Bernard Landry disait qu’il avait fait de la création d’emplois une obsession. On devrait avoir la même obsession avec les coûts de déneigement. À plus de 9 milllions de dollars par année, le déneigement représente près de 20% de notre budget d’opération. Mais ce qui est le plus frappant, c’est que c’est une dépense en pure perte qui représente trois fois les sommes que nous investissons dans les travaux durables (parcs, rues, égoûts, ruelles, trottoirs,maison de la culture, piscine, etc).
Si vous avez des idées pour faire diminuer les coûts ne vous gênez pas. Je commence par en proposer quatre (que je sais bien imparfaits parce qu’ils supposent des investissements à long terme).
1) supprimer, chaque fois qu’on refait une rue ou des trottoirs, la différence de hauteur entre les deux. Ce qui aurait pour effet d’éliminer, à la longue, le besoin d’utiliser des chenillettes spécialisées pour les trottoirs lors des opérations de déneigement.

2) élargir les trottoirs au maximum - ce qui permettrait de pousser la neige sur une partie du trottoir donc d’éviter de la charger et de la transporter. Regardez le trottoir de gauche.

3) prendre conscience que plus une rue est large, plus le volume de neige à charger est important. Donc réduire, quand c’est possible, la largeur des rues.

rue/ruelle Potevin
4) prendre conscience que ce qui coûte le plus cher, ce n’est pas le déneigement d’une rue qui sert au transport, mais le déneigement d’une rue qui sert aussi au stationnement. Ceci étant dit - il n’y a pas de solutions à court terme. Mais imaginons que nos voitures soient garées dans des stationnements souterrains et que tout ce qu’il nous resterait à déneiger serait l’espace de circulation; il est clair que ça ne coûterait qu’une fraction du prix. Il faut donc tendre vers cette solution à long terme.


petite question : qui paye le déneigement du Plateau ? réponse : l’administration (donc les contribuables) locale(-aux) si je ne m’abuse.
petite question subsidiaire : qui a vraiment *besoin* que le Plateau soit déneigé ? réponse : 85% des automobilistes… qui viennent d’ailleurs, pour aller ailleurs.
cherchez l’erreur.
je me rappelle d’ailleurs qu’un argument “massue” (ha ha laissez-moi rire) de Mme Fotopulos contre la piétonnisation du boul. Mt-Royal, c’était que le déneigement deviendrait super plus difficile.
euh ?
de quessé ?
piétonnisé = plus de trottoirs, comme si bien montré plus haut.
en plus, piétonnisé = plus de circulation de voitures = plus besoin de déneigement
et pour ceux qui n’aiment pas l,idée d’une piétonnisation complète : zone piétons+TC = plus de trottoirs ET moins de circulation.
(et si tu mets un tram à la place des bus, le tram se déneige sa voie tout seul, c’est-tu génial cette invention du passé)
(je pense que Mme F. craint que les restaurateurs laissent leurs tables et chaises dehors toute l’année, et que déneiger entre des pieds de chaises avec une 6 roues c’est ‘achement dur quand même ^_^)
Selon l’arrondissement, on retrouve 26 000 espaces de stationnement non tarifé sur le domaine public (en bordure de rue). Considérant le fait que les résidants de l’arrondissement possèdent près de 31 000 véhicules et 16 000 espaces résidentiels privés, on retrouverait donc par déduction environ 15 000 véhicules appartenant à des résidants stationnant sur le domaine public. Ainsi, il y aurait par conséquent 11 000 espaces résiduels gratuits disponibles sur le domaine public pour des véhicules autres que ceux appartenant à des résidants, soit 42% de l’offre !
Qui donc occupent ces 42% ? cette espace (ainsi que ceux laissés vacants par les résidants partis travailler en automobile), gratuits et sans limite de temps, sont activement recherchés par :
- les employés des entreprises situées dans l’arrondissement;
- les transitaires qui cherchent à s’approcher du centre-ville et à utiliser le métro sur de courtes distances de manière à éviter les coûts de stationnement élevés du centre-ville ou la congestion à ses abords (j’en connais plus d’un et ils sont mort de rire!)
- la clientèle des commerces qui cherche à éviter la tarification des parcomètres.
Au fait, pourquoi autant d’espace public, si précieux, devrait-il être disponible ET gratuit pour stationner des véhicules dont les nuisances ne sont plus à démontrer?
À cet égard, la réglementation de l’arrondissement d’Outremont mérite d’être présentée. Contrairement au Plateau Mont-Royal, le stationnement sur le domaine public sur bon nombre de rues est d’une durée limitée à 2 heures (à moins de détenir un permis de résidant). Ce faisant, l’arrondissement d’Outremont contrôle l’occupation (et donc la circulation) de son domaine public en empêchant la venue d’automobiles désirant se stationner pour de longues durées (navetteurs notamment). Les visiteurs et clients de commerces, dont la durée du séjour dans l’arrondissement est plus courte, ne sont par contre pas pénalisés. Voilà une gestion rationnelle et réfléchie du stationnement sur le domaine public.
Sur le Plateau Mont-Royal, la « règle » veut que le nombre d’espaces de stationnements réservés aux résidants (vignette SRRR) n’excède pas 50 % du total des espaces de stationnement disponibles sur une rue. Autrement dit, au moins 50% des espaces de stationnement gratuit et de durée illimitée du domaine public DOIT rester disponibles pour les transitaires qui ne veulent pas payer de stationnement au centre-ville et les employés des entreprises. Si ce n’est pas là un encouragement à utiliser son véhicule…
En tarifant par des vignettes ou autre le stationnement sur rue , il serait possible de générer approximativement plus de 2 M$ annuellement. Ce n’est pas négligeable avec l’état des finances que l’on connait et le sous-financement chronique des services (autre que le déneigement qui passe toujours en priorité).
Laurent
Je ne te connais pas, mais quel dommage que tu n’aies pas participé à l’élaboration de la plate-forme section stationnement. Nous avons longuement débattu de ces questions et il nous manquait une expertise aussi poussée que la tienne pour arriver à des conclusions faisant consensus. Nous avons tout de même réalisé que:
Il me semble que les deux propositions que tu fait sont justes et qu’elles peuvent être implantées rapidement. Stationnement 2 heures (mettons 3) et réduction de l’espace sans vignettes (notamment en introduisant des vignettes pour travailleurs sur les rues où il n’y a pas de résidences.
Comment arrives-tu à 2 millions?
Laurent
Comment véréfie-t-on à Outremont le respect de la limite de 2 heures?
Je m’étais renseigné auprès du service de surveillance d’Outremont. Cela resterait à reconfirmer (car je n’en suis plus sûr à 100%), mais ils relevaient les plaques et le positionnement de la valve d’un pneu. Si elle n’avait pas bougé après plus de 2 heures, tu gagnais un beau ticket sur le pare-brise. A moins qu’ils fassent une simple marque à la craie sur un pneu au niveau où le pneu est en contact avec la chaussée. En tous les cas, la personne à qui j’avais parlé ne m’avait pas fait part de problème pour appliquer cette réglementation.
Pour le montant de 2 millions, je prends les hypothèses suivantes:
1) Les vignettes de résidants sont à 75$ l’unité pour un an (et 150$ je crois pour un 2eme véhicule à la même adresse). Pour ma part, je n’estime pas cela onéreux. Stationner sur le domaine public en occupant 100 pieds carré pour la somme de 20 cents par jour, ce n’est de loin pas du vol (ou au contraire, c’est du vol, mais le lesé n’est pas le propriétaire de l’auto). Tous les résidants devraient selon moi payer ces 75$ (ou même un peu plus) s’ils veulent stationner pour de LONGUE durée sur le domaine public. Cela fait 9000 chars de résidants (je ne compte pas les 6000 qui ont déjà une vignette) , donc de l’ordre de 800 000 à 1000000 $ en nouveau revenu (dépendamment du nombre de ménage avec 2 autos ou plus)
2) Pour les travailleurs, il est vrai que certains n’ont pas le choix de prendre leur auto (horaire incompatible avec le transport en commun, emploi nécessitant impérativement l’usage de l’auto, etc.). Pour ceux-ci, qui ne résident pas dans l’arrondissement, on pourrait imaginer des vignettes “travailleur” payante (plus cher que 75$) mais qui serait délivrée par l’arrondissement sur la base d’un justificatif du demandeur. Imaginons un scénario basé sur un quota de 2000 vignettes « travailleur », au coût de 500 $ annuellement ; à titre d’information, les coûts exigés sur le Plateau Mont-Royal par Stationnement Montréal sont compris entre 55$ et 85$ par mois, soit un montant annuel compris entre 660$ et 1020$. On reste donc dans un coût encore avantageux. Les vignettes “travailleurs” rapporteraient 1 million (si 2000 vignettes distribuées).
Au total, on obtient un montant de l’ordre de 2 millions annuellement.
Pour tous les autres, la durée est limitée à 2, 3 voire 4 heures. Ce qui élimine les transitaires qui ne viennent dans nos rues que pour profiter de la gratuité.
On serait surpris du nombre d’autos enlevées de nos rues.
ps
Oui, tu me connais très bien!