Archive pour » août, 2009 «

Inadmissible privatisation de l’espace public

31 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Hier, nous avons donné en exemple l’Université Mc Gill qui a conservé pendant près de deux siècles des bâtiments et des espaces verts qu’elle ouvre à la communauté.

Nous avons eu, à la suite de cet article, une longue discussion sur l’élitisme - discussion qui n’est sans doute pas finie.

La capacité de Mc Gill de conserver des espaces verts et même aujourd’hui de renforcer cette décision historique en amorçant le retrait des espaces de stationnement est tout à l’inverse de celle d’une autre insitution à l’autre bout de l’avenue des Pins. La Régie de la Santé qui occupe l’ancien Institut des sourdes et muettes sur la rue st-Denis et l’édifice du parc Lafontaine. Elle a choisi de d’enlaidir le parc et la rue St-Denis en transformant en stationnement des espaces qui pourraient être mis au service de la communauté sous forme de jardins ou tout d’autres usages publics - ne serait-ce que des lieux de repos pour ses employés.

Comment justifier d’avoir rendu minables ces espaces pour mieux permettre à des employés de venir en voiture alors que la station de métro Sherbrooke est à cent mètres?  À la dégradation de l’espace public, il faut aussi porter au débit de la Régie le fait que sa décision entraîne des centaines de déplacements en voiture dns les rues du Plateau.

Compte tenu de l’intelligence de ses gestionnaires, il ne fait nulle doute que cette situation sera corrigée dans les années à venir. En tant qu’élus du Plateau, il ne fait pas de doute non plus que nous allons aider, dans la mesure de nos moyens,  les dirigeants à prendre cette décision.

dsc_7974-1

dsc_7952-1

dsc_7353-1

Catégorie: Réflexions  | Un commentaire

Tout va très bien madame la marquise

30 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

À sa première apparition publique à titre de présidente de Union Montréal, madame Lemieux tente de nous rassurer sur les affaires de corruption à la Ville en nous signalant que seule 15 enquêtes internes dans les trois dernières années se sont traduites par des accusations de fraudes.

Cette opération n’est rien de moins qu’une tentative de noyer le poisson. En mettant toutes les enquêtes dans le même panier, elle nous porte à confondre les enquêtes ordinaires (utilisation du matériel informatique à des fins personnelles par exemple) avec les enquêtes extraordinaires qui secouent la ville en ce moment (compteurs d’eau, détournement de fonds, collusion avec les soumissionnaires, etc.) et qui sont  sans égal quant à leur nombre et leur importance.

plus…

Catégorie: Réflexions  | Un commentaire

Bravo Mc Gill

28 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Ce texte a été publié en anglais dans The Gazette, le 30 août

Le projet de l’Université Mc Gill d’éliminer le stationnement sur la partie centrale de son campus est une nouvelle extraordinaire qui change, à mon avis, le statut de l’université dans son rapport avec la ville et avec l’histoire – du moins pour moi.

mcgill-university2

J’ai été élevé dans un esprit de ressentiment face à l’université Mc Gill. Mon père, nationaliste convaincu, était un des manifestants les plus enthousiastes et persévérants des revendications et des manifestations pour un Mc Gill français en 1969. Encore aujourd’hui, on ne peut passer dans un rayon de 500 km de l’université sans qu’il me parle du mépris des élites anglophones des années 50. Par la suite, je suis devenu ami de plusieurs étudiants de Concordia qui avaient pour Mc Gill un malaise aussi profond - mais pour d’autres raisons. On lui reprochait d’être arrogante, conservatrice, froide, insulaire et déconnectée de la réalité montréalaise.

mcgill3

Étudiant à l’UQAM en sciences politiques, nationaliste moi-même, barbu de surcroit, j’y suis allé à quelques reprises et je m’y sentais invariablement comme un étranger. Bref, j’ai toujours considéré que Mc Gill s’était accaparé les plus belles terres du centre-ville pour servir en exclusivité une population de riches anglophones déconnectés de notre monde.

Ces dix dernières années, j’ai traversé le campus tous les jours pour me rendre au travail – soit en courant par le Mont-Royal ; soit en arrivant en vélo par la rue Milton. Tranquillement et sans m’en rendre compte, le fait que le campus soit toujours ouvert, a fait tomber mes préjugés. Le traverser était toujours un moment de subtil  plaisir: parfois, c’était le calme paisible et la fraîcheur des arbres un soir d’été ; parfois la curiosité de croiser les parents des jeunes diplômés venus de partout à la cérémonie des diplômes dans la grande tente au printemps ; ou la débandade joyeuse des premières journées de chaleur quand l’herbe est assez sèche pour que les jeunes puissent s’étendre au soleil.

À travers ces expériences, j’ai commencé à saisir l’essentiel, sans pour autant le formuler.

C’est en lisant l’annonce de la décision d’éliminer les stationnements du campus qu’un déclic s’est fait dans ma tête ; Mc Gill n’a pas pris un terrain aux montréalais, elle leur a donné un parc. Depuis 1821, Mc Gill a protégé des espaces verts et des bâtiments historiques qui n’auraient eu aucune chance de survie s’ils avaient appartenu à l’État ou à la Ville. En ouvrant son campus à tous – aux cyclistes qui le traversent, aux piétons, aux travailleurs qui s’étendent dans l’herbe le midi, aux touristes émerveillés qui y déambulent – l’université a fait, depuis longtemps, le choix de participer pleinement à la vie qui l’entoure.

Mais en éliminant les stationnements, elle fait un pas de plus ; elle confirme son statut de havre de beauté et de culture au centre de la ville. Avec la disparition des voitures, je fais la prédiction que le campus va devenir un des plus beaux au monde. Au fil des ans, l’espace va apparaître dans toute sa beauté grandiose et de nombreuses occasions de développer encore plus finement le mariage nature/architecture vont voir le jour.

Et le mieux sans doute, c’est que les grilles de l’entrée, longtemps, pour moi, symbole d’exclusion, vont définitivement prendre un nouveau sens, celui de la protection d’un trésor au centre-ville.

Merci Mc Gill ! Désolé ppa.

54819947_e978607663

Maintenant la grande question est : est-ce que l’Univeristé de Montréal  - l’autre grande locataire du Mont-Royal - aura le courage de suivre cet exemple ?

Catégorie: Réflexions  | 19 commentaires

Incendies sur le Plateau

27 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Merde, encore un triplex qui part en fumée. Un beau en plus, en pierres. Plusieurs familles à la rue. Les incendies nous ont volé tant de beaux immeubles.

103664-immeubles-logements-ete-proie-flammes

Chaque fois, on reconstruit à la place des boîtes sans attrait.

Pensez-vous que dans l’article mentionnant l’incendie, une seule fois un journaliste mentionnerait la qualité de l’immeuble perdu ? Non. À chaque fois, il faut que je note l’adresse et que j’aille voir. Par contre, invariablement, l’article se termine comme celui d’aujourd’hui :

«Le service des incendies de Montréal est incapable de dire si le feu de ce jeudi est d’origine criminelle mais la police enquête. La circulation automobile devrait être rétablie dans le secteur en tout début d’avant-midi, jeudi

Fiou… on l’a échappé belle.

Catégorie: Réflexions  | Un commentaire

Plage en ville

27 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Plusieurs villes du monde font de gros efforts pour se donner des airs de plage.

barge_beach_budapest_01-500x375

À Montréal, avec la qualité de l’eau qui s’améliore constamment dans le Saint-Laurent et même la Rivière des Prairies, nous allons pouvoir faire beaucoup mieux: des vraies plages ou du moins des vrais parcs en bordure de l’eau.

Encore faut-il la vision nécessaire pour garder nos rives publiques et éviter d’y faire passer des autoroutes. Le jugement étant moins courant que l’eau sur l’île, c’est pas garanti.

Catégorie: Réflexions  | 3 commentaires

Les tamtams du Mont-Royal, version chinoise

27 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Instrumental

Vocal

Catégorie: Réflexions  | Un commentaire

La caste des soumis - no more.

25 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

Le réaménagement des rues et des trottoirs n’est pas un projet technique. C’est un projet de réévaluation des valeurs.

Partout à travers le monde, des fonctionnaires municipaux habitant loin du coeur des villes ont accepté pendant des dizaines d’années l’idée selon laquelle le piéton n’avait aucune valeur économique. L’espace  réservé à la voiture devait augmenter sans cesse. En cas de conflit d’espace, le problème était résolu à l’avance en réduisant l’espace piéton. Ces visionnaires d’une prospérité aussi sélective que théorique - ravaleurs d’humains au rang du robot - n’ont pu accomplir leur méfait qu’à la faveur d’un rapport de force vicié dans lequel les piétons se sont comportés comme une caste de soumis alors que les autres parties rugissaient leur colère au vu de tout projet réduisant leurs droits acquis. En bref, tout le monde était d’accord - y compris les piétons - pour considérer que l’activité humaine - la marche et la rencontre - étaient inférieures d’un point de vue économique au bal des machines et à l’activité des commerçants.

À Toronto - ville soeur - les mêmes outrages qu’ici ont été commis. Gord Brown et son comité de revitalisation de College Street les a documentés. Prière messieurs d’accepter nos hommages.

toronto2

toronto3

toronto4

toronto5

toronto6

toronto9

toronto10

À Toronto - la situation a été corrigée en plusieurs endroits. Quelques photos.

toronto15

toronto16

À Montréal aussi d’ailleurs un quartier a bénéficié d’une réévaluation du rang social du marcheur. La solution est presque tout le temps la même: accepter l’idée selon laquelle la prospérité dépend d’abord et avant tout de l’importance accordée aux humains. Il faut que le trottoir anoblisse la fonction de marcher jusqu’au point parfois (mais pas toujours) de la transformer en déambulation sociale.

contre-terrasse

Catégorie: Réflexions  | Un commentaire

Immeubles disparus - 4

24 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

L’école normale Jacques Cartier - remplacée par l’édifice aujourd’hui occupé par la Régie de la Santé.

Remarquez l’aménagement à l’entrée - aujourd’hui appauvri par d’importantes zones asphaltées . C’était avant les débuts de l’apartheid (quand le passant à pied était considéré comme un citoyen à part entière).

Plus sérieusement, l’aménagement donne une idée de l’importance accordée à l’institution.

jacques-cartier1

regie-de-la-sante1

Je ne me rappelle plus où j’ai pris la photo historique. Je crois bien que c’est sur le site de la Société d’histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal. Et si ce n’est pas là; c’est là que j’en ai eu l’idée.

New York sait faire

24 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

J’entends souvent les gens me dire qu’on ne peut pas diminuer la taille des rues parce que ça va diminuer la fluidité et que ça ne peut qu’avoir un impact négatif sur les affaires.

Notre grande chance, c’est que New York nous donne l’exemple. On s’entend pour dire que les administrés et les administrateurs de New York n’ont pas de leçon d’économie à recevoir de nous.

Projet de la ville pour Spring Street dans SOHO (conçu par PPS).

Spring street avant

Spring street avant

spring_street_after_large

Spring street repensée

Ahh  - j’oubliais : Spring street est immédiatement branchée sur un des principaux ponts qui dessert le New Jersey (pour ceux qui croiraient que c’est une petite rue sans importance stratégique).

Catégorie: Réflexions  | 3 commentaires

Immeubles disparus 3

24 août 2009 | Auteur: Luc Ferrandez

L’école Jean-Jacques Olier au coin de Roy et Drolet.

La vieille école

La vieille école

La nouvelle école

La nouvelle école