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Protéger l’immatériel ?

22 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

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Le restaurant Sous-marins chez Vincent vient d’être vendu à un promoteur pour une petite fortune. Le bâtiment qui est prévu à la place est un exemple typique de ce que la spéculation peut faire à un quartier : une boîte sans aucun charme et aucune recherche architecturale abritera des appartements de 800pi carrés qui ne pourront attirer que des célibataires sans enfants. Pour ajouter à la banalisation, on propose au rez-de-chaussée rien de moins qu’un Strarbuck.

Le plus drôle peut-être, c’est que sur l’image du projet qui nous a été envoyée à l’arrondissement, l’affiche est en anglais seulement: «Starbuck coffee».

Le gros tact.

Dire que je ne suis pas sympathique au projet, c’est peu dire. Mais voilà, le promoteur n’y est pour rien. À part le manque de sensibilité, il propose un projet à première vue  conforme au règlement d’urbanisme. La hauteur semble réglo; les coins de rue permettent, selon les règlements d’urbanisme, une occupation du lot à 100 % sans dégagement sur la rue. Et rien ne l’oblige à vendre autre chose que des appartements de 800 pi carrés. Et rien ne l’empêche non plus de proposer une chaîne américaine de café - après tout Mont-Royal a bien son Second Cup.

Par ailleurs, l’arrondissement n’a pas les ressources pour acheter le terrain qui s’est négocié pour un prix hallucinant.

Kess qu’on fait ?

La seule chose qu’on peut faire, c’est refuser la démolition. Si on fait ça, on prive le vendeur d’un profit légitime. Ça fait je sais pas combien de temps que le proprio trime dans son bouiboui; c’est tant mieux pour lui si son commerce a pris une telle valeur. Le gars a le droit à sa retraite. On ne peut arrêter ce projet juste par la haine de la spéculation; de l’uniformisation, de la banalisation, du manque de sensibilité et la colère face à cet aveuglement collectif qui nous fait foncer toujours plus rapidement dans un monde américanisé de consommation vide de sens, de saveur, d’histoire et de profondeur.

Il reste que la rue Laurier mérite mieux que ça. C’est un des derniers coins du Plateau où il règne une ambiance de village. Le bâtiment qui est proposé ne respecte en rien cette ambiance. Chez Vincent, on s’entend, ce n’est pas un trésor architectural, mais c’est le rappel d’une époque où l’argent était plus rare et où une sortie de famille se résumait souvent à une marche jusqu’au Dairy Queen. La forme de la bâtisse est un rappel de notre enfance et son dégagement par rapport à la rue (tant à l’avant que sur le côté) crée une mini place publique. J’y ai moi-même tenu un party de trottoir pendant la campagne. Le commerce abrite aussi une faune en voie d’extinction: du monde ordinaire qui se commande une soupe poulet et nouilles.

Je déteste l’idée de voir disparaître tout ça. Est-ce que je me trompe ?

Qu’est-ce que vous pensez qu’on doit faire ?

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Mise au point 2

17 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Dans toute la saga sur le stationnement, j’ai reçu une dizaine de lettres de résidents du Plateau qui s’inquiétaient pour leur visite (où vont-ils se garer ?). Nous avons pu les rassurer en leur décrivant les mesures que nous allions mettre en place pour qu’ils ne soient pas pénalisés. Mais les lettres les plus agressives et les plus nombreuses sont venues de citoyens résidant à l’extérieur du Plateau qui m’ont écrit pour me dire qu’il ne viendraient plus magasiner ici s’ils n’arrivaient pas à se trouver une place de stationnement. C’est dommage.

Mais pas tant que ça et pas dans tous les cas.

Je ne veux pas avoir l’air intransigeant, indifférent ou méprisant en disant cela; je vais donc prendre le soin de m’expliquer comme il le faut. Je ne pense pas non plus avoir - pour cette question - une base de connaissances à toute épreuve qui me permettrait d’affirmer que j’ai raison; j’espère donc que vos commentaires pourront enrichir le débat. Voici ce que je pense.

1) Un certain nombre de commerces - surtout des bars - sont un véritable poids pour l’arrondissement. Ce ne sont pas tous les bars; seulement quelques uns. Si vous vous promenez un dimanche matin sur Saint-Laurent, vous allez croiser une dizaine de plaques de vomi, pas mal de bouteilles de bière brisées, énormément d’assiettes en carton dans lesquelles on sert de la pizza à 99 cents. Est-ce que la perte de certains établissements qui desservent cette clientèle serait une catastrophe pour nous ?

2) Un certain nombre de restaurants n’arrivent pas à diminuer les impacts qu’ils ont sur les résidents. Dans la ruelle entre St-Laurent et Clark, mais aussi dans celles derrière Duluth ou Avenue du Parc, nous avons constamment des plaintes pour la propreté au point où des cas de vermine sont souvent mentionnés. Le propriétaire des restaurants en question n’est pas sur place; le staff change aux deux mois. Très difficile de faire évoluer ces établissements. Dans d’autres cas, il s’agit de restaurants très huppés, mais qui refusent de considérer les résidents autour. Je ne donnerai pas de noms. Est-ce qu’on doit tout faire pour que ces restaurants, qui ont des prix exorbitants et des impacts majeurs sur les voisins, puissent assurer un prix minimum pour le stationnement ?

3) Un certain nombre de bars et de restaurants - toujours de la rue Saint-Laurent - sont des lieux de rassemblement privilégiés des gangs de rue. Lesquels ? Ne cherchez pas des trous mal famés; cherchez les beaux établissements où l’argent coule à flots. Il faut reconnaître que souvent le propriétaire de l’établissement n’y est pour rien - et qu’au contraire plusieurs font des efforts pour ne pas attirer cette clientèle. Est-ce qu’on aurait des remords à faire payer le tarif maximum pour le stationnement de ces clientèles ?

4) L’augmentation de l’achalandage sur les rues de quartier comme Mont-Royal, St-Viateur ou Laurier Est, par exemple, s’est traduite par une augmentation faramineuse du coût des loyers. Pour les petits commerces de quartier (nettoyeur, cordonnier, coiffeur) il est dorénavant impossible d’ouvrir une boutique (ceux qui sont là depuis longtemps ont plus de chance). Quand un 10e restaurant qui offre des petits-déjeuners ou du sushi ouvre sur Mont-Royal, dites-vous bien que l’intérêt pour les résidents du Plateau est tout à fait relatif. Il est vrai que si l’achalandage diminue, certains commerces vont fermer et les propriétaires (qui sont des grands groupes immobiliers) ne baisseront pas les prix. Ce ne sera pas le retour des cordonniers et des couturières du jour au lendemain. Les vitrines vont donc se couvrir de papier brun pendant longtemps et ça, personne ne le veut. Mais c’est peut-être juste un mauvais moment à passer pour qu’on retourne à des prix de loyers commerciaux plus raisonnables.

5) Avec l’interdiction de fumer à l’intérieur, les clients se rassemblent dehors devant la porte des bars, jusqu’aux petites heures. Personnellement je trouve ça sympathique. J’aime qu’il y ait du monde dehors, et en plus du monde qui parle. La sécurité d’une rue est proportionnelle au nombre de personnes qui y sont présentes. Plus il y a de monde, plus c’est sécuritaire. Mais c’est aussi plus convivial, plus chaleureux, plus humain. Le problème c’est pour les appartements du haut. En haut de Chez Baptiste par exemple, il y avait deux logements. On annonçait hier deux bureaux à louer  - sans doute parce que c’est invivable pour des locataires. Il y a plus de mille logements aux étages de la rue Mont-Royal; il est hors de question qu’on accepte l’idée qu’ils doivent tous partir parce que la rue est de plus en plus populaire.

6) Un certain nombre d’établissements sont la propriété de gens qui habitent à l’extérieur de l’arrondissement et dont la clientèle vient aussi de l’extérieur. Il est vrai que ces établissements paient des taxes et ont le droit à des services. Mais entre un commerce qui dépend pour sa survie de la disponibilité de 50 places de stationnement gratuites et un autre qui dépend de 50 marcheurs qui habitent autour et qui eux aussi paient des taxes, le choix est vite fait.

7) Le vrai problème de stationnement je le vois dans deux cas. Le premier ce sont les commerces de première nécessité qui sont fréquentés par des résidents qui ne peuvent pas tous se rendre à pied. L’épicerie par exemple. Pour ces commerces et pour ces gens, il faut trouver une solution. À noter que la solution n’est pas nécessairement la gratuité absolue, mais bon - peut-être que oui (ou la livraison en vélo ?).  Le second, ce sont ces commerces - et il y en a des centaines - dont la clientèle est double. En d’autres mots, la clientèle qui habite à l’extérieur arrondit les fins de mois et permet aux commerçants de durer. Je pense, par exemple, au très sympathique Fouvrac, à certains restaurants, à énormément de commerces sur la rue St-Denis, à Farfelu, à Fêtard, au magasin de bas dont j’ai oublié le nom, à des cafés comme Club social où la vieille bande d’italiens qui y traîne le jour (et qu’on ne veut pas perdre) habite ailleurs. Et Zen, le fleuriste, Renaud-Bray bien sûr, la Maison Dubeau, Croteau et j’en passe des douzaines. Pour ces cas-là, il faut réfléchir. J’ai tendance à croire qu’on peut augmenter le nombre de places payantes et qu’ils ne mourront pas. Zone par exemple sur St-Denis vient de s’agrandir alors qu’il est pratiquement impossible de trouver une place de stationnement gratuite aux alentours depuis une décennie. Renaud-Bray a explosé en volume et en croissance depuis l’époque de la vieille librairie Champigny - alors que le nombre de places de stationnement gratuites a évolué dans l’autre sens.

En conclusion, la prospérité économique et la qualité du mix commercial d’une rue ne dépendent pas systématiquement de l’augmentation de l’achalandage ni d’une offre gratuite de stationnement. Je pense que nous sommes devant un problème typique de gestion du changement. J’ajoute toutefois en finissant que je m’inquiète pour la rue St-Laurent. Plusieurs bars sont en difficulté et si la construction de nouveaux logements fléchit, j’ai peur pour certains commerces de meubles. Ça n’a rien à voir avec le stationnement mais s’il fallait que cette diminution de la prospérité se produise au même moment où on se met à facturer plus systématiquement les stationnements gratuits aux alentours, on paraîtrait mal. Ce qui, vous l’avez deviné, est une préoccupation et non un critère de décision.

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Mise au point 1

16 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Deux fois par jour je croise kekun qui me dit : monsieur le maire, de profession je suis plombier - tout mon stock est dans la valise de l’auto; la fin de semaine, je m’en sers pour déménager des sofas usagés; ma femme est infirmière de nuit à Mascouche, mon gars est un accidenté du travail, toutes les fins de semaines je vais voir ma vieille mère à St-Agapit - je suis sa seule visite de la semaine. Je voudrais faire tout ça en transport en commun mais je ne peux pas. Quelle est votre solution?

Bin ma solution, mon homme, c’est: «achète toi un char».

Je sais que sur ce blogue et sur d’autres qui abordent la question, il y a pas mal de gens (bien intentionnés) qui diraient  «ah bien pour les sofas, il y a Déménagement Myette qui fait les livraisons à vélo; pour les visites chez ta vieille mère y’a Communauto, pour ton gars accidenté y pourrait faire du télétravail pis pour ta femme infirmière - pourquoi elle demande pas un transfert à l’hôpital au coin de ta rue? Je respecte les conseils de ces blogeurs et c’est en tout respect que je leur signale combien ils sont à la fois précurseurs d’un monde meilleur et… atypiques. Peut-être que dans 20 ans, tout le monde sera rendu à leur niveau, mais pour l’instant même moi je ne le suis pas. Quand je vais faire du ski de fond la fin de semaine, je loue une voiture (pourtant il y en a au Mont-Royal du ski de fond et il y a des sorties de groupe en autobus, etc.). Mais je préfère louer un char. Quand je suis en retard à l’hôtel de ville, je prends un taxi (même si je sais qu’Alex y va en vélo 12 mois par année - oui, mais moi ça ne me tente pas, il faudrait que je m’achète un grand maudit coat noir comme lui et franchement j’ai pas envie - l’an prochain peut-être). Quand j’ai une fête de famille dans le grand nord  chez ma soeur (Rivières des Prairies), je demande à mon frère de passer me chercher. Si bien qu’en bout de ligne, j’utilise assez souvent une voiture.

Que ceux qui s’imaginent que nous voulons proscrire toutes les voitures tout le temps se le tiennent pour dit: ce n’est pas vrai. Pas mal des solutions qu’on va mettre en oeuvre pour le stationnement vont au contraire faciliter la vie des familles qui ont une voiture - pour la simple raison que nous constatons la difficulté pour beaucoup de familles de limiter leurs transports et, parallèlement, la très mauvaise efficacité des solutions alternatives dans bien des cas.

Par contre, si, comme le grand innocent qui travaille au central (allo Joël ;)), tu veux venir jouer à la balle dans le parc Lafontaine en SUV, attends-toi à payer. Si tu viens cruiser sur la main locale à la sortie de ton bureau un jeudi de 5 à 7 : pour sûr que ça va te coûter un ptit 2. Pis si tu profites en masse des 2 pour 1 à la terrasse; ça va sans doute t’en coûter 2 de petits 2. Même si t’es cheap-que-le-christ et que tu fais le tour quarante fois du pâté de maison pour te trouver une place gratuite.

Le principe est simple: nous allons mettre de la pression quand nous considérons qu’il y a des alternatives valables. Nous allons aussi travailler au développement de ces alternatives (comme la multiplication des voitures en auto-partage, l’augmentation substantielle de l’offre de transport en commun, la sécurisation des parcours piétons - leur embellissement aussi, la croissance du réseau cyclable). Mais pour la livraison des sofas sur une base quotidienne, les véhicules motorisés sont toujours recommandés pour la majorité (ce qui ne vous empêche pas de contacter Myette - qui by the way, n’est pas plus cher qu’une entreprise de déménagement classique).

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Grosse décision hier: piscine Laurier

12 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Ça fait un mois que j’essaie de décider l’inverse de ce que nous avons décidé aujourd’hui: donner suite au contrat de rénovation de la piscine Laurier.

C’est cher ; autour de 4 millions de dollars. J’aurais voulu ne pas dépasser 2. J’aime pas le look bling bling du projet. J’aime pas l’empreinte au sol avec son immense plage. Pour moi le parc Laurier, c’est un  parc modeste; presque intime. C’était tellement prolo il y a trente ans. Mon cousin habitait sur St-Hubert et ma grand-mère sur de Lanaudière. Il y avait un cinéma pour enfant  a b s o l u m e n t génial sur Laurier (là où le vidéo comme disent les gens de Québec). Et surtout, il y avait beaucoup de pauvreté. Il y avait beaucoup de bums dans la piscine. C’était intimidant de se baigner là. Enfin, moi je trouvais ça intimidant parce qu’on venait d’Ahuntsic. Je dis tout ça pour en arriver à dire que ce serait dommage de trop pimper le parc.

Mais bon, on a pas le choix, il faut refaire le système de filtration et pour ça il faut casser la plage; il faut aussi refaire la piscine elle-même; et puis tant qu’à faire on va construire une pataugeoire parce que maintenant les pataugeoires doivent être alimentées en eau filtrées et chlorées - donc près des piscines. Le parc est contaminé parce qu’il a été construit sur un ancien dépotoir; alors bien sûr la facture de décontamination est énorme.

Finalement, comme c’est un contrat qui a déjà été signé, son annulation nous aurait coûté 600 000$. Malgré tout on aurait pu économiser 1,2 million en faisant un plan plus modeste. Mais on n’aurait pas eu de pataugeoire. Quand tu vois le nombre d’enfants qui jouent dans le parc…une pataugeoire c’est peut-être pas un luxe.

Finalement, ce qui nous a décidé c’est que de perdre 600 000 pour sauver 1,2 millions c’est peut-être pas l’idée du siècle. Néanmoins on va revoir les plans: il faut que les vrais points focaux du parc restent ces arbres centenaires et majestueux et non pas une piscine au look Hilton.

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lendemain de crise

10 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

J’ai finalement rendu les armes sur l’article d’hier et je l’ai modifié substantiellement. J’ai notamment effacé toute la partie critique sur les medias.

Quelques amis proches, quelques fines mouches, quelques blogueurs m’ont fait comprendre que le ton humoristique ne se prête pas à la fonction de maire. On m’a aussi signifié que les attaques en règle des medias - toutes valables qu’elles soient - s’apparentent au passe temps bien connu qui consiste à cracher en l’air. C’est vraiment poche; voilà une autre petite liberté que je perds (après celle de passer sur la rouge quand je suis à pieds). Je renonce donc par ce billet à m’amuser de façon outrancière et badine à pourfendre la médiocrité en la caricaturant.

Je le fais parce que je me suis laissé convaincre qu’on aurait assez de troubles à instaurer les réformes que nous voulons mettre en oeuvre pour qu’en plus la moitié de notre temps soit consacré à défendre le ton que j’utilise dans mes billets.

Mea culpa. On s’est bien amusé quand même le temps que ça a duré. ;))

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L’hérésie du stationnement

9 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Nous venons d’essuyer une autre petite tempête médiatique (une vingtaine d’entrevues medias et journaux) sur la très délicate question du stationnement (quand je dis nous, il s’agit surtout de Josée Duplessis et de Alex Norris à qui a été confiée cette grosse commande). C’est la deuxième fois que je me fais avoir en donnant une information à des journalistes sur un programme à venir alors que le programme n’est pas prêt.

Je ne suis pas certain que les effets soient si destructeurs. Certes nous avons été pris au dépourvu les deux fois et n’avons pas pu expliquer les subtilités de nos propositions, mais d’un autre côté ça a eu le mérite d’annoncer assez clairement le sens des changements que nous voulons faire. Pour plus de précisions sur la question de stationnement voici quand même quelques détails importants de notre vision.

  • Nous voulons instaurer une vignette blanche pour certains visiteurs qui restent garés toute la journée dans le quartier. Plusieurs parce qu’ils y travaillent; d’autres parce qu’ils ont pris l’habitude de venir en voiture jusqu’à certaines stations de métro et de se garer pour se rendre ensuite en métro au centre-ville. Parfois ce sont des firmes de location de voitures qui laissent les véhiculent dans la rue toute la journée; d’autre fois encore, ce sont les étudiants - comme ceux de l’école des métiers de la construction - qui y sont de 7 heures le matin à 23 heures le soir (à raison de 2 shifts par jour).
  • Dans bien des cas, ces gens veulent une vignette. Ils nous l’ont demandé sans relâche pendant la campagne. Les commerçants surtout, soit pour leur propre voiture; soit pour garer une camionnette de livraison par exemple.
  • Il n’est pas normal que quelqu’un qui vient en métro et en autobus doive payer une CAM; qu’un résident doive payer une taxe foncière ou une vignette mais qu’un visiteur permanent et fréquent ne paie rien.
  • Nous ne voulons pas pénaliser les commerçants - et surtout pas les commerçants qui sont vitaux pour le quartier. Nous allons prendre soin de moduler les vignettes pour permettre à quelqu’un de s’arrêter deux heures sans payer pour faire ses achats. Ou alors ce seront des zones de parcomètres qui permettront de faire des arrêts courts et pas chers. Par contre, il est tout à fait normal que quelqu’un qui vient passer 4 heures dans un bar et dépenser 100$ paie pour son séjour sur le Plateau (même si pour certains tenanciers de bars il est normal que la bière soit deux fois plus chère sur le Plateau  MAIS IL FAUT ABSOLUMENT QUE LE STATIONNEMENT SOIT GRATUIT!)
  • Nous ne voulons surtout pas pénaliser les résidents, au contraire : certaines zones de vignettes rouges ont été sur-vendues: il y a moins de places que le nombre de détenteurs de vignettes et nous voulons rectifier ce problème.
  • Nous voulons trouver une solution pour les résidents qui louent des voitures à l’occasion ; en leur fournissant un carton à gratter (ils grattent le mois et le jour) qu’ils mettent dans leur pare-brise les jours où ils ont besoin de se garer dans la zone de vignette.
  • Les mêmes cartons à gratter pourraient être vendus (2$? - je ne sais pas - je dis ça juste pour illustrer le fait que ça ne serait pas très cher) en paquet que les résidents pourraient donner à leur visiteurs occasionnels.
  • Il est aussi question de parcomètres sur certaines rues qui sont à la fois commerciales et résidentielles qui pourraient être gratuits pour les résidents et payants pour les visiteurs.
  • On peut aussi imaginer des parcomètres dont les deux premières heures seraient gratuites pour faire des achats pour les rues moins achalandées où il n’est pas nécessaire de générer un taux de roulement des véhicules;
  • On pourrait peut-être avoir une vignette qui permettrait aux résidents de se garer aussi sur les zones des vignettes de visiteurs (par exemple pour un résident qui fait des achats à l’autre bout du quartier).

Toutes ces propositions vont être débattues; réfléchies sous-pesés, complétées et au bout du compte la situation sera bien plus équitable pour tout le monde que le free for all actuel où c’est le même cochon de payeur de taxes qui paie pour tout le monde.

Nous prendrons le temps de  discuter des propositions finales dans le cadres de forums - sans doute plus élaborés que celui du déneigement puisqu’on doit s’attendre à plus de réactions.

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Lhasa

6 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Lhasa, comme Dédé  est morte beaucoup trop jeune. Il faudra faire de nouvelles places publiques pour que la pierre nous rappelle tous ces êtres géniaux et fragiles qui ont vécu parmi nous.

La présence de Lhasa dans notre quartier était un honneur. À la suite d’une enfance bohème à travers les États-Unis et le Mexique, Lhasa s’est installée à Montréal et y a trouvé une ville qui lui ressemblait, qui la stimulait et qu’elle chérissait.

Décrite comme « citoyenne du monde, une citoyenne de la musique », Lhasa était attachée à la diversité, à la tolérance et au dynamisme culturel qui caractérisent le Plateau. Sa contribution à l’enrichissement de cette dynamique aura marqué les deux dernières décennies et lui survivra.


« N’importe où dans le monde, ce ne sera jamais comme à Montréal », disait-elle. « Je me sens tellement chanceuse de vivre ici ».
Nous, nous étions chanceux de l’avoir.

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décadence morale

1 janvier 2010 | Auteur: Luc Ferrandez

Hier, un jeune homme de 21 ans a perdu le contrôle de son véhicule et a heurté deux piétons sur le trottoir dont l’un est dans un état critique. Bien sûr, il est interdit de conduire en état d’ébriété et le jeune homme sera puni (perte de son permis de conduire  et amende sans doute). Mais il ne peut être puni qu’après les faits.

Dans la région de Montréal les statistiques de Urgence Santé indiquent que  8 enfants par semaine sont grièvement blessés (i.e. transportés en ambulance après avoir été frappé par un véhicule). 145 piétons se font frapper par année sur le Plateau (en majorité des enfants et des personnes âgées).

Et si on interdisait la conduite automobile aux catégories de personnes qui causent le plus d’accidents (un jeune garçon de 21 ans, dans un SUV le 31 décembre mettons) - nous passerions pour des idiots et des tyrans.

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Semaine du 14 décembre

22 décembre 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Je suis en retard pour le rapport hebdomadaire promis. No wonder - je travaille comme un malade et je ne dors pas une nuit sur deux parce que je rumine plein de trucs. Y’a François qui me dit «prend ton gaz égal; t’es pas Obama». C’est vrai, comment il fait pour dormir lui qui gère un pays 3000 fois plus gros que le Plateau ? Va savoir. Il y a des êtres d’exception.

Donc la semaine passée,  avec la directrice, on a visité les cols bleus, les auxiliaires, les contremaîtres et les gestionnaires des bibliothèques, des parcs, des patinoires, des piscines et de la voirie. Le bain Schubert est une merveille; toujours fonctionnel avec son petit bassin et son hall en carrelage art déco; la coordonatrice qui y travaille nous dit qu’elle ne pourrait pas travailler ailleurs; que c’est sa deuxième maison - je la crois. La bibliothèque du Mile end aussi est une merveille - logée dans une ancienne église anglicane; la bibliothécaire qui y travaille nous dit qu’elle ne pourrait pas travailler ailleurs - que c’est sa deuxième maison ; je la crois. En passant, je n’y suis pas encore passé mais c’est la même chose à la très belle caserne 26 aussi une merveille - ancien hôtel de ville du village de Lorimier. La ville a tout fait pour que les pompiers la quitte pour une plus grosse ; plus fonctionnelle. Eux ils ne veulent rien savoir; ils se sont velcroïser sur les murs pour ne pas bouger. Ah puis il ya le ptit couple qui tient le comptoir à hot-dog de l’aréna Saint-Louis. Je savais pas que c’était des bénévoles. Il doivent avoir 70 comme il faut - le monsieur en tous les cas. Quand c’est pas eux c’est son fils pis sa brue qui s’en occupent - bénévoles eux aussi. C’est drôle ça non ? Y’a des êtres d’exception.

Les visites les plus marquantes sont celles des cours de voiries. Pas mal (mais pas une majorité) d’employés frustrés refusant parfois de serrer la main des cadres; des irritants sur les horaires, les formations, les listes de rappel; l’adéquation personne-tâche; les auxiliaires. Mais c’est pas la guerre - c’est pas la hargne qu’on pense connaître quand on lit le journal par exemple. Je demande à la volée «c’est quoi la job la plus dure» deux femmes me répondent «arroser la patinoire de nuit quand il fait très froid». Presqu’à chaque coup un gars me parle un peu à l’écart pour me dire combien il trouve que les boss ont pas de coeur; comment  ils auraient pu éviter certaines petites humiliations. D’un autre côté, je sais bien que c’est pas de leur faute - qu’ils cherchent à gérer au plus serré. Ils font leur job….mais bon par curiosité, il faut quand même se demander s’il serait possible de leur donner les moyens de la faire autrement. Il faut dire que certains employés se gènent pas pour monter en épingle des cas mineurs. D’autres cas semblent mineurs mais néanmoins significatifs. Comme je leur ai dit : c’est impossible de comprendre tout ça en deux mois. Deux autres au minimum. Ce qui me surprend c’est l’inquiétude de certains auxiliaires qui ont peur d’être coupé. On pense, vu de loin, que les jobs syndiquées sont des jobs assurées. Pas du tout; il y a énormément de mouvement en fonction de la charge, des saisons. Encore une affaire à réfléchir.

La STM est venue en force cet après-midi. Veulent faire une voie réservée sur St-Joseph qui tournerait après sur St-Denis et qui irait au centre-ville «ienque-d’une-claque». Pas de stationnement à partir de 6 heures le matin; des gros autobus articulés; des interdictions de tourner à gauche qui vont pousser pas mal d’autos sur les rues résidentielles (qui vont tourner à droite pour faire le tour du pâté de maison pour aller à gauche). Les résidents se plaignent déjà que les vieilles vitres et vitraux tremblent au passage des camions. La STM serait ouverte à un projet plus fin, mieux pensé - tentant d’éliminer autant de voitures qu’il y aurait de nouveaux usagers du TC - annulant ainsi une partie des impacts de la voie réservée. Avec cette méthode, on pourrait - au fur et à mesure du succès de la nouvelle voie (et elle en aura)  réduire la circulation, puis un jour élargir les trottoirs et ré-élargir le terre-plein (lui redonner ses dimensions historiques). À la place quelques dinosaures du service des transports de la ville centre qui se calycent bien de la qualité de vie sur St-Joseph, rêvent d’un axe de tansit optimisé pour faire passer non seulement les autobus mais aussi le maximum d’autos. Je suis persuadé que ces gens vont comprendre nos arguments. Nous allons leur expliquer calmement que l’expo 67 est finie. Je me retiens, pour ne pas ruiner à l’avance nos chances de négocier, d’écrire toutes les insultes qui me montent à la tête. On se calme; on va réussir; ce sont des êtres humains; ils vont comprendre. Messieurs, je vais leur dire , les vitraux de la rue St-Joseph cachent des humains.

Pavillon Lafontaine c’est pas réglé mais bon, ça va mieux que la semaine passée. L’acheteur regarderait ailleurs - un peu découragé nous dit-0n (est-ce vrai?) par nos promesses répétées d’éliminer les stationnements illégalement construits dans la cour. Pas d’acheteurs : on pourrait peut-être déménager les bureaux de l’arrondissement dedans - sauvant au passage des centaines de milliers de $. On est sur le coup - mais bon on s’entend que c’est un long shot.

Coupure du budget d’investissement de 40%. Conséquence, on revoit le projet de rénovation de la piscine Laurier. Mais il faut dire que si on refait pas le système de filtration cette année, il faudra le refaire dans deux ou trois ans.

Les entrevues pour le ou la nouvelle DG ont duré toute la journée de vendredi. Très sérieux. J’ai beaucoup appris. C’est quelque chose un DG d’arrondissement - c’est lui qui sait tout dans les arrondissements où le maire se contente de faire de la politique. Méchant interrogatoire - 10 mises en situation, des dizaines de critères par scénario. J’ai été impressionnés par les candidats et encore plus par les deux DG qui composaient le jury (le DG de Verdun et la DG d’Hochelaga - en plus d’un gars des RH et moi). Ils en laissaient pas passer beaucoup.

Aujourd’hui; journée crève coeur; on a passé en entrevue 10 finalistes sur 48 candidats pour les 3 postes de soutien au conseil d’arrondissement. Simonak qu’on a coupé du bon monde.

Va dormir après ça.

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Forum sur le déneigement en direct sur le web

15 décembre 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Le forum sur le déneigement - demain à la fraternité des policiers - sera diffusé en direct sur le web. Comme ça notre lavage de linge sale du Plateau va être visible à travers ….j’allais dire la province, mais je me rends compte que la juste expression - même si ça fait tout bizarre  - c’est … le monde… ouf !. On est trop proche du changement pour savoir si c’est un progrès; mais bon disons tout de même que c’est un progrès technologique. La technologie serait donc en train (et nous aussi un peu) de ré-inventer la démocratie.

En toute honnêteté je me demdande si ça serait pas plus sympathique de garder ça en famille: juste ceux qui se présentent à la fraternité des policiers au coin Gilford et Berri; les mêmes que d’habitude; moins que d’habitude même parce qu’ils annoncent du temps froid - puis après on fait un communiqué - puis après c’est repris par le journal si on est chanceux - pis après quelqu’un nous envoie un courriel pour nous dire : y’a un article sur vous dans le journal !!!! - pis après on le met sur Facebook - pis après t’as des amis qui te disent - ataboy! sur Facbook - pis après ta mère te dit tu me donnes jamais de nouvelles - alors tu lui envoies le lien par courriel - pis après, une semaine plus tard, mon père se pointe dans l’escalier avec la copie papier en disant «t’es passé dans le journal; j’ai un ami au volleyball qui l’a découpé» !!!

En plus cette histoire de web tv je vous dis même pas combien ça coûte pas cher… j’ai pas l’impression que la presse va passer au travers du siècle.

Pour visionner nos ébats c’est ici.

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