Le réaménagement des rues et des trottoirs n’est pas un projet technique. C’est un projet de réévaluation des valeurs.
Partout à travers le monde, des fonctionnaires municipaux habitant loin du coeur des villes ont accepté pendant des dizaines d’années l’idée selon laquelle le piéton n’avait aucune valeur économique. L’espace réservé à la voiture devait augmenter sans cesse. En cas de conflit d’espace, le problème était résolu à l’avance en réduisant l’espace piéton. Ces visionnaires d’une prospérité aussi sélective que théorique - ravaleurs d’humains au rang du robot - n’ont pu accomplir leur méfait qu’à la faveur d’un rapport de force vicié dans lequel les piétons se sont comportés comme une caste de soumis alors que les autres parties rugissaient leur colère au vu de tout projet réduisant leurs droits acquis. En bref, tout le monde était d’accord - y compris les piétons - pour considérer que l’activité humaine - la marche et la rencontre - étaient inférieures d’un point de vue économique au bal des machines et à l’activité des commerçants.
À Toronto - ville soeur - les mêmes outrages qu’ici ont été commis. Gord Brown et son comité de revitalisation de College Street les a documentés. Prière messieurs d’accepter nos hommages.







À Toronto - la situation a été corrigée en plusieurs endroits. Quelques photos.


À Montréal aussi d’ailleurs un quartier a bénéficié d’une réévaluation du rang social du marcheur. La solution est presque tout le temps la même: accepter l’idée selon laquelle la prospérité dépend d’abord et avant tout de l’importance accordée aux humains. Il faut que le trottoir anoblisse la fonction de marcher jusqu’au point parfois (mais pas toujours) de la transformer en déambulation sociale.


hmmm.

je pense bien que c’est la première fois que je me fais traiter de soumise.
et en plus je ferais partie d’une caste !?
damned, si j’aurions su j’aurions pas v’nu.