Les premières rencontres des comités aviseurs
On a commencé à rencontrer les comités aviseurs récemment formés sur le verdissement, le bruit, l’apaisement de la circulation, la cohabitation entre résidents et commerçants. D’autres sont en formation comme le champ des possibles, le stationnement, l’aménagement. Je rappelle que les comités aviseurs ne sont pas des comités consultatifs ou de réflexion stratégique. Ils ont pour mission l’implantation la plus rapide possible des 150 points de la plate-forme. Ce sont des comités opérationnels qui doivent faire avancer les projets avant qu’ils soient soumis pour validation et réalisation à la fonction publique.
Les premières rencontres ont déjà permis de dégager des pistes de solutions concrètes pouvant être implantées rapidement. Ce ne sont que des rencontres préliminaires parce que la première vraie rencontre va se faire avec la directrice de l’arrondissement et le directeur concerné.
J’en profite pour dire qu’on a vraiment une administration en or. Il faut se mettre à leur place : on leur arrive avec une avalanche de projets (et quand je dis avalanche, vous avez pas idée de ce qui s’en vient - c’est vraiment big/stie - mais non je n’en ferai pas la liste sur mon blogue - même les singes apprennent) et en plus on veut que ce soit des citoyens qui en définissent les premières étapes. On exige des réponses à tout, on voudrait que tout soit implanté avant Pâques. Je serais directeur, je me dirais « les nouveaux vont se calmer - la dernière administration nous avait fait le même coup - ils vont comprendre que ça marche pas d’même icitte ». Mais pas du tout ! Ils avancent au pas de course ; sont ouverts à toutes les idées ; sont même enthousiastes !!! Des fois je me demande si c’est pas une ruse… Juste pour nous fatiguer… Une sorte de « rope a dope » du style « amènes-en, amènes-en, tu vas bien finir par te casser la gueule ». Si j’évoque cette hypothèse loufoque, c’est pour cacher un drame. Le drame est le suivant : si la fonction publique est vraiment aussi ouverte que nous en donne l’exemple de l’équipe du Plateau, comment ça se fait que les projets ont progressé si lentement dans les années passées ? Grosse question pour laquelle on aura une grosse réponse si 25% de ce qu’on a sur la planche à dessin finit par se matérialiser.
La police
Une grosse rencontre avec le commandant Bélanger et le sergent Bergeron m’a fait comprendre que le rôle d’un policier est exactement l’inverse de celui d’un politicien. Les deux gars m’expliquent avec force détails que certaines tentes ne sont pas ancrées au sol dans les ventes trottoirs (quelqu’un pourrait avoir le réflexe de les lancer sur la foule), qu’ils manquent d’agents de sécurité à chaque coin de rue (si jamais un camion de pompiers veut passer il faut écarter la foule), qu’il y a des risques d’émeutes sur St-Laurent lors de l’événement du Grand Prix (ça s’est effectivement passé en 2008), que des types fauchés et bruyants boivent dans le parc des Compagnons de St-Laurent (sur Mont-Royal), pissent contre les arbres et jettent leurs bouteilles de bière dans le sable des terrains de jeu - et j’en passe. Je les écoutais et je me disais « ‘cout’donc chose - on est pas à Moscou ou Medellìn - ce que vous décrivez peut se produire (une fois sur 10 ou 100 ou 1000) mais on va pas se comporter comme si c’était notre seule préoccupation - sans ça ousquié le fun ». Mais relisez la phrase : à la question « est-ce qu’on doit se comporter comme si c’était notre seule préoccupation » il faut absolument que le maire réponde « non » et il faut absolument que la police réponde « oui ».
Conflit en perspective ? Non. On va suivre la plupart des recommandations de la police et on va même leur donner plus d’outils pour travailler (notamment des nouveaux règlements). De leur côté, je pense qu’ils vont comprendre qu’on ne va pas appliquer chacune de leurs recommandations.
Le maire m’appelle au rapport
Y’a m’sieur Tremblay qui était pas content de moi au conseil municipal. C’est rare que monsieur Tremblay nomme quelqu’un par son nom dans les débats. Le vlà-t’y pas qui m’interpelle pour une conférence de presse à laquelle j’ai participé dans l’après-midi avec les groupes du quartier pour des revendications sur le logement social. Il me dit : « Monsieur Ferrandez, venez me voir à la place de vous plaindre dans les medias » . Et moi de lui répondre « yes sir ! ». Franchement, le gars a raison. J’hésitais à participer à cette conférence de presse (de revendication) parce que les fonctionnaires responsables du logement ont été extrêmement professionnels et ouverts avec nous à venir jusqu’à date. Une conférence de presse fait moins avancer les choses qu’une rencontre avec le service d’habitation et certainement encore beaucoup moins qu’une rencontre avec le maire. En termes de moyens de pression, les gars du Comité de logement et du Frapru sont tellement old school que c’en est sympathique. Pour eux, c’est manif/chaînes de lettres/interpellations dans les medias/et tutti quanti. Eux ils s’en calvincent des stratégies de lobby et de communication raffinées. Ce sont les Obélix des mouvements communautaires. Comme le gros personnage à culotte rayée, ils ne comprennent pas les plans complexes d’Astérix pour s’emparer de la garnison. Mais d’un autre côté où en serait le village gaulois sans Obélix ? Astérix je l’aime bien c’est sûr ; mais je l’aime surtout parce qu’il est l’ami d’Obélix.
En plus il faut dire que la ville l’a cherchée, cette conférence de presse. On peut pas nier que le plus grand terrain disponible pour du logement a été cédé par le comité exécutif à un promoteur privé - un mois avant l’élection et que Fotopulos s’est contentée de faire savoir aux groupes du quartier, par l’entremise de son attaché politique, « qu’on veut pas de ghetto de pôvres direct en face des condos ».
La vérité, on l’a su plus tard, c’est que le terrain est tellement contaminé que le service d’habitation n’a jamais cru possible de construire du logement social ou coopératif à cet endroit-là. Mais l’inexpugnable Robert Manninghem (Atelier Habitation) nous dit : commençons par voir avant de dire non. Il y a des solutions pour les terrains contaminés et celle qu’on propose est sans doute la même que celle qui va être utilisée par le promoteur privé : donnez-nous notre chance.
Ça fait que j’ai bien hâte de me rapporter au grand boss pour jaser de tout ça : m’est avis qu’il y a juste du bon qui peut sortir de ce meeting-là.
Les bleus
Vous l’avez peut-être vu dans les medias : les bleus sont venus au bureau, monsieur Parent en tête, me narguer pour la politique de déneigement. Le bonhomme Parent a été génial. Quand je lui ai dit qu’il se trompait et que nous faisions du déneigement la fin de semaine (même la nuit) et que c’était juste du chargement qu’on ne faisait pas sur les rues résidentielles, et uniquement si le contexte le permettait, le gars a pas tourné autour du pot pendant 15 minutes pour cacher son erreur. Il a juste dit « Ah bon ? ». Parle-moi de ça : pas de niaisage. Il s’est trompé, il le reconnaît - fin de l’épisode. Ensuite on a pu jaser un peu de l’avenir. Pas trop, avec tous les kodaks qu’il y avait là. Mais j’ai quand même eu le temps de lui dire qu’on s’enlignait pour faire plus confiance à nos travailleurs dans le futur et moins aux contracteurs privés. C’est un risque à prendre. Je ne sais pas si ça va marcher. Personnellement, je ne pense pas qu’on peut être motivé à ramasser le recyclage et vider les poubelles publiques semaine après semaine et rester motivé. Si c’est le privé qui le fait, ce ne sont pas des jobs assurées et les gars font ça pour quelques années et après passent à autre chose. Dans le public, il est possible que tu fasses ça toute ta vie. Moi je ne serais pas capable - du moins pour certaines jobs. Ramasser les vidanges d’une bande de cochons qui jettent leur p’tit sacs Jean Coutu débordants dans la ruelle (pis le propriétaire de chien qui en rajoute en empilant un p’tit sac dégoûtant tous les jours sous prétexte qu’il y a un début d’empilade qui ressemble à une décharge - donc autorisation implicite d’en rajouter), je pourrais pas. Il me semble que j’aurais envie de crisser mon camp après avoir écrit « gang de porcs » sur les portes du quartier. Je le dis tout haut : si des employés arrivent à se mobiliser pour ce genre de travail jour après jour - ils ont des qualités que je n’ai pas. Et si leurs contremaîtres réussissent à les garder productifs et heureux - eux aussi méritent une fière chandelle.
Ceci étant dit, en règle générale, je crois à la fonction publique. Mon père travaillait à la ville (technicien en arpentage) ; il a pu élever quatre enfants, acheter une maison, nous donner une bonne éducation et il bénéficie maintenant d’une retraite honorable. Je suis la preuve vivante qu’une bonne job syndiquée a des impacts positifs sur toute une famille et donc sur toute la société. Mais surtout, je pense que ça coûte moins cher. Le privé fait pas de cadeau. Particulièrement dans la construction. Alors s’il est possible de motiver les bleus à faire de la bonne ouvrage, tout le monde va être gagnant en leur en confiant plus.

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