Faillite du Plateau

6 juillet 2009 | Auteur:

J’aurais voulu réserver ce blogue à la réflexion sur une ville plus humaniste, mais ce matin il faut parler d’argent. Parce que pendant que les autres villes avancent à travers le monde, non seulement on fait du surplace, mais en plus on arrive même pas à payer l’épicerie. Non seulement le Plateau n’a pas réalisé l’ombre d’un projet structurant depuis ???? mémoire d’homme, mais en plus l’administration Fotopulos-Labrecque  a réussi à hypothéquer notre avenir juste pour régler les dépenses courantes. L’équipe Fotopoulos-Labrecque a réussi un tour de force; amener le Plateau au bord de la faillite en pleine période de croissance. Allez voir cet article.

En dénonçant la situation financière du Plateau, nous avons fait notre travail d’opposition. Il fallait le faire. Pas pour salir des gens qui font leur possible, mais pour dénoncer des élus qui cachent la gravité du problème de dotation pour éviter d’annoncer une taxe spéciale avant les élections. Et ceci parce qu’ils n’ont pas le courage de régler un problème grave de dotation pour ne pas porter ombrage à leur parti.

Si la situation du Plateau est si catastrophique c’est surtout parce que l’arrondissement n’a pas les moyens de rembourser sa dette et son manque à gagner – ils ont donc décider de suspendre les remboursements pendant un an – mais on ne sait pas ce qui va se produire aprèes cette année. Ou plutôt, on le sait trop bien, la situation va être pire!!!

La situation

La situation financière du Plateau est catastrophique pour 4 raisons:

  • la dette cumulée
  • le manque à gagner
  • le report du remboursement de la dette et du manque à gagner
  • l’élimination des réserves et la perte de manoeuvre de compression budgétaire

Par catastrophique, j’entends qu’elle ne peut être redressée uniquement par des compressions ni même par une augmentation progressive de la taxe foncière.

À noter que la dette a été accumulée pendant les années de croissance économique et que nous entrons dans des années de décroissance.

Compte tenu de ce déficit, tout projet spécial du Plateau doit faire l’objet d’un financement par la ville centre. Cela se traduit dans les faits par une centralisation complète des décisions sur les projets spéciaux (décontamination du champs, PDU ou autres).

Les faits

La dette
La dette cumulée du Plateau est de 4 116k. Elle est composée des éléments suivants:

  • Déficit 2007 : 898k
  • Déficit 2008 : 924k (malgré l’utilisation de tous les surplus accumulés à ce jour)
  • Emprunt au fonds de soutien du déficit remboursable – neige: 2294k

Le manque à gagner (écart entre les dépenses minimales de l’arrondissement et la dotation de la ville centre). C’est donc de loin le plus gros problème de l’arrondissement. En 2007, il était de 1137k et on ne peut que constater son aggravation à chaque année.

Le report du remboursement de la dette et du manque à gagner

Le report du remboursement de la dette a été accepté pour 2009. On ne connait pas la raison de cette décision. Le remboursement de la dette sera donc plus lourd pour les années subséquentes.
Le manque à gagner 2009 a été effacé ou comblé par un crédit spécial pour adaptation aux normes comptables (aucune explication n’est donnée). Mais va réapparaître en 2010.

Attention, ce manque à gagner n’est pas causé par la dette – il s’ajoute à la dette.

L’élimination des réserves et la perte de manouvre de compression budgétaire
Pour réduire le déficit de 2008, l’arrondissement a vidé toutes ses réserves. Comme le dit madame Fotopulos dans une lettre au maire dont certains détails ont été publiés dans un quotidien montréalais: l’arrondissement ne serait même pas capable de faire face à une dépenses extraordinaire de 2000 $. Or, on sait que bien des choses peuvent arriver (augmentation des prix de l’essence, neiges abondantes, poursuites diverses, etc.).
Pour répondre à la demande de compression budgétaire de 2009 de la ville centrale,  l’arrondissement a procédé à des compressions de plus d’un millions. La liste des compressions évoqués dans le quotidien est éloquente -mais deux éléments en particulier frappent l’imagination: l’élimination de tous les budgets de services professionnels pour le PDU et le retrait complet du financement des éco-quartiers.

Luc

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    Categorie: Réflexions
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    4 réponses Commentaires (0) Trackbacks (0)
    1. Laurent dit :

      La situation des finances de l'arrondissement est effectivement catastrophique, de l'aveu même de la future ex-mairesse Fotopoulos, mais à travers les lunettes roses de Michel Labrecque, il suffirait de quelques cogestions avec les arrondissements voisins pour que la situation revienne au beau fixe. Quelle fadaise! Ce n'est pas le partage de salaire de 2 ou 3 gestionnaires entre plusieurs arrondissements t encore moins l'intégration de service comme le déneigement à la ville centre (qui se traduira immédiatement par une diminution de la dotation allouée à l'arrondissement!) qui règlera quoi que ce soit, le mal est bien plus important. De la bouche même de Fotopoulos, et dans un moment de clairvoyance, c'est la faillite de l'administration d'Union Montréal qu'il s'agit. Et ce n'est pas changer 4 trente sous pour une piastre, comme nous le propose Union en remplaçant Fotopoulos par Labreque, qui y changera quelques chose.

    2. Laurent dit :

      Luc, je pense que le lien vers l'article de La Presse ne marche pas.

      Il se trouve à:
      http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/mon…

    3. Marc dit :

      C'est une très belle démonstration que le modèle des arrondissements est une catastrophe. M. Labreque nous propose une cogestion, moi je propose de revenir à une ville unifiée et un conseil municipal. Il faut éliminer les arrondissements. On se chicane entre nous! On multiplie les paliers et la bureaucratie.

      Les villes défusionnées doivent bien rire de notre situation.

      Ce modèle d'arrondissement a été créé par M. Tremblay pour essayer de convaincre les villes fusionnées de rester avec Montréal (en leur promettant une mairie). Ce modèle ne les a pas convaincu, ils ont défusionnées et la ville centre a été divisée en 19 arrondissements. Le résultat est exactement le contraire de ce qui était nécessaire pour améliorer la performance de Montréal.

      Aujourd'hui, au lieu d'avoir une île, une ville, nous avons 19 arrondissements et 15 villes reconstituées et ça, c'est l'œuvre du maire Tremblay.

      Il doit partir et son équipe aussi!

    4. Josée Dupless dit :

      Très éloquent. Mais, tout-de-même ça me désole, nous les citoyens, nous allons en payer le coût.

      C'est de loin, l'article le plus lu de ton blog tu me disais. J'en ai eu la preuve aujourd'hui que ça intéresse les gens, le budget.

      Tranquille, je me promenais pour faire les courses pour le Grand départ dans le bois et… Je me suis fais interpeller plus d'une dizaine de fois!

      On me questionne, discute, félicite, me dis que je mérite des vacances!!!

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