Ce matin j’ai vécu un des plus beaux moments de la campagne: une visite chez les soeurs.
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Sur la rue Laurier, un édifice trop imposant pour le maigre trottoir qui le borde se dresse entre les rues St-Dominique et Casgrain. Y logent les soeurs Fransicaines - missionnaires de Marie. Je n’y étais jamais entré bien sûr. De dehors, on dirait un édifice sans vie. Que neni; il a une vie bien à lui - toute intérieure et aussi fragile que sa structure est solide.
En entrant, une soeur dans une réception aux dimensions réduites et à l’ambiance désuette (où les meubles ont besoin d’être cirés pour rester propres et où les téléphones ont la même gueule sympathique depuis 30 ans) me demande de patienter sur un tout petit banc - dans un tout petit coin. Déjà j’étais sous le charme de ce monde qui a échappé à la folie matérialiste des 50 dernières années. Je serais bien resté sur le banc une quinzaine de minute pour m’imprégner des lieux.
Malheureusement, on est rapidement venu me chercher.
Après avoir emprunté toute une série de vastes corridors propres et silencieux, ponctués de portes en bois et de petits meubles dont l’austérité était brisée par des carrés de tissus censés en protéger la surface (contre quoi?), nous sommes arrivés dans une salle où 25 têtes blanches étaient sagement alignées le long des trois murs et attendaient que je prenne place sur une chaise au centre. Alertes, malgré la fatigue des ans, elles ont écouté ce que j’avais à dire en silence. Et puis après elles étaient gênées de ne pas avoir de questions ou de commentaires. J’allais partir quand ce qui m’a semblé être la soeur supérieure a proposé à chacune de dire où elles avaient oeuvré et combien de temps. Pakistan 25 ans, Chine, 40 ans et Madagascar 40 ans, Algérie, Congo, Sri Lanka, Premières nations au nord du Manitoba, Premières nations au nord de la Colombie Britannique; et ainsi de suite.
Zut.. J’ai soudainement été gêné d’avoir tant parlé. Je me suis dit que c’est moi qui arait dû les écouter. En té cas….on a un peu jasé. Quelques mots d’humour, quelques échanges sur l’histoire du quartier, un peu de discussion sur le parking (eh oui ! même elles ), quelques mains serrées. Et puis quelques phrases sur leur plaisir d’habiter là dans cette bâtisse solide et calme. Je leur ai parlé du projet de la Société d’Histoire et de généalogie du Plateau de remettre les anges sur la façade de l’église. J’ai laissé faire le tramway.
Elles m’ont beaucoup beaucoup remercié d’être venu les voir. C’est drôle ça non ?
J’y retournerais bien tous les jours.

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