Le 24 août dernier, le conseil municipal a entériné une décision de l’exécutif de donner une option d’achat de 54 mois à la firme Elmag (propriété de M. Luigi Liberatore) pour le terrain sur lequel est actuellement sise la cour de voirie de la rue St-Grégoire. Ce terrain est un des trois derniers appartenant à la ville sur le Plateau.
Nous sommes outrés et surpris par cette décision.
15% des logements seront réservés à du logement social et 15% à du logement abordable. Puisque nous estimons (par la taille du terrain) que plus ou moins 200 logements seront construits, cela laisse 30 logements promis à ces fins. C’est nettement insuffisant compte tenu du nombre de condos qui ont été développés ces dernières années le long de la voie ferrée. Pourquoi continuer dans cette voie en faisant fi des demandes historiques des associations du milieu ? Par ailleurs, plusieurs coopératives ou projets de coopératives se cherchent des terrains pour retenir des familles dans le quartier. Une partie de ce terrain aurait pu leur être consacré. L’arrondissement laisse entendre que le maintien des familles dans le quartier fait partie de ses objectifs mais comme d’habitude, fait le contraire quand vient le temps des décisions.
La transaction ressemble à s’y méprendre à celle qui a été mise en œuvre pour le projet Contrecœur. La ville propose une vente au coût du marché, mais deux inconnues importantes empêchent de le déterminer: le niveau de contamination des sols et l’obligation de fournir des logements sociaux et abordables. Ces deux éléments vont faire chuter considérablement le prix d’achat. Est-ce que la transaction sera encore profitable pour la ville: grosse interrogation.
L’option d’achat est valable pour 54 mois donc toute la durée du mandat de la prochaine administration. Pourquoi, à deux mois de l’élection, embarrer la prochaine administration dans une décision qui n’est pas la sienne.
Ce terrain, à cause de sa position géographique aurait pu faire l’objet d’un zonage particulier permettant un développement en hauteur; on aurait pu conclure à la possibilité de laisser le zonage industriel (en fonction d’une meilleure connaissance des coûts de contamination); on aurait pu en faire un projet phare de logement social; on aurait pu en faire un ilot important de logements de grande taille gérés par des coopératives. Au lieu de cela, il est plus que probable que nous nous retrouvions avec d’autres condos de 600 à 800 pieds carrés à des prix qui excluent toutes les clientèles sensibles du quartier.
Nous avons besoin d’une nouvelle approche de développement de la ville. Non seulement l’administration en place fait la preuve de son incapacité à développer autrement, mais elle prend des décisions qui nous empêchera aussi de le faire dans l’éventualité où nous formions la prochaine administration.
En fait, cette transaction est tellement douteuse, tellement à l’encontre de tout ce que madame Fotopoulos a énoncé et voulu pour ce terrain, tellement dommageable pour la réputation de l’administration en place, qu’on ne peut faire autrement que de se demander qu’est-ce qui a bien pu se passer. Plusieurs hypothèses sont possibles; l’une d’entre elles étant la possibilité qu’Union Montréal tente de régler des demandes avant l’élection pour le cas où elle ne puisse le faire par la suite.

Sérieusement, la longue rangée de condo sur St-Grégoire, ça commence à faire là. En plus, le secteur st-denis/Christophe-colomb et Laurier/St-Grégoire est un peu plus sensible au niveau socio-économique. Il est donc tout à fait approprié pour l’installation de logements sociaux ou encore mieux, de coopératives pour familles nombreuses.