Le besoin de parking n’a pas de fin quand la civilisation urbaine a complètement cédé le pas à l’american way of life. On est loin de ça chez nous – qu’on s’en félicite.



Le besoin de parking n’a pas de fin quand la civilisation urbaine a complètement cédé le pas à l’american way of life. On est loin de ça chez nous – qu’on s’en félicite.




Marie Claude Lortie from La Presse is pointing out the success of street food in other cities of the world ( dossier about best street food here ).
Do we need street food on le Plateau ? I am all for it but I have doubts.
For
Against
A friend (Claude) just sent me a picture he took a while ago in Japan. Is it street food or a restaurant under a street or on the street under the higway – go figure. I don’t understand how it can be so trash and so clean at the same time.

Cher F.
J’ai réfléchi à ta proposition sur l’itinérance. J’ai aussi rencontré, sur l’initiative de Nima Machouf, deux intervenantes expertes de ces questions (une du Réseau d’aide aux personnes itinérantes de Montréal et une autre de Médecins du monde).
Il y a deux trucs pas clairs pour moi dans la voie que vous proposez (selon laquelle il faut arrêter d’investir dans la judiciarisation et transférer les fonds vers plus de logement, de soutien et d’outils de ré-insertion).
a) comment, pratiquement, on fait le transfert? C’est vrai que la police a le plus gros budget de la ville et que c’en est indécent. En plus, si la police est relativement efficace pour régler les crimes d’envergure, elle ne l’est pas du tout pour la petite délinquance qui empoisonne la vie de certains quartiers. Je suis donc tout à fait d’accord pour réduire son budget et augmenter les initiatives qui ont un vrai impact sur la sécurité. Mais comment on procède ? Il parait qu’à Vancouver, là où les programmes de logements pour les itinérants sont les plus poussés, la criminalité n’a pas diminué et qu’il est difficile d’y envisager une diminution de la place des forces policières. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que tu as des exemples de succès à soumettre à notre réflexion. Et si oui, est-ce qu’il y a un modèle qui permet d’amorcer ce transfert ?
b) le cercle vicieux entre logement et présence. Ça c’est plus compliqué : je m’explique. Construire une maison de chambres ou un site d’injection supervisé ou un site de dégrisage, c’est accepter de fixer le problème à un endroit. Or, il y a un seuil – jamais mentionné ou toujours dénoncé par les groupes de lutte à la pauvreté – à partir duquel les citoyens perdent leur tolérance. Sur ma rue, il y a une maison de chambre à une extrémité (toujours décorée de sacs de poubelles débordants) et un immeuble de logement social à l’autres. En plus, on a aussi les Petits frères des pauvres sur l’autre coin de rue – qui acceptent les dons de linge – lequel linge est déposé en dehors des heures d’ouverture et volé pendant la nuit par des gens qui jettent ce qu’ils ne gardent pas un peu partout dans la ruelle. Malgré cela, C’EST TRÈS PAISIBLE.
Donc oui, la mixité est possible. Mais ce n’est pas partout le cas. Est-ce qu’au-delà des bonnes intentions et de la mixité affirmée, il y a un modèle de succès; des limites à ne pas dépasser; des bonnes pratiques à adopter; un taux d’encadrement à préserver en fonction des clientèles, etc. Je me fais tout le temps dire qu’il faut favoriser la communication entre les résidents et les institutions d’accueil , faire de la sensibilisation : d’accord. Mais est-ce qu’il y a des réflexions plus poussée sur une intégration réussie ? Des ratios? des modèles d’interventions? À titre d’exemple on sait que Ville Marie concentre les plus gros centres d’accueil de la ville, que le parc Émilie Gamelin attire du monde de toute la région et qu’on y trouve une partie importante des maisons de chambres ( les quartiers Plateau et Ville-Marie comptent 65% des maisons de chambres de la ville). Est-ce trop? Est-ce qu’il y a une réflexion sur la concentration, le nombre, la distribution. Si oui, comment on fait pour redistribuer – est-ce que c’est même envisageable ?
Merci de tes lumières
Luc
ps: quelques photos d’une rue paisible située à même pas 100 mètres du plus gros centre d’accueil pour femmes en détresse – comme quoi, oui; la mixité est possible.





Cette photo a été bummée sur le web - c'est souvent le cas, mais cette fois-ci je le mentionne parce que c'est pas juste un cliché - c'est un travail photographique qui appartient à quelqu'un - mais je ne sais pas qui.
Y’en aura pas de facile. Les opinions sont vraiment tranchées sur l’itinérance. Tout le monde voudrait qu’on fasse quelque chose, mais très peu sont d’accord pour y investir des fonds. Encore moins verraient d’un bon oeil l’installation d’une maison de chambres à côté de chez eux.
La résistance à une action enthousiaste et humaniste me semble s’appuyer sur quelques arguments valables à première vue :
Pour répondre à ces questions que nous avons tous entendues un jour ou l’autre – quand ce n’est pas nous-mêmes qui les avons formulées – j’ai demandé à un ami qui travaille dans le domaine de nous proposer une réflexion.

Voici le premier article de ses trois:
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Ce n’est pas que nous n’avons pas assez de ressources ou de créativité pour répondre au «problème de l’itinérance» à Montréal.
Vous conviendrez avec moi qu’en termes de mobilisation de ressources publiques, tout cela est à la fois beaucoup d’argent (en tout cas c’est beaucoup d’argent si on le compare aux maigres ressources accordées aux organisations communautaires qui se donnent pour mission d’aider les personnes itinérantes) et ma foi, considérant que nous avons affaire ici à des bureaucraties, parfois assez créatif.
Les ressources privées ne sont pas beaucoup plus rares pour gérer le problème.
Non, ce n’est pas un problème de disponibilité de ressources. C’est un peu qu’ils nous font peur – alors nous voulons les éloigner un peu de notre environnement immédiat. C’est aussi beaucoup que nous (ceux qui ne sont pas dans cette situation) ne voulons pas que les ressources publiques soient utilisées de manière à les aider en partant de leurs situations. Nous nous évertuons à soutenir des formes d’action envers eux de notre point de vue «normal», à partir de nos préoccupations «normales», i.e. à partir de la façon dont nous pensons que la vie doit et peut être menée, et ce sans tenir compte des contraintes particulières auxquelles ils font face et qui ne sont pas les même que celles auxquelles la plupart des personnes qui ne sont pas dans cette rencontre.
C’est une idée sans doute bien sympathique de souhaiter que les gens dans ces situations retrouvent leur autonomie, mais c’est une idée qui se heurte souvent à la toxicomanie et/ou aux problèmes de santé mentale qu’ils vivent, entre autres choses, en plus de leur itinérance. Comment se trouver un emploi (et retrouver la dignité liée à un emploi) si l’on vit dans la rue, que l’on n’a pas d’endroit pour se laver? Comment penser à se «soigner» si l’on doit consacrer ses énergies à marcher, à trouver de la nourriture et un endroit pour dormir, à se protéger des autres, du froid, du chaud, de la pluie? Mission rien d’autre qu’impossible sans une aide soutenue. Or, même dans le peu d’aide que nous leur offrons collectivement, il semble qu’il faille absolument leur compliquer la vie en érigeant des systèmes de règles qui excluent beaucoup d’entre eux, en particulier ceux qui ont le plus de difficultés. On exige des toxicomanes qu’ils soient abstinents pour avoir accès à des logements. On exige des personnes qui souffrent des maladies mentales qu’elles ne manifestent pas les symptômes de la maladie mentale (et les comportements parfois erratiques qui viennent avec) pour le faire. Aurait-on idée de demander à quelqu’un atteint du cancer de cesser de manger des aliments gras et de faire de l’activité physique 4 fois 30 minutes par semaines avant de lui offrir un traitement?
Au-delà même des questions éthiques qui peuvent légitimement être soulevées eu égard à ces pratiques punitives et de nettoyage visuel qui sont aujourd’hui prédominantes en raison des ressources qui leur sont accordées, est-ce que tous ces efforts ont eu pour effet de réduire le nombre de personnes en situation d’itinérance et de réduire les tensions que leur seule présence provoque dans les espaces urbains? Bien sûr que non : les itinérant ne vont pas disparaître, et surtout pas si la distribution des ressources financières continue, même s’il y a peut-être moins de pauvres, à créer davantage d’inégalités. Le contraire est même plus probable. Dans le prochain billet de cette série de 3, nous verrons quelques unes des réponses innovatrices au «problème de l’itinérance» qui ont été mises en œuvre ici, à Montréal avant, dans le dernier, de nous pencher sur des réponses qui, mises en œuvre ailleurs, pourraient compléter l’ensemble des aides présentement offertes.

photo Éric Carrière du journal VM
Ça fait du bien de lire les 10 propositions des citoyens de partout en ville dans ce dossier de la Presse. On se rend que plusieurs partagent les mêmes idées porteuses et en gros la même vision d’une société de la rencontre au quotidien dans une ville plus verte. Les projets lasvegassiens, si populaires ces 20 dernières années (technodôme et autres complexes de loisirs et de restaurants) n’ont plus la cote: youpi.
Mais il y a une énorme différence entre ces propositions et les nôtres: c’est le sens, le suivi et le cumul. En bref, il ne suffit pas de peindre les taxis, implanter les Bixi et permettre l’installation d’un marché au puces (trois bonnes idées) pour faire un quartier plus sain, plus humain et plus calme. La réalité, c’est que le contraire se produit chaque jour. Plus d’auto, plus d’exclusion, plus de consommation et d’individualisme, plus de pollution et plus de bruit (deux chiffres pour ne pas rentrer dans les détails: 20 000 voitures de plus par année à Montréal – entre 15 et 30 000 itinérants selon les saisons). Pour lutter contre ces tendances fortes, il ne suffit pas de quelques projets rigolos.
Il faut des valeurs et des façons de faire qui sont à l’inverse de nos opposants dont le dilettantisme est une tromperie.
Les travaux sur la rue Berri entre Ontario et Cherrier nous permettent de faire une autre démonstration de «l’overdesign» de plusieurs axes de circulation.

En direction nord, une seule voie de circulation est accessible depuis des mois et il n’y a pourtant pas l’ombre du début d’une congestion à l’horizon.
Peut-être serait-il temps de sortir le vieux projet (1999/2000 si ma mémoire est bonne) de madame Bisonnette qui voulait combler cette affreuse balafre et ne laisser que les rues de part et d’autres (qui font quand même trois voies de large chacune). Le comblement permettrait de concevoir un parc en terrasse – rareté à Montréal. Des idées quelqu’un ?

Il est urgent de penser à un projet pour cette rue puisque la durée de vie des murs de soutènement a depuis longtemps atteint sa limite et qu’ils seront reconstruits sous peu. Ce serait bête de les reconstruire à l’identique. Mais ce qui est bête n’est pas exclu en cette ville qui fait la part belle aux idées des ânes et à la vision des taupes.
La reconstruction de Berri nous permettrait surtout sur le Plateau, de réduire sensiblement l’afflux de voiture et d’éliminer 2 voies de circulation le long de l’ancien institut des Sourdes et Muettes (sur Berri jusqu’à Roy) – créant ainsi la possibilité de planter une jolie promenade ombragée autour de l’institut – et pourquoi pas d’y accueillir un petit marché le dimanche.


Avez-vous jeté un coup d’oeil sur la plate-forme?
Cette liste d’environ 150 propositions a pour pour objectif d’opérer un grand changement par le cumul de petites actions concrètes et réalistes. Cette stratégie est possible sur le Plateau parce que les bases du quartier sont saines: contrairement à bien d’autres quartiers, la densité est suffisante pour faire vivre des commerces et des services de proximité; la part des déplacements à pied est donc très élevée; il n’y a pas d’autoroutes ou de friches industrielles qui cassent le quartier en deux. Notre évolution vers une vie plus paisible, plus verte et plus humaine ne dépend pas de grands projets réparateurs du tissus urbain et social.
Il reste que 650 000 voitures par jour laminent la qualité de vie d’une majorité de nos résidents, que le coût des loyers chasse les familles et que la vie publique, si riche, tout au long de notre histoire, de mixité et de culture urbaine, perd en sens ce qu’elle gagne en animation. Le grand cirque de la consommation et le grand tourbillon automobile se donnent la main pour mettre à mal nos fantasmes de ville verte et de communauté riche.
La révolution verte nous donne l’occasion de renverser la donne à condition qu’on s’en serve de levier pour un humanisme renouvelé. C’est ce que nous tentons de faire avec cette plateforme.
Ben ça alors….

En proposant une réduction de la taille des camions de collecte des ordures ménagères, je pensais que nous étions très progressiste. Voici que je lis ce matin que Lyon a réintroduit le cheval dans les services municipaux. En creusant un peu, je me rends compte que 30 municipalités l’ont fait en France.
Et nos opposants qui nous trouvent trop radicaux….
Pardon, je n’ai pas écrit pendant 10 jours. Débordé par la campagne. Nous avons ouvert notre local (vraiment beau – très convivial) et surtout terminé la plate-forme. Elle est si impressionnante qu’on me dit que les partis adverses l’étudient en détail. Un parti en particulier aurait lancé un atelier de travail express pour voir ce qu’ils peuvent récupérer et ce qu’ils cherchent à critiquer. Tant mieux. Cela veut dire que même dans l’hypothèse malheureuse où nous ne serions pas élus, notre travail aurait un impact sur le quartier.
Le 24 août dernier, le conseil municipal a entériné une décision de l’exécutif de donner une option d’achat de 54 mois à la firme Elmag (propriété de M. Luigi Liberatore) pour le terrain sur lequel est actuellement sise la cour de voirie de la rue St-Grégoire. Ce terrain est un des trois derniers appartenant à la ville sur le Plateau.
Nous sommes outrés et surpris par cette décision.
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