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Loto Québec: faire bien le mal

23 décembre 2010 | Auteur:

C’est bientôt Noël. Ça ne me le dit pas trop de monter aux barricades mais bon, un dernier coup avant les fêtes…pourquoi pas. Après ce sera le long repos tout blanc, les bisous parfumés, les desserts, quelques films…hummmm

Allez zou !!!

Ce billet porte donc sur la levée du moratoire de Loto Québec sur les loteries vidéo. Suite à un communiqué où nous demandions la réduction de ce nombre de machines sur notre territoire, le président Monsieur Cousineau, a fait rédiger une lettre faisant valoir que leur nombre avait déjà considérablement diminué.

La lecture de la lettre  devrait être obligatoire dans les cours de communications pour les jeunes se destinant à la défense des entreprises de tabac, de jeu ou d’armes – enfin toute entreprise qui se fend en quatre pour faire comprendre au monde son droit inaliénable de faire le mal puisqu’elle prend toutes les précautions pour en faire le moins possible.

Revoyons dans l’ordre les affirmations que nous sert monsieur Cousineau et comparons les aux faits.

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Monsieur Cousineau dit :

« sachez que Loto-Québec a entrepris en 2003 une vaste reconfiguration de son réseau d’appareils de loterie vidéo à travers le Québec. En effet, conscients de notre responsabilité et de notre mandat, c’est sans attendre l’avis de quiconque – que ce soit la DSP ou quelque autre groupe militant – que nous avons mis de l’avant cette initiative»

La vérité

En 2002 Jean Brochu, un ex-joueur compulsif, intente un recours collectif contre Loto-Québec qu’il accuse d’avoir propagé l’usage des appareils de loterie vidéo (ALV) sans avoir informé les utilisateurs du danger de développer une dépendance. La poursuite de 800 millions se fait au nom des 120 000 joueurs compulsifs du Québec.

Au même moment, les études se multiplient sur les affres de cette industrie. Une étude de l’Institut national de santé publique du Québec révèle entre autres que :

· 62% des suicides liés au jeu compulsif ont été commis par des personnes aux prises avec une dépendance aux appareils de jeu de hasard électronique.

· 93% des appels à la ligne d’aide aux joueurs compulsifs proviennent de personnes dépendantes aux appareils de loterie vidéo.

· 9 personnes sur 10 traitées pour le jeu pathologique sont dépendantes des appareils de loterie vidéo.

Le commentaire

Vous vouliez sans dire «sans attendre la décision du juge, Loto Québec commence à sentir la soupe chaude».

*****

Monsieur Cousineau dit :

« Je vous rappelle que la sélection des sites dont on a repris les ALV s’est faite selon des critères rigoureux. Ainsi, ont été retirés tous les appareils dans les sites comptant de 1 à 4 ALV dans deux catégories de zones ciblées :

· les secteurs où le revenu moyen des ménages est inférieur à 50 000 $ et où le ratio d’ALV est supérieur à deux par 1 000 habitants;

· les quatre municipalités les plus populeuses que sont Montréal, Québec, Longueuil et Laval».

La vérité

1) Sur 17 régions administratives québécoises, il n’y en a que 2 où le revenu des ménages est inférieur à 50 000$, le Bas St-Laurent et la Gaspésie.

2) Le retrait des machines à sous des petits établissements dans les grandes villes est le résultat d’une stratégie qui consiste à les concentrer dans les établissements de moyenne et de plus grande taille.

3) Il reste plus de 10 000 machines en opération – bien assez pour que n’importe qui au Québec y ait accès n’importe où sur le territoire.

Le commentaire

Les maigres efforts que vous dites faire consistent surtout à protéger la poursuite de l’exploitation de la misère qui constitue le fond de commerce des loteries vidéos.

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Monsieur Cousineau dit :

« Un simple appel chez nous vous aurait permis d’apprendre que dans le secteur du Plateau Mont-Royal, ce sont 20 établissements de moins qui offrent ce type de divertissement à leur clientèle. En effet, au 31 mars 2003, 60 licences réparties dans 55 établissements du Plateau abritaient 248 ALV. Depuis mars 2009, on ne compte plus que 38 licences réparties dans 35 établissements pour 190 ALV. C’est une réduction de l’accessibilité à l’offre de jeu de 36 % là également.

La vérité

Précisons quelque chose que vous et moi savons très bien mais que les lecteurs ignorent généralement. Ce n’est pas par suite d’une quelconque stratégie de protection du bien public gouvernée par Loto Québec que cette réduction s’est produite. C’est parce que les établissements ont fermé ou ont changé de clientèle. Ceux qui sont restés ouverts sont maintenant des bars pour les jeunes qui n’attirent plus les joueurs. Les joueurs se sont concentrés dans les bars qui restent – et il en reste beaucoup trop – i.e. 35 dans un territoire de 7 km carrés.

Le commentaire

Je ne sais pas si vous connaissez le Plateau monsieur Cousineau mais c’est tout petit. Vous comprenez, n’est-ce pas, qu’il ya plus d’établissements ayant une license de loterie vidéo sur le Plateau que de CPE, d’écoles ou de cliniques médicales.

*****

Monsieur Cousineau dit :

«Lors de la publication récente de notre Plan stratégique 2010-2013, nous avons annoncé qu’au cours des prochaines années, Loto-Québec désire maintenir le parc d’ALV au niveau actuel»

La vérité

Le nombre de machines est appelé à se stabiliser parce qu’une partie importante du marché est dorénavant absorbé par le jeu en ligne – pas par des stratégies de bien public. En développant le jeu en ligne, vous contribuez à aggraver le sort du malade. En particulier avec des jeux comme le bingo électronique.

Commentaire

Un marchand d’armes qui stabilise sa production de fusil pendant qu’il se lance dans celle des mines devrait faire preuve d’un minimum de modestie en ce qui concerne sa protection du bien public.

*****

Monsieur Cousineau dit :

Dans ce contexte, il était déjà acquis que nous n’installerions pas de nouveaux ALV sur le territoire du Plateau Mont-Royal.

Commentaire

Tant mieux, on est bien contents de l’apprendre. Mais nous vous demandons plutôt de les retirer toutes. Les efforts de Loto Québec ne suffisent pas à couvrir les dommages créés par ces machines infernales sur les plus démunis.

Stationnement 2 de 2 :

24 novembre 2010 | Auteur:

Les deux dernières journées n’ont pas été bonnes. Pas parce que la Presse est mitigée. C’est très bien qu’elle le soit; c’est bien que les gens s’inquiètent. L’inquiétude est la première étape de la conscience sociale et politique. Je préfère des gens inquiets et tout à fait opposés à nos idées que des gens apathiques – fuyant la société par le silence et la fermeture sur eux-mêmes.

Par ailleurs ça me permet de me moquer publiquement des inquiétudes de ceux qui croient que les attaques affaiblissent les convictions. Dans l’ordre, les hommes politiques québécois qui ont été les plus attaqués furent aussi les plus utiles (Castonguay, Lévesque, et les autres). N’ayez crainte; en aucun cas je n’oserais commencer à me comparer avec ces géants – je les cite uniquement à titre de référence.

Si les journées n’ont pas été bonnes c’est plutôt à cause de la nature des échanges entre nous et les SDC et de la mauvaise qualité de la couverture médiatique qui en a résulté. Nous nous éloignons d’un vrai débat. Si je suis prêt à recevoir des obus pendant trois ans – sans que ça m’ébranle le moins du monde – je n’ai par contre aucune envie d’un débat stérile, ne serait-ce que pendant trois jours.

Alors voilà, au lieu de publier le deuxième article que je voulais produire sur le stationnement, je vais enrichir le débat d’un geste rare : je vais publier – dans son intégralité – la position de négociaition que je vais tenir lors de ma rencontre avec monsieur Tremblay jeudi à 11h00.

En faisant ça, je fragilise notre position puisque je donne aux SDC tout le matériel dont ils ont besoin pour attaquer chacune de nos propositions. Ils vont pouvoir les enfler, les tordre, en publier des extraits choisis pour défendre leur stratégie guerrière. Mais au moins, les gens de bonne volonté auront été informés.  Et ces gens de bonnes volonté sont nos électeurs. Ils sont des dizaines de milliers sur le Plateau.

Un dernier mot avant que je copie-colle la lettre. Lorsque Trotsky a négocié la reddition de la Russie à l’Allemagne en 1917, il n’avait qu’une exigence; il voulait que les négociations soient rendues publiques par un système de hauts-parleurs qui diffusait dans la ville les échanges en direct. Il croyait naïvement que les prolétaires de Berlin – entendant la justesse des valeurs des dirigeants russes – allaient monter aux barricades et prendre le parti de ces nouveaux représentants de la force ouvrière. Évidemment ça a foiré. Des générations d’analystes se sont moqués de ce tout premier exemple de transparence. Mais moi ça foirera pas. Les hauts parleurs se sont beaucoup raffinés depuis 1917 ;) )

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Base de négociaition Plateau avec monsieur Tremblay

En vue de la préparation de notre rencontre de jeudi, je voudrais préciser un certain nombre d’éléments dont la compréhension est nécessaire à la poursuite de nos discussions.

Premièrement : vous exposer notre plan stationnement

Deuxièmement : partager avec vous notre compréhension des pouvoirs de l’arrondissement dans la tarification du stationnement pour que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes.

Troisièmement : vous exposer exactement combien de revenus nous voulons aller chercher et pourquoi.

Quatrièmement : vous souligner les dilemmes de court terme auxquels nous faisons face dans les choix budgétaires qui sont devant nous (taxe spéciale ou parcomètres).

Cinquièmement : explorer des pistes d’encadrement permettant de fonder une politique claire et équitable du stationnement – et en particulier de l’utilisation du stationnement comme source de revenus par les arrondissements.

Plan stationnement du Plateau Mont-Royal

Cinq initiatives sont prévues :

Initiatives

Estimation de revenu (M$)

Ajout d’environ 600 parcomètres – essentiellement sur des collectrices qui n’en n’ont pas (dont quelques uns sur une artère – la rue Sherbrooke)

1.7

Uniformisation des tarifs à 3$ l’heure partout sur le territoire

1.2

Tarification jusqu’à 1am (sur St-Laurent entre Sherbrooke et des Roy) – avec un tarif qui reste à déterminer pour ne pas que ça dépasse 10$

Négligeable

Projets pilotes de parcojour (système de vignettes à l’année, au mois ou à la journée avec des tarifs différents pour les résidents et les visiteurs)

Négligeable

Retrait de 1500 places de stationnement sur trois ans (pour sécuriser des coins de rues, agrandir des parcs, créer des places publiques et aire passer de nouvelles pistes cyclables).

n/a

Les revenus sont déterminés en fonction des règles actuelles – i.e. que nous ne calculons aucun revenu  pour les artères et que nous enlevons 35% de frais d’administration et 26% de péréquation pour les revenus sur le réseau local.

Pouvoir d’arrondissement et stationnement

D’abord, une admission:  hier, dans une conversation technique,  j’ai prétendu, à tort, que nous avions le pouvoir de tarifer le stationnement sur les artères mais que les revenus seraient touchés par la ville centre. Je me suis trompé. Ce que la loi sur les cités et villes stipule, c’est que la ville centre gère le stationnement sur les artères et que les arrondissements gèrent le réseau local (i.e. les collectrices et les résidentielles).

Cette précision me permet de corriger mon erreur d’hier et de souligner au passage que les rues Mont-Royal, St-Viateur, Bernard, Fairmount et une partie de la rue Roy, étant des collectrices, et non des artères, font partie du réseau local. Elles n’échapperaient pas à l’imposition de nouveaux tarifs de parcomètres – même selon les règles actuelles (i.e. même dans le cas d’un abandon de la politique de décentralisation aux arrondissements des revenus et de la gestion du stationnement sur les artères).

Plus de revenus pourquoi

Notre arrondissement est bien géré. Je ne le dis pas pour m’en vanter ; tout le crédit revient à la directrice générale (Isabelle Cadrin) et son équipe. Depuis notre arrivée, nous avons remboursé 1.6 million de la dette de 4 millions ; nous avons commencé à regarnir nos réserves de neige (0.8 million) et notre réserve d’imprévu (0.350 million).

Si nous recherchons des nouveaux revenus, ce n’est pas pour couvrir une administration dépensière. Trois raisons justifient notre plan de réinvestissement de 6 à 7 millions par an. Le premier coûte 1million, les deux autres environ 3 millions de dollars.

1. Mieux servir les résidents. Le fonctionnement courant de l’arrondissement ne peut être réalisé avec la dotation de base. Les temps d’attente pour des actions banales (réparation d’un puisard qui claque, signalisation d’un débarcadère pour une nouvelle garderie, analyse d’une plainte liée à l’émission des permis) atteindrait facilement 300 jours. Toutefois, nous n’avons pas besoin de nouvel argent pour améliorer nos services de base ; nous pouvons y arriver en utilisant les surplus de neige permis par nos nouvelles pratiques de déneigement et par les années clémentes.  Mais c’est un équilibre fragile. Il vaut mieux prévoir un investissement stable de 1 million par an.  S’il n’est pas utilisé, il peut servir à payer la dette, absorber les compressions fréquentes, etc.

2. Faire face à l’achalandage. Le Plateau est un quasi centre-ville qui attire chaque jours des dizaines de milliers de visiteurs (22 000 piétons par jour sur Mont-Royal en semaine – jusqu’au triple la fin de semaine). Cet achalandage génère des charges de travail importantes et appelle des investissements ciblés dans des domaines précis (pavage, trottoirs, apaisement de la circulation, verdissement, parcs, etc). Dans certains domaines et en soutien à ces investissements, il faut aussi renforcer nos services de première ligne au delà des budgets actuels (surtout en propreté, arrosage, plantation). Nous comptons investir 2 millions par an et dépenser 1 million de plus en charge d’exploitation pour faire face à cet achalandage.

3. Notre quartier est magnifique à plusieurs égards. Mais son aménagement a été dicté par la place donnée à l’automobile pendant des décennies. C’est pourtant le quartier de Montréal (et du Canada) où les gens marchent le plus. Nous voulons réinvestir environ 2 millions de dollars par année dans des aménagements qui vont progressivement changer une partie de son visage (zone rencontre Laurier, agrandissement de parcs, petites places publiques, rétrécissement et verdissement de rues, etc.). Nous voulons aussi réinvestir dans la vie communautaire, les marchés publics et la culture. Il ne s’agit pas de projets de prestige : ce seront des projets de quartier, d’une facture frugale.

Le plan va se faire sur la base de la rédaction de 4 plans stratégiques (2 sont déjà terminés) : le verdissement, l’apaisement, l’aménagement et la vie communautaire. Il s’agit d’une initiative unique et exhaustive de définition de la qualité de vie dans un quartier central. Le lancement de ces plans va se faire le 16 décembre lors d’une assemblée publique qui va nous permettre d’écouter la population. Une liste de projets sera soumise aux citoyens pour en arriver à des choix éclairés.

Rappelons que cette augmentation prévue des dépenses est quand même limitée (à environ 10% de notre budget actuel) : difficile de parler de folles dépenses.

Option taxe ou option Parcomètres

En analysant les revenus qu’il est possible d’engendrer par une exploitation plus intensive des parcomètres sur le réseau local  (nouveaux parcomètres et nouveaux tarifs), mais en prenant en compte le fait que nous ne recevrions pas les revenus sur les artères; nous faisons le constat selon lequel il nous manquerait entre 3.5 et 4 millions de dollars pour atteindre nos objectifs de dépenses pour 2011. Nous allons faire des compressions dans nos dépenses et nous allons modifier les heures de tarification sur certains tronçons pour limiter le manque à gagner à ce niveau.

Nous pourrions, pour aller chercher ces revenus, accélérer l’instauration des parcojours. Mais je trouve que c’est une mauvaise piste. Nous ne sommes pas certains du succès de ce concept. Il faut vérifier l’accueil par les résidents ; les impacts sur l’achalandage ; le tarif par zone, etc. Tout cela doit être fait consciencieusement. Comprenons-nous bien : le parcojour, à long terme, pourrait être une source de revenu formidable (pour tous les arrondissements) mais nous n’avons même pas de preuve de concept. Un des risques importants est que les visiteurs viennent quand même en grand nombre – malgré la tarification – et qu’il n’y ait plus de places pour les résidents. Ce que nous voulons absolument éviter.

L’autre façon – la plus évidente – est la taxe spéciale.

Nous avons deux scénarios de taxe spéciale. L’une à 5 millions $ – qui suppose l’abandon complet du plan stationnement – et l’autre à 2.5 millions qui remplacerait une partie du manque à gagner sur les artères. Dans un cas comme dans l’autre, la date limite pour qu’il en soit tenu compte dans nos budgets est le 1er décembre.

Nous sommes en tain de documenter celle à 5 millions $. Lors de notre rencontre, j’amènerai avec moi les données permettant d’évaluer les impacts sur les résidents et les commerçants.

Pour ce qui est de celle à 2.5 millions, elle a un grave défaut. Elle serait particulièrement injuste pour les commerçants des collectrices sur lesquelles nous avons déjà l’intention d’aller chercher des revenus de stationnement. En plus de se faire imposer des nouveaux parcomètres ou des nouveaux tarifs, ils auraient à subir une taxe de 500 à 600 dollars en moyenne. Pour les résidents, l’impact de la hausse serait limité à 100$ – pour une année seulement (i.e. jusqu’à l’adoption du plan stationnement).

Ces scénarios de taxe spéciale ne nous plaisent pas du tout. Ce que je propose plutôt, c’est que nous augmentions les tarifs des parcomètres sur tout le territoire – y compris les artères dès le début 2011 ; que l’argent correspondant à l’augmentation des tarifs sur les artères soit dépensé par la ville centre dans des projets identifiés avec le Plateau ou qu’il soit remis à l’arrondissement pour des projets reportés en 2012 – quand l’encadrement de gestion sera terminé et adopté.

Pour ce qui est du réseau local ; nous appliquerions les règles actuelles de péréquation – ce qui nous fera perdre quelques centaines de milliers de dollars – mais il faudrait que nous trouvions un mécanisme de calcul pour que ces pertes soient limitées à 2011 (je préciserai verbalement cet enjeu parce qu’il nécessite un échange pour être compris).

Encadrement des pouvoirs de gestion des parcomètres

Je suis bien entendu d’accord avec la décision du comité exécutif de transférer la gestion des parcomètres aux arrondissements et de leur permettre de conserver 100% des nouveaux revenus. Même dans les quartiers où les revenus de parcomètres sont faibles en ce moment ; le potentiel est immense sur les cinq prochaines années.

Je suis aussi d’accord, bien que je la trouve un peu tardive, avec la décision de monsieur Tremblay d’encadrer la gestion des parcomètres avant de la céder aux arrondissements.

J’ai cru y voir les objectifs suivants :

1. S’assurer du caractère raisonnable en termes de tarifs (notamment par la fixation de limites maximales) ;

2. S’assurer de la faisabilité et de la profitabilité pour l’opérateur des bornes ;

3. S’assurer des normes d’implantation (qualité de l’affichage, lisibilité) ;

4. Garantir un minimum d’uniformité sur les modèles de tarification et les moyens de paiement ;

5. Mesurer la charge de travail pour le service de police (vérification de paiement)

6. Garantir une équité financière entre les arrondissements.

7. S’assurer d’une affectation des revenus dans des projets structurants.

Sur les cinq premiers points, nous avons fait nos devoirs. En particulier ;

· Nous n’avons pas l’intention de dépasser un seuil de 3$ de l’heure

· Nous avons rencontré la direction de stationnement Montréal qui est enchantée et enthousiasmée par notre projet de parcojour et qui y travaille activement avec nos équipes.

· Nous avons aussi rencontré la police de Montréal qui nous assure avoir les ressources nécessaires pour faire face à la charge de travail générée par nos initiatives.

Nous acceptons de déposer un rapport approfondissant les 7 points (et tout autres que vous voudriez ajouter) pour vous aider à fonder cette nouvelle politique de stationnement.

Pour ce qui est des innovations (extension des heures dans la zone des bars et parcojour) nous acceptons de les reporter à une date qui permettra d’assurer toutes les vérifications nécessaires en amont des projets. Nous invitons aussi le comité exécutif, s’il le désire,  à nommer un gestionnaire supervisant avec nous leur développement et vous permettant d’en faire le suivi.

Pour ce qui est des points 6 et 7, les plus difficiles à déterminer ; ils justifient en effet un report du transfert des responsabilités aux arrondissements. Mais, ils ne justifient pas, à nos yeux, le report de la décision sur la majoration des tarifs. Même en décrétant cette majoration immédiatement, nous aurons 16 mois pour décider si et comment une répartition doit être faite (puisque les revenus de parcomètres ne sont livrés par stationnement Montréal qu’au mois d’avril suivant l’année de perception).

En espérant ces clarifications suffisantes pour animer notre discussion de jeudi.

Stationnement : le maire Ferrandez veut notre mort à tous

20 novembre 2010 | Auteur:

Ce matin, à l’aube, j’ai aperçu une poignée de commerçants armés de piques et de fourches s’en allant attaquer un moulin à vent. Semblerait que le maire du moulin propage le choléra dans l’île.

M’est avis que le temps est venu de préciser une chose ou deux.

Voici donc deux articles sur la question du stationnement

Article 1 de 2 : le maire Ferrandez veut notre mort à tous ;

Article 2 de 2 : la guerre consiste à tirer sur les ennemis – pas dans ses pieds.

Article 1 : le maire Ferrandez veut notre mort à tous

Certains commerçants sont en colère. Fair enough. Certains s’inquiètent plus qu’ils ne sont en colère et voudraient être écoutés et pris en considération : fair enough. Mais ce serait bien qu’ils soient en colère et inquiets pour les bonnes raisons.

Ce n’est pas avec la stratégie  «à soir on fait peur au monde» de monsieur Dépatie que vous allez avoir les bonnes raisons. Quant à l’autre partie de la stratégie «à soir on fait peur à Ferrandez» ; elle révèle sa mauvaise lecture de la situation. Luc Ferrandez exprime les souhaits de toute une partie de la population qui a voté pour lui. Je doute que les commerçants aient envie d’aller à l’encontre de toute une partie de la population.

Dans cette section, je vais donc expliquer clairement la vision de cette partie de la population et préciser en particulier les éléments qui concernent le stationnement. Après lecture de ceci, votre colère sera considérée comme légitime.

La situation actuelle

Le problème de stationnement n’est pas lié aux projets de Ferrandez. Il est lié à une situation qui se dégrade lentement. Regardez par la fenêtre ; écoutez vos clients. Il y a un problème de stationnement maintenant. Il y a un problème d’accès maintenant. L’administration en place n’a encore pourtant rien fait – ou si peu. Pratiquement aucune mesure importante de stationnement et d’apaisement n’a été implantée. Il reste encore un peu de place pour vos clients – oui ; mais vous voyez bien que ça empire à chaque année ? Vous voyez bien que dans 5 ans, il ne restera plus une traître place – même sur les rues résidentielles. Et il n’y a pas que le stationnement. Il n’y a pratiquement pas une journée où les ponts et les autoroutes qui entourent la ville ne sont pas bloqués – même le soir. Partir des banlieues pour sortir en ville est une activité en diminution et va continuer de diminuer. Un producteur de spectacle me racontait que ses clients louaient le St-Denis pour 2 mois il y a quelques années ; maintenant ils le prennent pour deux semaines et font ensuite une tournée dans les banlieues.

Les relations entre la ville et la banlieue changent ; les conditions de la mobilité changent ; l’envie et le besoin que les gens ont de sortir de chez eux changent. Tout cela pointe dans une direction : la décroissance de la force d’attraction du commerce sur rue. Vous pouvez poser autant d’affiches que vous voulez pour dénoncer ce phénomène – il est là pour rester et s’aggraver.

La disponibilité du stationnement et la prospérité

Il n’y a pas toujours de liens directs entre le nombre de places de stationnement disponibles et la prospérité des commerces sur rue. Je sais que ça semble bizarre. Mais bien des faits permettent d ‘affirmer cette position.

· Sur la rue St-Hubert (dans Rosemont) un grand nombre de maisons sur les rues adjacentes on été détruites dans les années 70 pour créer des places de stationnement. Ça n’a eu aucun effet sur l’achalandage et la rue a périclité pendant 30 ans. Elle remonte depuis dix ans alors que le stationnement est de plus en plus difficile.

· Sur les parties de la rue St-Laurent et Av du parc qui en arrachent, il y a beaucoup de places disponibles – et le stationnement n’est qu’à 2$. Ça ne génère pas de la prospérité pour autant.

· Il y a des commerces de la rue St-Denis qui ont toujours vécu au milieu d’une grande rareté de stationnement – et qui se sont agrandis récemment – tant la clientèle est nombreuse (Renaud Bray, Courir, Barouf et Zone). Je pourrais aussi nommer St-Hubert qui a doublé son nombre de tables sans que son stationnement augmente d’une seule place.

· Les quartiers les plus courus du monde sont des quartiers où il n’y a pratiquement aucune place de stationnement (SOHO à New-York, Le Marais à Paris, Notting Hill à Londres etc.). Vous trouvez que nous ne sommes pas à la hauteur de ces quartiers : think again.

Je ne voudrais pas prétendre pour autant que le commerce sur rue est facile et que le stationnement n’a aucun impact sur la clientèle. D’abord, je n’ignore pas combien il doit être usant de se faire dire par un client sur deux «j’aime bien votre commerce – si seulement il y avait du stationnement je viendrais plus souvent». À la longue ça doit être pénible.

Je sais aussi que bien des commerces vont finir par crever si l’accès diminue et le stationnement se fait de plus en plus rare. Pour certains de ces commerces, c’est une cause perdue – mis ils sont rares (à preuve, ces nombreux commerces de matelas qui ont commencé à réapparaître ces dernières années après avoir disparu pendant une décennie). De façon moins dramatique, certains commerces ne vont pas pouvoir développer leur plein potentiel. Je pense par exemple à un gym qui aurait le potentiel pour attirer du monde des quartiers avoisinants et dont la croissance dépend des places de stationnement. Un autre exemple semblable mais encore plus grave : l’école de danse Louise Lapierre dont on voit des tonnes de mamans sortir pour aller faire des achats pendant les cours de leurs gamines. Les difficultés de stationnement font mal à cette école, c’est un fait.

Notre stratégie ne consiste pas à dire qu’il n’y a pas de problèmes de stationnement et qu’il n’y a aucun lien entre stationnement et chiffre d’affaires. Elle consiste à dire que le lien n’est pas automatique et que là où il l’est, on est déjà dans le brun. Par contre, nous pouvons encore travailler sur une activité commerciale plus dynamique, plus adaptée et sur des solutions de stationnement plus intelligentes.

Résidents, commerçants et visiteurs unis ?

La base de notre stratégie est d’attirer des consommateurs et des visiteurs – même dans un contexte de stationnement difficile. En bref, il s’agit de faire du quartier une destination unique au Québec, au Canada, en Amérique du nord et dans le monde. C’est t’y pas beau ça? Pas un Walt Dysney. Pas un décor urbain pour que quelques commerces de pacotilles et une multitude de bars puissent faire des affaires. Un vrai quartier : humain, vivant, plein de monde, vert, fleuri, convivial, propre, sécuritaire, digne de son passé et tourné vers l’avenir. Si le nombre de familles continue de diminuer ; si le nombre d’exclus continue d’augmenter, si le nombre de lofts de production pour artistes continue de chuter : nous allons échouer. Une grande partie des commerçants vont faire plein de fric s’ils acceptent de comprendre que cet argent ne peut pas être généré par les touristes de Repentigny qui viennent uniquement en char et qui espèrent trouver une place gratuite sur la rue – ou, au pire, sur la rue résidentielle à côté. En d’autres mots la gang qui laissent des messages sur tous les blogues médiatiques pour dire «ben moi c’est fini, j’irai plus sur le Plateau s’il faut que je paye 6$ pour me garer – est perdue pour vous de toutes manières».

La part de votre clientèle qui va augmenter ce sont les 10 000 résidents de plus que nous comptons attirer ; c’est celle qui vient en transport en commun ; celle qui accepte de payer pour se garer ; celle qui vient en vélo ; celle qui reste toute la journée ; celle qui voyage ; celle qui ne vient pas pour faire des achats mais qui finit par acheter quelque chose quand même. À propos de celle qui vient en transport en commun – elle va exploser : ouvrez la presse du samedi et regardez combien d’unités de condos sont en construction partout à Montréal sur les abords des stations de métros. Ce qu’il faut trouver, c’est une valeur ajoutée assez forte pour qu’ils choisissent nos rues pour venir faire leurs achats.

Cette vision ne règle pas tout. Il faut aussi trouver des places de stationnement pour ceux et celles qui vont continuer de vouloir venir en voiture – par exemple les mamans de l’école de danse.

Le parcojour

On ne peut pas accrocher des voitures dans les arbres. Si on veut faire de la place pour certains visiteurs ; il faut que d’autres abandonnent leur voiture. Il n’est pas normal que la demoiselle de 19 ans qui travaille chez Jean Coutu se gare devant chez moi – à 40 mètres de la rue Mont-Royal – toute la journée et coupe une place de stationnement à une dizaine de clientes de l’école de danse ou de l’Aubainerie. Elle doit trouver un autre moyen de se déplacer. Pour l’aider à changer d’idée, il faut que nous facturions ces places. C’est comme ça que nous en sommes venus à penser au parcojour.

 

Le parcojour permet à n’importe qui de se garer sur une rue à condition de défrayer un tarif fixe par jour. Pour les résidents, c’est le coût de la vignette, pour les visiteurs occasionnels, c’est un ticket qui peut varier de 5 à 7$ tandis que pour les visiteurs qui viennent tous les jours, c’est une vignette qui revient à 3$ à 6$ par jour. Pour les visiteurs des résidents c’est 1$ et pour les bénévoles des OBNL c’est gratuit.

Avec le parco-jour on espère décourager 25% des utilisateurs actuels (surtout des travailleurs) – pour qu’il reste de la place pour les résidents et les consommateurs. Est-ce que le consommateur ou le travailleur dans votre commerce va être content de payer 5$ par jour alors qu’en ce moment c’est gratuit ? NON. Est-ce que certains consommateurs vont préférer payer 5$ pour avoir la paix pendant 24 heures, et trouver une place : OUI.

Ce qu’il est important de comprendre c’est que le parcojour a été développé en grande partie pour les commerçants. Vous allez voir dans la seconde partie.

Le parking sur rue à 3$

Avec la possibilité de se garer pour 24 heures pour un montant fixe de 5, 6 ou 7$ (en parcojour), les seuls utilisateurs qui vont choisir de se garer sur des zones de parcomètres à 3$ sont des gens qui font des arrêts rapides. C’est la raison pour laquelle nous proposons un tarif élevé. Il faut qu’il y ait de la place et du roulement sur les rues commerciales. Tu vas chercher les fameuses brochettes de Latina ; t’en a pour 30 minutes ; ça te coûte 1.50$ tu repars. La même place devrait être occupée 15 fois dans la journée – au minimum.

Voilà notre vision. Ah oui, j’ai oublié de vous parler de notre envie – à travers tout ça – de dynamiter les autos et de faire rôtir les conducteurs. Mais comme d’autres en parlent abondamment je me suis permis cette omission.

Suite dans l’article 2 de 2 : la guerre consiste à tirer sur les ennemis

Les apatrides sur le point de l’emporter

14 octobre 2010 | Auteur:

La direction du journal de Montréal est sur le point de réussir un exploit : écraser ses artisans et survivre. Quel triste jour.

Je ressens dorénavant, en mon nom et à celui d’un grand nombre de mes concitoyens, de la honte et du dégoût à voir trôner au bout de la rue du même nom, la Cadbury des temps modernes ; le jounal de Moyéal.

J’ai songé un moment à déposer au prochain conseil d’arrondissement une motion pour renommer l’ilot ou est sise l’entreprise Rhodésienne du joli nom de Scabcity. Mais je me suis dit après qu’il faudrait la renommer bientôt – tant je n’ai pas de doute que ce navire puant prenne la route pour s’installer sur un territoire plus anonyme et donc plus proche de sa vraie nature. Bon vent ! Votre déménagement nous soulagera de la vue de votre nom.

Aujourd’hui, Québécor a tout perdu. Perdu son nom pour 4 sous. Perdu le lien solide entre le peuple et une entreprise locale et familiale profondément inscrite dans la fibre même de son quotidien. Quel lourd fardeau à porter pour les décideurs, leur famille et leurs proches partout où ils seront ; dans la rue, dans des événements publics ou même au cœur de leur maison. Comment soutenir en effet le regard de ses enfants assoiffés d’un monde meilleur quand on se livre à de tels pillages. Une nouvelle Porche contre une vie de honte : qui a dit que ces gens-là savent négocier.

Ils misent sur l’oubli. Ils ont raison : nous sommes des oublieux notoires. Nous ne réalisons pas et nous réaliserons encore moins demain que ce changement de cap du jounal de Moyéal est bien pire que l’attaque de Maclean’s contre le bonhomme carnaval. À la base des eux événements, il y a le même mépris de la vraie information. Les nouveaux éditeurs savent que  la soif que nous avons d’une émotion quotidienne remplace le besoin d’être informé. Plus besoin de journalistes – ils coûtent si cher. La production d’une feuille de chou composée pour moitié de préjugés et pour l’autre de publicité est bien meilleur marché. Il suffit dorénavant qu’un mercenaire rassemble quelques événements épars qu’il ne comprend pas lui-même, qu’un graphiste à la pige trouve une photo sur Internet pour laquelle elle ne paiera pas les droits et voilà l’article que des armées d’esclaves de la vente intercaleront entre les pages entières de mauvaise pub. Il sera le lendemain dans le journal plus vide que gratuit, repris la fin de semaine dans «les grands reportages de la semaine» et finira sa vie sur un quelconque «bloguedujounal».

En ces temps de changement du monde, nous avons encore le choix de refuser les pires scénarios. Je crache au visage de ceux qui ont vendu le patrimoine montréalais contre un plat de lentilles. Je sais que ces quelques lignes ne me vaudront pas une couverture médiatique amicale pour les 20 prochaines années. Mais j’en ai rien à crisser d’être dénoncé par les chacals.

Sélection du chef du SPVM

11 août 2010 | Auteur:

Je sors du comité de sélection du chef de la police de Montréal. Bien sûr je ne dirai rien, même sous la torture (au Taser ;)). Mais ce matin, je suis un peu plus fier d’être montréalais.

Je me permets de partager quelques impressions plus importantes au final que le nom du candidat retenu. D’abord, je déclare que le Service de police de Montréal est une organisation en santé. En santé ne veut pas dire exempte de problèmes. Nous savons tous que le nouveau chef va devoir en régler un char pis une barge (le profilage racial, la perte de confiance des troupes envers la direction, le déficit annuel de 20 millions, les relations tendues avec le président du syndicat, les enjeux éthiques liés à la commercialisation, la commission d’enquête de Montréal Nord et j’en passe). Mais les organisations malades sont fuies par les candidats intéressants. Or, les 5 officiers qui ont déposé leur candidature pour le poste de chef étaient exceptionnels. Tous les 5 pourraient diriger le service de police d’une grande métropole– ici à Montréal ou n’importe où dans le monde.

Chacun a démontré sa maîtrise des compétences de base d’un gestionnaire moderne (leadership, écoute, transparence, mobilisation, engagement), ses compétences dans les métiers de base (patrouille, enquête, service à la clientèle, relation avec la communauté, événements spéciaux, interventions spéciales), sa compréhension de l’administration (contentieux, acquisitions, ressources humaines, finances, convention collective), sa compréhension de l’organisation et de la gouvernance (postes de quartier, régions, unités corporatives, modèles de direction) sa compréhension des différentes facette du crime (du crime organisé au terrorisme en passant par les enjeux urbains, les incivilités, les enjeux de voisinage, etc. ).

Mais le plus frappant sans doute c’est que chacun des candidats a su développer une compétence particulière à un niveau supérieur – rare dans la population – mais aussi chez la moyenne des gestionnaires : un leadership contagieux chez l’un, le courage managérial chez l’autre, la compréhension fine et détaillée des enjeux urbains pour un troisième, la capacité de planification financière dans des contextes difficiles chez un autre encore.

En bref, si vous voulez être le prochain chef de la police de Montréal : commencez tout de suite votre développement personnel et professionnel ; il vous faudra des années avant d’être prêts.

Si je me réjouis tant, c’est que je suis convaincu de ceci : les candidats exceptionnels ne peuvent être produits que par les organisations exceptionnelles. La valeur exceptionnelle des individus se raffine, par la pratique, dans les entreprises qui donnent à leurs employés les moyens pour se développer. Y a-t-il 5 candidats de ce calibre dans la moyenne des entreprises québécoises ? sans doute que non. Dans les autres corps policiers de la province : certain que non. Parmi les élus municipaux ou provinciaux ? Pas à première vue. Au fédéral ? hahaha.

Quel écart immense entre ce constat et les nouvelles frelatées que les medias nous servent sur nos policiers. À lire les journaux, nos policiers sont des gros jambons, élevés en banlieue, scotchés dans leurs chars, cachés derrière leurs lunettes soleil et incapables de faire la différence entre un servant de messe noir et un évadé de la même couleur. Seul l’exorcisme – et encore – permettrait de corriger la situation.

Je suis certain qu’il y en a des gros jambons. Mais il y a aussi des êtres sensibles qui échappent à ces défauts primaires. J’en ai rencontré 5 en deux jours (et un en particulier qui était fulgurant par la finesse de sa vision sociale et urbaine). Ces cinq personnes – élevées et formées par le SPVM – comprennent la nature de la ville, du crime, de la détresse et de la démence. Ils savent que les épouses ont 10 fois plus de chance de se faire tabasser par leur mari que par un étranger ; que les pires fraudeurs sont les propriétaires de jolies maison à ville Mont-Royal ; qu’il ne sert à rien de donner une troisième contravention à un itinérant ; que le jeune qui commet un délit a bien moins de chance de recommencer si on lui pardonne et qu’on l’encadre que si on l’enferme ; que le risque pour un enfant de se faire abuser ou maltraiter est bien plus grand dans le sous-sol de sa maison que sur un banc de parc ; que dans les 25 prochains crimes, 22 seront commis par des gens qui n’ont jamais eu l’intention de le commettre et qui vont le regretter leur vie durant dès le lendemain de l’acte ; que la source première du crime est la détresse et non la violence organisée  et finalement – puisque c’est de saison – que le profilage racial est un problème complexe auquel il faut s’attaquer.

Alors me direz-vous, s’ils savent tout – y compris les enjeux de profilage racial – le problème est réglé non ?

Bien non justement.

Parce que la plupart des problèmes auxquels la police fait face sont des problèmes de société avant d’être des problèmes policiers. Prenons le profilage racial.

Je suis personnellement persuadé que toute entreprise de plus de 1000 employés est le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Or, force est d’avouer que comme société il nous reste du chemin à faire avant de ne pas tomber dans le panneau du profilage racial.

Nous qui crions au scandale parce que la police interpelle plus de noirs que de blancs – est-ce que nous sommes indifférents à la présence d’un jeune noir qui porte une casquette croche sur la tête, un bandeau qui lui cache pratiquement un œil et un pantalon où il est susceptible de cacher un chalet ? Non. Quand nous voyons un arabe qui engueule sa femme, est-ce qu’on se dit spontanément que c’est une petite dispute de famille ou un exemple de la domination de tous les arabes sur leurs épouses ? Quand on voit un ptit tough qui porte une capuche de la taille du mont Saint-Sauveur est-ce qu’on se demande s’il va faire des graffitis ou s’il va à la bibliothèque rapporter ses livres avant la date d’expiration ? Nous sommes racistes. Point à la ligne. Et les policiers, en règle générale ne sont pas mieux que nous.

L’itinérance astheure. Les policiers donnent des billets à répétition à des itinérants qui ne pourront de toute manière pas les payer. Et que voulez-vous qu’ils fassent d’autres ? Bien sûr, ils peuvent appeler les organisations communautaires qui tentent de les aider. Mais ces mêmes organisations sont terriblement sous-financées et de leur aveu même elles n’arrivent qu’à patcher les problèmes. Le même itinérant va être dans la rue dans 4 jours hurlant à la nuit, déclenchant les plaintes des citoyens qui vont appeler la police. La police ne va rien pouvoir faire d’autres que de donner un billet. Et vous, vous faites quoi à part d’appeler la police ? Le nombre de chambres dans des maisons de chambres est passé de 30 000 à 3000 en 20 ans et je peux vous garantir que pas un citoyen en veut une à côté de chez lui. Alors on fait quoi ? On appelle la police quand un gars dort sur le banc du parc au coin de la rue.

So give me a fuc..ing break avec les défauts de la police. Ce sont nos défauts à nous tous.

Peut-être, si je peux me permettre une critique ; 80% des policiers viennent de la banlieue et c’est en côtoyant la ville au quotidien qu’on la comprend le mieux. La banlieue c’est peut-être pas idéal pour développer les réflexes des habitants du vrai Montréal – celui de la mixité sociale, de la densité et de la proximité. Mais ça aussi c’est un défaut de société qui n’a rien de spécifique à la police. Par contre, si un jeune policier lit ces lignes et qu’il voudrait un jour devenir le chef du SPVM. À mon avis, un petit déménagement devrait faire partie de sa préparation.

Urbanisme 101

9 juillet 2010 | Auteur:

Voici le texte intégral de la réponse de Luc Ferrandez à Luc Chartrand paru dans La Presse hier.

Dans sa lettre d’opinion du lundi 5 juillet, Luc Chartrand prétend que les projets d’apaisement et de réduction de la circulation que nous entreprenons sur le Plateau sont «l’aboutissement de l’embourgeoisement du quartier».

Il a tort. Ils sont plutôt l’aboutissement de quelque chose à la fois de plus généralisé, de plus ancien et de plus dangereux: la tendance nord-américaine à utiliser l’auto pour tout déplacement – travail, école, achats – et l’incapacité de plusieurs de décrocher, malgré les impacts bien connus sur la santé des citoyens et des communautés, sans même parler de l’environnement.

Depuis 20 ans le nombre d’autos à Montréal a augmenté de 50% et les rues du Plateau – un quartier parmi les plus densément peuplés sur le continent – ont subi l’engorgement correspondant. Il y a aujourd’hui plus de 500 000 autos qui traversent notre quartier sans arrêter quotidiennement: ce qui représente 84% de toute la circulation automobile sur nos rues.

C’est certain que cela cause de la congestion et des embouteillages pour des gens comme M. Chartrand – ou, en réalité, que M. Chartrand cause de la congestion et des embouteillages pour lui-même et pour les autres – mais l’effet de cette croissance fulgurante du nombre d’autos sur l’arrondissement et sur ses résidents est bien plus néfaste que la seule perte de temps, surtout quand les automobilistes transitaires empruntent les rues locales.

Par où commencer? Les enfants heurtés par les autos en se rendant à l’école Laurier? Les problèmes respiratoires? L’abandon du Plateau (et d’autres quartiers centraux) par les jeunes familles à la recherche de paix et de sécurité? Le fait que, parmi tous les arrondissements de Montréal, le Plateau occupe honteusement la première place quant au nombre de piétons et cyclistes victimes de la circulation par km2 (30,4) et la seconde place si on compte par tranche de 100 000 habitants (232, après Ville-Marie)?

Les vrais enjeux

M. Chartrand a omis de parler de ces enjeux, les vrais enjeux. Ce n’est pas pour permettre aux gens de prendre un apéro tranquille sur leur balcon qu’on entreprend de canaliser la circulation de transit sur les artères, axes prévus à cette fin. C’est pour sécuriser les rues locales et collectrices, et les rendre plus vivables pour tout le monde, surtout les jeunes familles et les personnes âgées. C’est d’ailleurs ce qui explique que les spécialistes de la Direction de la Santé publique font l’éloge de nos projets.

Mais ce n’est pas seulement la santé de nos résidents qui nous préoccupe.

C’est aussi la santé et la vitalité du quartier en général. Un quartier sain et vivant a besoin de parcs, de commerces de proximité, de transports en commun, d’une vie de quartier et d’une mixité sociale et générationnelle. Ça, c’est de l’Urbanisme 101.

Or, c’est avec des démarches comme nos projets de circulation, nos projets de verdissement, nos projets de logement social et abordable, nos projets d’animation des espaces publics ou de marchés publics, qu’on assurera la santé et la vitalité de notre quartier.

Ce n’est pas par méchanceté ni sectarisme envers les non-résidents du Plateau que nous cherchons à éliminer autant que possible la circulation de transit sur les rues non artérielles?; c’est par respect et obligation envers nos résidents. Le droit des gens comme M. Chartrand de rouler en tout confort et fluidité avec 1200 kg de métal, plastique et caoutchouc n’est pas supérieur au droit des résidents du Plateau d’avoir une vie de quartier un tant soit peu paisible et sécuritaire.

Réactions à nos mesures d’apaisement de la circulation

8 juillet 2010 | Auteur:

Entrevue à Arcand

Vive la France – Vive le Portugal

24 juin 2010 | Auteur:

En cette belle journée de repos de la St-Jean – alors que les bruits de la rue reprennent mollement après la pluie – je trouve enfin le temps d’écrire ce que je voulais dire à nos cousins français depuis une semaine : ne vous en faites donc pas tant.

Votre équipe a été pourrie; les dissensions qui l’habitent ont été exposées au regard du monde; ses défauts se sont avérés plus que de simples travers ou lacunes – ce furent des éléments destructeurs, immobilisant son talent, éliminant son énergie, révélant l’individualisme borné de ceux qui croient au «je» jusqu’à la lie  - au détriment du «nous» même dans les moments sacrés. Et puis, il y a cette sourde assurance-dégoût que la machine à peopolisation qu’est devenue votre télé, réhabilite dans quelques jours ou dans quelques semaines les goujats qui vous ont humilié  - tant il est vrai qu’en France la popularité médiatique est toujours la plus importante des valeurs.

Mais tout cela, n’est rien – ou mieux encore –  n’est que le côté négatif de biens des qualités qui vous font briller en d’autres circonstances. Vous êtes un peuple génial dont la surprenante  hystérie n’efface pas la valeur. Les anglais et les italiens sont aussi mauvais que vous cette année ; les Espagnols l’ont été depuis toujours, les allemands n’impressionnent pas. Tous ces peuples choisiront de régler leurs lacunes différemment: les italiens en tentant de justifier, les anglais en cherchant un prochain succès réparateur, les Espagnols en mettant les projecteurs sur les autres cancres. Vous, à votre bonne habitude, vous claquez les portes, cassez la vaisselle, déchirez votre chemise. Est-ce pire ? Il me semble que le premier psychologue venu dirait au contraire que c’est plus sain.

Vous vous sentez nuls de n’avoir marqué qu’un seul but – comme si la position en fonds de baril était une expérience typiquement française. Vous avez donc oublié l’innommable équipe américaine de basket à Athènes en 2004 . Rossée par Porto  Rico, la Lituanie et l’Argentine, elle n’avait tiré des américains moyens qu’un vague haussement d’épaules. Ce n’est pas d’être nul qui est une expérience typiquement française: c’est d’y trouver tant de déception.

Vous pensez que la zizanie des bleus est typique de votre société, ses clans, leur mutuelle exclusion ? J’aime mieux vos problèmes que de constater combien facilement d’autres grandes nations les ont évités en s’assurant que le blanc domine outrageusement leur alignement alors que la couleur remplit leurs rues.

Le seul défaut que je vous reconnaisse est d’être trop durs envers vous-mêmes et donc envers les autres. Alors si Raymond, Patrice ou Nicolas, vous sentez que vous avez besoin de repos, il me fait plaisir, en tant que maire de l’arrondissement le Plateau Mont-Royal de vous inviter à rejoindre les dizaines de milliers de vos concitoyens qui ont aussi quitté la France – parfois momentanément – pour venir goûter une Amérique française moins articulée peut-être, moins développée souvent, mais aussi plus prompte au pardon – et donc plus confortable. Sans l’avoir vérifié, je suis certain que la «Vache qui pète» vous offrira le café et «le Barouf » l’apéro. Et moi j’irai vous chercher à l’aéroport.

Et maintenant… Força Portugual !!!!

C’est pas moi, c’est lui.

24 juin 2010 | Auteur:

Une dame m’apostrophe dans la rue. Elle tente d’être gentille avec moi mais elle est vraiment stressée – on sent le sens de l’urgence et de l’indignation. Elle me dit «monsieur le maire (en passant y’a jamais autant de monde qui m’a appelé monsieur), je reçois de la famille de Québec en fin de semaine et avec toutes vos décisions, y’a plus une seule place pour se stationner».  Madame, que je lui réponds, regardez autour de vous et indiquez-moi une seule décision que nous avons prise qui élimine du stationnement dans le quartier (pour être tout à fait honnête, il y en a quelques unes : nous avons autorisé 11 terrasses sur chaussée (donc élimination pendant la période estivale de 22 places de stationnement); nous avons retiré 36 places de stationnement dans le parc Laurier (et en avons recréé 28 autour du parc) et nous avons éliminé environ 30 dans le parc Lahaie . En tout donc,  60 places éliminées sur 45 000 places dans le quartier). Mais dans le coin où nous étions aucune place n’a été retirée. La dame a réfléchit un moment et est arrivée à la conclusion que nous n’avions retiré aucune place. Cette femme était intelligente; elle était entourée par une mer de voitures garées gratuitement dans la rue et elle était persuadée que le problème trouvait son origine dans les décisions des méchants-élus-qui-cherchent-à-éliminer-les autos ;(( !!!@#?&!!!!! Toutes les autos. Qui n’arrêteront pas tant qu’il en restera une seule. La dernière on la mangera dans une réunion du parti tenue dans les catacombes.

La vérité, c’est que dans ce quartier, deux restaurants viennent d’ouvrir et qu’ils attirent environ 70 automobilistes chacun. Voilà où les places sont passées. La vérité, c’est que personne n’est un ennemi plus acharné de l’auto et de l’automobiliste que l’autre automobiliste. C’est lui qui vole les places disponibles; c’est lui qui ralentit le trafic; c’est lui qui se gare n’importe comment, qui s’arrête pour faire descendre quelqu’un , qui se gare en double, c’est lui, lui ,lui.

Pas moi.

Les seigneurs de l’île

18 mai 2010 | Auteur:

J’ai fait pas mal de vélo dans les Alpes et les Pyrénées. Outre la beauté époustouflante des routes, une chose m’a frappé. À chaque fois que je croisais un crack qui avait le vélo de l’année, un suit dernier cri , un casque à 300 piasses pis des souliers pas encore disponibles en vente au détail mais qu’il avait pu se procurer parce qu’il connaît le représentant de Time… c’était un Québécois. Va savoir pourquoi. Les Allemands, les Américains, les Français, les Espagnols, les Néerlandais, les Italiens étaient pas tout nus mais ils n’avaient pas la superbe des Québécois.

La plus part du temps, le suit et la qualité du vélo ne sont pas de vaines décorations – les gars et les filles qui les portent opèrent en masse. Vraiment, il règne au Québec une ambiance à nulle autre pareille où la performance en vélo fascine et motive des milliers de citoyens. Contrairement aux autres sports, ce ne sont pas seulement les ptits jeunes (qui ont encore un avenir) qui s’investissent dans l’entraînement intensif, mais aussi tout un peuple de mononcs qui se donnent à fond juste pour dire à leurs chums qu’ils ont roulé à 38 Km/h une journée de vent épouvantable et en tirant le peloton – oui monsieur.

À Montréal, le circuit Gilles Villeneuve est le quartier général de tout ce beau monde. C’est un équipement dont peu de villes disposent. À deux pas du centre-ville c’est le plus beau hub de cyclisme de performance qu’on puisse imaginer. La dernière fois que je m’y suis pointé j’ai vu toute l’équipe de McGill – vêtue de rouge, comme il se doit travailler fort pour suivre un peloton de six rigolos qui devaient avoir deux fois leur âge. Les gars en avant ont toffé 3 tours sans donner un mètre. La fois d’avant j’ai essayé de suivre des jeunes filles dans la vingtaine ; j‘ai lâché après deux tours. Je les ai revues, arrêtées, un peu plus tard et je leur ai demandé ce qu’elles mangeaient. Une p’tite vite m’a répondu « c’est plutôt ce que tu manges qui devrait t’inquiéter ». Mouin….

Tout ça pour dire qu’il se développe sur le circuit Gilles Villeneuve un mini culture sympathique et unique à Montréal.

Les dirigeants de la Société du Parc Jean Drapeau (SPJD) ont décidé – sans mandat pour le faire – que l’accès à leur stationnement réservé et gratuit avait plus d’importance que le développement de cette culture sportive naissante.

S’appuyant sur des arguments humiliants pour ceux qui ont eu la répugnante tâche de les écrire (il faut bien gagner sa vie), ils s’autoproclament les propriétaires des îles et s’arrogent le droit exclusif de passage et de stationnement gratuit au détriment de la population qu’ils ont été mandatés pour servir. Cette appropriation de l’île a pris la forme d’une décision d’expulsion des cyclistes de performance ou, ce qui revient au même, une proposition pour les confiner à des entraînements de 5h à 7h00 le matin et autour du bassin de 12h30 à 15h00.

Bien entendu ce n’est pas comme cela qu’ils présentent les choses. Amusons-nous à analyser la couverture de leurs mensonges :

Mensonge premier : la sécurité. Il est vrai que le vélo d’entraînement est un peu dangereux – les gars roulent en peloton à des vitesses impressionnantes. S’ils se font dépasser par une fille, ils tentent par tous les moyens de reprendre la tête (en la perdant) et deviennent dangereux. Mais la SPJD se fout éperdument de la sécurité. Si elle s’y intéressait, elle ne proposerait pas d’envoyer des milliers de cyclistes tourner en rond autour d’un bassin carré. Les angles y sont à 90 degrés : de qui se moque-t-on ? Elle aurait aussi pu mettre en œuvre des moyens simples de diminuer les accidents – notamment en gérant les intersections et en ségrégant les usages (soit physiquement soit avec un système d’horaires). Mais il est de notoriété publique qu’elle cherchait justement à faire la démonstration inverse. Finalement, les 21 accidents s’étant produits (pour 500 000 cyclistes) servent leur besoin d’appropriation.

Mensonge deuxième : les livraisons. Franchement !!! Des villes entières concentrent les livraisons pendant certaines heures mais la SPJD ne serait pas capable de gérer la fourniture de 3 revels et de deux chips au ketchup à la plage Doré : vite un docteur en logistique !!!

Mensonge troisième : le montage et le démontage des estrades. C’est un travail en deux temps : amener le matériel, et le monter. Le montage ne nuit pas aux cyclistes : il se fait sur le bord de la piste. Le transport du matériel, oui. Mais il peut être fait sur quelques jours et pendant des heures précises : le matin par exemple et jusqu’à midi s’il le faut : la plupart des cyclistes arrive en après-midi.

Mensonge principal : la circulation des automobilistes. Il y a quatre grandes sources de circulation : le bassin d’entraînement ; le casino ; la plage ; et le stationnement des propriétaires autoproclamés de l’île. Passons-les en revue.

  • Le bassin d’entraînement (+ ou – 60 voitures par jour). Ce sont des athlètes et ils sont tout-à-fait ouverts à la recherche d’une solution pour que d’autres athlètes puissent s’entraîner. En passant par le pont du Cosmos et le chemin du Canal Lemoyne – plutôt que par le pont de la Concorde ils ne seraient jamais en contact avec les cyclistes.

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  • Le casino : il n’y a aucun croisement entre le circuit Gilles Villeneuve et les accès automobiles au Casino. Il est possible de circuler sur le circuit quand on quitte le stationnement du Casino, mais c’est accessoire. Il suffirait d’une toute petite barrière pour l’empêcher sans aucun désavantage pour les automobilistes (outre le fait qu’ils seraient privés de se promener en voiture sur le circuit).

bb

  • La plage. Il est possible d’isoler complètement les voitures qui se rendent et qui reviennent de la plage du circuit Gilles Villeneuve justement en les faisant passer par la route autour du bassin.

cc

Il y a un seul groupe d’automobilistes qui est en concurrence incontournable avec les cyclistes et ce sont les employés de la Société du Parc Jean Drapeau. dd


Solutions

La première chose à faire est de tarifer le stationnement des administrateurs de la SPJD au coût du marché – disons à 200$ par mois en été et beaucoup moins en hiver (en été le tarif dissuasif s’explique par le fait que la marche vers le métro est d’environ 10 minutes donc tout à fait possible. En hiver, ces dix minutes sont plus pénibles et les voitures ne gênent pas).

Avec les revenus (estimés à 180 000 $ net par an), il faudrait organiser et encadrer le circuit comme un vrai site d’entraînement. À  l’époque du vélodrome, les frères Van den Eynde donnaient accès à la piste au grand public (autrement plus dangereuse que le circuit) après avoir donné quelques conseils et en exerçant un peu de surveillance. On pourrait faire la même chose sur l’île Notre-Dame.

Il reste l’épineux problème de la circulation des employés de la SPJD sur la piste. Est-ce un vrai problème ? Le matin ce n’en n’est pas un ; les employés arrivent bien avant les vélos. Le soir, il faudrait un système de feux intelligents où les automobilistes seraient avertis que la voie est libre (elle l’est très souvent). Évidemment il faudrait  attendre quand elle ne l’est pas ; mais on attend pour le train ; on attend pour la congestion ; pourquoi ne faudrait-il pas attendre pour faire passer des vélos ?

Actions

Monsieur De Sousa, responsable des parcs et madame Worth, responsable des sports et loisirs devraient former un petit comité de travail duquel bien sûr serait exclue la SPJD puisqu’elle a un intérêt évident dans l’affaire. Ce sont deux personnes intelligentes et axées sur les résultats. Avant septembre ils auront trouvé, s’ils s’y mettent, une solution qui donnera tout l’avantage aux vélos pour qui c’est un site aussi naturel qu’idéal et qui imposera quelques contraintes aux employés et diriegeants de la SPI.  En procédant rapidement, ils réussiront aussi à protéger quelques vies humaines. En effet, en admettant que le ridicule tue, on doit conclure que  des vies sont en danger.