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Allons nous gagner ?

3 décembre 2011 | Auteur:

Pas les prochaines élections (ça c’est trop facile ; il suffit d’arrêter de faire des changements pour les deux prochaines années  et nous allons gagner les doigts dans le nez).

Non, la question c’est ; allons nous gagner notre pari de faire du Plateau Mont-Royal un quartier calme, vert, propre et sécuritaire – bref humain au quotidien.

Il faut être un élu du Plateau pour savoir combien l’écart est grand entre les quelques rues sur lesquelles c’est déjà le cas et les autres. C’est en recevant les plaintes des résidents tous les jours sur le bruit, la circulation, la propreté, l’insalubrité, le maire (oui, j’avoue être un des maux du quartier), les taxes, le taxage, les graffitis, les livraisons, les bars, les chiens, les égouts, la hausse vertigineuse des loyers, les expulsions illégales (et tellement fréquentes), les transformations illégales de logements en copropriété indivise, les p’tits christ de logements de 600 pieds carrés pas de cour que les promoteurs veulent maintenant construire partout pour faire une piasse facile, les nids de poule, le manque permanent-universel de stationnement, de débarcadère de garderie, de zone de livraison, les travaux illégaux, les permis pas respectés, les occupations du domaine public pas payées, le coût de tout (en commençant par les sapins de Noël ; – j’men vas acheter le mien à HocheLag si on peut le transporter dans le metro) – il faut recevoir ces plaintes tous les jours, donc, pour savoir que la partie n’est pas gagnée.

Je résume. Des fois, l’été, la fin du jour, les maisons traditionnelles radieuses, les enfants qui jouent ; tu te dis que tu es au paradis. Des fois en novembre, la fin du jour, une rue minable pas d’arbres, une nouvelle bâtisse qui vient d’être construite sans aucun charme, des tags partout – y compris sur une jolie murale qui vient d’être peinte, des sac de merde de chien au pieds des arbres, une constellation de sacs de poubelle au coin de la ruelle – tu as l’impression d’être nulle part. Big time.

Alors, allons nous gagner ?

Les capsules qui suivent ont au moins l’intérêt de dresser le menu.

Image de prévisualisation YouTube Mi-mandat de Luc Ferrandez | Vidéo 1/4 | ORDRE, CALME, BEAUTÉ

Image de prévisualisation YouTubeMi-mandat de Luc Ferrandez | Vidéo 2/4 | UN COIN DE RUE À LA FOIS

Image de prévisualisation YouTubeMi-mandat de Luc Ferrandez | Vidéo 3/4 | PLACE AUX HUMAINS

Image de prévisualisation YouTubeMi-mandat de Luc Ferrandez | Vidéo 4/4 | LA FIN DU DÉSAMOUR

L’erreur – la crise

20 octobre 2011 | Auteur:

L’erreur

Dans quelques minutes au  Conseil extraordinaire d’arrondissement du Plateau Mont-Royal pour l’adoption du budget, j’annoncerai notre intention de renoncer à la fermeture du bain Schubert pour boucler notre budget 2012.

Cette décision était une erreur. 

C’est en visionnant le film d’Hugo Latulipe (République, un abécédaire populaire) que je m’en suis rendu compte. Plus le film progressait plus je me disais que ce geste rationnel du point de vue de la gestion était une erreur de tous les autres points de vue (communautaire, patrimonial, sportif, familial). Mais rien n’était encore décidé.

Le lendemain, nos troupes parties convaincre les manifestants que nous ne pouvions pas faire autrement que de fermer cette piscine – sont revenues convaincues par les manifestants qu’il fallait absolument la laisser ouverte. Ce fut le vrai revirement.

C’était la première fois qu’elles cédaient devant la grogne populaire. Parce que c’était la première fois qu’elles avaient à défendre une idée qui ne correspondaient pas à nos valeurs et à notre vision du monde.  Jeanne-Mance est notre district le plus difficile du point de vue communautaire. C’est là que les relations de voisinage sont les plus fragiles (parce qu’il y a un taux de roulement important des étudiants ; parce que la communauté porugaise de base est en décroissance  et parce que plusieurs résidents ont fui les zones trop bruyantes ou trop commerciales). Dans cette urbanité en reconstruction, il y a peu de centres de rencontre, de parcs significatifs et d’installations sportives. Le bain est comme un phare dans cet univers et le centre multiethnique St-Louis (qui y organise des cours pour les enfants – mais aussi le volleyball dans le parc Jeanne-Mance) en est le coeur.

Pour que la piscine soit viable à long terme, il faudra quand même trouver un moyen d’augmenter l’achalandage. Pour l’instant le coût de 24$ par entrée pour la ville  (i.e.e les coûts d’opération annuels divisés par le nombre de baigneurs) étant prohibitif.

La crise

Il reste que nous n’avons pas plus d’argent qu’hier et qu’il faut couper 2,3 millions $ dans nos opérations. Nous avons écarté le recours à la taxe spéciale parce que l’augmentation de la valeur foncière des résidences et des commerces du Plateau s’est déjà traduite par des hausses indécentes (hausses qui ne donnent pas un sous de plus à l’arrondissement).

Alors voilà; nous allons faire passer le prix de la vignette de 75 à 140$ par année. Nous avions déjà l’intention de la faire passer à 105$ pour boucler notre budget – même en envisageant la fermeture de la piscine. Nous la portons à 140$ pour la laisser ouverte.

C’est moins que les 160$ de Toronto et les 605$ d’Ottawa. Mais c’est quand même une vlimeuse d’augmentation. Une autre crise nous attend sans doute. Mais cette fois, nous ne serons pas à côté de nos pompes pour y faire face.

Réplique à monsieur Cardinal : la rue est d’abord un espace de vie.

21 septembre 2011 | Auteur:

Monsieur Cardinal, dans votre éditorial du mercredi 21 septembre intitulé «Donner avant d’enlever», vous faites valoir l’idée selon laquelle les mesures de réduction du volume de circulation sur le Plateau Mont-Royal seraient mal planifiées dans la mesure où elles précédent l’amélioration de l’offre de transport collectif (TC) . Pour vous, on ne peut pousser les utilisateurs de la voiture solo vers les TC si le service est insuffisant. Comme les stationnements incitatifs sont pleins; que les trains de banlieue sont trop peu nombreux et que les rames de métro débordent, l’automobiliste frustré par les mesures d’apaisement ne pourra de toutes manières pas faire le choix du vélo ou du TC. Il ne lui reste qu’à fulminer en coeur avec ses animateurs de radio favoris.

Bien que nous ayons pris soin de faire coïncider la réduction d’une voie de circulation sur Laurier avec une piste cyclable et une voie réservées dans le même axe, vous avez en partie raison. Il serait douteux que les mesures de réduction du volume de circulation sur les rues locales du Plateau se traduisent par une augmentation de la part des TC. Au mieux, elles contribueront à faire comprendre – si ce n’est déjà fait – l’atteinte de la limite de la capacité d’absorption des artères montréalaises.

En attendant, il reste préférable à mes yeux d’augmenter les trajets et les temps de parcours des automobilistes plutôt que de laisser augmenter le volume de circulation de transit sur les rues locales.

C’est une question de priorité. Pour nous, le préjudice que subit un automobiliste  lorsqu’il est coincé dans la circulation lourde est moins grave que les impacts négatifs qu’il génère quand il circule librement sur les rues locales – et en particulier autour des parcs et des écoles.

La ville pour être attirante doit être calme, verte et sécuritaire. C’est à cet idéal que nous travaillons.

Je me permets en terminant  de signaler que notre bon gouvernement ne semble pas du tout pressé d’améliorer l’offre de TC. Peut-être nos initiatives contribueront-elles à augmenter un peu la pression.

Luc Ferrandez

Lettre à monsieur Tremblay

8 septembre 2011 | Auteur:

Monsieur Tremblay,

Je refuse de jeter l’éponge et de procéder derechef à l‘imposition d’une taxe locale. Une taxe qui nous rapporterait 2 millions coûterait 60 $ pour un appart moyen et 300 pour un commerce moyen.  Pour certains petits commerçants, c’est beaucoup.

Pour plusieurs d’entre eux, 2011 n’a pas été une bonne année  (notamment sur l’avenue du Parc par suite des travaux qui y ont cours et qui se poursuivront toute l’année 2012). Ailleurs sur le territoire, certains commerces de destination éprouvent aussi des difficultés – particulièrement ceux qui dépendent d’une clientèle régionale. La baisse de 8% de fréquentation des parcomètres témoigne d’une réduction de l’achalandage des clients qui viennent de l’extérieur.

Outre le fardeau excessif qu’une taxe supplémentaire ferait peser sur la prospérité vacillante de certains commerçants, la principale raison qui appelle une entente entre nous est la taille toute relative du problème que nous avons à résoudre. Je ne peux pas croire que nous ne puissions trouver une solution à un si petit problème.

Je vous propose de mettre sur la glace la vaine dispute que nous avons sur les revenus de parcomètres. Bien que nous soyons persuadés d’avoir raison et bien que nous ayons dû essuyer les sarcasmes et l’insoutenable légèreté de monsieur Deschamps, j’accepte votre méthode de calcul et je mets de côté nos prétentions légitimes aux sommes supplémentaires qu’aurait généré une façon plus normale de calculer les surplus.

Il reste que j’ai un trou dans mon budget d’environ 2M$. Bien entendu, il se trouvera toujours un de Sousa pour nous dire qu’il nous suffit de couper davantage. Lorsque nous nous rencontrerons, je produirai la liste des compressions que nous nous apprêtons à implanter et monsieur de Sousa pourra, en toute quiétude, retourner à ses bonnes habitudes de retenue et de respect de ses pairs.

Voici la solution que je propose : 

Vous nous faites une avance de 2 millions de dollars en 2012 qui sera remboursée par l’installation de parcomètres sur des artères du Plateau qui n’en n’ont pas et par une hausse de tarifs de stationnement au mois sur plusieurs petits terrains déjà existants du Plateau. La plupart de ces espaces ne sont pas devant des commerces. Bien sûr il reste à attacher les détails. Nous faisons actuellement un inventaire des espaces pouvant être développés et pourrions vous soumettre un projet concret dans quelques jours.

Il  me semble que c’est une solution élégante où tout le monde est gagnant. Elle ne permet pas de régler le déséquilibre de fonds dans la répartition des ressources entre les arrondissements et la ville centre – mais nous règlerons ça plus tard. Ce qui urge tout de suite, c’est que vous et moi, nous travaillions à éviter une taxe spéciale. Ce n’est ni aux résidents ni aux commerçants du Plateau de faire les frais de nos disputes Ville vs Arrondissement.  

 

 

J’aurai, je pense, le plaisir de vous croiser au Grand Prix cycliste dimanche et j’espère que vous serez porteur d’un message d’ouverture.

 

Sincèrement,

Luc Ferrandez

Sécurisation du secteur Plateau-Est et de l’école Paul-Bruchési

28 août 2011 | Auteur:

Je ne trouve plus le temps d’écrire. De toutes manières c’est la fin de l’écriture non? Tout a une fin. Cinéquizz par exemple; on pensait que c’était éternel et pourtant ça a disparu. Donc voici quatre capsules vidéo imparfaites (encore faute de temps) que j’ai préparées pour expliquer les annonces de cette semaine.  Et ce qui arriverait si on ne faisait rien.

(Je vous invite aussi à lire la documentation sur le sujet, le communiqué et surtout les réponses aux 11 questions courantes).

Partie 1 – Les trois questions qu’on me pose le plus souvent
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Partie 2 – Attendre la vision d’ensemble…
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Partie 3 – Attendre les transports en commun…
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Partie 4 – Et les commerces?
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Pour montrer les changements qu’on propose, nous avons indiqué avec des flèches vertes les nouvelles directions des sens uniques, et avec les flèches rouges, les virages qui seront soumis à des restrictions.

Carte synthèse des modifications proposées

Gilles Duceppe

3 mai 2011 | Auteur:

Monsieur Duceppe

Je ne vous aimais pas beaucoup. Vous êtes trop fait d’un seul Bloc – percé uniquement de deux fentes bleues au sommet. Mais du haut de ma petite expérience politique d’une année seulement, je ressens pour vous, et avec vous, la honte – que vous arriverez à chasser dans l’euphorie des lendemains de lutte, mais qui s’installera à demeure pendant quelques années. Je vous écris pour vous dire à quel point vous ne la méritez pas.

Je sais que vous aurez honte parce que la honte n’est que l’envers de l’orgueil, et l’orgueil un ingrédient nécessaire de la force. Or vous êtes fort.

Tout fort que vous soyez, je voudrais vous parler du camouflet que vous avez reçu pour que vous trouviez dans mes explications quelques outils qui vous permettront de fissurer votre dépit – à la longue. D’abord, comme amuse-gueule, rappelez vous ces paroles de Stephan Edberg (le  joueur de tennis professionnel no1 mondial pendant des années) : « Dans ma vie, j’ai beaucoup plus perdu que gagné. Perdu pour monter ; perdu pour descendre. Le sommet ne fut qu’un épisode. La vie d’un champion est faite de défaites. »

Mais je sais bien que ce réconfort à deux sous ne fera pas la job les soirs d’insomnie. La nuit, dites-vous plutôt que le peuple vous a battu comme il se bat avec son destin. Il ne peut pas mettre de gants blancs. Individuellement appelés à se prononcer sur le sort qui aurait du vous être réservé hier, pas un seul citoyen, même le rédacteur en chef de la Gazette,  ne vous aurait attribué la place qui vous est revenue.  Les grands tombent durement parce qu’ils sont  le corps et la fibre des époques qui se renversent. Lévesque est déjà tombé à 16% de popularité – bien en bas de ce que vous avez fait hier. Ce n’est pas le cas seulement en politique. Le groupe Beau Dommage s’est divisé parce qu’il ne vendait plus de disques.

Comme eux, vous n’aurez été dépassé que le temps d’une nuit. Aujourd’hui, réintégrant votre véritable rang dans l’histoire, vous faites partie du mouvement qui a fait avancer le Québec en représentant son refus d’être poussé autrement que vers l’avant. Par ailleurs, vous avez fait évoluer les mœurs politiques canadiennes et les mœurs politiques tout court en donnant l’image d’un homme chez qui la juste colère ne côtoyait jamais la haine. 

On ne peut pas résumer votre carrière en une image. Je vous en donne une pareil – pour partir un collage : celle de votre présence aux débats politiques en anglais. Permettez que je prenne deux secondes pour vous dire pourquoi.

Pour expliquer le Québec des années 50 aux Français qui me posaient des questions, je leur racontais ce que ça pouvait représenter de vivre dans un peuple qui n’a pas de modèles : « Imagine-toi que tu habites un quartier plein de monde bien fin, mais où le plus illustre personnage est un petit commerçant. Il n’y a pas de professeurs d’université ; pas d’ambassadeur ; pas d’écrivain, pas de chef d’orchestre, pas de dirigeants d’entreprises, pas de chercheurs, pas de directeur d’hôpital, pas de capitaine d’armée, pas de syndicaliste humaniste, pas d’artisan pâtissier, pas d’éditeur, pas de caricaturiste, pas de metteur en scène. Il n’y pas d’équipe de sport ayant dépassé la région, pas d’école supérieure où ta cousine est allée, pas de tournées théâtrales où tu as vu jouer quelqu’un qui pourrait te ressembler.  Société confortable, certes. Mais société où on ne se sent jamais aspiré par le haut, dépassé par quelqu’un qui nous donne un exemple de ce que nous pourrions être ou de ce que nous sommes un peu à travers eux. »

Bien moi, Monsieur Duceppe, quand je vous ai vu aux débats en anglais (pas en français, c’était trop facile) ; quand j’ai constaté que j’étais représenté par quelqu’un de votre trempe ; quand j’ai vu dans le regard des analystes et des commentateurs le respect qu’ils avaient pour votre façon de faire de la politique, j’ai ressenti cette élévation vers le haut. Tout le Québec avait le regard bleu et la force d’exiger sans sourciller les changements qui ne se quémandent pas, parce qu’ils sont le produit de la raison et non de la quête.

Les moments d’élévation – comme les moments d’émerveillement en art – prennent une vie à produire. Qu’est-ce qu’une soirée de mauvais résultat en comparaison ?

Merci.
Luc Ferrandez

Déneigement: stop ou encore ?

28 février 2011 | Auteur:

Bon bien là on a un vrai bel hiver. Parle-moi de ça. Aujourd’hui, c’est un peu gris et plus tard en journée on annonce de la pluie, des chutes de crapauds, du réchauffement de planète. Mais à date, on a eu beaucoup de beau temps tout blanc. Les joueurs de hockey ont pas dérougi de 6 semaines, on a accueilli des milliers de patineurs sur les étangs, les pistes de ski de fond du Mont-Royal avaient des airs de Norvège.

 

Je le dirai jamais assez souvent : une belle journée d’été en Floride ne pourra jamais remplacer une belle journée d’hiver à Montréal.

 

Les nombreuses conditions météorologiques nous ont donné l’occasion de tester quelques pratiques de déneigement. Les tests ne sont pas finis; ça va prendre bien du temps avant de trouver la formule parfaite. Mais on a quand même un aperçu des impacts et des avantages. Vous avez été des dizaines à m’interpeller sur le déneigement et je vous ai répondu sans cesse qu’on cherchait à épargner de l’argent.

 

Avec l’hiver qui achève, une bordée aujourd’hui, le début de l’envoi des comptes de taxes demain, le temps est idéal pour pousser plus loin la réflexion. Je lance le bal avec le blogue – on le continuera au Conseil ou dans une assemblée publique ou même par une consultation Internet – on verra. Pas dans les médias j’espère. Jasons entre nous.

 

Rappel de la politique

  • On ne charge pas la neige en dessous de 15 cm (ce n’est pas une loi d’airain – si 30 cm sont annoncés 2 jours plus tard, ou du temps froid, on charge – mais disons qu’on essaie d’éviter).
  • On interrompt le chargement les fins de semaine (du samedi matin au dimanche soir quand il y a urgence et du jeudi soir au dimanche soir s’il n’y a pas urgence) – le but étant d’éviter de payer des heures supplémentaires.
  • On essaie d’éviter la location d’équipement (sauf pour les trottoirs).
  • On priorise les trottoirs.

 

Les justifications de la politique

 On a une dette de 4 millions qui a été créée par des dépenses en déneigement – il faut la rembourser.

  •  En plus de la dette, les réserves financières de l’arrondissement ont été vidées (4 millions).
  •  Jusqu’en 2009, tous les services ont été ratiboisés pour payer pour le déneigement (fermeture des toilettes de parc, fermeture de patinoires, interruption des travaux de nettoyage des étangs du parc Lafontaine, pas assez de paniers de poubelle sur les rues, coupures répétées dans les bibliothèques, coupure du nombre d’inspecteurs du domaine public, etc.). Je rappelle que toutes ces petites coupures rapportent des miettes (une patinoire autour de 8 k$, les toilettes 40 k$, un inspecteur 50 k$) alors que de ne pas faire un chargement rapporte 1 million $ et de ne pas charger une fin de semaine rapporte 150 k$.
  • On veut mettre fin à ce processus d’aspiration perpétuel de l’argent de l’arrondissement dans le déneigement. Je me permets ici deux petites précisions sur le contexte :
    • Les taxes sur le Plateau ont augmenté de 6,8% en moyenne cette année (la plus importante augmentation de la ville). Bien des gens se disent – avec raison – que les services ne devraient pas diminuer mais augmenter. Dans les faits, l’argent va à la ville centre. La dotation de l’arrondissement n’a pas augmenté depuis 3 ans, alors qu’en contrepartie, il faut absorber les augmentations de l’inflation et de la convention collective (800 000 $ par an). Au net, en trois ans, c’est comme une coupure de services de 2,4 millions $.
    • 50 % des résidents de l’arrondissement n’ont pas de voiture. Quand on coupe dans tous les autres services pour payer le déneigement des espaces de stationnement en bordure de rue, on favorise une catégorie de résidents par rapport à une autre.

 

La situation cette année à ce jour

 

Beaucoup de neige, beaucoup de critiques, beaucoup d’humour

  •  D’abord, dans les moments d’humour, il y a eu le gars de TVA qui a volé l’hélicoptère du boss pour survoler le Plateau comme on survole Tripoli en temps de crise – si ça vaut pas un Pulitzer ça, je me demande ce qu’il faut faire. Ou cet autre reporter de Canoë qui a trouvé un banc de neige de 5 mètres (sans doute un contracteur privé qui a empilé là la neige d’une ruelle), ce qui lui a permis de titrer que les résidents du Plateau étaient prisonniers de la neige (et lui de cette unique prise de vue). Ou alors la lectrice de Radio-Canada qui a lu, un lundi à midi, une dépêche du vendredi qui disait que les opérations de déneigement n’étaient pas terminées sur le Plateau. Les effets de son week-end non plus apparemment. Tout ça pour dire que le non chargement de la neige sur le Plateau est en train de devenir du remplissage facile de « slow news day ».
  • Sur le terrain, une première chute de neige pas ramassée est restée là une dizaine de jours avant d’être largement réduite en eau par la pluie (ouf – kitching – 1 million facile). Ce fut le dernier million facile.
  • Une série de petites précipitations ne valant pas un chargement se sont ajoutées les unes aux autres jusqu’à créer un banc de neige en bordure du trottoir. Pendant une dizaine de jour, c’était un banc de neige dur, sale et glacé. Ensuite, des petites chutes de neige l’ont blanchi, grossi et embelli. Il est resté là un mois. Comme les trottoirs étaient impeccables le paysage était beau. Mais bien des gens se sont plaint de ne pouvoir le franchir facilement pour accéder à leur auto. Certaines personnes étaient carrément enragées; d’autres juste en maudit d’avoir l’impression d’une ville où les services décroissent sans cesse; d’autres enfin (surtout des personnes âgées) avaient l’impression d’être prises au piège.
    • À un moment, il a fallu faire des opérations ponctuelles pour enlever ce banc de neige parce que les employés de la collecte sélective n’arrivaient pas à faire passer les bacs verts par-dessus (sur Avenue du Parc par exemple, il y a beaucoup de bacs à roulettes).
    • On a eu des bris d’équipements. Encore là, il y en a tous les hivers, mais on ne peut pas nier que s’il y a plus de glace, il y a plus de bris.
    • Nos bleus étaient en beau tabarouette. En partie parce qu’ils ne faisaient pas les heures qu’ils auraient pu faire (surtout les auxiliaires) mais aussi parce qu’ils détestent passer pour des pas-bons-pas-capables-de-déneiger aux yeux de la population.
    • Sur les rues très larges (Lafontaine, Brébeuf et Messier par exemple) la neige poussée par la charrue en bordure de rue était beaucoup plus abondante que sur les rues étroites. Les difficultés de stationnement et d’accès à l’auto étaient bien pires.
    • Les critiques que nous avons reçues et les bris d’équipements ont été sensiblement les mêmes dans les autres arrondissements. C’est-à-dire que même en ramassant la neige, comme il en tombait chaque jour, la situation était la même pour les dangers de chute et la glace. Mais chez nous (comme dans les arrondissements qui ont pris la même décision) le banc de neige était plus gros – c’est vrai.
    • Du côté positif, on a pu se concentrer sur les trottoirs : passages quotidiens – vigilance 24/7. La comparaison avec les autres arrondissements était frappante.
  •  Et puis, il y a eu cette bordée de 17 cm que nous avons décidé de charger parce que c’était plus que 15 et qu’il y avait une annonce de temps froid. Mais le temps doux des jours qui a suivi nous a peut-être donné tort d’avoir dépensé cet argent alors que la neige aurait pu fondre de toutes manières. Ou peut-être au contraire nous a donné raison parce que ça nous a permis d’éliminer tous les bancs de neige à temps pour le refroidissement qui s’est produit après.
  •  Aujourd’hui, 28 février, une précipitation de neige lourde et de pluie sera suivie de temps froid qui va faire durcir les bordures et rendre le stationnement difficile ou du moins inconfortable. Si on ne la charge pas, il y aura de nombreuses plaintes. Mais compte tenu de l’état d’avancement de la saison, il est tout à fait possible qu’elle fonde rapidement dans les semaines à venir. On ferait une autre économie facile.

 

La suite

 

Ce ne sont pas des choix faciles. Plusieurs choix sont envisageables pour l’an prochain. Je vous en donne 4 pour partir le bal mais ne vous gênez pas d’en ajouter d’autres. Quand on aura tous les choix et tous les coûts on fera une consultation plus formelle (peut-être même par Internet – on travaille là-dessus).

  1. On continue cette politique jusqu’à ce qu’on ait payé la dette, reconstitué les réserves et renfloué les coupures dans les autres services (4 ans environ).
  2. On continue pour toujours : On s’adapte à l’hiver, en pelletant plus et en exigeant moins des services municipaux. Tout l’argent qu’on peut épargner sur le déneigement sera mieux utilisé si on l’investit dans la propreté des trottoirs et des parcs, dans l’entretien de la chaussée, dans le verdissement du quartier, etc. 
  3. On continue mais seulement sur les résidentielles. On charge la neige sur les collectrices et les artères à partir de 10 cm puisque c’est là que les risques de blessures sont les plus nombreux et que les collectes (paniers, bacs roulants) sont les plus intensives.
  4. On laisse tomber cette politique : on investit ce que ça coûte pour avoir un arrondissement déneigé en tout temps.

Ma préférence va au 2. Je vous dis pourquoi mais je vous dis surtout de ne pas vous inquiéter. Si elle n’est pas partagée – je suis prêt à l’abandonner.

 

Mes raisons de voter pour le 2 :

  • Je suis certain que les gens vont s’habituer. J’ai vu des gens commencer à pelleter le petit banc de neige entre le trottoir et la rue pour avoir accès à leur auto.
  • Je ne pense pas que la rue sera plus sécuritaire si on charge plus – dans un contexte comme cet hiver où il a neigé presque tous les jours.
  • J’ai honte des coupures de service dans les autres domaines. Se plier à la nature en investissant moins dans la neige c’est une chose. Accepter de vivre dans un quartier sale et négligé c’en est une autre.

Et vous ?

Loto Québec: faire bien le mal

23 décembre 2010 | Auteur:

C’est bientôt Noël. Ça ne me le dit pas trop de monter aux barricades mais bon, un dernier coup avant les fêtes…pourquoi pas. Après ce sera le long repos tout blanc, les bisous parfumés, les desserts, quelques films…hummmm

Allez zou !!!

Ce billet porte donc sur la levée du moratoire de Loto Québec sur les loteries vidéo. Suite à un communiqué où nous demandions la réduction de ce nombre de machines sur notre territoire, le président Monsieur Cousineau, a fait rédiger une lettre faisant valoir que leur nombre avait déjà considérablement diminué.

La lecture de la lettre  devrait être obligatoire dans les cours de communications pour les jeunes se destinant à la défense des entreprises de tabac, de jeu ou d’armes – enfin toute entreprise qui se fend en quatre pour faire comprendre au monde son droit inaliénable de faire le mal puisqu’elle prend toutes les précautions pour en faire le moins possible.

Revoyons dans l’ordre les affirmations que nous sert monsieur Cousineau et comparons les aux faits.

*****

Monsieur Cousineau dit :

« sachez que Loto-Québec a entrepris en 2003 une vaste reconfiguration de son réseau d’appareils de loterie vidéo à travers le Québec. En effet, conscients de notre responsabilité et de notre mandat, c’est sans attendre l’avis de quiconque – que ce soit la DSP ou quelque autre groupe militant – que nous avons mis de l’avant cette initiative»

La vérité

En 2002 Jean Brochu, un ex-joueur compulsif, intente un recours collectif contre Loto-Québec qu’il accuse d’avoir propagé l’usage des appareils de loterie vidéo (ALV) sans avoir informé les utilisateurs du danger de développer une dépendance. La poursuite de 800 millions se fait au nom des 120 000 joueurs compulsifs du Québec.

Au même moment, les études se multiplient sur les affres de cette industrie. Une étude de l’Institut national de santé publique du Québec révèle entre autres que :

· 62% des suicides liés au jeu compulsif ont été commis par des personnes aux prises avec une dépendance aux appareils de jeu de hasard électronique.

· 93% des appels à la ligne d’aide aux joueurs compulsifs proviennent de personnes dépendantes aux appareils de loterie vidéo.

· 9 personnes sur 10 traitées pour le jeu pathologique sont dépendantes des appareils de loterie vidéo.

Le commentaire

Vous vouliez sans dire «sans attendre la décision du juge, Loto Québec commence à sentir la soupe chaude».

*****

Monsieur Cousineau dit :

« Je vous rappelle que la sélection des sites dont on a repris les ALV s’est faite selon des critères rigoureux. Ainsi, ont été retirés tous les appareils dans les sites comptant de 1 à 4 ALV dans deux catégories de zones ciblées :

· les secteurs où le revenu moyen des ménages est inférieur à 50 000 $ et où le ratio d’ALV est supérieur à deux par 1 000 habitants;

· les quatre municipalités les plus populeuses que sont Montréal, Québec, Longueuil et Laval».

La vérité

1) Sur 17 régions administratives québécoises, il n’y en a que 2 où le revenu des ménages est inférieur à 50 000$, le Bas St-Laurent et la Gaspésie.

2) Le retrait des machines à sous des petits établissements dans les grandes villes est le résultat d’une stratégie qui consiste à les concentrer dans les établissements de moyenne et de plus grande taille.

3) Il reste plus de 10 000 machines en opération – bien assez pour que n’importe qui au Québec y ait accès n’importe où sur le territoire.

Le commentaire

Les maigres efforts que vous dites faire consistent surtout à protéger la poursuite de l’exploitation de la misère qui constitue le fond de commerce des loteries vidéos.

*****

Monsieur Cousineau dit :

« Un simple appel chez nous vous aurait permis d’apprendre que dans le secteur du Plateau Mont-Royal, ce sont 20 établissements de moins qui offrent ce type de divertissement à leur clientèle. En effet, au 31 mars 2003, 60 licences réparties dans 55 établissements du Plateau abritaient 248 ALV. Depuis mars 2009, on ne compte plus que 38 licences réparties dans 35 établissements pour 190 ALV. C’est une réduction de l’accessibilité à l’offre de jeu de 36 % là également.

La vérité

Précisons quelque chose que vous et moi savons très bien mais que les lecteurs ignorent généralement. Ce n’est pas par suite d’une quelconque stratégie de protection du bien public gouvernée par Loto Québec que cette réduction s’est produite. C’est parce que les établissements ont fermé ou ont changé de clientèle. Ceux qui sont restés ouverts sont maintenant des bars pour les jeunes qui n’attirent plus les joueurs. Les joueurs se sont concentrés dans les bars qui restent – et il en reste beaucoup trop – i.e. 35 dans un territoire de 7 km carrés.

Le commentaire

Je ne sais pas si vous connaissez le Plateau monsieur Cousineau mais c’est tout petit. Vous comprenez, n’est-ce pas, qu’il ya plus d’établissements ayant une license de loterie vidéo sur le Plateau que de CPE, d’écoles ou de cliniques médicales.

*****

Monsieur Cousineau dit :

«Lors de la publication récente de notre Plan stratégique 2010-2013, nous avons annoncé qu’au cours des prochaines années, Loto-Québec désire maintenir le parc d’ALV au niveau actuel»

La vérité

Le nombre de machines est appelé à se stabiliser parce qu’une partie importante du marché est dorénavant absorbé par le jeu en ligne – pas par des stratégies de bien public. En développant le jeu en ligne, vous contribuez à aggraver le sort du malade. En particulier avec des jeux comme le bingo électronique.

Commentaire

Un marchand d’armes qui stabilise sa production de fusil pendant qu’il se lance dans celle des mines devrait faire preuve d’un minimum de modestie en ce qui concerne sa protection du bien public.

*****

Monsieur Cousineau dit :

Dans ce contexte, il était déjà acquis que nous n’installerions pas de nouveaux ALV sur le territoire du Plateau Mont-Royal.

Commentaire

Tant mieux, on est bien contents de l’apprendre. Mais nous vous demandons plutôt de les retirer toutes. Les efforts de Loto Québec ne suffisent pas à couvrir les dommages créés par ces machines infernales sur les plus démunis.

Stationnement 2 de 2 :

24 novembre 2010 | Auteur:

Les deux dernières journées n’ont pas été bonnes. Pas parce que la Presse est mitigée. C’est très bien qu’elle le soit; c’est bien que les gens s’inquiètent. L’inquiétude est la première étape de la conscience sociale et politique. Je préfère des gens inquiets et tout à fait opposés à nos idées que des gens apathiques – fuyant la société par le silence et la fermeture sur eux-mêmes.

Par ailleurs ça me permet de me moquer publiquement des inquiétudes de ceux qui croient que les attaques affaiblissent les convictions. Dans l’ordre, les hommes politiques québécois qui ont été les plus attaqués furent aussi les plus utiles (Castonguay, Lévesque, et les autres). N’ayez crainte; en aucun cas je n’oserais commencer à me comparer avec ces géants – je les cite uniquement à titre de référence.

Si les journées n’ont pas été bonnes c’est plutôt à cause de la nature des échanges entre nous et les SDC et de la mauvaise qualité de la couverture médiatique qui en a résulté. Nous nous éloignons d’un vrai débat. Si je suis prêt à recevoir des obus pendant trois ans – sans que ça m’ébranle le moins du monde – je n’ai par contre aucune envie d’un débat stérile, ne serait-ce que pendant trois jours.

Alors voilà, au lieu de publier le deuxième article que je voulais produire sur le stationnement, je vais enrichir le débat d’un geste rare : je vais publier – dans son intégralité – la position de négociaition que je vais tenir lors de ma rencontre avec monsieur Tremblay jeudi à 11h00.

En faisant ça, je fragilise notre position puisque je donne aux SDC tout le matériel dont ils ont besoin pour attaquer chacune de nos propositions. Ils vont pouvoir les enfler, les tordre, en publier des extraits choisis pour défendre leur stratégie guerrière. Mais au moins, les gens de bonne volonté auront été informés.  Et ces gens de bonnes volonté sont nos électeurs. Ils sont des dizaines de milliers sur le Plateau.

Un dernier mot avant que je copie-colle la lettre. Lorsque Trotsky a négocié la reddition de la Russie à l’Allemagne en 1917, il n’avait qu’une exigence; il voulait que les négociations soient rendues publiques par un système de hauts-parleurs qui diffusait dans la ville les échanges en direct. Il croyait naïvement que les prolétaires de Berlin – entendant la justesse des valeurs des dirigeants russes – allaient monter aux barricades et prendre le parti de ces nouveaux représentants de la force ouvrière. Évidemment ça a foiré. Des générations d’analystes se sont moqués de ce tout premier exemple de transparence. Mais moi ça foirera pas. Les hauts parleurs se sont beaucoup raffinés depuis 1917 ;) )

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Base de négociaition Plateau avec monsieur Tremblay

En vue de la préparation de notre rencontre de jeudi, je voudrais préciser un certain nombre d’éléments dont la compréhension est nécessaire à la poursuite de nos discussions.

Premièrement : vous exposer notre plan stationnement

Deuxièmement : partager avec vous notre compréhension des pouvoirs de l’arrondissement dans la tarification du stationnement pour que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes.

Troisièmement : vous exposer exactement combien de revenus nous voulons aller chercher et pourquoi.

Quatrièmement : vous souligner les dilemmes de court terme auxquels nous faisons face dans les choix budgétaires qui sont devant nous (taxe spéciale ou parcomètres).

Cinquièmement : explorer des pistes d’encadrement permettant de fonder une politique claire et équitable du stationnement – et en particulier de l’utilisation du stationnement comme source de revenus par les arrondissements.

Plan stationnement du Plateau Mont-Royal

Cinq initiatives sont prévues :

Initiatives

Estimation de revenu (M$)

Ajout d’environ 600 parcomètres – essentiellement sur des collectrices qui n’en n’ont pas (dont quelques uns sur une artère – la rue Sherbrooke)

1.7

Uniformisation des tarifs à 3$ l’heure partout sur le territoire

1.2

Tarification jusqu’à 1am (sur St-Laurent entre Sherbrooke et des Roy) – avec un tarif qui reste à déterminer pour ne pas que ça dépasse 10$

Négligeable

Projets pilotes de parcojour (système de vignettes à l’année, au mois ou à la journée avec des tarifs différents pour les résidents et les visiteurs)

Négligeable

Retrait de 1500 places de stationnement sur trois ans (pour sécuriser des coins de rues, agrandir des parcs, créer des places publiques et aire passer de nouvelles pistes cyclables).

n/a

Les revenus sont déterminés en fonction des règles actuelles – i.e. que nous ne calculons aucun revenu  pour les artères et que nous enlevons 35% de frais d’administration et 26% de péréquation pour les revenus sur le réseau local.

Pouvoir d’arrondissement et stationnement

D’abord, une admission:  hier, dans une conversation technique,  j’ai prétendu, à tort, que nous avions le pouvoir de tarifer le stationnement sur les artères mais que les revenus seraient touchés par la ville centre. Je me suis trompé. Ce que la loi sur les cités et villes stipule, c’est que la ville centre gère le stationnement sur les artères et que les arrondissements gèrent le réseau local (i.e. les collectrices et les résidentielles).

Cette précision me permet de corriger mon erreur d’hier et de souligner au passage que les rues Mont-Royal, St-Viateur, Bernard, Fairmount et une partie de la rue Roy, étant des collectrices, et non des artères, font partie du réseau local. Elles n’échapperaient pas à l’imposition de nouveaux tarifs de parcomètres – même selon les règles actuelles (i.e. même dans le cas d’un abandon de la politique de décentralisation aux arrondissements des revenus et de la gestion du stationnement sur les artères).

Plus de revenus pourquoi

Notre arrondissement est bien géré. Je ne le dis pas pour m’en vanter ; tout le crédit revient à la directrice générale (Isabelle Cadrin) et son équipe. Depuis notre arrivée, nous avons remboursé 1.6 million de la dette de 4 millions ; nous avons commencé à regarnir nos réserves de neige (0.8 million) et notre réserve d’imprévu (0.350 million).

Si nous recherchons des nouveaux revenus, ce n’est pas pour couvrir une administration dépensière. Trois raisons justifient notre plan de réinvestissement de 6 à 7 millions par an. Le premier coûte 1million, les deux autres environ 3 millions de dollars.

1. Mieux servir les résidents. Le fonctionnement courant de l’arrondissement ne peut être réalisé avec la dotation de base. Les temps d’attente pour des actions banales (réparation d’un puisard qui claque, signalisation d’un débarcadère pour une nouvelle garderie, analyse d’une plainte liée à l’émission des permis) atteindrait facilement 300 jours. Toutefois, nous n’avons pas besoin de nouvel argent pour améliorer nos services de base ; nous pouvons y arriver en utilisant les surplus de neige permis par nos nouvelles pratiques de déneigement et par les années clémentes.  Mais c’est un équilibre fragile. Il vaut mieux prévoir un investissement stable de 1 million par an.  S’il n’est pas utilisé, il peut servir à payer la dette, absorber les compressions fréquentes, etc.

2. Faire face à l’achalandage. Le Plateau est un quasi centre-ville qui attire chaque jours des dizaines de milliers de visiteurs (22 000 piétons par jour sur Mont-Royal en semaine – jusqu’au triple la fin de semaine). Cet achalandage génère des charges de travail importantes et appelle des investissements ciblés dans des domaines précis (pavage, trottoirs, apaisement de la circulation, verdissement, parcs, etc). Dans certains domaines et en soutien à ces investissements, il faut aussi renforcer nos services de première ligne au delà des budgets actuels (surtout en propreté, arrosage, plantation). Nous comptons investir 2 millions par an et dépenser 1 million de plus en charge d’exploitation pour faire face à cet achalandage.

3. Notre quartier est magnifique à plusieurs égards. Mais son aménagement a été dicté par la place donnée à l’automobile pendant des décennies. C’est pourtant le quartier de Montréal (et du Canada) où les gens marchent le plus. Nous voulons réinvestir environ 2 millions de dollars par année dans des aménagements qui vont progressivement changer une partie de son visage (zone rencontre Laurier, agrandissement de parcs, petites places publiques, rétrécissement et verdissement de rues, etc.). Nous voulons aussi réinvestir dans la vie communautaire, les marchés publics et la culture. Il ne s’agit pas de projets de prestige : ce seront des projets de quartier, d’une facture frugale.

Le plan va se faire sur la base de la rédaction de 4 plans stratégiques (2 sont déjà terminés) : le verdissement, l’apaisement, l’aménagement et la vie communautaire. Il s’agit d’une initiative unique et exhaustive de définition de la qualité de vie dans un quartier central. Le lancement de ces plans va se faire le 16 décembre lors d’une assemblée publique qui va nous permettre d’écouter la population. Une liste de projets sera soumise aux citoyens pour en arriver à des choix éclairés.

Rappelons que cette augmentation prévue des dépenses est quand même limitée (à environ 10% de notre budget actuel) : difficile de parler de folles dépenses.

Option taxe ou option Parcomètres

En analysant les revenus qu’il est possible d’engendrer par une exploitation plus intensive des parcomètres sur le réseau local  (nouveaux parcomètres et nouveaux tarifs), mais en prenant en compte le fait que nous ne recevrions pas les revenus sur les artères; nous faisons le constat selon lequel il nous manquerait entre 3.5 et 4 millions de dollars pour atteindre nos objectifs de dépenses pour 2011. Nous allons faire des compressions dans nos dépenses et nous allons modifier les heures de tarification sur certains tronçons pour limiter le manque à gagner à ce niveau.

Nous pourrions, pour aller chercher ces revenus, accélérer l’instauration des parcojours. Mais je trouve que c’est une mauvaise piste. Nous ne sommes pas certains du succès de ce concept. Il faut vérifier l’accueil par les résidents ; les impacts sur l’achalandage ; le tarif par zone, etc. Tout cela doit être fait consciencieusement. Comprenons-nous bien : le parcojour, à long terme, pourrait être une source de revenu formidable (pour tous les arrondissements) mais nous n’avons même pas de preuve de concept. Un des risques importants est que les visiteurs viennent quand même en grand nombre – malgré la tarification – et qu’il n’y ait plus de places pour les résidents. Ce que nous voulons absolument éviter.

L’autre façon – la plus évidente – est la taxe spéciale.

Nous avons deux scénarios de taxe spéciale. L’une à 5 millions $ – qui suppose l’abandon complet du plan stationnement – et l’autre à 2.5 millions qui remplacerait une partie du manque à gagner sur les artères. Dans un cas comme dans l’autre, la date limite pour qu’il en soit tenu compte dans nos budgets est le 1er décembre.

Nous sommes en tain de documenter celle à 5 millions $. Lors de notre rencontre, j’amènerai avec moi les données permettant d’évaluer les impacts sur les résidents et les commerçants.

Pour ce qui est de celle à 2.5 millions, elle a un grave défaut. Elle serait particulièrement injuste pour les commerçants des collectrices sur lesquelles nous avons déjà l’intention d’aller chercher des revenus de stationnement. En plus de se faire imposer des nouveaux parcomètres ou des nouveaux tarifs, ils auraient à subir une taxe de 500 à 600 dollars en moyenne. Pour les résidents, l’impact de la hausse serait limité à 100$ – pour une année seulement (i.e. jusqu’à l’adoption du plan stationnement).

Ces scénarios de taxe spéciale ne nous plaisent pas du tout. Ce que je propose plutôt, c’est que nous augmentions les tarifs des parcomètres sur tout le territoire – y compris les artères dès le début 2011 ; que l’argent correspondant à l’augmentation des tarifs sur les artères soit dépensé par la ville centre dans des projets identifiés avec le Plateau ou qu’il soit remis à l’arrondissement pour des projets reportés en 2012 – quand l’encadrement de gestion sera terminé et adopté.

Pour ce qui est du réseau local ; nous appliquerions les règles actuelles de péréquation – ce qui nous fera perdre quelques centaines de milliers de dollars – mais il faudrait que nous trouvions un mécanisme de calcul pour que ces pertes soient limitées à 2011 (je préciserai verbalement cet enjeu parce qu’il nécessite un échange pour être compris).

Encadrement des pouvoirs de gestion des parcomètres

Je suis bien entendu d’accord avec la décision du comité exécutif de transférer la gestion des parcomètres aux arrondissements et de leur permettre de conserver 100% des nouveaux revenus. Même dans les quartiers où les revenus de parcomètres sont faibles en ce moment ; le potentiel est immense sur les cinq prochaines années.

Je suis aussi d’accord, bien que je la trouve un peu tardive, avec la décision de monsieur Tremblay d’encadrer la gestion des parcomètres avant de la céder aux arrondissements.

J’ai cru y voir les objectifs suivants :

1. S’assurer du caractère raisonnable en termes de tarifs (notamment par la fixation de limites maximales) ;

2. S’assurer de la faisabilité et de la profitabilité pour l’opérateur des bornes ;

3. S’assurer des normes d’implantation (qualité de l’affichage, lisibilité) ;

4. Garantir un minimum d’uniformité sur les modèles de tarification et les moyens de paiement ;

5. Mesurer la charge de travail pour le service de police (vérification de paiement)

6. Garantir une équité financière entre les arrondissements.

7. S’assurer d’une affectation des revenus dans des projets structurants.

Sur les cinq premiers points, nous avons fait nos devoirs. En particulier ;

· Nous n’avons pas l’intention de dépasser un seuil de 3$ de l’heure

· Nous avons rencontré la direction de stationnement Montréal qui est enchantée et enthousiasmée par notre projet de parcojour et qui y travaille activement avec nos équipes.

· Nous avons aussi rencontré la police de Montréal qui nous assure avoir les ressources nécessaires pour faire face à la charge de travail générée par nos initiatives.

Nous acceptons de déposer un rapport approfondissant les 7 points (et tout autres que vous voudriez ajouter) pour vous aider à fonder cette nouvelle politique de stationnement.

Pour ce qui est des innovations (extension des heures dans la zone des bars et parcojour) nous acceptons de les reporter à une date qui permettra d’assurer toutes les vérifications nécessaires en amont des projets. Nous invitons aussi le comité exécutif, s’il le désire,  à nommer un gestionnaire supervisant avec nous leur développement et vous permettant d’en faire le suivi.

Pour ce qui est des points 6 et 7, les plus difficiles à déterminer ; ils justifient en effet un report du transfert des responsabilités aux arrondissements. Mais, ils ne justifient pas, à nos yeux, le report de la décision sur la majoration des tarifs. Même en décrétant cette majoration immédiatement, nous aurons 16 mois pour décider si et comment une répartition doit être faite (puisque les revenus de parcomètres ne sont livrés par stationnement Montréal qu’au mois d’avril suivant l’année de perception).

En espérant ces clarifications suffisantes pour animer notre discussion de jeudi.

Stationnement : le maire Ferrandez veut notre mort à tous

20 novembre 2010 | Auteur:

Ce matin, à l’aube, j’ai aperçu une poignée de commerçants armés de piques et de fourches s’en allant attaquer un moulin à vent. Semblerait que le maire du moulin propage le choléra dans l’île.

M’est avis que le temps est venu de préciser une chose ou deux.

Voici donc deux articles sur la question du stationnement

Article 1 de 2 : le maire Ferrandez veut notre mort à tous ;

Article 2 de 2 : la guerre consiste à tirer sur les ennemis – pas dans ses pieds.

Article 1 : le maire Ferrandez veut notre mort à tous

Certains commerçants sont en colère. Fair enough. Certains s’inquiètent plus qu’ils ne sont en colère et voudraient être écoutés et pris en considération : fair enough. Mais ce serait bien qu’ils soient en colère et inquiets pour les bonnes raisons.

Ce n’est pas avec la stratégie  «à soir on fait peur au monde» de monsieur Dépatie que vous allez avoir les bonnes raisons. Quant à l’autre partie de la stratégie «à soir on fait peur à Ferrandez» ; elle révèle sa mauvaise lecture de la situation. Luc Ferrandez exprime les souhaits de toute une partie de la population qui a voté pour lui. Je doute que les commerçants aient envie d’aller à l’encontre de toute une partie de la population.

Dans cette section, je vais donc expliquer clairement la vision de cette partie de la population et préciser en particulier les éléments qui concernent le stationnement. Après lecture de ceci, votre colère sera considérée comme légitime.

La situation actuelle

Le problème de stationnement n’est pas lié aux projets de Ferrandez. Il est lié à une situation qui se dégrade lentement. Regardez par la fenêtre ; écoutez vos clients. Il y a un problème de stationnement maintenant. Il y a un problème d’accès maintenant. L’administration en place n’a encore pourtant rien fait – ou si peu. Pratiquement aucune mesure importante de stationnement et d’apaisement n’a été implantée. Il reste encore un peu de place pour vos clients – oui ; mais vous voyez bien que ça empire à chaque année ? Vous voyez bien que dans 5 ans, il ne restera plus une traître place – même sur les rues résidentielles. Et il n’y a pas que le stationnement. Il n’y a pratiquement pas une journée où les ponts et les autoroutes qui entourent la ville ne sont pas bloqués – même le soir. Partir des banlieues pour sortir en ville est une activité en diminution et va continuer de diminuer. Un producteur de spectacle me racontait que ses clients louaient le St-Denis pour 2 mois il y a quelques années ; maintenant ils le prennent pour deux semaines et font ensuite une tournée dans les banlieues.

Les relations entre la ville et la banlieue changent ; les conditions de la mobilité changent ; l’envie et le besoin que les gens ont de sortir de chez eux changent. Tout cela pointe dans une direction : la décroissance de la force d’attraction du commerce sur rue. Vous pouvez poser autant d’affiches que vous voulez pour dénoncer ce phénomène – il est là pour rester et s’aggraver.

La disponibilité du stationnement et la prospérité

Il n’y a pas toujours de liens directs entre le nombre de places de stationnement disponibles et la prospérité des commerces sur rue. Je sais que ça semble bizarre. Mais bien des faits permettent d ‘affirmer cette position.

· Sur la rue St-Hubert (dans Rosemont) un grand nombre de maisons sur les rues adjacentes on été détruites dans les années 70 pour créer des places de stationnement. Ça n’a eu aucun effet sur l’achalandage et la rue a périclité pendant 30 ans. Elle remonte depuis dix ans alors que le stationnement est de plus en plus difficile.

· Sur les parties de la rue St-Laurent et Av du parc qui en arrachent, il y a beaucoup de places disponibles – et le stationnement n’est qu’à 2$. Ça ne génère pas de la prospérité pour autant.

· Il y a des commerces de la rue St-Denis qui ont toujours vécu au milieu d’une grande rareté de stationnement – et qui se sont agrandis récemment – tant la clientèle est nombreuse (Renaud Bray, Courir, Barouf et Zone). Je pourrais aussi nommer St-Hubert qui a doublé son nombre de tables sans que son stationnement augmente d’une seule place.

· Les quartiers les plus courus du monde sont des quartiers où il n’y a pratiquement aucune place de stationnement (SOHO à New-York, Le Marais à Paris, Notting Hill à Londres etc.). Vous trouvez que nous ne sommes pas à la hauteur de ces quartiers : think again.

Je ne voudrais pas prétendre pour autant que le commerce sur rue est facile et que le stationnement n’a aucun impact sur la clientèle. D’abord, je n’ignore pas combien il doit être usant de se faire dire par un client sur deux «j’aime bien votre commerce – si seulement il y avait du stationnement je viendrais plus souvent». À la longue ça doit être pénible.

Je sais aussi que bien des commerces vont finir par crever si l’accès diminue et le stationnement se fait de plus en plus rare. Pour certains de ces commerces, c’est une cause perdue – mis ils sont rares (à preuve, ces nombreux commerces de matelas qui ont commencé à réapparaître ces dernières années après avoir disparu pendant une décennie). De façon moins dramatique, certains commerces ne vont pas pouvoir développer leur plein potentiel. Je pense par exemple à un gym qui aurait le potentiel pour attirer du monde des quartiers avoisinants et dont la croissance dépend des places de stationnement. Un autre exemple semblable mais encore plus grave : l’école de danse Louise Lapierre dont on voit des tonnes de mamans sortir pour aller faire des achats pendant les cours de leurs gamines. Les difficultés de stationnement font mal à cette école, c’est un fait.

Notre stratégie ne consiste pas à dire qu’il n’y a pas de problèmes de stationnement et qu’il n’y a aucun lien entre stationnement et chiffre d’affaires. Elle consiste à dire que le lien n’est pas automatique et que là où il l’est, on est déjà dans le brun. Par contre, nous pouvons encore travailler sur une activité commerciale plus dynamique, plus adaptée et sur des solutions de stationnement plus intelligentes.

Résidents, commerçants et visiteurs unis ?

La base de notre stratégie est d’attirer des consommateurs et des visiteurs – même dans un contexte de stationnement difficile. En bref, il s’agit de faire du quartier une destination unique au Québec, au Canada, en Amérique du nord et dans le monde. C’est t’y pas beau ça? Pas un Walt Dysney. Pas un décor urbain pour que quelques commerces de pacotilles et une multitude de bars puissent faire des affaires. Un vrai quartier : humain, vivant, plein de monde, vert, fleuri, convivial, propre, sécuritaire, digne de son passé et tourné vers l’avenir. Si le nombre de familles continue de diminuer ; si le nombre d’exclus continue d’augmenter, si le nombre de lofts de production pour artistes continue de chuter : nous allons échouer. Une grande partie des commerçants vont faire plein de fric s’ils acceptent de comprendre que cet argent ne peut pas être généré par les touristes de Repentigny qui viennent uniquement en char et qui espèrent trouver une place gratuite sur la rue – ou, au pire, sur la rue résidentielle à côté. En d’autres mots la gang qui laissent des messages sur tous les blogues médiatiques pour dire «ben moi c’est fini, j’irai plus sur le Plateau s’il faut que je paye 6$ pour me garer – est perdue pour vous de toutes manières».

La part de votre clientèle qui va augmenter ce sont les 10 000 résidents de plus que nous comptons attirer ; c’est celle qui vient en transport en commun ; celle qui accepte de payer pour se garer ; celle qui vient en vélo ; celle qui reste toute la journée ; celle qui voyage ; celle qui ne vient pas pour faire des achats mais qui finit par acheter quelque chose quand même. À propos de celle qui vient en transport en commun – elle va exploser : ouvrez la presse du samedi et regardez combien d’unités de condos sont en construction partout à Montréal sur les abords des stations de métros. Ce qu’il faut trouver, c’est une valeur ajoutée assez forte pour qu’ils choisissent nos rues pour venir faire leurs achats.

Cette vision ne règle pas tout. Il faut aussi trouver des places de stationnement pour ceux et celles qui vont continuer de vouloir venir en voiture – par exemple les mamans de l’école de danse.

Le parcojour

On ne peut pas accrocher des voitures dans les arbres. Si on veut faire de la place pour certains visiteurs ; il faut que d’autres abandonnent leur voiture. Il n’est pas normal que la demoiselle de 19 ans qui travaille chez Jean Coutu se gare devant chez moi – à 40 mètres de la rue Mont-Royal – toute la journée et coupe une place de stationnement à une dizaine de clientes de l’école de danse ou de l’Aubainerie. Elle doit trouver un autre moyen de se déplacer. Pour l’aider à changer d’idée, il faut que nous facturions ces places. C’est comme ça que nous en sommes venus à penser au parcojour.

 

Le parcojour permet à n’importe qui de se garer sur une rue à condition de défrayer un tarif fixe par jour. Pour les résidents, c’est le coût de la vignette, pour les visiteurs occasionnels, c’est un ticket qui peut varier de 5 à 7$ tandis que pour les visiteurs qui viennent tous les jours, c’est une vignette qui revient à 3$ à 6$ par jour. Pour les visiteurs des résidents c’est 1$ et pour les bénévoles des OBNL c’est gratuit.

Avec le parco-jour on espère décourager 25% des utilisateurs actuels (surtout des travailleurs) – pour qu’il reste de la place pour les résidents et les consommateurs. Est-ce que le consommateur ou le travailleur dans votre commerce va être content de payer 5$ par jour alors qu’en ce moment c’est gratuit ? NON. Est-ce que certains consommateurs vont préférer payer 5$ pour avoir la paix pendant 24 heures, et trouver une place : OUI.

Ce qu’il est important de comprendre c’est que le parcojour a été développé en grande partie pour les commerçants. Vous allez voir dans la seconde partie.

Le parking sur rue à 3$

Avec la possibilité de se garer pour 24 heures pour un montant fixe de 5, 6 ou 7$ (en parcojour), les seuls utilisateurs qui vont choisir de se garer sur des zones de parcomètres à 3$ sont des gens qui font des arrêts rapides. C’est la raison pour laquelle nous proposons un tarif élevé. Il faut qu’il y ait de la place et du roulement sur les rues commerciales. Tu vas chercher les fameuses brochettes de Latina ; t’en a pour 30 minutes ; ça te coûte 1.50$ tu repars. La même place devrait être occupée 15 fois dans la journée – au minimum.

Voilà notre vision. Ah oui, j’ai oublié de vous parler de notre envie – à travers tout ça – de dynamiter les autos et de faire rôtir les conducteurs. Mais comme d’autres en parlent abondamment je me suis permis cette omission.

Suite dans l’article 2 de 2 : la guerre consiste à tirer sur les ennemis