J’arrive pas à comprendre le niveau d’abandon de nos espaces publics. C’est plus que de l’abandon, c’est une sorte de désamour. Comme tous les gens que je connais sont amicaux et humains, je me dis que ceux qui ont pris la décisions d’appauvrir l’espace public le sont aussi. À mon avis ils l’ont fait dans le cadre de l’idéologie du progrès et du modernisme selon laquelle le développement, la croissance, l’emploi dépendent du fonctionnalisme de nos équipements et non de leur capacité à supporter notre envie de vivre ensemble.

Entrée des élèves de la polyvalente Jeanne-Mance
Michel Callon, vedette de la sociologie française dans les années 80/90, disait que les mouvements et les projets les plus riches étaient constamment redéfinis par ceux qui y participaient. Dans le mouvement environnemental par exemple on trouve des gens qui s’intéressent presque exclusivement aux déchets, d’autres qui haïssent l’industrie du pétrole à s’en confesser ou d’autres encore qui font tout passer par la santé et en particulier par ce qu’ils mangent ou ce avec quoi ils sont en contacts (les pesticides, les plastiques, les composés instables, etc.). Souvent ces gens ont bien peu de choses en commun - à part peut-être leur niveau de sensibilité aux enjeux politiques.
Personnellement je suis environnementaliste branche humaniste (même si je ne suis pas certain que ça existe). Je ne suis pas aussi discipliné que je le devrais avec mes déchets et je déteste la vraie nature (les sangsues, les moustiques, les ours…ouache). Par contre, je suis inconsolable quand je marche dans une ruelle et que je constate qu’un promoteur a construit une série de condos où les aménagements typiques du Plateau ont disparu au profit de stationnements en rangée. Plus d’arbre, plus de verdure, plus de hangar, plus de bric-à-brac, de cordes à linge, de clôture usée écrasée sous le poids d’un arbre qui pousse croche. La disparition d’un hangar avec ses portes trop étroites, ses fenêtres fusillères, son air médiéval me semble être une perte irréparable. Avec lui partent des évocations du passé; une cachette pour un neveu en visite; une poulie pour accrocher une corde à linge; un balcon bancal qui n’a jamais servi à rien et mille autres choses non dites qui charrient de la vie. Personnellement, mon indignation contre la multiplication des voitures est venue de ma colère contre la banalisation de plus en plus grande des espaces de vie; que ce soit les petits espaces de voisinage comme les ruelles et les cours ou les grands espaces publics comme les parcs et les cours d’école.

Hangar aux mille vies

Ruelle des sans soucis

Hangar moderne et néanmoins heureux
Même chose pour le bio : il ne m’a jamais intéressé jusqu’à ce que 4 beaux jeunes viennent me réveiller. Ils sont venus l’an passé vendre leur légumes toutes les fins de semaines au coin de Laurier et Fabre. On a jasé, je leur ai acheté autant de cantaloup que je pouvais en porter; j’ai pris l’habitude de venir toutes les fins de semaine; je prenais mon café en face et je les regardais monter leur stand, parler aux voisins, essayer de vendre leurs courges, tout ça. La saison a été ponctuée par leurs légumes (les salades au début, les tomates, les melons, les courges à la fin). Ils ont amené avec eux un grand bol de vie et j’ai hâte de les revoir cette année. Depuis ce temps là je mange bio quand je peux. Rien à voir avec les pesticides. C’est la branche bio-on jase-vous-êtes beaux-à-voir.
Merci de vous être présentés en grand nombre au 5 à 7. Merci aussi à ceux qui sont pas venus - on était déjà pas mal tassés. Il va y avoir d’autres partys : entre autres un party de hot dog le 1er ou le 2 juillet pour faire plaisir à Reb qui s’ennuie des célébrations de la fête du Canada (vu qu’elle vient de Lac du Bonnet au Manitoba). ;)))))))))))
Malheureusement, il n’y aura pas de défilé à notre party de la fête du Canada, mais vous pourrez demander à Reb de vous raconter ceux de son enfance ça va vous mettre dans l’ambiance. On vous écrit bientôt pour vous inviter.
Cette nuit je me suis encore fait réveiller par un pauvre type qui a mal manipulé sa clef et qui a déclenché son système d’alarme de voiture - juste 5 secondes. Il a repris le contrôle de sa patente, mais son système est beaucoup plus fort que mon propre réveil-matin. Je ne suis pas parvenu à me rendormir.
Imaginez un ptit vieux qui se promènerait sur le trottoir et qui se mettrait à hurler dès que quelqu’un va pas assez vite devant lui. Pour reculer, il se mettrait aussi à hurler - question d’avertir ceux qui sont derrière. Quand il arrêterait pour s’asseoir, il ferait trois petits cris brefs; et lorsqu’il repartirait il ferait aussi trois autres petits cris. La nuit, parfois il se mettrait à hurler pour rien, un petit dix minutes à 130 décibels. Il referait ses trois petits cris brefs, puis il arrêterait. Mais il repartirait aussitôt et il referait les trois petits cris brefs trois ou quatre fois. Combien de temps pensez-vous que les voisins attendraient pour le faire enfermer. Et si c’était un chien qui avait ce comportement ? Combien de temps avant de l’abattre?
Pourtant, on tolère ça des voitures tous les jours.
Aujourd’hui, je me sens radical: j’aurais envie d’une loi aussi sévère pour les autos que pour les chiens et les humains. Plus de système d’alarme sonore, plus d’avertisseur sonore de verrouillage de portes; plus le droit d’engueuler les autres autos à grands coups de klaxons et, grand luxe: même le droit de débrancher l’avertisseur de recul sur les camions dans certaines situations.
Je sais que c’est difficile de réglementer ces choses parce que chaque événement de production de bruit est en soi insignifiant et peu de gens comprendraient qu’on s’acharne sur ces détails. Mais c’est le cumul des bruits qui dérange.
En ce moment, nous écrivons notre plate-forme électorale et souvent on se demande si certaines de nos propositions peuvent être perçues comme radicales. Bien entendu, personne n’a envie de se faire coller cette étiquette à la peau. Ce serait vu comme une sorte de preuve de notre manque de réalisme.
C’est rigolo parce que cela se produit au même moment où tous les journalistes de la planète évoquent «l’urgence d’agir» à tous les deux paragraphes (obésité des jeunes, économie, circulation, environnement, etc.). Un bon article est donc un papier qui fait comprendre aux politiciens qu’il est minuit moins une et une bonne loi est une proposition qui propose de faire face à l’urgence par des actions mesurées et progressives.
Je pense que je vais trouver ça dur la politique……
Voilà c’est fait, je me présente au poste de candidat à la mairie du Plateau Mont-Royal pour l’équipe de Projet Montréal.

Dernière journée de bonheur - première journée de vie publique
Ouf….ça fait 12 ans que j’hésite! Ça fait 12 ans que je cherche à éviter de faire de la politique parce que je me sais trop entier; parce que je sais aussi que je ne pourrai plus me promener sur les rues sans voir tous les problèmes et tenter de les régler sur le champ: une poubelle qui déborde, un mur avec des graffitis, une alarme d’auto qui hurle dans la nuit. Je sens que les marches du soir ne seront pas reposantes…
Mais bon, quand faut y aller, faut y aller. Nos rêves sont à la fois beaux et réalisables et le temps est venu de les mettre en oeuvre.
Le monde change. Partout à travers le monde les villes s’éveillent à de nouvelles réalités: l’environnement, l’achat local, la re-qualification des espaces publics. On n’a pas besoin de provoquer ces changements; il nous suffit de les accompagner - i.e. de les faire atterrir dans des projets concrets et réalisables.
Le Plateau est en déficit de 4 millions. La structure municipale est réputée pour être difficile à gouverner. Plusieurs se disent que le changement est de plus en plus laborieux. Pas d’accord. Je suis persuadé que la qualité des villes se construit et se développe dans l’intimité des quartiers par des gestes qui n’ont pas besoin d’être coûteux.
On va attendre la mi juin pour révéler nos idées …mais je pense que vous allez être surpris ;))
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