Ça me fait toujours bondir cette perception de Montréal comme ville dangereuse. Ce matin deux titres superposés dans Cyberpresse qui permettent de comprendre où se trouve le vrai danger dans nos vies .

Bine entendu, c’est l’auto qui tue – pas les gangs de rue.
La réalité toute bête c’est que les gens qui déménagent en banlieue ou à la campagne parce qu’ils trouvent que la ville est dangereuse mettent leur famille en danger – tout simplement parce que leurs kids vont passer plus de temps en voiture ou au contact des voitures que s’ils étaient restés en vile. Leurs enfants ont moins de chance de mourir assis dans le parc le plus dangereux de la métropole qu’en allant sagement à la messe en voiture.
Ce sont les statistiques qui le disent. Quand on les creuse les stats, la réalité est encore plus frappante. À Montréal, il y a une moyenne de 45 homicides par an. De ces 45 morts, plus de 80% le sont entre gens qui se connaissent (par exemple un père qui tue ses enfants ou un règlement de compte entre deux gangs de rue). Donc, le nombre de bons citoyens tués par de dangereux criminels (outre leur père ou leur mère) est environ 9. Or, chaque année, il meurt environ 600 personnes sur les routes du Québec.
Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’autres bonnes raisons d’habiter en banlieue ou à la campagne ; mais celle de la sécurité ne tient pas.
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oui mais que fais-tu des gens qui, assis dans le parc le plus dangereux de toute la ville, décident d'aller à la messe et pour ce faire de traverser la rue ? ils risquent tout autant de rencontrer les dangereuses voitures en traversant la rue…? une rencontre piéton-auto est 100 000 fois plus risquée (pour le piéton) qu'une rencontre auto-auto…
Donc, l'important, c'est de ne pas aller à la messe.
)
Les mots clés de ce billet sont Montréal, banlieux, familles, sécurité.
Oui, Luc Ferrandez a raison de dire que les voitures causent plus de décès comparé aux crimes commis par les gangs de rues. CEPENDANT je ne pense pas que Luc Ferrandez cherche à minimiser le comportement des gangs de rues. Car deux gangs qui s'afrontent au coup de revolvers courent le risque de tuer des citoyens lorsqu'ils visent mal leurs adverssaires.
Ceci étant dit, il faudra réunir les gangs de rues pour qu'ils proposent des solutions aux problèmes qu'ils posent à la société. Ils doivent mettre de côté leurs armes et utiliser leur matière grise pour communiquer comme des hommes et comme des femmes libres. Ils doivent retrouver leur sensilité.
Autres choses, le coût de la vie oblige les jeunes familles à opter pour les banlieux ou la campagne.
J'ai vu un reportage sur le sujet, hier soir. de jeunes couples retournent sur les terres de leurs pères afin de reprendre leur héritage en main. Ils trouvent un sens à leur vie. deviennent productifs et utiles. Ils travaillent du matin au soir et se retrouvent dans les bras de leur amours après les heures de labeurs. Pas de temps à tuer, pas de temps pour les mauvais coups. Les enfants peuvent grandir en apprenant à aimer et à protéger la terre. Ils ont plus de chance de conserver leur humanité que de se perdre dans des choses nuisibles et futiles. De retour en ville, ils apprendront à apprécier les services que les dirrigeants et les dirrigeantes mettent à leur dispposition. Car la ville offre de grandes possibilité aux citoyens. Cependant se loger est un problème qui prend de plus en plus de place dans le maigre budget de tout un chacun.
Les briques qui remplacent la verdure tapent sur les nerfs, réchauffent l'atmosphère et rendent les gens agressifs. La ville a besoin de la fraîcheur des arbres et de la beauté des fleurs.
aah Marie-Michèle, c'est tout plein de romantisme ça, manque plus que les bisounours et les petits coeurs autour…
la réalité à mon sens est un peu plus nuancée : oui les coûts associés à la vie en ville chassent les jeunes familles, mais c'est à mon sens avant tout les coûts du logement. avec 2 (petits) enfants tu peux encore envisager rester en centre-ville et leur faire partager une chambre, mais le rêve américain ne veut-il pas "toujours plus" ? si la famille s'agrandit ou au plus tard quand les enfants grandissent, se pose le problème de l'espace de vie… plus grand, c'est plus cher, et déjà que le "petit" est cher en ville, les familles vont voir ailleurs.
d'autre part tu parles de gens qui reprennent un héritage et travaillent sur des terres. ce n'est quand même pas le cas de tout le monde qui choisit de quitter la ville, le plus souvent quand on quitte la ville, on ne laisse pas une (ou 2) jobs, en particulier quand on a des enfants à nourrir. non, le plus souvent on doit garder le(s)dit(s) job(s), donc en s'installant plus loin dans quelque chose de moins cher, le gain économique est annulé par la nécessité d'un deuxième véhicule. sur le Plateau plus de 50% des foyers n'ont pas de voiture ? dans le West Island, la majorité des gens en ont 2, une portion grandissante en a même 3… quel est le gain d'après toi ???
enfin, ne jamais oublier que c'est dans la population agricole qu'on trouve une des plus fortes proportions de dépressions graves et de suicides, à cause de la pression indue exercée sur les exploitants par les intermédiaires mercantiles et le trop fameux et trop facile slogan "encore plus bas nos prix" (ou approchant) que tout le monde est content de voir dans son quartier… en ville. tant que l'agriculture extensive sera subventionnée, l'agriculteur bio n'aura aucune chance. crois-tu vraiment que les enfants apprennent à aimer notre terre quand ils vivent à la campagne telle que nous la connaissons actuellement ? pourquoi, alors, un tel exode rural ? (je ne pense pas que les gens qui repartent s'installer en campagne pour y cultiver/exploiter des terres soient suffisamment nombreux pour inverser la tendance au déclin de la population rurale dans nos pays dits civilisés… ni même ailleurs tiens) pourquoi ai-je le sentiment qu'en voyant ses parents s'éreinter pour de bien maigres résultats les enfants grandissent plutôt dans une vive désillusion quant aux bienfaits de la vie agricole ? et je ne parle même pas de ceux dont le père s'est pendu dans la grange ou dont la mère est sous antidépresseurs depuis des années pour tenir le coup…
et dans la poursuite de pensée de Geneviève:
outre le coût direct de la seconde voiture à assumer par le ménage expatrier en banlieue, s'ajoute collectivement le coût de cet étalement urbain, par le biais de nos impôts, pour financer de nouveaux réseaux de transport (qu'il soit routier ou de transport en commun), d'électricité, de gaz, d'eau, de nouveaux équipements (écoles, garderies, hôpitaux, etc.). Ces nouveaux coûts viennent s'ajouter à ceux existants, d'entretien des réseaux et équipements en milieu urbain qu'il faut maintenir.
Le gouvernement a choisi de favoriser ce mode de vie de surconsommation, car plus on est motorisé, plus on est mobile, plus on consomme, la consommation venant comme un loisir, un passe-temps. Qu'est-ce qu'on fait chéri samedi? Et si on allait chez Ikea ou aux galeries d'Anjou? Lorsque vous n'avez pas de voitures, outre l'économie directe de s'en passer, vous vous retrouver à consommer nettement moins en produits de toutes sortes, et vous vous apercevez que vous pouvez très bien vous passer de ces bébelles. En favorisant l'étalement urbain, vous favorisez la consommation par la nécessité de se motoriser. C'est le choix délibéré de nos gouvernements. Où cela nous mènera-t–il? droit dans le mur, car ce "way of life" n'est pas soutenable sur le long terme. On nous fait miroiter à présent l'hydro-électricité pour se substituer progressivement au pétrole et à l'essence. Quel mirage… et quelle farce. D'abord, il est irréaliste de penser que nous pouvons produire suffisamment d'énergie électrique pour remplacer ce que nous consommons en essence. Ensuite, il faut savoir qu'une voiture, flambant neuve représente déjà une consommation d'énergie équivalente à 5 ans de consommation d'essence, uniquement pour la construction de ce véhicule. Alors qu'il soit hybride, à hydrogène ou à la crème solaire, tout véhicule requiert déjà, avant qu'il est parcouru le moindre kilomètre, une quantité d'énergie considérable. Au rythme où nous nous motorisons (n'oublions pas que nous faisons plus de chars que d'enfants au québec car le taux de motorisation croît plus vite que le taux de natalité!), le 2-3% de véhicules hybrides que nous verrons un jour sur nos routes ne solutionnera pas le problème. Au mieux, il nous fait gagner 2 ans sur l'échéancier (le mur contre lequel nous nous dirigeons). Quel beau projet que la banlieue et tout ce qui vient avec!
Bonsoir à vous Geneviève et Laurent,
Alors, que proposez-vous ?
Vos arguments indiquent l'existence d'un mal de vivre aussi bien en ville qu'à la campagne. Moi, au lieu de voir uniquement la détresse et l'impasse qui ostruent la pensée et la perception de la réalité, j'analyse et trouve des solutions. Car si je réussis à faire de moi une survivante, je peux présenter ma recette aux autres afin que chacun tire profit de mon savoir-faire.
Le mot héritage à une signification plus étendue; il fait référence à la culture, à l'histoire, aux bagages familiaux et personnels, au besoin de refaire les mêmes gestes que faisaient le père, la mère, les grands-parents. Ces gestes qui aident à comprendre les chemins parcourus par les aïeux et qui donnent la force d'affronter l'avenir. Il faut souvent retourner à ses sources pour bâtir son avenir, l'avenir d'un peuple, d'une nation, d'une génération. Alors le mot héritage peut vouloir dire souvenirs et nostalgie.
Certe que ce ne sont pas toutes les jeunes familles qui peuvent se permettre d'aller s'installer à la campagne, sur une terre ou en banlieu. Mais celles qui le font choisissent de se donner une chance. Ils cherchent à vivre autrement. Devons-nous tous fuire la ville pour autant ? C'est pourquoi je pense qu'il est possible de travailler ensemble afin de rendre la vie en ville un peu plus agréable.
En parlant de romantisme, je peux utiliser les mots pour décrire la ville de mes rêves. Le peintre peut transformer mes mots en images visuelles pour le bonheur de tous. Puis, l'architecte et ses maçons peuvent s'allier pour réaliser la ville de mes rêves. Tout est utile.
ce qui est bien c'est qu'au fond nous sommes d'accord : "rendre la vie en ville un peu plus agréable"
MAIS
1- tu proposes ?? quoi exactement ? que tout le monde retourne à la campagne ?
2- je ne serai pas prête à croire avant longtemps que les gens qui vont s'installer en banlieue cherchent un autre mode de vie. ou en tout cas s'ils y cherchent celui de la campagne, je leur souhaite bon courage.
3- le mot héritage a une signification, certes. crois-tu toutefois réellement que tout le monde a le désir de reproduire les gestes dont tu parles ? que ce serait la simple inscription dans une lignée "physique" qui redonnerait aux gens leur identité ? que fais-tu des gens qui, justement inscrits dans une telle ligne, étouffent ? "ces gestes qui aident à comprendre les chemins parcourus et donnent la force d'affronter l'avenir"… sont inutiles du moment que tu ne te familiarises pas en même temps avec tout ce qui compose le présent et façonne l'avenir.
effectivement une jeunesse "désoeuvrée" il serait souhaitable de lui trouver quelque chose à faire, comme tu le sous-entends (au risque de choquer, je suis par exemple tout-à-fait *pour* des institutions inspirées des kolkhozes (on enlève toute la propagande attachée à ce concept, on garde le côté "apprentissage collectif de l'effort"), ou par exemple du service civil : il faut apprendre à donner à la communauté sans attendre grand chose en retour).
mais je serais toi je me garderais bien de faire des généralisations à partir de mon propre cas.
par exemple, si je partais du mien, je souhaiterais que tout le monde vende sa voiture parce que ça leur montrerait tous les bienfaits d'une vie non motorisée. je souhaiterais que les gens restent en ville dans un petit appartement même si leur famille s'agrandit, parce qu'après tout le règne de l'enfant-roi qui a droit à sa propre chambre dès sa naissance est une chose à laquelle je n'adhère pas.
mais je soupçonne la réalité d'être bien plus complexe que cela. ce n'est pas facile tous les jours d'assumer les conséquences des choix que nous avons faits… je suis bien placée pour savoir que les remises en question sont nombreuses et fréquentes… et que l'appel du confort et de la fameuse liberté individuelle comme valeur-étalon de l'état de développement d'une société sont parfois très forts…
chaque famille est en constante recherche d'un équilibre possible et tenable pour elle-même, dans les circonstances qui sont les siennes, à un instant donné. parfois ça donne mon modèle, parfois le tien. le plus souvent, cette recherche reste infructueuse, au sens où avant de tout balancer par-dessus bord en prenant des décisions dont on ne sait pas où elles nous mèneront, on préfère maintenir le statu quo, que l'on connaît et qui nous fait moins peur.
d'ailleurs ce n'est parfois pas un choix délibéré d'aller s'installer en campagne ou banlieue, mais un pis-aller : pas le meilleur choix, pas celui qu'on aurait fait si on pouvait coller à son idéalisme de base, mais le moins pire compte-tenu des circonstances dans lesquelles on se trouve et de la façon dont notre vie évolue.
on ne peut pas juger les gens à l'aune de sa propre expérience. il n'y a pas de recette, car on est tous différents.
quant aux propositions, il y en a plein le programme de Projet Montréal…
Vous avez raison Geneviève.
De mon côté, je n'ai absolument rien à proposer à qui que ce soit. De plus, je pense être mal placée pour oser juger la façon de faire des gens que je ne connais pas. Cependant, je suis fière de constater que le savoir-faire des canadiens et des canadiennes servent d'exemple au pays dit le plus fort de la planète. Par exemple notre système de santé, bien que imparfait, est meilleur que celui des États-Unis et d'autres pays industrialisés. Et les USA sont entrain de mettre sur pied un système de santé qui sera un peu plus accessible à tous.
En ce qui concerne les exodes de la campagne à la ville et de la ville à la campagne, je respecte le choix de toute personne qui ressent le besoin de retourner à la campagne, de vivre dans la simplicité, loin de toutes concurances. Pour certaines personnes, c'est la solution. Qui a le droit d'imposer sa vision à une population sans tenir compte des besoins et de la fragilité de tout un chacun ? Mais tout en respectant les choix indivisuels des gens, un dirigeant a le devoir de penser à la population, aux besoins de la majorité sans pour autant brimer les minorités qui pensent autrement.
Que doit-on faire des maisons inhabitées et des villages déserts des campagnes ?
NOTA : Je respecte votre réalité et votre perception de la vie. Cependant, avant de me laisser imposer un style de vie étroit, je veux avoir la liberté de trouver d'autres alternatives. Aussi, l'exemple des USA n'est pas du côque à l'âne, c'est pour montrer que nous avons le nécessaire ici, mais la routine s'est tellement bien installée que certains dirigeants deviennent myopes et tournent en rond. Dans de telles circonstances, les idées brillantes des jeunes adultes consciencieux sont plus que bienvenues. Sauf que le passé et l'avenir doivent cohabité pour arriver à améliorer ce qui n'a plus sa raison d'être.
Me revoici, après quelques jours de vacances bien méritées et d’une cure de désintoxication de l’esclavage d’Internet.
D’entrée de jeu, j’ose affirmer que l’objet de la présente discussion recoupe des enjeux on ne peut plus cruciaux. Rappelez-vous la fable du Rat de ville et du rat des champs, de Jean de La Fontaine. Notre résident du Plateau ayant invité son ami de Sainte-Pie-de-Bagot à prendre part à un festin raffiné sur un tapis de Turquie. Son ami, le paysan, a vite déchanté des luxes de la cité quand un gros chat, se pourléchant les babines, fit irruption dans un grand fracas… forçant les deux compères à prendre la clef… des champs (version Perrier de la fable, de mémoire…) ! Le paysan, tout en remerciant son ami pour l’accueil fastueux, lui fit cette remarque : «chez moi la nourriture est plus frugale, mais on y mange en toute tranquillité».
Voilà une petite fable pleine de gros bon sang. Les Québécois étant, à bien des égards, des brebis égarées, nous allons certainement bien nous entendre sur la question du retour à la source. Du retour aux sources, puisqu’elles sont multiples en définitive.
L’organisation de la TRAME URBAINE montréalaise est un calque sur l’organisation des lots des censitaires à la campagne. Autrement dit, le régime anglais aura calqué à même le système des Seigneuries la trame des îlots rectangulaires montréalais. Deux rangées de lots se faisant face, avec la ruelle qui passe au milieu, à l’instar de la rigole ou de la rivière drainant les nuisances paysannes. Et, la tête d’îlot permettant d’articuler l’imbrication d’un îlot avec un autre.
C’est le professeur Marc Choko qui m’a fait prendre conscience du fait que plusieurs générations de montréalais n’ont fait que tenter de reproduire un modèle d’organisation spatiale paysan en ville. Chaque quartier son église, sa fabrique et ses commerces de proximité et, à l’instar de la structure cantonale, des avenues principales avec des commerces de destination et des édifices civiques ou commerciaux majeurs.
Nous sommes d’éternels paysans, mal adaptés à la ville. Un point c’est tout.
Contrairement aux vieux pays Européens, ou Moyen-orientaux, nous ne disposons pas d’une culture authentiquement urbaine. De là l’hiatus, en apparence insoluble, qui oppose deux modes de vies qui devraient être complémentaires dans une civilisation mature. Mais ce n’est pas encore le cas.
Qui plus est, les immigrants de première génération se concentrant principalement dans les quartiers périphériques de la ville classique de Montréal, la cité fonctionne comme une centrifugeuse qui pousse ceux qui ont réussi vers la périphérie et garde les nouveaux et les moins fortunés en son sein. Bien entendu, il y a, en sus, le phénomène de l’embourgeoisement du centre-ville. Un classique celui-là.
Les unités de logements étant de plus en plus dispendieuses au centre-ville, un nombre croissant de jeunes ménages (et de célibataires, endurcis ou pas) se retrouvent à se faire la lutte (des classes ?) pour occuper le territoire dans les arrondissements périphériques. Ceux qui déclarent forfait en sont quitte pour rejoindre les parias de la banlieue immédiate (Greenfield Park, une partie de Longueuil ou de Laval, etc.).
Allez vivre à la campagne c’est joli, mais c’est loin et … ça coute cher. Une de mes anciennes amoureuses a eu la folle idée d’aller s’établir à 100 kilomètres de Montréal dans un hameau, elle et sa petite famille. Ayant eu l’idée d’exploiter un centre d’hébergement pour personnes retraitées, elle et son conjoint du moment ont vécu une vie quasiment misérable d’après son témoignage. Il fallait compter sur un véhicule, des frais d’entretien, des réparations, du magasinage et des frais d’exploitation à n’en plus finir et … quand vous n’êtes pas du patelin, c’est difficile de se faire aider à la campagne.
En ville, c’est plus facile de tisser des liens (bien que souvent précaires et intangibles), de demander de l’aide, d’obtenir des services, de trouver un boulot ou un contrat temporaire. Bref, l’organisation sociale et spatiale est tricotée serrée pour ainsi dire. Mais, il y a les nuisances qui vont avec : bruits, pollution, violence urbaine, écarts de richesse et mise en marché des centres-villes au profit des prévaricateurs de l’industrie du tourisme et du spectacle (ben oui).
En guise de conclusion (avant que le webmestre ferrailleur ne me tape encore sur les doigts), l’avenir est certainement à l’imbrication de solutions hétérogènes. Je m’explique : certaines personnes en couple se louent une petite chambre en ville, tout en conservant leur modeste hameau à la campagne.
Il y a aussi les urbains, comme notre ami Luc, qui vont encourager les agriculteurs bios en achetant, sans intermédiaires, leur production écoulées le temps d’un marché improvisé. Certains, se bâtissent des habitations vertes de fortune sur des lots acquis pour une bouchée de pain, et partage une vie commune avec quelques amis qui acceptent de mener une vie frugale.
Le mot de la fin c’est : FRUGALITÉ. L’over-design est un serial killer. C’est un fait acquis. Urbaniser un mode de vie qui exclue les plus démunis et repositionne la cité classique sur le modèle d’une Guggenheim City ou d’un parc d’attraction à la Disney World c’est se tirer dans le pied. C’est ce qui s’en vient à la vitesse grand V à Montréal. Alors, faudra que quelqu’un ait le courage politique de mettre le frein à bras, en disant : «terminus, tout le monde descend, on refait nos plans». Le rat des champs et le rat des villes doivent combler le vide de la banlieue qui les sépare et … détruit toutes formes de vie.
Aaah Patrice-Hans, toujours aussi poétique…
Bon je suis d'accord avec ton mot de la fin, car oui je trouve qu'il faut savoir se contenter de moins. Prendre son temps avant de consommer impulsivement. Préférer ne pas acheter plutôt que d'acheter à moitié convaincu et réfléchir seulement après. Se débrouiller avec les moyens du bord. Accepter de vivre "serrés", dans un logement peut-être plus petit que ce qu'on pourrait espérer avoir plus loin, mais tellement plus pratique. (et puis d'abord, qui c'est qui fait le ménage ?
)
Par contre je ne vois pas le problème -ni d'ailleurs la différence avec les villes européennes ou orientales- de la ville construite comme une juxtaposition de villages. Bah oui, ça s'appelle des quartiers, ça donne à cette grande chose qu'on appelle ville une identité multiple, changeante, charmante. Ça permet à ceux qui arrivent de s'orienter, de retrouver des gens qui leur sont semblables… En Europe -je suis bien placée pour le savoir quand même- c'est pareil après tout.
Non moi la vraie différence que je vois entre ici et là-bas, c'est que (les grands centre urbains mis à part) l'urbanisation s'est faite ici dans le sens inverse : en Europe, pré-existaient les villages. Quand on a construit des voies de communication, c'était pour relier les villages entre eux. En Amérique du Nord, pré-existaient les voies de communication. Les villages / villes sont venu(e)s se greffer autour par la suite.
D'où l'omniprésence du transport… et malheureusement majoritairement du moteur à explosion.
(et quant à moi je suis en train de me transformer en P.-H. ou je ne m'y connais pas. Je vais me faire engueuler par le taulier !
)
(tiens d'ailleurs, oùskiscache çuilà ?)
Marie-Michele Dejean dit :
«Le mot héritage à une signification plus étendue; il fait référence à la culture, à l’histoire, aux bagages familiaux et personnels, au besoin de refaire les mêmes gestes que faisaient le père, la mère, les grands-parents. Ces gestes qui aident à comprendre les chemins parcourus par les aïeux et qui donnent la force d’affronter l’avenir. Il faut souvent retourner à ses sources pour bâtir son avenir, l’avenir d’un peuple, d’une nation, d’une génération. Alors le mot héritage peut vouloir dire souvenirs et nostalgie.»
Je voulais revenir sur l’affirmation de Mme Dejean à l’effet que le terme héritage recoupe l’accumulation de connaissances pratiques et de cultures, dans une optique de progrès continu.
C’est très beau cette façon de nous rappeler l’importance de la transmission des coutumes et des traditions. Toutefois, la conclusion de son assertion trahie une contradiction interne dans son discours. «Alors le mot héritage peut vouloir dire souvenir et nostalgie.». Le transfert des savoir-faire et des savoir-vivre implique une vision dynamique du legs de nos ancêtres, un retour aux sources qui n’est pas déconnecté du présent. Donc, c’est tout sauf une dérive nostalgique… bien que ce péché mignon se justifie pleinement par moments.
Il est heureux que le débat public sur ce site passe des considérations urbanistiques, stricto sensu, aux questions de sociologies urbaines ou d’organisation socioéconomique.
La ville s’articule au gré des prérogatives de l’agora, matrice politique de la vie citoyenne (définition de Perrier). Malheureusement, l’agora – ou assemblée des sages – a cédé la place aux débats télévisés ou aux blogs sur les sites généralistes commerciaux. On s’y rince la conscience, en toute impunité, sans pour autant prendre le risque de se confronter véritablement à d’autres citoyens.
Ici, chez le citoyen Luc, on sent qu’il y a une ébauche d’agora virtuel, d’une assemblée de citoyens à la recherche de la sagesse… puisque les sages se sont tus. J’ai lancé, hier, l’idée de la FRUGALITÉ, une prise de position (plus qu’une simple vue de l’esprit) qui concerne le procès politique au sein de la cité.
La FRUGALITÉ c’est tout, sauf la «société spectacle» (Debord), une prise de position citoyenne qui ambitionne de re-situer (comme les situationnistes l’avaient fait) les priorités du «vivre ensemble» urbain. Lorsque Luc nous entretiens de la prise de possession temporaire de l’espace public par les maraîchers, venus y vendre leurs primeurs bios, il introduit la question du rapport de la campagne à la ville. C’est rafraîchissant !
Si vous allez chercher vos fruits et légumes transgéniques chez MÉTRO, ça implique que d’énormes camions ont bloqué la circulation, pollué l’atmosphère et détérioré la chaussée publique. Les petits maraîchers viennent avec des moyens de transport de fortune qui ne contribuent certainement pas à détruire nos routes au même titre que les énormes mastodontes de la distribution industrielle. Qui plus est, ils viennent des campagnes environnantes, pas de la Floride, de la Californie ou du Mexique. Et, au niveau de l’échange économique, les intermédiaires profiteurs viennent de sauter …
Le préjugé favorable à la FRUGALITÉ induit une planification urbaine et une organisation des rapports politiques qui font grand cas des besoins vitaux des citoyens. Que sont-ils?
Je crois que le candidat Ferrandez a profité de la période des vacances pour tenter d’initier un débat fécond autour de cette question capiton. Nos besoins vitaux concernent, entre autres : le droit au calme et à la sécurité; un air respirable; une offre alimentaire de qualité pour tous; des commerces de proximité qui ne drainent pas des quantités industrielles de voitures; un aménagement du domaine publique qui fasse grand cas de la verdure et qui puisse permettre de combattre les îlots de chaleur; des stratégies en matière d’intégration qui puissent nous permettre de réhabiliter une portion de nos marginaux et une vision stratégique en termes de relance des secteurs économiques et culturels de la cité.
Faut pas lâcher, nous sommes sur la bonne piste. Je serai plus bref à l’avenir
Bonsoir à vous mes chers collègues,
En passant, j'aime bien le sens de l'humour de Geneviève et j'apprécie énormément le vocabulaire riche de Patrice-Hans Perrier. Enfin, je trouve une équipe novatrice tout comme Simone de Beauvoir avait trouvé sa place dans le cercle de son ami Jean-Paul Satre.
À présent, entrons dans le sujet. Le journaliste Patrice-Hans Perrier écrit ''Nous sommes d'éternels paysans, mal adaptés à la ville'' le 5 août 2009 à 20h51 min. c'est probablement cette dualité qui dicte à mon cerveau la contradiction interne dans mon discours. Et pour guérir ce mal, la solution se trouve au dernier paragraphe du texte de notre journaliste dans lequel il dit :
''Nos besoins vitaux concernent, entre autres : le droit au calme et à la sécurité; un air respirable; une offre alimentaire de qualité pour tous; des commerces de proximité qui ne drainent pas des quantités industrielles de voitures; un aménagement du domaine publique qui fasse grand cas de la verdure et qui puisse permettre de combattre les îlots de chaleur; des stratégies en matière d’intégration qui puissent nous permettre de réhabiliter une portion de nos marginaux et une vision stratégique en termes de relance des secteurs économiques et culturels de la cité.''
Nous savons tous que le coeur de la ville ne bat pas au même rythme que la vie en banlieue ou à la campagne. Mais puisque nous sommes tous et toutes fils et filles de la nature, nous pouvons vivre en ville, mais personne ne peut enlever en nous la verdure, le calme et le sentiment de sécurité qu'offre la vie harmonieuse de la campagne. C'est pourquoi nous cherchons à concilier commodité et écologie dans notre discours et comptons sur le futur maire du plateau pour concrétiser la vision de la nouvelle génération. C'est à notre tour de construire un monde à notre image. Hourra pour Luc Ferrandez ! Hourra pour nous !
Hip, hip, hip, hourra