendemain, il pourrait quadrupler son chiffre d’affaires en désasphaltant son parking et y aménagement la plus belle terrasse du Platoon. Un spot aussi bien ensoleillé, y’en a pas 3 dans l’arrondissement. C’est comme avoir un Jardin Nelson dans son tiroir mais croire que l’on a juste un Vincent Sub-marines qui décrépi.
Avec une terrasse qui a de l’allure ( lire verdure) , le Vincent aurait un impact économique sur les autres commerces qu’aucun projet de condos de luxe ou de SAQ ne pourront jamais avoir.
Quand Ferrandez questionne la protection de l’immatériel, pour moi ça veut dire préserver, améliorer, multiplier les contacts possibles que les résidants peuvent avoir dans leur quartier.
Avec l’expérience d’entretien que j’ai depuis plusieurs années avec ma ruelle verte, je peux vous assurer que plus il y a de nature en ville, plus les regards se font pétillants et les sourires rassurants.