Les deux dernières journées n’ont pas été bonnes. Pas parce que la Presse est mitigée. C’est très bien qu’elle le soit; c’est bien que les gens s’inquiètent. L’inquiétude est la première étape de la conscience sociale et politique. Je préfère des gens inquiets et tout à fait opposés à nos idées que des gens apathiques - fuyant la société par le silence et la fermeture sur eux-mêmes.
Par ailleurs ça me permet de me moquer publiquement des inquiétudes de ceux qui croient que les attaques affaiblissent les convictions. Dans l’ordre, les hommes politiques québécois qui ont été les plus attaqués furent aussi les plus utiles (Castonguay, Lévesque, et les autres). N’ayez crainte; en aucun cas je n’oserais commencer à me comparer avec ces géants - je les cite uniquement à titre de référence.
Si les journées n’ont pas été bonnes c’est plutôt à cause de la nature des échanges entre nous et les SDC et de la mauvaise qualité de la couverture médiatique qui en a résulté. Nous nous éloignons d’un vrai débat. Si je suis prêt à recevoir des obus pendant trois ans - sans que ça m’ébranle le moins du monde - je n’ai par contre aucune envie d’un débat stérile, ne serait-ce que pendant trois jours.
Alors voilà, au lieu de publier le deuxième article que je voulais produire sur le stationnement, je vais enrichir le débat d’un geste rare : je vais publier - dans son intégralité - la position de négociaition que je vais tenir lors de ma rencontre avec monsieur Tremblay jeudi à 11h00.
En faisant ça, je fragilise notre position puisque je donne aux SDC tout le matériel dont ils ont besoin pour attaquer chacune de nos propositions. Ils vont pouvoir les enfler, les tordre, en publier des extraits choisis pour défendre leur stratégie guerrière. Mais au moins, les gens de bonne volonté auront été informés. Et ces gens de bonnes volonté sont nos électeurs. Ils sont des dizaines de milliers sur le Plateau.
Un dernier mot avant que je copie-colle la lettre. Lorsque Trotsky a négocié la reddition de la Russie à l’Allemagne en 1917, il n’avait qu’une exigence; il voulait que les négociations soient rendues publiques par un système de hauts-parleurs qui diffusait dans la ville les échanges en direct. Il croyait naïvement que les prolétaires de Berlin - entendant la justesse des valeurs des dirigeants russes - allaient monter aux barricades et prendre le parti de ces nouveaux représentants de la force ouvrière. Évidemment ça a foiré. Des générations d’analystes se sont moqués de ce tout premier exemple de transparence. Mais moi ça foirera pas. Les hauts parleurs se sont beaucoup raffinés depuis 1917 ;))
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Base de négociaition Plateau avec monsieur Tremblay
En vue de la préparation de notre rencontre de jeudi, je voudrais préciser un certain nombre d’éléments dont la compréhension est nécessaire à la poursuite de nos discussions.
Premièrement : vous exposer notre plan stationnement
Deuxièmement : partager avec vous notre compréhension des pouvoirs de l’arrondissement dans la tarification du stationnement pour que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes.
Troisièmement : vous exposer exactement combien de revenus nous voulons aller chercher et pourquoi.
Quatrièmement : vous souligner les dilemmes de court terme auxquels nous faisons face dans les choix budgétaires qui sont devant nous (taxe spéciale ou parcomètres).
Cinquièmement : explorer des pistes d’encadrement permettant de fonder une politique claire et équitable du stationnement – et en particulier de l’utilisation du stationnement comme source de revenus par les arrondissements.
Plan stationnement du Plateau Mont-Royal
Cinq initiatives sont prévues :
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Initiatives
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Estimation de revenu (M$)
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Ajout d’environ 600 parcomètres – essentiellement sur des collectrices qui n’en n’ont pas (dont quelques uns sur une artère – la rue Sherbrooke)
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1.7
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Uniformisation des tarifs à 3$ l’heure partout sur le territoire
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1.2
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Tarification jusqu’à 1am (sur St-Laurent entre Sherbrooke et des Roy) – avec un tarif qui reste à déterminer pour ne pas que ça dépasse 10$
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Négligeable
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Projets pilotes de parcojour (système de vignettes à l’année, au mois ou à la journée avec des tarifs différents pour les résidents et les visiteurs)
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Négligeable
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Retrait de 1500 places de stationnement sur trois ans (pour sécuriser des coins de rues, agrandir des parcs, créer des places publiques et aire passer de nouvelles pistes cyclables).
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n/a
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Les revenus sont déterminés en fonction des règles actuelles - i.e. que nous ne calculons aucun revenu pour les artères et que nous enlevons 35% de frais d’administration et 26% de péréquation pour les revenus sur le réseau local.
Pouvoir d’arrondissement et stationnement
D’abord, une admission: hier, dans une conversation technique, j’ai prétendu, à tort, que nous avions le pouvoir de tarifer le stationnement sur les artères mais que les revenus seraient touchés par la ville centre. Je me suis trompé. Ce que la loi sur les cités et villes stipule, c’est que la ville centre gère le stationnement sur les artères et que les arrondissements gèrent le réseau local (i.e. les collectrices et les résidentielles).
Cette précision me permet de corriger mon erreur d’hier et de souligner au passage que les rues Mont-Royal, St-Viateur, Bernard, Fairmount et une partie de la rue Roy, étant des collectrices, et non des artères, font partie du réseau local. Elles n’échapperaient pas à l’imposition de nouveaux tarifs de parcomètres – même selon les règles actuelles (i.e. même dans le cas d’un abandon de la politique de décentralisation aux arrondissements des revenus et de la gestion du stationnement sur les artères).
Plus de revenus pourquoi
Notre arrondissement est bien géré. Je ne le dis pas pour m’en vanter ; tout le crédit revient à la directrice générale (Isabelle Cadrin) et son équipe. Depuis notre arrivée, nous avons remboursé 1.6 million de la dette de 4 millions ; nous avons commencé à regarnir nos réserves de neige (0.8 million) et notre réserve d’imprévu (0.350 million).
Si nous recherchons des nouveaux revenus, ce n’est pas pour couvrir une administration dépensière. Trois raisons justifient notre plan de réinvestissement de 6 à 7 millions par an. Le premier coûte 1million, les deux autres environ 3 millions de dollars.
1. Mieux servir les résidents. Le fonctionnement courant de l’arrondissement ne peut être réalisé avec la dotation de base. Les temps d’attente pour des actions banales (réparation d’un puisard qui claque, signalisation d’un débarcadère pour une nouvelle garderie, analyse d’une plainte liée à l’émission des permis) atteindrait facilement 300 jours. Toutefois, nous n’avons pas besoin de nouvel argent pour améliorer nos services de base ; nous pouvons y arriver en utilisant les surplus de neige permis par nos nouvelles pratiques de déneigement et par les années clémentes. Mais c’est un équilibre fragile. Il vaut mieux prévoir un investissement stable de 1 million par an. S’il n’est pas utilisé, il peut servir à payer la dette, absorber les compressions fréquentes, etc.
2. Faire face à l’achalandage. Le Plateau est un quasi centre-ville qui attire chaque jours des dizaines de milliers de visiteurs (22 000 piétons par jour sur Mont-Royal en semaine – jusqu’au triple la fin de semaine). Cet achalandage génère des charges de travail importantes et appelle des investissements ciblés dans des domaines précis (pavage, trottoirs, apaisement de la circulation, verdissement, parcs, etc). Dans certains domaines et en soutien à ces investissements, il faut aussi renforcer nos services de première ligne au delà des budgets actuels (surtout en propreté, arrosage, plantation). Nous comptons investir 2 millions par an et dépenser 1 million de plus en charge d’exploitation pour faire face à cet achalandage.
3. Notre quartier est magnifique à plusieurs égards. Mais son aménagement a été dicté par la place donnée à l’automobile pendant des décennies. C’est pourtant le quartier de Montréal (et du Canada) où les gens marchent le plus. Nous voulons réinvestir environ 2 millions de dollars par année dans des aménagements qui vont progressivement changer une partie de son visage (zone rencontre Laurier, agrandissement de parcs, petites places publiques, rétrécissement et verdissement de rues, etc.). Nous voulons aussi réinvestir dans la vie communautaire, les marchés publics et la culture. Il ne s’agit pas de projets de prestige : ce seront des projets de quartier, d’une facture frugale.
Le plan va se faire sur la base de la rédaction de 4 plans stratégiques (2 sont déjà terminés) : le verdissement, l’apaisement, l’aménagement et la vie communautaire. Il s’agit d’une initiative unique et exhaustive de définition de la qualité de vie dans un quartier central. Le lancement de ces plans va se faire le 16 décembre lors d’une assemblée publique qui va nous permettre d’écouter la population. Une liste de projets sera soumise aux citoyens pour en arriver à des choix éclairés.
Rappelons que cette augmentation prévue des dépenses est quand même limitée (à environ 10% de notre budget actuel) : difficile de parler de folles dépenses.
Option taxe ou option Parcomètres
En analysant les revenus qu’il est possible d’engendrer par une exploitation plus intensive des parcomètres sur le réseau local (nouveaux parcomètres et nouveaux tarifs), mais en prenant en compte le fait que nous ne recevrions pas les revenus sur les artères; nous faisons le constat selon lequel il nous manquerait entre 3.5 et 4 millions de dollars pour atteindre nos objectifs de dépenses pour 2011. Nous allons faire des compressions dans nos dépenses et nous allons modifier les heures de tarification sur certains tronçons pour limiter le manque à gagner à ce niveau.
Nous pourrions, pour aller chercher ces revenus, accélérer l’instauration des parcojours. Mais je trouve que c’est une mauvaise piste. Nous ne sommes pas certains du succès de ce concept. Il faut vérifier l’accueil par les résidents ; les impacts sur l’achalandage ; le tarif par zone, etc. Tout cela doit être fait consciencieusement. Comprenons-nous bien : le parcojour, à long terme, pourrait être une source de revenu formidable (pour tous les arrondissements) mais nous n’avons même pas de preuve de concept. Un des risques importants est que les visiteurs viennent quand même en grand nombre – malgré la tarification – et qu’il n’y ait plus de places pour les résidents. Ce que nous voulons absolument éviter.
L’autre façon – la plus évidente – est la taxe spéciale.
Nous avons deux scénarios de taxe spéciale. L’une à 5 millions $ - qui suppose l’abandon complet du plan stationnement – et l’autre à 2.5 millions qui remplacerait une partie du manque à gagner sur les artères. Dans un cas comme dans l’autre, la date limite pour qu’il en soit tenu compte dans nos budgets est le 1er décembre.
Nous sommes en tain de documenter celle à 5 millions $. Lors de notre rencontre, j’amènerai avec moi les données permettant d’évaluer les impacts sur les résidents et les commerçants.
Pour ce qui est de celle à 2.5 millions, elle a un grave défaut. Elle serait particulièrement injuste pour les commerçants des collectrices sur lesquelles nous avons déjà l’intention d’aller chercher des revenus de stationnement. En plus de se faire imposer des nouveaux parcomètres ou des nouveaux tarifs, ils auraient à subir une taxe de 500 à 600 dollars en moyenne. Pour les résidents, l’impact de la hausse serait limité à 100$ - pour une année seulement (i.e. jusqu’à l’adoption du plan stationnement).
Ces scénarios de taxe spéciale ne nous plaisent pas du tout. Ce que je propose plutôt, c’est que nous augmentions les tarifs des parcomètres sur tout le territoire – y compris les artères dès le début 2011 ; que l’argent correspondant à l’augmentation des tarifs sur les artères soit dépensé par la ville centre dans des projets identifiés avec le Plateau ou qu’il soit remis à l’arrondissement pour des projets reportés en 2012 – quand l’encadrement de gestion sera terminé et adopté.
Pour ce qui est du réseau local ; nous appliquerions les règles actuelles de péréquation - ce qui nous fera perdre quelques centaines de milliers de dollars – mais il faudrait que nous trouvions un mécanisme de calcul pour que ces pertes soient limitées à 2011 (je préciserai verbalement cet enjeu parce qu’il nécessite un échange pour être compris).
Encadrement des pouvoirs de gestion des parcomètres
Je suis bien entendu d’accord avec la décision du comité exécutif de transférer la gestion des parcomètres aux arrondissements et de leur permettre de conserver 100% des nouveaux revenus. Même dans les quartiers où les revenus de parcomètres sont faibles en ce moment ; le potentiel est immense sur les cinq prochaines années.
Je suis aussi d’accord, bien que je la trouve un peu tardive, avec la décision de monsieur Tremblay d’encadrer la gestion des parcomètres avant de la céder aux arrondissements.
J’ai cru y voir les objectifs suivants :
1. S’assurer du caractère raisonnable en termes de tarifs (notamment par la fixation de limites maximales) ;
2. S’assurer de la faisabilité et de la profitabilité pour l’opérateur des bornes ;
3. S’assurer des normes d’implantation (qualité de l’affichage, lisibilité) ;
4. Garantir un minimum d’uniformité sur les modèles de tarification et les moyens de paiement ;
5. Mesurer la charge de travail pour le service de police (vérification de paiement)
6. Garantir une équité financière entre les arrondissements.
7. S’assurer d’une affectation des revenus dans des projets structurants.
Sur les cinq premiers points, nous avons fait nos devoirs. En particulier ;
· Nous n’avons pas l’intention de dépasser un seuil de 3$ de l’heure
· Nous avons rencontré la direction de stationnement Montréal qui est enchantée et enthousiasmée par notre projet de parcojour et qui y travaille activement avec nos équipes.
· Nous avons aussi rencontré la police de Montréal qui nous assure avoir les ressources nécessaires pour faire face à la charge de travail générée par nos initiatives.
Nous acceptons de déposer un rapport approfondissant les 7 points (et tout autres que vous voudriez ajouter) pour vous aider à fonder cette nouvelle politique de stationnement.
Pour ce qui est des innovations (extension des heures dans la zone des bars et parcojour) nous acceptons de les reporter à une date qui permettra d’assurer toutes les vérifications nécessaires en amont des projets. Nous invitons aussi le comité exécutif, s’il le désire, à nommer un gestionnaire supervisant avec nous leur développement et vous permettant d’en faire le suivi.
Pour ce qui est des points 6 et 7, les plus difficiles à déterminer ; ils justifient en effet un report du transfert des responsabilités aux arrondissements. Mais, ils ne justifient pas, à nos yeux, le report de la décision sur la majoration des tarifs. Même en décrétant cette majoration immédiatement, nous aurons 16 mois pour décider si et comment une répartition doit être faite (puisque les revenus de parcomètres ne sont livrés par stationnement Montréal qu’au mois d’avril suivant l’année de perception).
En espérant ces clarifications suffisantes pour animer notre discussion de jeudi.
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