Hier, j’affirmais que la corruption qui touche l’administration municipale, révélée par les cinq enquêtes policières en cours, était essentiellement un problème de gestion.
Aujourd’hui, monsieur Léger, DG de la ville, me donne entièrement raison dans une déclaration citée par Éric Clément :
«Parmi les lacunes constatées au niveau de la gestion au sein de la DSI, il y avait la séparation des tâches, le contrôle, le fait qu’il n’y avait pas suffisamment de personnes au contrôle interne, dit M. Léger. Il est nécessaire qu’il y ait plusieurs intervenants dont l’approbation ou la décision est nécessaire avant d’aller de l’avant. On a constaté qu’il y avait trop de pouvoirs concentrés dans les mains de M. Parent. »
Ce que monsieur Léger ne dit pas toutefois, c’est que les lacunes de gestion dont il est question sont impossibles dans une entreprise qui aurait un minimum de rigueur. Presque tous les grands projets informatiques sont maintenant gérés par des bureaux de projet qui ont des méthodes de travail uniformes à travers le monde. En gros, la méthode fonctionne comme suit:
- isoler les projets les uns des autres en leur donnant des enveloppes et des objectifs précis. Fini l’époque où on demandait à une firme de faire un peu de ceci et un peu de cela - ce qui rend impossible le suivi.
- les pouvoirs d’approbation des projets sont attribués à des comités de gestion (et non à une seule personne); UN VÉRIFICATEUR INTERNE SIÈGE EN PERMANENCE SUR LE COMITÉ. UN REPRÉSENTANT DES CLIENTS INTERNES AUSSI.
- le comité de gestion doit rendre des comptes à un comité élargi sufisamment compétent pour comprendre l’évolution du projet, les problèmes encourus et la satisfaction des clients;
- le comité de suivi rend compte au conseil d’administration;
- les écarts budgétaires, les risques majeurs, les enjeux de ressources humaines non résolus font l’objet D’UN SUIVI PERMANENT AUX TROIS NIVEAUX DE COMITÉ.
Monsieur Léger sait qu’une approche aussi rigoureuse n’est possible que si on accepte de diffuser l’information à tous les acteurs. Dans les entreprises malades ; c’est là que ça bloque parce que la production de cette information est difficile mais aussi parce qu’elle ralentit ou empêche les décisions intempestives prises sur la base de calculs politiques.
Les entreprises gérées à «hu et à dia» procède en donnant les pouvoirs à une seule personne, laquelle a ses fournisseurs favoris qui acceptent de le dépanner en tout temps mais dont la facturation est impossible à suivre. Lorsque les pouvoirs d’approbation sont trop faibles; le fournisseur fractionne tout simplement ses contrats en bouchées plus petites - ce qui rend le suivi encore plus difficile.

houlala, un résumé de mon cours de gestion de projet! Félicitation Luc, tu vas vraiment casser la baraque quand tu vas entrer en poste.