Protection du Mont-Royal : terrain du collège Marianopolis

16 juillet 2009 | Auteur:

Le projet de construction de condominiums sur le site de l’ex collège Marianopolis sur les flancs du Mont-Royal, a réussi, comme tous les projets sur la montagne, à déclencher une foire d’empoigne typique de Montréal sans que nous tirions les conclusions qui s’imposent.

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Pour ne pas que ça se reproduise dans 6 mois ou un an (avec tous les projets semblables prévus sur les flancs du Mont-Royal), il est donc important  d’y revenir.

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Le projet à l’étude (comme celui de la ferme sous les Noyers un peu plus au sud et quelques années auparavant) ratatine et appauvrit notre patrimoine collectif en remplaçant un ancien collège à flanc de montagne – avec tout ce que cela suppose de signification historique, d’ouverture à la communauté et d’ambiance champêtre  - par une empilade de condos.

Voici les photos avant et après (bizarre, avec le Mont-Royal, au contraire des publicité de perte de poids, la photo«avant» est toujours mieux que la photo «après»).

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La machine à fric projetée à la place

La machine à fric projetée à la place

Il est bien évident que la construction de ce projet sera une autre étape de notre appauvrissement collectif pour la simple raison que la vie qui régnait en ce lieu était plus belle que celle qui va la remplacer.

Adieu la nature un peu bordélique qui entoure un collège; ses clôtures pleines de trous, les chemins du désir qui coupent à travers la pelouse pour piquer au plus vite tantôt vers la ville, tantôt vers la montagne. Au revoir aussi les enfants nerveux en septembre; libérés en juin; le collège endormi de juillet; les concerts en soirée de mai. Bonjour la pelouse, les éclairages, les dispositifs de sécurité, les clôtures bien solides, les sages plates-bandes qui encadrent les entrées de stationnement et la lumière bleutée des écrans plasma derrière les rideaux.

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Est-il possible de mieux protéger le Mont-Royal avec un plan ?

Ma réponse est non. Le projet qui a été soumis par le promoteur tient compte de l’ensemble des dimensions à protéger (patrimoines bâtis, écologie, boisés de grande valeur, arbres remarquables, vues, faune, paysage, réseau hydrique, archéologie, etc.).

Mais il change l’esprit du lieu. Or, on ne peut pas protéger l’esprit d’un lieu avec un plan. Un plan permet de protéger des artefacts concrets (un boisé; des arbres remarquables; un ruisseau, un édifice patrimonial). mais un plan ne peut pas protéger l’esprit d’un lieu.

Pour protéger l’esprit de ce lieu, il aurait fallu un texte presque poétique – difficilement défendable d’un point de vue légal.  J’en propose un en quatre points.

a) il faut que la nature soit suffisamment présente pour que le site change au rythme des saisons; que la petite faune du Mont-Royal puisse y être croisée; que les arbres remarquables semblent être les véritables propriétaires de l’espace;

b) il faut  que les boisés dominent le bâti en sorte que celui-ci donne l’impression de s’être marié à la nature et non pas de l’avoir réduite et domestiquée;

c) il faut que le passage dans un corridor vert reste possible de part en part du terrain; il faut que ce passage soit aménagé en sorte qu’un marcheur puisse en l’empruntant sentir le ressourcement de la nature et une vague impression d’évasion – comme avec n’importe quel chemin de traverse;

d) il faut que les nouvelles constructions rappellent l’histoire de ce lieu; que les matériaux et les formes disent quelque chose au passant sur ce qui a existé en cet endroit et son pourtour. Il faut surtout reconduire cette belle qualité des édifices victoriens, si nombreux aux alentours, de faire valoir la richesse à travers la finesse de l’œuvre et non, comme il est devenu de mise, à travers l’arrogance de la taille.

Une façon plus succincte d’exprimer la même chose serait de dire qu’il est impossible de marier les impératifs de profitabilité avec ceux de protection d’un site de cette valeur. Ou alors d’affirmer haut et fort que la construction de condos suppose un rapport à la nature complètement inverse à celui de forêt urbaine voulue sur le Mont-Royal.

Comme aucune de ces formulations n’est raisonnable; j’en propose une dernière: moratoire de vente de terrains institutionnels dans l’arrondissement naturel et historique du Mont-Royal.

Ça c’est plus clair , non?

Cet article se termine ici pour vous.. mais vous pouvez toujours le partager à vos contacts ;)

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    Categorie: Réflexions
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    3 réponses Commentaires (0) Trackbacks (0)
    1. PATRICE-HANS PERRIER dit :

      Luc,

      Me revoici, en pleines vacances, ne pouvant me soustraire à mon addiction pour l’information virtuelle et les causes citoyennes. Un petit point venant exprimant une prise de conscience citoyenne et non pas une vue de l’esprit.

      Demeurant à quelques mètres du Marché Atwater, j’emprunte souvent les rues Atwater ou Green pour me rendre à pied faire mon petit ski de fond sur les flancs du Mont-Royal. Chemin faisant, c’est le cas de le dire, j’emprunte souvent les sentiers escarpées du boisé qui mène à l’ancien campus Marianopolis. Une partie du boisée fait partie de la municipalité de Westmount, avant d’atteindre la portion privée à proprement parler. Malheureusement, les escaliers de bois qui permettent de gravir ces sentiers escarpés sont en très mauvais état, dans certains cas il y manque des marches… ce qui rend l’ascension périlleuse. Surtout lorsque vous portez une paire de ski sur vos épaules !

      Mon commentaire est simple, malgré ce long préambule … pourquoi la municipalité de Westmount et la Ville de Montréal n’ont rien fait de concret pour permettre aux piétons d’avoir accès à un sentier important qui permet d’atteindre le Mont-Royal de façon relativement sécuritaire ? La réponse est relativement simple : prévoyant un développement immobilier juteux, les édiles ne voulaient surtout PAS aménager les abords de ce site convoité, histoire d’éviter que les citoyens ne prennent goût à une nouvelle connexion entre le centre-ville et la montagne.

      C’est bien simple, hormis l’entrée sur le flanc est (le site de la statue et des tamtams) du Mont-Royal, toutes les entrées sont pratiquement interdites d’accès pour les piétons. Seuls les automobilistes ont accès à la montagne, ce qui est proprement ignoble en plein centre d’une ville qui se targue de faire la promotion des transports alternatifs.

      Entre le langage (peint en vert) de nos édiles et les velléités des promoteurs, c’est toujours le même courant qui passe : la loi du «fast cash».

      Poursuivons le combat, irréductibles Gaulois, et faisons cause commune, peu importe que nous soyons livreurs de menhir ou vendeurs de poisson. Du moment que nous sommes en mesure de vendre notre salade aux décideurs avant que les Césars de l’immobilier ne mettent la main sur TOUT le site.

      A +

    2. Marie-Josée H dit :

      Excellent commentaire. Merci.

      mj

    3. gabriel dit :

      Sur votre site le college à l'air tres grand.

      J'adorerais y allez.

      S.V.P J'aimerais que vous m'envoyer un e-mail pour me dire le prix d'incrition.

      Je suis un éleve de 4e année.

      J'adorerais m'incrie.J'espere que vous m'enverai un e-mail.

      MERCI !!! Gabriel Mac Duff

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