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Sélection du chef du SPVM

11 août 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Je sors du comité de sélection du chef de la police de Montréal. Bien sûr je ne dirai rien, même sous la torture (au Taser ;)). Mais ce matin, je suis un peu plus fier d’être montréalais.

Je me permets de partager quelques impressions plus importantes au final que le nom du candidat retenu. D’abord, je déclare que le Service de police de Montréal est une organisation en santé. En santé ne veut pas dire exempte de problèmes. Nous savons tous que le nouveau chef va devoir en régler un char pis une barge (le profilage racial, la perte de confiance des troupes envers la direction, le déficit annuel de 20 millions, les relations tendues avec le président du syndicat, les enjeux éthiques liés à la commercialisation, la commission d’enquête de Montréal Nord et j’en passe). Mais les organisations malades sont fuies par les candidats intéressants. Or, les 5 officiers qui ont déposé leur candidature pour le poste de chef étaient exceptionnels. Tous les 5 pourraient diriger le service de police d’une grande métropole– ici à Montréal ou n’importe où dans le monde.

Chacun a démontré sa maîtrise des compétences de base d’un gestionnaire moderne (leadership, écoute, transparence, mobilisation, engagement), ses compétences dans les métiers de base (patrouille, enquête, service à la clientèle, relation avec la communauté, événements spéciaux, interventions spéciales), sa compréhension de l’administration (contentieux, acquisitions, ressources humaines, finances, convention collective), sa compréhension de l’organisation et de la gouvernance (postes de quartier, régions, unités corporatives, modèles de direction) sa compréhension des différentes facette du crime (du crime organisé au terrorisme en passant par les enjeux urbains, les incivilités, les enjeux de voisinage, etc. ).

Mais le plus frappant sans doute c’est que chacun des candidats a su développer une compétence particulière à un niveau supérieur – rare dans la population – mais aussi chez la moyenne des gestionnaires : un leadership contagieux chez l’un, le courage managérial chez l’autre, la compréhension fine et détaillée des enjeux urbains pour un troisième, la capacité de planification financière dans des contextes difficiles chez un autre encore.

En bref, si vous voulez être le prochain chef de la police de Montréal : commencez tout de suite votre développement personnel et professionnel ; il vous faudra des années avant d’être prêts.

Si je me réjouis tant, c’est que je suis convaincu de ceci : les candidats exceptionnels ne peuvent être produits que par les organisations exceptionnelles. La valeur exceptionnelle des individus se raffine, par la pratique, dans les entreprises qui donnent à leurs employés les moyens pour se développer. Y a-t-il 5 candidats de ce calibre dans la moyenne des entreprises québécoises ? sans doute que non. Dans les autres corps policiers de la province : certain que non. Parmi les élus municipaux ou provinciaux ? Pas à première vue. Au fédéral ? hahaha.

Quel écart immense entre ce constat et les nouvelles frelatées que les medias nous servent sur nos policiers. À lire les journaux, nos policiers sont des gros jambons, élevés en banlieue, scotchés dans leurs chars, cachés derrière leurs lunettes soleil et incapables de faire la différence entre un servant de messe noir et un évadé de la même couleur. Seul l’exorcisme – et encore – permettrait de corriger la situation.

Je suis certain qu’il y en a des gros jambons. Mais il y a aussi des êtres sensibles qui échappent à ces défauts primaires. J’en ai rencontré 5 en deux jours (et un en particulier qui était fulgurant par la finesse de sa vision sociale et urbaine). Ces cinq personnes – élevées et formées par le SPVM – comprennent la nature de la ville, du crime, de la détresse et de la démence. Ils savent que les épouses ont 10 fois plus de chance de se faire tabasser par leur mari que par un étranger ; que les pires fraudeurs sont les propriétaires de jolies maison à ville Mont-Royal ; qu’il ne sert à rien de donner une troisième contravention à un itinérant ; que le jeune qui commet un délit a bien moins de chance de recommencer si on lui pardonne et qu’on l’encadre que si on l’enferme ; que le risque pour un enfant de se faire abuser ou maltraiter est bien plus grand dans le sous-sol de sa maison que sur un banc de parc ; que dans les 25 prochains crimes, 22 seront commis par des gens qui n’ont jamais eu l’intention de le commettre et qui vont le regretter leur vie durant dès le lendemain de l’acte ; que la source première du crime est la détresse et non la violence organisée  et finalement – puisque c’est de saison – que le profilage racial est un problème complexe auquel il faut s’attaquer.

Alors me direz-vous, s’ils savent tout – y compris les enjeux de profilage racial – le problème est réglé non ?

Bien non justement.

Parce que la plupart des problèmes auxquels la police fait face sont des problèmes de société avant d’être des problèmes policiers. Prenons le profilage racial.

Je suis personnellement persuadé que toute entreprise de plus de 1000 employés est le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Or, force est d’avouer que comme société il nous reste du chemin à faire avant de ne pas tomber dans le panneau du profilage racial.

Nous qui crions au scandale parce que la police interpelle plus de noirs que de blancs – est-ce que nous sommes indifférents à la présence d’un jeune noir qui porte une casquette croche sur la tête, un bandeau qui lui cache pratiquement un œil et un pantalon où il est susceptible de cacher un chalet ? Non. Quand nous voyons un arabe qui engueule sa femme, est-ce qu’on se dit spontanément que c’est une petite dispute de famille ou un exemple de la domination de tous les arabes sur leurs épouses ? Quand on voit un ptit tough qui porte une capuche de la taille du mont Saint-Sauveur est-ce qu’on se demande s’il va faire des graffitis ou s’il va à la bibliothèque rapporter ses livres avant la date d’expiration ? Nous sommes racistes. Point à la ligne. Et les policiers, en règle générale ne sont pas mieux que nous.

L’itinérance astheure. Les policiers donnent des billets à répétition à des itinérants qui ne pourront de toute manière pas les payer. Et que voulez-vous qu’ils fassent d’autres ? Bien sûr, ils peuvent appeler les organisations communautaires qui tentent de les aider. Mais ces mêmes organisations sont terriblement sous-financées et de leur aveu même elles n’arrivent qu’à patcher les problèmes. Le même itinérant va être dans la rue dans 4 jours hurlant à la nuit, déclenchant les plaintes des citoyens qui vont appeler la police. La police ne va rien pouvoir faire d’autres que de donner un billet. Et vous, vous faites quoi à part d’appeler la police ? Le nombre de chambres dans des maisons de chambres est passé de 30 000 à 3000 en 20 ans et je peux vous garantir que pas un citoyen en veut une à côté de chez lui. Alors on fait quoi ? On appelle la police quand un gars dort sur le banc du parc au coin de la rue.

So give me a fuc..ing break avec les défauts de la police. Ce sont nos défauts à nous tous.

Peut-être, si je peux me permettre une critique ; 80% des policiers viennent de la banlieue et c’est en côtoyant la ville au quotidien qu’on la comprend le mieux. La banlieue c’est peut-être pas idéal pour développer les réflexes des habitants du vrai Montréal - celui de la mixité sociale, de la densité et de la proximité. Mais ça aussi c’est un défaut de société qui n’a rien de spécifique à la police. Par contre, si un jeune policier lit ces lignes et qu’il voudrait un jour devenir le chef du SPVM. À mon avis, un petit déménagement devrait faire partie de sa préparation.

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Urbanisme 101

9 juillet 2010 | Auteur: Carl Boileau

Voici le texte intégral de la réponse de Luc Ferrandez à Luc Chartrand paru dans La Presse hier.

Dans sa lettre d’opinion du lundi 5 juillet, Luc Chartrand prétend que les projets d’apaisement et de réduction de la circulation que nous entreprenons sur le Plateau sont «l’aboutissement de l’embourgeoisement du quartier».

Il a tort. Ils sont plutôt l’aboutissement de quelque chose à la fois de plus généralisé, de plus ancien et de plus dangereux: la tendance nord-américaine à utiliser l’auto pour tout déplacement - travail, école, achats - et l’incapacité de plusieurs de décrocher, malgré les impacts bien connus sur la santé des citoyens et des communautés, sans même parler de l’environnement.

Depuis 20 ans le nombre d’autos à Montréal a augmenté de 50% et les rues du Plateau - un quartier parmi les plus densément peuplés sur le continent - ont subi l’engorgement correspondant. Il y a aujourd’hui plus de 500 000 autos qui traversent notre quartier sans arrêter quotidiennement: ce qui représente 84% de toute la circulation automobile sur nos rues.

C’est certain que cela cause de la congestion et des embouteillages pour des gens comme M. Chartrand - ou, en réalité, que M. Chartrand cause de la congestion et des embouteillages pour lui-même et pour les autres - mais l’effet de cette croissance fulgurante du nombre d’autos sur l’arrondissement et sur ses résidents est bien plus néfaste que la seule perte de temps, surtout quand les automobilistes transitaires empruntent les rues locales.

Par où commencer? Les enfants heurtés par les autos en se rendant à l’école Laurier? Les problèmes respiratoires? L’abandon du Plateau (et d’autres quartiers centraux) par les jeunes familles à la recherche de paix et de sécurité? Le fait que, parmi tous les arrondissements de Montréal, le Plateau occupe honteusement la première place quant au nombre de piétons et cyclistes victimes de la circulation par km2 (30,4) et la seconde place si on compte par tranche de 100 000 habitants (232, après Ville-Marie)?

Les vrais enjeux

M. Chartrand a omis de parler de ces enjeux, les vrais enjeux. Ce n’est pas pour permettre aux gens de prendre un apéro tranquille sur leur balcon qu’on entreprend de canaliser la circulation de transit sur les artères, axes prévus à cette fin. C’est pour sécuriser les rues locales et collectrices, et les rendre plus vivables pour tout le monde, surtout les jeunes familles et les personnes âgées. C’est d’ailleurs ce qui explique que les spécialistes de la Direction de la Santé publique font l’éloge de nos projets.

Mais ce n’est pas seulement la santé de nos résidents qui nous préoccupe.

C’est aussi la santé et la vitalité du quartier en général. Un quartier sain et vivant a besoin de parcs, de commerces de proximité, de transports en commun, d’une vie de quartier et d’une mixité sociale et générationnelle. Ça, c’est de l’Urbanisme 101.

Or, c’est avec des démarches comme nos projets de circulation, nos projets de verdissement, nos projets de logement social et abordable, nos projets d’animation des espaces publics ou de marchés publics, qu’on assurera la santé et la vitalité de notre quartier.

Ce n’est pas par méchanceté ni sectarisme envers les non-résidents du Plateau que nous cherchons à éliminer autant que possible la circulation de transit sur les rues non artérielles?; c’est par respect et obligation envers nos résidents. Le droit des gens comme M. Chartrand de rouler en tout confort et fluidité avec 1200 kg de métal, plastique et caoutchouc n’est pas supérieur au droit des résidents du Plateau d’avoir une vie de quartier un tant soit peu paisible et sécuritaire.

Réactions à nos mesures d’apaisement de la circulation

8 juillet 2010 | Auteur: Carl Boileau

Entrevue à Arcand

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Vive la France - Vive le Portugal

24 juin 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

En cette belle journée de repos de la St-Jean - alors que les bruits de la rue reprennent mollement après la pluie - je trouve enfin le temps d’écrire ce que je voulais dire à nos cousins français depuis une semaine : ne vous en faites donc pas tant.

Votre équipe a été pourrie; les dissensions qui l’habitent ont été exposées au regard du monde; ses défauts se sont avérés plus que de simples travers ou lacunes - ce furent des éléments destructeurs, immobilisant son talent, éliminant son énergie, révélant l’individualisme borné de ceux qui croient au «je» jusqu’à la lie  - au détriment du «nous» même dans les moments sacrés. Et puis, il y a cette sourde assurance-dégoût que la machine à peopolisation qu’est devenue votre télé, réhabilite dans quelques jours ou dans quelques semaines les goujats qui vous ont humilié  - tant il est vrai qu’en France la popularité médiatique est toujours la plus importante des valeurs.

Mais tout cela, n’est rien - ou mieux encore -  n’est que le côté négatif de biens des qualités qui vous font briller en d’autres circonstances. Vous êtes un peuple génial dont la surprenante  hystérie n’efface pas la valeur. Les anglais et les italiens sont aussi mauvais que vous cette année ; les Espagnols l’ont été depuis toujours, les allemands n’impressionnent pas. Tous ces peuples choisiront de régler leurs lacunes différemment: les italiens en tentant de justifier, les anglais en cherchant un prochain succès réparateur, les Espagnols en mettant les projecteurs sur les autres cancres. Vous, à votre bonne habitude, vous claquez les portes, cassez la vaisselle, déchirez votre chemise. Est-ce pire ? Il me semble que le premier psychologue venu dirait au contraire que c’est plus sain.

Vous vous sentez nuls de n’avoir marqué qu’un seul but - comme si la position en fonds de baril était une expérience typiquement française. Vous avez donc oublié l’innommable équipe américaine de basket à Athènes en 2004 . Rossée par Porto  Rico, la Lituanie et l’Argentine, elle n’avait tiré des américains moyens qu’un vague haussement d’épaules. Ce n’est pas d’être nul qui est une expérience typiquement française: c’est d’y trouver tant de déception.

Vous pensez que la zizanie des bleus est typique de votre société, ses clans, leur mutuelle exclusion ? J’aime mieux vos problèmes que de constater combien facilement d’autres grandes nations les ont évités en s’assurant que le blanc domine outrageusement leur alignement alors que la couleur remplit leurs rues.

Le seul défaut que je vous reconnaisse est d’être trop durs envers vous-mêmes et donc envers les autres. Alors si Raymond, Patrice ou Nicolas, vous sentez que vous avez besoin de repos, il me fait plaisir, en tant que maire de l’arrondissement le Plateau Mont-Royal de vous inviter à rejoindre les dizaines de milliers de vos concitoyens qui ont aussi quitté la France - parfois momentanément - pour venir goûter une Amérique française moins articulée peut-être, moins développée souvent, mais aussi plus prompte au pardon - et donc plus confortable. Sans l’avoir vérifié, je suis certain que la «Vache qui pète» vous offrira le café et «le Barouf » l’apéro. Et moi j’irai vous chercher à l’aéroport.

Et maintenant… Força Portugual !!!!

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C’est pas moi, c’est lui.

24 juin 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Une dame m’apostrophe dans la rue. Elle tente d’être gentille avec moi mais elle est vraiment stressée - on sent le sens de l’urgence et de l’indignation. Elle me dit «monsieur le maire (en passant y’a jamais autant de monde qui m’a appelé monsieur), je reçois de la famille de Québec en fin de semaine et avec toutes vos décisions, y’a plus une seule place pour se stationner».  Madame, que je lui réponds, regardez autour de vous et indiquez-moi une seule décision que nous avons prise qui élimine du stationnement dans le quartier (pour être tout à fait honnête, il y en a quelques unes : nous avons autorisé 11 terrasses sur chaussée (donc élimination pendant la période estivale de 22 places de stationnement); nous avons retiré 36 places de stationnement dans le parc Laurier (et en avons recréé 28 autour du parc) et nous avons éliminé environ 30 dans le parc Lahaie . En tout donc,  60 places éliminées sur 45 000 places dans le quartier). Mais dans le coin où nous étions aucune place n’a été retirée. La dame a réfléchit un moment et est arrivée à la conclusion que nous n’avions retiré aucune place. Cette femme était intelligente; elle était entourée par une mer de voitures garées gratuitement dans la rue et elle était persuadée que le problème trouvait son origine dans les décisions des méchants-élus-qui-cherchent-à-éliminer-les autos ;(( !!!@#?&!!!!! Toutes les autos. Qui n’arrêteront pas tant qu’il en restera une seule. La dernière on la mangera dans une réunion du parti tenue dans les catacombes.

La vérité, c’est que dans ce quartier, deux restaurants viennent d’ouvrir et qu’ils attirent environ 70 automobilistes chacun. Voilà où les places sont passées. La vérité, c’est que personne n’est un ennemi plus acharné de l’auto et de l’automobiliste que l’autre automobiliste. C’est lui qui vole les places disponibles; c’est lui qui ralentit le trafic; c’est lui qui se gare n’importe comment, qui s’arrête pour faire descendre quelqu’un , qui se gare en double, c’est lui, lui ,lui.

Pas moi.

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Les seigneurs de l’île

18 mai 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

J’ai fait pas mal de vélo dans les Alpes et les Pyrénées. Outre la beauté époustouflante des routes, une chose m’a frappé. À chaque fois que je croisais un crack qui avait le vélo de l’année, un suit dernier cri , un casque à 300 piasses pis des souliers pas encore disponibles en vente au détail mais qu’il avait pu se procurer parce qu’il connaît le représentant de Time… c’était un Québécois. Va savoir pourquoi. Les Allemands, les Américains, les Français, les Espagnols, les Néerlandais, les Italiens étaient pas tout nus mais ils n’avaient pas la superbe des Québécois.

La plus part du temps, le suit et la qualité du vélo ne sont pas de vaines décorations – les gars et les filles qui les portent opèrent en masse. Vraiment, il règne au Québec une ambiance à nulle autre pareille où la performance en vélo fascine et motive des milliers de citoyens. Contrairement aux autres sports, ce ne sont pas seulement les ptits jeunes (qui ont encore un avenir) qui s’investissent dans l’entraînement intensif, mais aussi tout un peuple de mononcs qui se donnent à fond juste pour dire à leurs chums qu’ils ont roulé à 38 Km/h une journée de vent épouvantable et en tirant le peloton – oui monsieur.

À Montréal, le circuit Gilles Villeneuve est le quartier général de tout ce beau monde. C’est un équipement dont peu de villes disposent. À deux pas du centre-ville c’est le plus beau hub de cyclisme de performance qu’on puisse imaginer. La dernière fois que je m’y suis pointé j’ai vu toute l’équipe de McGill – vêtue de rouge, comme il se doit travailler fort pour suivre un peloton de six rigolos qui devaient avoir deux fois leur âge. Les gars en avant ont toffé 3 tours sans donner un mètre. La fois d’avant j’ai essayé de suivre des jeunes filles dans la vingtaine ; j‘ai lâché après deux tours. Je les ai revues, arrêtées, un peu plus tard et je leur ai demandé ce qu’elles mangeaient. Une p’tite vite m’a répondu « c’est plutôt ce que tu manges qui devrait t’inquiéter ». Mouin….

Tout ça pour dire qu’il se développe sur le circuit Gilles Villeneuve un mini culture sympathique et unique à Montréal.

Les dirigeants de la Société du Parc Jean Drapeau (SPJD) ont décidé – sans mandat pour le faire – que l’accès à leur stationnement réservé et gratuit avait plus d’importance que le développement de cette culture sportive naissante.

S’appuyant sur des arguments humiliants pour ceux qui ont eu la répugnante tâche de les écrire (il faut bien gagner sa vie), ils s’autoproclament les propriétaires des îles et s’arrogent le droit exclusif de passage et de stationnement gratuit au détriment de la population qu’ils ont été mandatés pour servir. Cette appropriation de l’île a pris la forme d’une décision d’expulsion des cyclistes de performance ou, ce qui revient au même, une proposition pour les confiner à des entraînements de 5h à 7h00 le matin et autour du bassin de 12h30 à 15h00.

Bien entendu ce n’est pas comme cela qu’ils présentent les choses. Amusons-nous à analyser la couverture de leurs mensonges :

Mensonge premier : la sécurité. Il est vrai que le vélo d’entraînement est un peu dangereux – les gars roulent en peloton à des vitesses impressionnantes. S’ils se font dépasser par une fille, ils tentent par tous les moyens de reprendre la tête (en la perdant) et deviennent dangereux. Mais la SPJD se fout éperdument de la sécurité. Si elle s’y intéressait, elle ne proposerait pas d’envoyer des milliers de cyclistes tourner en rond autour d’un bassin carré. Les angles y sont à 90 degrés : de qui se moque-t-on ? Elle aurait aussi pu mettre en œuvre des moyens simples de diminuer les accidents – notamment en gérant les intersections et en ségrégant les usages (soit physiquement soit avec un système d’horaires). Mais il est de notoriété publique qu’elle cherchait justement à faire la démonstration inverse. Finalement, les 21 accidents s’étant produits (pour 500 000 cyclistes) servent leur besoin d’appropriation.

Mensonge deuxième : les livraisons. Franchement !!! Des villes entières concentrent les livraisons pendant certaines heures mais la SPJD ne serait pas capable de gérer la fourniture de 3 revels et de deux chips au ketchup à la plage Doré : vite un docteur en logistique !!!

Mensonge troisième : le montage et le démontage des estrades. C’est un travail en deux temps : amener le matériel, et le monter. Le montage ne nuit pas aux cyclistes : il se fait sur le bord de la piste. Le transport du matériel, oui. Mais il peut être fait sur quelques jours et pendant des heures précises : le matin par exemple et jusqu’à midi s’il le faut : la plupart des cyclistes arrive en après-midi.

Mensonge principal : la circulation des automobilistes. Il y a quatre grandes sources de circulation : le bassin d’entraînement ; le casino ; la plage ; et le stationnement des propriétaires autoproclamés de l’île. Passons-les en revue.

  • Le bassin d’entraînement (+ ou - 60 voitures par jour). Ce sont des athlètes et ils sont tout-à-fait ouverts à la recherche d’une solution pour que d’autres athlètes puissent s’entraîner. En passant par le pont du Cosmos et le chemin du Canal Lemoyne – plutôt que par le pont de la Concorde ils ne seraient jamais en contact avec les cyclistes.

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  • Le casino : il n’y a aucun croisement entre le circuit Gilles Villeneuve et les accès automobiles au Casino. Il est possible de circuler sur le circuit quand on quitte le stationnement du Casino, mais c’est accessoire. Il suffirait d’une toute petite barrière pour l’empêcher sans aucun désavantage pour les automobilistes (outre le fait qu’ils seraient privés de se promener en voiture sur le circuit).

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  • La plage. Il est possible d’isoler complètement les voitures qui se rendent et qui reviennent de la plage du circuit Gilles Villeneuve justement en les faisant passer par la route autour du bassin.

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Il y a un seul groupe d’automobilistes qui est en concurrence incontournable avec les cyclistes et ce sont les employés de la Société du Parc Jean Drapeau. dd


Solutions

La première chose à faire est de tarifer le stationnement des administrateurs de la SPJD au coût du marché - disons à 200$ par mois en été et beaucoup moins en hiver (en été le tarif dissuasif s’explique par le fait que la marche vers le métro est d’environ 10 minutes donc tout à fait possible. En hiver, ces dix minutes sont plus pénibles et les voitures ne gênent pas).

Avec les revenus (estimés à 180 000 $ net par an), il faudrait organiser et encadrer le circuit comme un vrai site d’entraînement. À  l’époque du vélodrome, les frères Van den Eynde donnaient accès à la piste au grand public (autrement plus dangereuse que le circuit) après avoir donné quelques conseils et en exerçant un peu de surveillance. On pourrait faire la même chose sur l’île Notre-Dame.

Il reste l’épineux problème de la circulation des employés de la SPJD sur la piste. Est-ce un vrai problème ? Le matin ce n’en n’est pas un ; les employés arrivent bien avant les vélos. Le soir, il faudrait un système de feux intelligents où les automobilistes seraient avertis que la voie est libre (elle l’est très souvent). Évidemment il faudrait  attendre quand elle ne l’est pas ; mais on attend pour le train ; on attend pour la congestion ; pourquoi ne faudrait-il pas attendre pour faire passer des vélos ?

Actions

Monsieur De Sousa, responsable des parcs et madame Worth, responsable des sports et loisirs devraient former un petit comité de travail duquel bien sûr serait exclue la SPJD puisqu’elle a un intérêt évident dans l’affaire. Ce sont deux personnes intelligentes et axées sur les résultats. Avant septembre ils auront trouvé, s’ils s’y mettent, une solution qui donnera tout l’avantage aux vélos pour qui c’est un site aussi naturel qu’idéal et qui imposera quelques contraintes aux employés et diriegeants de la SPI.  En procédant rapidement, ils réussiront aussi à protéger quelques vies humaines. En effet, en admettant que le ridicule tue, on doit conclure que  des vies sont en danger.

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Turcot: same old, same old.

24 avril 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

En 2001, au plus fort de la lutte contre la construction de l’autoroute Notre-Dame en tranchée, le ministre des transports Chevrette – qui ne venait jamais en ville sans son appareil photo (il y a tant de choses à voir) est remplacé par Serge Ménard dont une des premières décisions sera d’inviter les opposants au projet à lui parler de leurs résistances.

À cette rencontre que j’avais la charge d’organiser, monsieur Ménard invite le responsable de la planification des travaux du MTQ pour la région de Montréal, monsieur X dont je tais le nom par sollicitude pour sa famille. Le monsieur prend la parole avec l’assurance de quelqu’un qui représente le gros bon sens. Il  nous explique pour commencer que sa vie est un enfer tant il est souvent pris dans les bouchons. Je lui demande pourquoi il ne prend pas les transports en commun ; il me répond qu’il n’aime pas (pas qu’ils sont inadéquats dans sa ville ou que les horaires correspondent mal aux siens, ou qu’il les prend parfois quand son horaire le permet et que le trajet s’y prête – non, juste je n’aime pas). Je lui demande pourquoi son ministère n’a pas fait de travaux sur le potentiel de développement des quartiers Hochelaga-Maisoneuve et Centre-Sud en considérant une ouverture sur le fleuve ; il me répond que son ministère s’occupe du transport, pas de l’habitation. Je lui signale que le port à un endroit précis est trop étroit pour être utilisé à des fins portuaires  et qu’on pourrait étendre le quartier jusqu’à la rive si on évite la construction en tranchée ; il me répond qu’il ne s’occupe pas des questions portuaires. Dans l’ascenseur, devant notre acharnement et notre détresse de voir que rien n’a été pensé pour défendre et mettre la ville en valeur, il me dit sur le ton d’une consolation – devant 5 témoins – vous savez, la ville, c’est surtout pour les étudiants et les immigrants. C’était le directeur de la planification pour Montréal. Il est toujours à l’embauche du Ministère très haut dans l’appareil.

Abasourdi, je n’ai pas répliqué. Dieu soit loué j’aurais fait la grande erreur de dire des choses que j’aurais regrettées par la suite (comme le fait que selon moi le MTQ a toujours été dirigé par des attardés sociaux que seul le fantasme d’une retraite prochaine dans une roulotte en Floride garde en poste au mépris de la douleur que génèrent, dans l’intervalle,  les horreurs qu’ils construisent aux quatre coins de la province).

Maintenant, je réalise qu’ils ne sont pour rien dans l’œuvre de destruction qu’ils imposent partout où ils passent. Je réalise que ce n’est pas parce qu’ils n’ont aucune compréhension du territoire qu’ils sont si malfaisants ; c’est parce qu’ils n’ont aucune compréhension du territoire qu’ils sont choisis.

Disons les choses comme elles le sont, la dernière chose que veulent les ministres d’un gouvernement provincial ce serait un ministère du Transport qui aurait la faiblesse d’écouter le milieu. Pensez à combien se chiffreraient les demandes d’un tel ministère. Des gens qui auraient des yeux pour voir et des oreilles pour entendre auraient sans doute la faiblesse de proposer des routes qui passent dans l’arrière-pays au lieu de détruire les berges du fleuve ; des routes qui contournent des villages ayant un intérêt patrimonial ou architectural ; un échangeur qui permettrait de réinventer toute une partie de la ville. Toutes ces propositions nous obligeraient rapidement à conclure :

1) Que nous n’investissons pas assez dans la construction de nos routes ou que nous construisons trop de routes (entendu que la construction d’une route devrait nécessairement inclure la préservation et la mise en valeur du milieu qu’elle traverse et la maximisation des transports actifs et collectifs).

2) Que la seule façon de se doter de ce type d’infrastructures est d’en faire payer le coût complet aux automobilistes.

3) Que la plupart des automobilistes (donc la quasi totalité des Québécois) est bien assez mature et civilisée pour comprendre ça surtout si on lui dresse la liste des lieux qui pourraient être préservés et mis en valeur.

4) Que les automobilistes montréalais ont les moyens de se payer des routes exceptionnelles – parce qu’ils sont nombreux. Et des échangeurs exceptionnels aussi. 4 million de passages par jour sur l’île à 2$ par passage x 365 jours ça rapporte 3 milliards par an. Un échangeur est bon pour un minimum de 40 ans. À 4 milliards de dollars, un échangeur de qualité ne représenterait que 3% des revenus des péages pour cette période. Ajoutons les coûts de maintenance on monte à 4%. Il reste bien assez d’argent pour financer d’autres projets majeurs, des tramways, des réseaux cyclables, un fonds de lutte contre la pollution, et, s’il reste du change, envoyer un bouquet de fleurs de condoléances à la ministre Boulet.

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Ubisoft

27 mars 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Madame Hamelin - une parisienne élégante et légèrement inquiète  - a débarqué de Paris dans nos modestes bureaux cette semaine pour venir discuter du plan long terme de développement de sa compagnie - Ubisoft. Je m’attendais une rencontre de courtoisie et quelques échanges prospectifs sur l’avenir de l’entreprise. Nope. L’entreprise (qui compte 1800 employés sur le Plateau et espère croître jusqu’à 3000 dans les prochaines années) évalue plusieurs options à mettre en oeuvre à la fin de son bail en 2013. La décision doit être prise maintenant. Genre, vraiment maintenant. Partiront-ils dans les vastes usines Chabanel avec leurs deux stations de train de banlieue et la disponibilité du stationnement aux alentours ou resteront-ils dans notre vétuste Plateau.

Les désavantages du Plateau sont nombreux. Le coût du pied carré y est plus élevé; le stationnement est rare; le bel édifice dans lequel ils logent ne suffit plus et il est possible qu’ils doivent séparer leurs effectifs sur deux sites.

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Ils s’inquiètent aussi de l’immobilisme du développement dans le quartier - notamment dans le vaste champs à l’arrière et sur les rues industrielles avoisinantes.

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J’ai tenté de faire comprendre à dame Hamelin que notre village s’enorgueillit de leur présence mais aussi qu’ils s’enorgueilliront de leur présence dans notre village dans les années à venir - pour peu qu’ils y restent. Je lui ai parlé de notre vision du quartier - qui consiste essentiellement à remettre en cause chaque centimètre de non-lieu; mais dans la frugalité. Je lui ai parlé de réseau vert; de bio-diversité; de ruelles et de rues plus propres, plus conviviales, plus fleuries;  des mini places publiques que nous multiplieront; des marchés publics en développement; du changement de tout sans rien remettre en cause que la médiocrité, le désamour de l’espace public, l’omniprésence de la voiture, la singulière habitude des habitants du Plateau de considérer la rue comme une décharge à ciel ouvert et quelques autres détails sur le point de changer. Je lui ai surtout dit que la qualité de vie est constituée de plusieurs couches allant de l’espace presque privé (les cours, les balcons, les ruelles) à l’espace de voisinage (les places, les marchés, les écoles, les rues commerciales, les églises)  aux grands espaces publics (les grands parcs, les grandes instituions, les grandes places). Que le Plateau, à l’inverse des grandes villes européennes, pouvait magnifiquement développer les deux premières couches et qu’il peinait pour la troisième. Dès lors, le charme ne se jette pas sur le visiteur lorsqu’il arrive tout juste. Mais en restant sans bouger au coin d’une rue, un jour de printemps, on comprend tout à coup que c’est un quartier unique. Et on le comprendra mieux dans quatre ans.

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Voilà. La dame est repartie un brin déçue. En Europe, les villes développent leur personnalité par la troisième couche et elle s’attendait que je lui parle des projets concrets qui modifieront les espaces immobiles du quartier Saint-Viateur est.

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Elle s’attendait à constater un souffle porté par plusieurs millions d’investissement. Elle s’inquiétait aussi beaucoup de notre incapacité à négocier des passages par dessus la voie ferrée - notamment vers le métro Rosemont. Nous avons dû benoîtement lui avouer qu’en Amérique , un maire - même celui de la grande ville - ne pouvait pas influencer facilement une entreprise canadienne sise à Calgary. Ici, ces choses là prennent du temps - ce qui est certainement surprenant pour un européen. Pour ce qui est des millions d’investissement, nous en mettrons bien quelques uns - mais dans une approche progressive de réhabilitation de la vie de quartier; de consolidation des espaces pour les artistes et de reconquête de la nature sur les espaces gris - pas dans des plans de transformation massive des lieux.

La décision va se prendre sur la base de dizaine de considérants que nous ne maîtrisons pas. Laissons madame Hamelin porter notre message à ses patrons et qu’ils choisissent en leur âme et conscience. Prions quand même que l’échelle humaine, la convivialité et le charme subtil l’emporte sur toute autre considération. Oh, elle revient en juin. D’ici-là il faut au moins que la question épineuse du passage par dessus la voie ferrée soit réglé ou en voie de l’être. Il faut aussi avoir fait sensiblement avancer notre vision de ré-humanisation et re-naturalisation du secteur St-Viateur Est. Finalement, en juin, ça serait le fun qu’on songe a se ramasser un peu…simonak.

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Discours sur le 1420

24 mars 2010 | Auteur: Carl Boileau

 

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Le temps passe

20 mars 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Je sais que je n’écris plus ou presque. L’écriture sert à sensibiliser. Or il me semble que la sensibilisation touche à sa fin pour les enjeux qui concernent la vie de quartier. Tout le monde sait qu’on a besoin de plus de vert et moins d’autos ; de plus d’enfants qui dessinent sur les trottoirs, de plus de fermiers dans nos rues vendant leurs produits le dimanche, de plus de moments d’évasion dans la ville, de plus d’étudiants cassés mais heureux (même s’ils ne le réalisent pas toujours), de plus de personnes âgées se mêlant à la foule, de plus de commerces abordables pour les mères et les pères qui ne sont pas encore partis. Le temps de l’action est arrivé et l’action prend du temps à préparer. Alors voilà je travaille et j’ai pas le temps de bloguer.

Ah oui ; j’ai quand même pris le temps d’écrire deux articles sur l’Université de Montréal parce que je n’arrive pas à comprendre la petitesse des gestionnaires qui se laissent arrêter par les défis dont la résolution fonde  les grandes villes. Messieurs les agents immobiliers de l’Université de Montréal comprenez donc une fois pour  toutes que votre Université (la nôtre aussi) a moins besoin d’espace que de grandeur.  La gestion immobilière dont vous vous rendez coupables n’est qu’un jouet pour les désœuvrés. Mais au passage, vous pillez les patrimoines historique et écologique de la ville. Bon, j’espère que vous avez bien lu - nous aurons le plaisir de nous rencontrer à la prochaine table de concertation du Mont-Royal. Venez nombreux, il serait bête que je déverse tout mon désarroi sur un seul.

Donc disais-je, le temps de l’écriture achève, ou du moins a pris la seconde place derrière celui de l’action. Parlons d’action.

Je suis surpris par le nouveau métier que je découvre. Tout est si facile. La fonction publique est excellente ; le financement relativement disponible ; les lois et les règlements sont justifiés et solides. La division de la ville en arrondissements, loin de compliquer la prise de décisions, nous permet d’agir rapidement et de façon structurante sur plusieurs enjeux cruciaux. Dès lors, vous demandez-vous - comment se fait-il que l’action prenne tant de temps à se concrétiser. À mon avis c’est fort simple : il faut des décennies de discussions publiques avant que tous les élus, les fonctionnaires, les législateurs et  les journalistes acceptent l’idée selon laquelle la demi-mesure ne suffit plus. Et nous - PAF - on se fait élire juste à ce moment béni. Tout le monde ayant réalisé qu’on ne règle rien en contournant tout - la société est prête à appliquer et accepter les vrais changements. À ce moment tout devient possible. Tout… à condition d’accepter qu’il va y avoir de la résistance. Eh oui. C’est la dernière étape ; accepter d’être décrié par une meute de scribes qui proclamaient hier qu’il est minuit moins cinq et qui diront demain que toute action qui n’est pas insignifiante à force d’être mesurée n’est rien d’autre qu’une lubie radicale. Ces scribes sévissent bien sûr dans les journaux mais on en trouve partout où l’intérêt individuel trace les contours de ce qui est jugé possible et de ce qui est considéré comme une hérésie. Les plus mous sont souvent les politiciens. Confondant l’envie d’être élus avec celle d’être aimés, ils hésitent à passer par le chemin emprunté par Lévesque - celui qui l’amena à 16% de popularité au moment où il fondait le Québec d’aujourd’hui. Dieu soit loué, il n’y en a pas autour de moi. Je suis entouré de vrais soldats.

Bon, foin de philosophie et de gribouillage  - mes amitiés dans vos maisons.

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